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Max Riese, l’un des visages les plus attachants de l’ultracyclisme et du bikepacking, meurt dans un accident à seulement 36 ans

  • 21 septembre 2026
  • 5 minutes

La rédaction Outside.fr Marina Abello Buyle

Il avait remporté la Hellenic Mountain Race au printemps, terminé deuxième de la Silk Road Mountain Race quelques semaines plus tôt et détenait le record du monde du Triple Everesting. À 36 ans, Max Riese est mort mardi 15 septembre, lors d’une sortie à vélo près de Salzbourg, après avoir percuté un cerf. L’Allemand installé en Autriche était surtout devenu l’une des figures les plus attachantes du monde de l’ultra-cyclisme.

Quelques semaines seulement avant sa mort, Max Riese était encore sur les routes d’Asie centrale. Deuxième de la Silk Road Mountain Race 2026, l’une des plus grandes courses d’ultra-distance du calendrier, il venait de signer l’une de ses meilleures performances sur cette épreuve qu’il connaissait depuis sa première participation, en 2019. 

C’est pourtant à quelques kilomètres de chez lui, sur une route qu’il connaissait et qu’il empruntait régulièrement à l’entraînement, que sa trajectoire s’est brutalement arrêtée. Mardi 15 septembre au soir, alors qu’il descendait la route panoramique de Roßfeld, près de Berchtesgaden, en Allemagne, l’Allemand de 36 ans a été victime d’un accident mortel. Un automobiliste l’a découvert grièvement blessé sur la chaussée et a donné l’alerte. Malgré l’intervention rapide des secours, Max Riese est mort sur les lieux. Les circonstances précises de l’accident restent à établir, mais les traces relevées sur la chaussée ainsi que la présence de poils de cervidé retrouvés sur ses vêtements laissent penser qu’un animal aurait traversé la route dans le virage. Le choc a été suffisamment violent pour briser son vélo. Les recherches menées dans la nuit avec un chasseur n’ont pas permis de retrouver l’animal, qui pourrait lui aussi avoir été blessé, rapporte Die Presse. Selon la Fédération allemande de chasse, environ 230 000 ongulés meurent chaque année dans des collisions sur les routes allemandes, mais aucun accident impliquant à la fois un cerf et un cycliste n’a été recensé jusqu’à alors. 

Du cyclisme sur route à l’ultra-distance

Né à Dresde en 1990, dans l’ancienne République démocratique allemande (RDA), Max Riese quitte le pays avec ses parents après la chute du mur de Berlin et la réunification allemande. La famille déménage à plusieurs reprises, notamment à Hambourg, avant que Max ne s’installe à Elsbethen, près de Salzbourg, en Autriche.

Traileur dès l’âge de 12 ans, il découvre le vélo à 14 ans lorsque son cousin, victime d’un accident à vélo lors d’une course, lui laisse le sien. « Je me suis dit : génial, on peut aller beaucoup plus loin qu’à pied ! » Le jeune Max se tourne alors rapidement vers le cyclisme sur route et la compétition, qu’il pratique jusqu’à 22 ans, avant de raccrocher après plusieurs accidents. S’ensuit une année quasiment sans sport, au terme de laquelle il réalise à quel point celui-ci lui manque. Il retrouve alors le vélo dans les montagnes autour de Salzbourg, d’abord à VTT, puis au fil de sorties de plus en plus longues, jusqu’à découvrir le bikepacking. Avec quelques amis, il se lance dans une première aventure de près de 500 kilomètres, un aller-retour entre Salzbourg et Munich via Passau. « On voulait simplement savoir jusqu’où on pouvait aller en une journée », expliquera-t-il. L’expérience, révélatrice, l’amènera progressivement vers l’ultra-distance.

En 2019, il prend pour la première fois le départ de la Silk Road Mountain Race, au Kirghizistan. « Cette région, cet isolement, ces paysages… ça m’a tout de suite attrapé », racontera-t-il. Il termine 20e pour sa première participation, puis revient plusieurs fois sur cette course, devenue son épreuve coup de coeur, jusqu’à en prendre la deuxième place en 2026, quelques semaines seulement avant sa mort.

GravGrav : « Soit je le fais maintenant, soit je ne le ferai jamais »

Arrive la pandémie de Covid-19 et, avec elle, l’envie de changer de direction. Max Riese quitte son emploi de product manager dans une entreprise de Salzbourg et lance, avec plusieurs proches, GravGrav, une plateforme consacrée au gravel, au bikepacking et à l’ultra-cyclisme. « Je me suis dit : soit je prends le risque maintenant, soit je ne le ferai jamais ! »

GravGrav devient rapidement bien plus qu’un espace où raconter ses propres aventures. Max y développera des itinéraires, partagera ses expériences, testera du matériel et organisera des sorties, avec l’ambition de rendre le bikepacking accessible à un public plus large. Parmi ses projets figure notamment le Lynx Trail, un itinéraire imaginé en Slovénie et en Croatie pour faire découvrir, à vélo, les territoires des grands carnivores des Balkans. Dans la catégorie « Lieux perdus », Max avait, par ailleurs conçu un autre parcours autour du Wörthersee. L’idée ?  « Nous éloignons les vététistes gravel des routes fréquentées et des zones dangereuses, nous les guidons à travers de magnifiques paysages et nous veillons à une bonne variété de parcours : des portions hors route et sur route, aux singletracks fluides et faciles, également prévus pour les experts, expliquait-il. C’est une approche intéressante pour proposer plus qu’un simple itinéraire. C’est comme le bikepacking : les gens recherchent l’aventure. Il ne s’agit pas simplement de rouler quelque part sans rien voir, mais de vivre une expérience particulière. »

Un record du Triple Everesting

Après avoir réalisé un premier Everesting en 2020, en hiver, Max décide de pousser le concept plus loin avec le Triple Everesting du Gaisberg, le but étant de répéter l’ascension de cette montagne jusqu’à cumuler trois fois le dénivelé de l’Everest, soit plus de 26 500 mètres. « Trois fois la hauteur de l’Everest, c’était tellement absurde que c’était parfait », expliquera-t-il.

Dans la nuit du 20 au 21 août 2025, Riese s’était donc attaqué au Gaisberg. « Après la nuit, j’étais tellement épuisé que je ne reconnaissais plus certaines parties de la montée, que j’avais pourtant parcourue des centaines de fois », racontait-t-il quelques jours plus tard. Au terme de 479,2 kilomètres et 37 h 37 min 43 s d’effort, son compteur affichait enfin les 26 553 mètres. Riese bat ainsi le record du monde du Triple Everesting, de près de trois heures, établi quelques semaines plus tôt par l’Autrichien Jakob Wagenhofer. Interrogé par TOUR sur les raisons qui l’avait poussé à entreprendre un tel défi, il répondra : « Ce n’était pas pour prouver quoi que ce soit. C’était fou, oui, mais c’était personnel. Ce n’est certainement pas mon activité de rêve que je vais répéter bientôt », ajoutera-t-il.

Une dernière saison au sommet

En mai 2026, Max remportait la Hellenic Mountain Race, en Grèce, une course de 922 kilomètres et 27 831 mètres de dénivelé positif, parcourus en 3 jours, 13 heures et 5 minutes. Quelques mois plus tard, il avait décroché la deuxième place au Kirghizistan sur la Silk Road Mountain Race. Et Max Riese avait encore plusieurs rendez-vous prévus à son calendrier, dont la Taurus Mountain Race à l’automne.

Après sa disparition, les hommages ont afflué dans le monde du bikepacking. Iris Slappendel, ancienne cycliste professionnelle avec laquelle il avait développé le Lynx Trail, se souvient d’un homme « pour qui aucun défi n’était insurmontable », capable de tout entreprendre « avec un large sourire ». Le Français Sofiane Sehili, avec qui Riese avait notamment traversé l’Afrique du Sud et la Namibie, résumera quant à lui la place qu’il occupait dans cette communauté : « Il n’était peut-être pas très connu du grand public, mais pour tous ceux qui pratiquent le bikepacking, il était un pilier. Il était Max. »

Palmarès

2026  Hellenic Mountain Race – 1er, en 3 j 13 h 5 min
2026  Silk Road Mountain Race – 2e, en 8 j 14 h 25 min 50 s
2025  Tour Divide – 4e, en 13 j 20 h 52 min
2025  Triple Everesting – record du monde, 479,2 km et 26 553 m de dénivelé en 37 h 37 min 43 s
2019  Silk Road Mountain Race – 20e, en 11 j 7 h 44 min

Photo d'en-tête : Grav Grav
Thèmes :
Accident
Bikepacking
Ultra Cyclisme

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