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Marc Batard Everest en Partage
  • Aventure
  • Alpinisme & Escalade

« L’Everest en partage », le documentaire de Marc Batard sur la nouvelle voie qui pourrait sauver des dizaines de vies 

  • 21 septembre 2023
  • 5 minutes

Sylvie Sanabria Sylvie Sanabria Longtemps allergique à toute forme de sport, Sylvie se révèle sur le tard marathonienne, adepte du yoga et s’initie même au surf et à la voile. En 2018, elle co-fonde Outside.fr dont elle prend la direction éditoriale. Elle est basée à Paris et dans les Cévennes.

Six ans qu’il travaille à ce projet. Six ans que le « Sprinter de l’Everest », 71 ans maintenant, célèbre pour son ascension en solitaire, sans oxygène, en moins de 24 heures – record vieux d’une trentaine d’années qui figure toujours dans le « Guinness Book » - a repris casque et crampons pour relever un nouveau défi. Non point ajouter un énième 8000 mètres à son compteur, il est passé à autre chose depuis longtemps, mais pour alerter sur la nécessité d’améliorer la sécurité en haute altitude avec, au sommet de sa liste, l’ouverture sur le Toit du monde d’une variante à la voie normale évitant la fameuse cascade de glace du Khumbu, lieu de toutes les tragédies. Une mission qu’il devrait achever cet automne au Népal, dont il raconte tous les détails dans un documentaire programmé à Fontainebleau ce week-end, à l’affiche de nombreux festivals cette année, dont le Grand Bivouac 2023, et que nous avons pu découvrir en avant-première hier.

Curieux film que vient de boucler l’inclassable alpiniste Marc Batard. Son ambitieux projet d’ouverture d’une variante de la voie normale sur l’Everest n’est pas encore achevé, qu’il a décidé d’en faire le cœur d’un documentaire de 72 minutes dont il a confié la production au jeune réalisateur Théo Livet. Cette voie dans le 4e degré (sur une échelle allant jusqu’à neuf) entre escalade et arête enneigée, devrait permettre aux prochains ascensionnistes de faire une tentative sommitale sans traverser la tristement connue ice-fall. Un site porté à la une notamment lors de la fameuse tragédie du 18 avril 2014. Ce jour-là, seize sherpas travaillent sur la cascade de glace du Khumbu, formée par le glacier du même nom dont les séracs de la taille d’une voiture, en perpétuels mouvement, sont réputés pour s’écrouler soudainement. Leur mission ? Transporter vers le camp I de l’Everest le matériel indispensable au confort des candidats au sommet. Vers 6h45 du matin, un énorme bloc de glace se détache de l’arête ouest. Il dévale la montagne et vient s’écraser sur eux. Tous perdent la vie dans cette avalanche, l’une des plus meurtrières de l’histoire du Toit du Monde. Depuis, les accidents, souvent mortels, se sont multipliés, touchant aussi bien les alpiniste étrangers que les « ice-fall doctors » chargés chaque année en début de saison d’ouvrir un itinéraire en arrimant cordes et échelles au-dessus des crevasses et de la glace en mouvement.

Le soutien de Reinhold Messmer et de Kilian Jornet

Trop, c’est trop, s’insurge l’alpiniste, bien connu dans le milieu pour un franc parler qui, de Katmandou à Chamonix, ne lui vaut pas que des amis, mais qui a le mérite parfois de mettre le doigt là où ça fait mal.  Car, en vieux routier des cimes, Marc Batard - toujours aussi tonique à 71 ans - n’a vu que trop d’alpinistes, et parmi les meilleurs, périr en montagne. Sur des 8000 mètres, mais aussi dans les Alpes. La faute à pas de chance – la montagne ne se contrôle pas. La faute au réchauffement climatique brouillant la lecture des faces les plus connues, concède-t-il lors de notre rencontre à Paris à l’occasion de la présentation en avant-première de « L’Everest en partage ». Mais la faute aussi au manque de formation qui, selon lui, affecte les montagnards les plus experts. À commencer par les guides de haute montagne français, pourtant réputés dans le monde entier pour leur savoir-faire.

https://vimeo.com/859014013

Le fil conducteur de ce film un peu brouillon, mêlant images d’archives et tournages lors des ascensions préalables à ces dernières expéditions sur l’Everest, est donc « sécurité. » Sécurité à l’heure de former à l’escalade technique ses deux compagnons de cordée, deux pointures, Pasang Nuru Sherpa et le regretté Muhammad Ali Sadpara (disparu à 45 ans en février 2021 sur le K2), avant qu’ensemble ils se lancent sur l’Everest dans l’ouverture de l’alternative à la voie normale.
Sécurité encore et toujours dans un autre projet, tout aussi ambitieux, la création du SISHA, premier Sommet International sur la Sécurité en Haute Altitude. Prévu pour 2021, il devait rassembler à Alberville, des représentants de pays possédant des sommets de plus de 5000 mètres. Dans la boucle, Marc Batard était aussi parvenu à impliquer Denis Horeau, ancien directeur du Vendée Globe. « Pas un homme des montagnes, c’est vrai, mais un pro de la sécurité », explique Marc Batard, « qui pouvait apporter un regard neuf sur la question ».

Marc Batard Everest en Partage
(Everest en Partage)

Las, le projet, dont devait sortir une charte, voire une école, n’a pas abouti. L’ENSA, la prestigieuse École Nationale de Ski et d’Alpinisme n’y croit pas. Marc Batard ne convainc pas, malgré le soutien de Reinhold Messmer et de Kilian Jornet, interviewés dans le fim. Pas assez diplomate Marc Batard ? Peut-être. Secoue-t-il un peu trop des institutions un peu figées ? Sans doute. Ce chapitre désormais en stand by, faute de soutiens et de moyens, c’est donc sur celui de l’Everest que l’alpiniste se concentre aujourd’hui, non sans rencontrer quelques obstacles, là-aussi.

Marc Batard Everest en PartageMarc Batard Everest en PartageMarc Batard Everest en PartageMarc Batard Everest en PartageMarc Batard Everest en Partage

Car, nous explique Marc Batard, « une agence fait courir le bruit que ma nouvelle voie est plus dangereuse que la cascade du Khumbu ». Trop d’intérêts seraient en jeu, comprend-on, notamment ceux des « ice-fall doctors » qui pourraient y perdre de leurs prérogatives, et de leurs revenus. Sans parler, comprend-on également entre les lignes, que ses coups de gueule contre le gouvernement népalais autorisant chaque années plus d’ascensions ne font rien pour lui faciliter la tâche.

Le nouvel itineraire vers l'Everest prévu par Marc Batard
Le nouvel itineraire vers l'Everest prévu par Marc Batard

Un dernier tronçon à boucler cet automne

À l’issue de trois ans de travail sur le terrain, l’itinéraire dénommé « Team Work. Marc Batard », fait tout de même 700 mètres sur lequel ont été posés plus de 1000 mètres de cordes fixes. Ne reste plus aujourd’hui qu’à équiper un dernier tronçon « essentiellement de la neige », dit-il. 150 000 euros ont déjà été consacrés à cette ouverture, et une opération de crowdfunding devrait être lancée sous peu pour boucler son budget. Marc Batard va repartir en novembre au Népal où accompagné de 3 jeunes cordistes et de 5 Népalais, il entend bien boucler son chantier. La météo devrait être au rendez-vous, sinon, il se donne l’option de le finir au printemps 2024, date à laquelle devrait être organisée la première ascension par la nouvelle voie via l’agence « Himalaya Expedition », chargée aussi de l’entretien. Marc Batard, en sera peut-être, mais là ne semble plus être vraiment la question pour lui. Car une fois bouclée ce chantier, l’alpiniste, aussi passionné aujourd’hui de peinture que de montagne, va se consacrer à un autre dossier, la lutte contre l’homophobie. Marc Batard, qui a fait son coming out en 2003 (lisez son livre  « La Sortie des cimes » !), y met désormais toute son énergie. Il a déjà réussi à mobiliser à sa cause le footballeur Emmanuel Petit « un hétéro », précise l’alpiniste. 

Marc Batard Everest en PartageMarc Batard Everest en PartageMarc Batard Everest en PartageMarc Batard Everest en Partage

« Le regard des autres, je m’en fous », dit volontiers Marc Batard, et en juger par son parcours, on le croit. Alors que penser de « L’Everest en partage », film qu’il aurait aimé confier à Bertrand Delapierre, réalisateur notamment de films sur Marco Siffredi, légende du freeride ? Qu’il est loin d’être parfait, l’alpiniste en convient lui-même, mais qu’il a une valeur certaine de document et de manifeste, un peu maladroit parfois mais sincère, sur son engagement. Enfin, accordons au jeune réalisateur Théo Livet l’immense mérite d’avoir réussi à boucler un documentaire de 72 minutes sans claquer la porte, car, vraiment, ce n’était pas gagné, en convient Marc Batard lui-même : « je ne suis pas toujours facile », dit-il. Il aura fallu sans doute beaucoup de patience et de fermeté à Théo Livet pour faire le tri dans les nombreux messages que l’alpiniste voulait faire passer, et le convaincre notamment que parler de son soutien à Marc Roca, le plus jeune candidat aux élections présidentielles 2022, n’avait pas sa place dans un film d’alpinisme… « En fait, il avait raison », concède Marc, lors de la conférence de presse. « Il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis ».

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