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Liv & Zeb K2
  • Aventure
  • Alpinisme & Escalade

Malgré les aléas, Liv Sansoz et Zeb Roche signent le premier vol biplace depuis le K2 

  • 12 août 2024
  • 5 minutes

Sylvie Sanabria Sylvie Sanabria Longtemps allergique à toute forme de sport, Sylvie se révèle sur le tard marathonienne, adepte du yoga et s’initie même au surf et à la voile. En 2018, elle co-fonde Outside.fr dont elle prend la direction éditoriale. Elle est basée à Paris et dans les Cévennes.

C’est un exploit, une première, réalisés en toute discrétion le 28 juillet dernier. Mais pour Liv Sansoz, guide de haute montagne et grimpeuse de haut niveau, et son compagnon, Bertrand Roche - plus connu sous le nom de Zébulon ou Zeb, alpiniste et parapentiste ayant déjà volé deux fois depuis l’Everest – c’est bien plus. L’accomplissement d'un rêve : voler ensemble, en parapente biplace, depuis la 2e montagne la plus haute du monde (8611 m) après l’avoir gravie sans oxygène. L’aboutissement d'une quête du dépassement de soi, mais à deux, qui a failli être stoppée in extremis, nous racontent-ils, à peine posés leurs sacs à Chamonix.

« Les chances que toutes les conditions soient réunies sont infimes », nous expliquaient Liv et Zeb en juillet à leur arrivée au Pakistan, tant le défi est immense et le danger réel. Mais « nous allons veiller l’un sur l’autre », nous confiaient-ils alors. Depuis, on les suivait au fil de leurs récits, des textes écrits à quatre main, envoyés comme ils le pouvaient, quand les connections étaient bonnes et que leur carte SIM pakistanaise achetée pour 300 roupies voulait bien jouer les messagères et rassurer tous ceux qui en France et ailleurs les suivaient. 

Passée l’excitation des débuts, vint l’attente au camp de base, à 5135 mètres. De plus en plus longue, de plus en plus lourde à gérer face une météo qui ne laissait espérer rien de bon. Pour eux comme pour leurs compagnons d'expédition. Avec le couple en effet, un certain Benjamin Védrines, en quête du record de vitesse d’ascension sur le K2 par la voie normale, et l’inclassable Jean-Yves Fredriksen, « Blutch », partant, lui, pour une ascension solitaire par la voie des Basques. Trois beaux projets très personnels avec, en bonus, un rêve commun, plus fou encore : les concrétiser le même jour, ensemble.

Une seule fenêtre météo

Le 28 juillet dernier, profitant d'une fenêtre météo de 48 heures, la seule de la saison, les quatre Français, ont réussi leur ascension du K2 sans oxygène. En un temps stratosphérique (10h 59mn 59s) et en style alpin pour Benjamin Védrines, qui très vite va communiquer sur cet incroyable exploit. Dans la foulée, on apprendra que Jean-Yves Fredriksen, en style alpin également, a lui aussi atteint son bel objectif. 

Mais il faudra attendre quelques jours encore pour se voir confirmé que, oui, Liv et Zeb avaient pu non seulement profiter de la fameuse fenêtre météo, mais aussi descendre en parapente biplace comme ils en rêvaient depuis quatre ans. Un projet patiemment monté avec le soutien de deux routeurs météo, Yan Giezendanner et Laurent Valbert également parapentiste, qui a failli tomber à l’eau. Non point pour des questions techniques, comme on aurait pu le craindre, sauter du K2 n’étant pas donné à tout le monde, mais pour des raisons… administratives.

Liv & Zeb K2Liv & Zeb K2Liv & Zeb K2Liv & Zeb K2Liv & Zeb K2

Interdiction de voler au Pakistan !

Ils avaient tout prévu, sans doute, mais pas ça. Après avoir enduré au camp de base une attente qui n’en finissait pas. Trompé l’ennui à coups de lectures et de Sudokus. Avalé jusqu’au dégoût l’incontournable riz-dahl. Tenté de garder la forme et les bénéfices de leur acclimatation malgré l’incontournable perte de poids (- 10 kg pour Zeb !), et surtout le moral quand les sujets de conversations sous la tente s’épuisent. C’est une interdiction de voler décrétée par les autorités pakistanaises qui faillit tout remettre en cause pour leur expédition. 

Le 4 juillet dernier le parapentiste brésilien Rodrigo Chaddad Raineri subit une chute mortelle contre un rocher alors qu'il faisait du parapente dans le district de Shigar. On apprend par la presse locale qu’Ali Mohammad Alifor, le PDG d'Alpine Adventure Guides Pakistan, l'avait apparemment autorisé à partir vers le glacier avec un permis de trekking, mais qu'il devait attendre pour voler tant qu’ils n’avaient pas reçu leurs permis de parapente. La situation est tout sauf claire. L’imbroglio administratif total, mais Ali est incarcéré. On craint le pire pour lui. La perpétuité avancent même certains.

« Dans une premier temps, nous recevons l’information comme quoi il y a une interdiction de vol au Pakistan de trois jours », nous raconte Liv. A quelques heures de notre summit, Benj, parti avant nous, nous confirme qu’on ne peut pas voler… mais qu’il va le faire. « 

Dilemme à la veille du push

Un vrai dilemme pour le couple parti chargé d'un lourd parapente, animé par son projet, mais surtout convaincu que sa sécurité en dépend. Face aux cordes fixes abimées, aux risques de chutes de séracs, le parapente est nettement plus sûr pour une cordée arrivée sans oxygène, précise Zeb.

En fait, comprennent-ils vite, l’interdiction de voler n’est pas si officielle que ça, pas plus d'ailleurs qu’une autorisation jamais vraiment formalisée. Mais bien sûr leur agence se doit de se protéger et de faire passer le message, au cas où…

« Ce n’est pas en interdisant les vols qu’on va améliorer la sécurité », précise Liv. Si demain un alpiniste meurt sur le K2, on ne va pas interdire les ascensions pour autant. Le parapente est un vrai élément de sécurité en montagne ». Reste que sauter du K2 n’est pas donné à tout le monde, ajoute Zeb, 40 ans de vol derrière lui, dont deux descentes depuis l’Everest, la première à 17 ans avec son père. «  Je n’étais pas sur place lors de l’accident du Brésilien, et je ne connais pas son niveau personnel, mais j’ai cru comprendre que la journée était explosive en termes de conditions et de vol et exigeait un gros niveau. Nous, nous avons eu des conditions exceptionnelles. Nous sommes arrivés vers 16h00 au sommet. Blutch s’y trouvait déjà depuis 1H30 et semblait avoir un peu de mal à partir. Nous voir arriver l’a reboosté, il a décollé 5 minutes avant nous. Nous n’avions pas beaucoup de vent, mais je savais que la portance compenserait la pente. Je n’avais aucun doute sur le fait qu’on allait décoller. Mais il ne fallait pas qu’on traine, il fallait être efficace. On est resté hyper concentrés, au point qu’on n’a même pas pensé à faire un selfie! Le biplace a marché super bien."

Liv & Zeb K2
(Collection Liv & Zeb)

3 jours intenses et 35 minutes de vol pour 4 ans de préparation

La descente ? « 35 minutes de vol. Complètement incroyable, mais je ne l’ai pas ressentie comme le truc de ma vie » raconte Zeb. "On n’a pas gueulé comme des fous. On était tellement concentrés. C’est à l’arrivée qu’on a réalisé". " Là, on s’est dit : on est heureux ou quoi ?", poursuit Liv. "Moi, c’était mon premier 8000, et je n’avais pas volé depuis l’Everest comme Zeb. Et là, on était au-dessus de tout. Survolant le glacier de Baltoro ! »

La conclusion de trois jours intenses, pour quatre ans de préparation. « comme une olympiade », dit Liv. « Parfois pendant l’ascension on ne faisait même pas 50 mètres de dénivelé par heure, on faisait la trace et on avait hyper chaud dans nos combis 8000 ouvertes. On était déshydratés, on se parlait tout le temps pour voir comment on allait : « Comment ça va ? Comment tu te sens ? On se disait. Zeb avait la responsabilité de nos deux vies, mais on veillait l’un sur l’autre. Et là maintenant, on réalise, on l’a fait ! " Malgré tout, malgré les angoisses des proches « Mes garçons, 20 et 22 ans, s’inquiétaient vraiment » , raconte Zeb. "Le K2 , la montagne tueuse, c’est stressant pour eux aussi".

Au cours de cette expédition exceptionnelle, autofinancée, Liv et Zeb ont engrangé des images. Les premières photos sont époustouflantes. Avec l’aide de Mathieu Rivoire, réalisateur qu’ils connaissent bien, ils vont également en tirer un film. On a hâte de le voir.

Liv & Zeb K2Liv & Zeb K2Liv & Zeb K2Liv & Zeb K2

En attendant, ils sont tous deux totalement « rincés » par leur expédition, « le corps se relâche, et on savoure le K2, » raconte Liv, pas encore prête à fantasmer sur d'autres projets. « J’aime ceux qui ont du sens. Et ça demande toujours un temps de maturation. Là, c’était un projet de cordée, rester ensemble du début jusqu’à la fin. En vol biplace. C’était un gros morceau, plein d'incertitudes et d'aléas. Je réalise aussi que peu de femmes ont gravi le K2 sans oxygène. Ce n'est donc pas rien ! ».

Parce que l'attente peut être longue au camp de base du K2, voici ce que Liv et Zeb ont lu :

• "Eloge de la peur" de Gérard Guerrier
• "Pour un soulèvement écologique" de Camille Etienne
• "Le coeur cousu" de Carole Martinez
• "La dernière allumette" de Marie Varelle
• "Le choc des civilisations" de Samuel Huntington,
• "Pegassus, Démocraties sous surveillance" de Sandrine Rigaud et Laurent Richard
• Et des thrillers de Camilla Lackberg, des histoires/ fictions de Ken Follett, des romans d'Agnès Martin Lugand et de Melissa Da Costa. Sans parler de podcasts : "Thinker View", "Les balladeurs", "Les naufragés"

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