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Marathon des Sables 2018
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Marathon des Sables, comment se sont-ils préparés ?

  • 3 avril 2019
  • 6 minutes

Mickaël Mussard Mickaël Mussard Ultra-traileur, Mickaël se lance dans le journalisme puis la photographie, après une thèse sur le volcanisme et le climat. Aventurier, il recherche constamment de nouveaux défis pour découvrir paysages et cultures.

Le départ du Marathon des Sables 2019 sera donné le 7 avril. 250 kilomètres en totale autonomie, répartis sur 6 étapes, pour une traversée du désert marocain qui demande de véritables compétences en termes de préparation physique et logistique. Nous sommes allés à la rencontre de champions français pour savoir comment ils se sont préparés à une telle épreuve.

Évoluer à pied dans le Sahara demande de réelles compétences physiques, doublées d'un mental à toute épreuve. Alors, y courir, sur près de 250 kilomètres pendant six jours... Entre le sable, la chaleur et la distance, pas étonnant que les coureurs locaux imposent, depuis 1997, leur loi sur cette épreuve vieille de 33 ans.

Sur les 22 dernières éditions, à l’exception de celle de 2012, toutes ont été remportées par trois Marocains : Lahcen Ahansal (10 victoires), Mohamad Ahansal (4 victoires) et Rachid El Morabity (5 victoires) ; une domination qui est à nuancer chez les femmes, où les Européennes et les Américaines tirent assez facilement leur épingle du jeu. De quoi éclairer le défi singulier que représente ce Marathon des Sables : dunes de sable mou, cailloux, chaleur - on frôle régulièrement la barre des 50°C - et ensoleillement extrêmes, auxquels il est important d’ajouter la notion de bivouac et d’autonomie complète.

Rachid El Morabity au Marathon des Sables 2018
Rachid El Morabity au Marathon des Sables 2018. (MDS)

Si les tentes sont installées par l’organisation et l’eau fournie aux concurrents, ça s’arrête là. En matière de nourriture et de matériel obligatoire, chacun doit se débrouiller seul... 6,5 kilos : c’est le poids minimum du sac imposé aux coureurs en début d’épreuve, de quoi garantir l’intégrité physique de chacun sur l’ensemble de la semaine. Mais de quoi, aussi, obliger les coureurs élite à rogner sur leur matériel. 14 000 k/calories minimum sont exigées pour prendre part à l’épreuve : les meilleurs coureurs n’en emporteront pas une de plus.

Trail or not trail ?

Difficile de qualifier une épreuve telle que le Marathon des Sables : entre vitesse du coureur de route et variabilité des terrains, elle peut convenir aussi bien aux fusées du bitume qu’aux aventuriers du trail. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que l’épreuve figure au calendrier de l’Ultra-Trail World Tour.

Mérile Robert avait terminé troisième, et premier Français, en 2018. Cette année, il a décidé de retenter l’aventure MDS en compagnie de son ami Julien Chorier, double vainqueur de la Diagonale des fous à la Réunion et membre du team Hoka. "Le Marathon des Sables est une course vraiment atypique, confie-t-il. Le profil de la course est relativement plat, il y a quelques difficultés techniques sur le franchissement des djebels et des oueds sablonneux, mais c’est surtout les portions de dunes qui pompent énormément d’énergie, il faut donc avoir une vraie expérience du sable pour ne pas trop subir."

Merile Robert au Marathon des Sables 2018
Merile Robert au Marathon des Sables 2018. (MDS)

Nathalie Mauclair est l’une des meilleurs ultra-traileuses au monde. Double championne du monde de trail en 2013 et 2015, elle a déjà participé à deux MDS au Maroc en 2016 et 2017 et a remporté la première édition du MDS Pérou. "Je considère que cette course requiert surtout des qualités de coureur, affirme-t-elle. Effectivement, on a aussi besoin des appuis du traileur, mais quand je la prépare, je le fais un peu comme pour un marathon en version extra-large !"

Entre sable et chaleur

Comment se mettre en condition pour une course de cette envergure ? "Même si le départ est donné assez tôt, une grande partie de la course s’effectue sous une grosse chaleur, en particulier lors de l’étape longue où l'on passe toute la journée sur la piste, explique Mérile Robert. J’ai la chance d’habiter près de la Méditerranée. J'essaye donc de faire mes séances entre 12h et 14h, au plus chaud de la journée. Pour ce qui est du sable, je vais courir sur la plage pour améliorer ma technique de course, ou sur des chemins boueux ou neigeux qui pompent aussi beaucoup d’énergie à l’appui".

Julien Chorier appréhende sa première participation au Marathon des Sables au Maroc, malgré une participation au Pérou, il y a deux ans. L’athlète avoue même que les spécificités d’une telle épreuve auraient tendance à le rebuter. "Je suis attiré par ce côté aventure, mais sur le papier, il y a tout ce que je n’aime pas, dévoile-t-il. Du sable avec des appuis mous, de la très grosse chaleur et un sac lourd à porter. Pour m’y préparer j’ai d’abord demandé à mon sponsor de me faire des guêtres spécifiques afin de m’assurer que le sable ne vienne pas infiltrer mes chaussures. Puis, j’ai profité d’un voyage avec le team à Majorque pour faire deux footings sur la plage. J’avoue que je n’ai pas réussi à en faire plus et j’espère que ça ne va pas me faire défaut. Pour la chaleur en revanche, j’avais anticipé le coup en prévoyant un début de saison tourné vers des pays chauds tels que Hong-Kong, les îles Canaries. Au total, j’aurai fait trois semaines chaudes avec des footings entre midi et deux".

Julien Chérier au Marathon des Sables Pérou
Julien Chérier au Marathon des Sables Pérou. (Hoka)

Lors de sa première participation, Nathalie Mauclair avait, elle, préféré opter pour un stage en conditions réelles au Maroc, organisé par Antoine Guillon et Christophe Le Saux, deux ultra-traileurs et aventuriers français, ainsi que le champion marocain Lhoucine Akhdar. "On peut aller chercher des zones comme la Dune du Pilat ou d’autres plages en France, mais le sable n’est pas exactement le même que dans le désert. Sur place, j’ai beaucoup appris de l’expérience des gars et j’ai aussi pu me faire à l’environnement et à la chaleur", détaille-t-elle. Depuis, elle a également lancé ses propres stages de préparation, toujours encadrés par Lhoucine Akhdar.

Autonomie complète

L’autonomie complète est l’une des spécificités les plus compliquées à gérer du MDS. 14 000 k/calories, tout le matériel obligatoire de survie, des vêtements et un duvet : un sac entre 6,5 et 15 kg est imposé aux coureurs en début d’épreuve. Même si certaines dérives existent – il est possible croiser des coureurs à l’arrière du peloton servant de mulets à ceux de devant – chacun devra se débrouiller avec ses affaires de la semaine.

Marathon des Sables 2018
Marathon des Sables 2018

"Il faut, bien sûr, réduire le poids de son sac au maximum, c'est la clé pour réussir ce type de course, affirme Mérile Robert. On opte pour de la nourriture lyophilisée, des soupes, des taboulés, des fruits secs, des aliments qui se réhydratent facilement et qui ont un rapport énergie/poids optimal. Mieux vaut les tester avant, ne serait-ce que pour choisir les différentes saveurs. Après quelques jours de course, certains plats peuvent être particulièrement désagréables à manger".

Nathalie Mauclair se rappelle avoir joué la sécurité en faisant appel à la nutritionniste de son sponsor. "On avait essayé d’optimiser le rapport calories/poids pour mon profil. J’avais ensuite transvasé les produits lyophilisés dans des sachets plus petits pour que ça pèse le moins possible". Même méthode pour Julien Chorrier lors de son passage au Pérou : "J’avais choisi des produits lyophilisés sans gluten que j’avais classés en fonction du nombre de calories par 100 grammes. Il y a du porridge pour avant et des œufs déshydratés pour après. Pendant, je mise sur quelques barres énergétiques."

Un poids à porter

L’optimisation est donc de mise pour les élites, qui tentent de s'approcher le plus possible des 6,5 kg réglementaires. "En 2016, j’avais tout rangé quand je me suis aperçue que les produits lyophilisés contenaient chacun un peu plus de 100 g, j’ai donc tout ressorti pour bien tout repeser. Aucun sac, aucun produit ne quittait la maison avec ses étiquettes, tout superflu était découpé et jeté : c’est la méthode Guillon, rit Nathalie Mauclair. Je me rappelle aussi avoir coupé ma brosse à dents et le miroir qui fait partie du matériel obligatoire. J’ai renoncé au savon pour des lingettes hygiéniques, je n’ai pas pris de tenue de rechange..."

Marathon des Sables 2018
Marathon des Sables 2018. (MDS)

Reste que l’ultra-traileur élite n’est, en général, pas habitué à trimballer un tel fardeau. "Il faut essayer de faire une séance hebdomadaire, la séance longue pour ma part, avec un sac chargé entre 4 et 6 kilos", explique Mérile Robert. Julien Chorier s’est lui aussi préparé à porter son paquetage. "J’ai commencé avec un sac de 4 kilos, rempli de riz. Puis j’ai augmenté progressivement, en y ajoutant de l’eau pour atteindre les 6 kg. À la fin j’y ai mis le matos obligatoire pour tester l’ergonomie complète. J’ai décidé de faire ça sur deux sorties par semaine durant ma préparation. C’est horrible, on a l’impression d’être collé à la route."

Nathalie Mauclair avait, elle, opté pour l’option fraîcheur. "J’avais donc privilégié l’entraînement de vitesse à ceux avec le sac. J’en ai fait, bien-sûr, mais j’avais peur que cela ne m’épuise trop à la longue. Je pense qu’il est important de voir comment on se comporte avec tout l’équipement, mais il est aussi crucial de garder du jus, physique et mental, pour la course !"

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