S'abonner Se connecter
Outside
Outside : aventure training voyage culture
  • Aventure
  • Santé
  • Voyage
  • Société
  • Équipement
  • Films
  • Podcasts

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER
documentaire Nims Dai 14x8000 aux sommet de l'impossible
  • Société
  • Culture

Les dessous de « 14 Peaks : nothing is impossible », le documentaire Netflix sur Nims Dai

  • 2 décembre 2021
  • 6 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Des téléphones portables bricolés, des vloggers mobilisés… faute de budget et de gros média couvrant son défi « Mission Possible », l’alpiniste népalais a recouru à tous les moyens pour réaliser un documentaire qui, au final, atteindra 1h40. Un savant montage mixant images d’archives, interviews de grands noms de l'alpinisme et vidéos captées en pleine action par Nims Dai et son équipe sur les plus hauts sommets du monde, dans des conditions météorologiques extrêmes. Un deuxième exploit dont Nims Dai dévoile tous les détails.

Tourné sur plus d'un an, depuis les premières étapes de la collecte de fonds par Nims Dai jusqu'à la réalisation effective du défi « 14/7 » ( les 14 sommets de plus de 8000 m en sept mois ) le film que l’on découvre aujourd’hui via Netflix est un mélange d’images brutes de caméras portatives, de vidéos par drone et de caméras d'action portables montées sur des casques et des équipements d’alpinisme. Certaines séquences du film ont même été filmées par l’ex Gurkha et ex membre des forces spéciales britannique pendant sa carrière militaire. Au final, c’est plus de cent heures d’images que l'alpiniste népalais et son équipe ont filmées. Un fabuleux matériel sur lequel a travaillé pendant 18 mois le réalisateur britannique Torquil Jones pour en tirer le documentaire produit par Jimmy Chine et Elizabeth Chai Vasarhelyi.

https://www.youtube.com/watch?v=8QH5hBOoz08&feature=emb_title
Disponible sur Netflix depuis le 29 novembre

"Au début de mon projet 14/7, je n’avais absolument aucun financement (pour tourner, ndlr)", raconte Nims Dai sur son site. "Nous n'avions même pas l'argent pour gravir les deux premières montagnes lorsque nous sommes partis. Le plus grand défi de toute l’entreprise n'aura pas été les ascensions, mais le défi mental de tout gérer moi-même, depuis le financement jusqu’aux médias sociaux, en passant par quantité d'autres choses inhérentes à un projet aussi énorme".

Deux jeunes vloggers

Alors que je faisais le tour du monde pour essayer de réunir des fonds, j'ai effectué une présentation devant la communauté Gurkha. Ce jour-là, se trouvaient dans la salle deux fils de Gurkhas - Sagar et Alit - des vloggers. Ils n'avaient aucune expérience de la montagne, mais ils ont gentiment proposé de venir nous filmer jusqu'au camp de base de la première phase. Et c'est exactement ce qu'ils ont fait ! Je leur en suis très reconnaissant à tous les deux, car ils ont littéralement abandonné leur travail pour nous aider dans ce projet. Je voulais vraiment filmer tout ce qui touchait au projet parce que je savais que je m’attaquais à quelque chose de jamais fait et j’avais compris que si je n'avais pas de preuves, certains pourraient ne pas me croire. Je voulais que les gens soient témoins de cet incroyable périple grâce au témoignage vidéo lui-même.

Lorsque j'ai commencé, je venais des forces spéciales. Personne ne savait qui j'étais. Alors, quand j'ai dit que j'allais escalader les 14 sommets (de plus de 8000 m, ndlr) en 7 mois, les gens m'ont dit 'tu n’y arriveras pas'.  Les alpinistes m'ont expliqué que l'ascension d'un 8 000 mètres, ce n'était pas de la rigolade, oubliant que j'avais déjà grimpé avec des vents de 70 km/heure. Eux me répondaient qu'on ne pouvait pas tenir debout par de tels vents. Je leur disais que si, c’était possible, mais qu'il fallait s'attacher. Je me suis donc retrouvé dans une ou deux discussions assez chaudes. J'ai alors réalisé que ce que je tentais était hors norme. Aussi je voulais être en mesure de prouver aux gens que je l'avais bien fait.

Avec nos fonds limités, j'ai réussi à acheter quelques caméras. La première étape - qui comprenait les sommets de l'Annapurna, du Dhaulagiri, de l'Everest, du Lhotse, du Makalu et du Kanchenjunga - a été filmée avec des caméras portatives et des caméras personnelles montées sur des appareils portables. Sagar et Alit, les deux vloggers, sont venus au camp de base pour filmer, ce qui était formidable. Après le camp de base, au fur et à mesure que nous prenions de l'altitude, le tournage a été effectué principalement par moi et Mingma David, puis par le reste de l'équipe. La plupart des membres de ma cordée n'avaient pas d'expérience de la caméra. 

Mener l'ascension en pilotant un drône

De mon côté, je continuais de collecter des fonds, je gérais les ascensions, je m'occupais de la logistique, je dirigeais toute l'expédition, je m'occupais des relations publiques, de la gestion de mes comptes sociaux et de la réalisation du film, tout cela en même temps. Sur certains sommets, je devais même grimper tout en pilotant le drone, car sinon, si je m'étais arrêté pour filmer les gars, je me serais retrouvé loin derrière. Je devais donc littéralement grimper tout en pilotant le drone. J'ai même piloté les drones pendant que je grimpais le Kinshofer Wall sur le Nanga Parbat. Et sur le Dhaulagiri, nous avons obtenu les images que vous voyez au début de la bande-annonce dans des conditions météorologiques extrêmes, avec des vents de 60 à 70 km/h.

Lors de la deuxième étape - qui comprenait le Nanga Parbat, le G1 et le G2 - nous avions un peu plus d'argent et de sponsors. Mais je n'avais pas l'argent pour faire venir Sagar et Alit au camp de base en avion, par ailleurs, il y avait eu quelques incidents où des alpinistes avaient été tués, je ne pouvais donc pas risquer leur vie, d’autant qu’ils n’étaient pas alpinistes (bien que mon point de vue sur le Pakistan ait changé après y être allé moi-même). L’ascension du G1 et du G2 ont été filmés par nous avec le drone, notre caméra portable et une vieille caméra vidéo.

Pour le K2, nous avions un peu plus d'argent, et j'ai pu payer un caméraman professionnel pour venir filmer le camp de base du K2, puis tout le Manaslu. Je continuais de travailler comme guide lorsque nous escaladions le Manaslu, car nous avions besoin d'argent pour continuer à avancer sur le projet. Et pour être dans la fenêtre d'escalade de 14/7, j'ai dû faire une pause dans mon travail de guide au Manaslu pour aller au Tibet et faire l'ascension du Cho Oyo, ce que j'ai bouclé en une semaine - en filmant autant que je pouvais avec une petite caméra portable. Je suis ensuite revenu au Manaslu. Mais le Shishapangma, ç’a a été une autre paire de manches !

Des séquences émotionnellement difficiles avec sa mère

Le plus gros problème que j'ai rencontré, c'est que j’étais le personnage principal du film, je devais être devant la caméra, j'ai donc dû demander à Mingma David (son bras droit, ndlr) de me filmer. Par nature, je ne suis pas du genre à aimer être devant une caméra. Aussi, c'était gênant. Mais je savais que je devais le faire pour montrer au monde que rien n’est impossible et être une source d’inspiration. Certaines choses que vous voyez dans le film, en particulier le tournage avec ma mère pendant son hospitalisation, ont vraiment été difficiles, mais ce film devait capturer les multiples couches d'émotions que j'ai traversées. C'était un travail difficile, mais il fallait le faire.

J'ai grandi sans argent, nous n'avions pas de télévision, nous allions chez nos voisins en cachette pour essayer de regarder leur télévision par la fenêtre. S'ils nous attrapaient, on risquait gros. C'est donc une grande leçon d'humilité pour moi que de passer de cette situation à la création de mon propre film. Mais je voulais montrer à tout le monde qu'il ne faut pas avoir peur de rêver grand et que si vous avez suffisamment de passion pour viser haut, vous pouvez créer votre propre chemin. Je veux juste inspirer aux gens l'idée que rien n'est impossible - c'est le message de ce film", conclut Nims Dai.

À son retour du 14e sommet, l'équipe de Nims Dai disposait de plusieurs disques durs remplis de nombreuses séquences. Entre Nims Dai et le réalisateur Torquil Jones, rencontré par l'intermédiaire du Noah Media Group, le courant est bien passé :  "Je respecte énormément Torquil. Il a parcouru une à une toutes les séquences et en a fait quelque chose d'incroyable. Il les a complétées en filmant des interviews (notamment de Jimmy Chin, Don Bowie, Reinhold Meissner et Suchi Purja, ndlr) afin de pouvoir raconter toute l'histoire. Il a également surpervisé le montage et l'animation. C'est un génie. Ce film est son bébé et le mien, j'ai pris toutes les images et j'ai réussi à gravir tous les 8000 mètres, mais c’est lui qui a eu la vision de créer le film à partir de ces images. Lui qui lui a donné vie.

Je tiens également à remercier toutes les personnes qui ont accepté d’être interviewées, y compris Reinhold Messner, pour leur grande contribution à ce projet. Enfin, j’ajoute que « 14 Peaks » a été produit par les réalisateurs de Free Solo et de The Rescue, Jimmy Chin et Elizabeth Chai Vasarhelyi. Je leur suis super reconnaissant d'avoir apporté une dimension supplémentaire à mon histoire et de l’avoir mise en perspective afin que chacun puisse comprendre l'ambition de toute cette entreprise".


Sources des images

Équipe de tournage impliquée dans le défi 14/7 :

  • Caméraman de haute altitude : Nirmal Purja, secondé par Mingma David Sherpa, Geljen Sherpa, Gesman Sherpa et Sherpa Lakpa Dendi.
  • Prises de vue au camp de base : Alit Gurung et Sagar Gurung
  • Images du camp de base du K2 et de l'ascension du Manaslu : Sandro Gromen Hayes
  • Sans compter les images d’archives dont toutes les références sont mentionnées dans le film.

Notre sélection des meilleurs films d’aventure disponibles en streaming et libre accès.

SKI & SNOW ∙ ALPINISME ∙ ESCALADE ∙ VOILE ∙ RUNNING ∙ SURF ∙ VÉLO ∙ AVENTURE ∙ ENVIRONNEMENT

La suite est réservée aux abonnés

Déjà abonné ? Se connecter
Votre premier article est offert
LIRE GRATUITEMENT
ou
S'ABONNER
  • Accédez à tous les contenus d’Outside en illimité. Sans engagement.
  • Votre contribution est essentielle pour maintenir une information de qualité, indépendante et vérifiée.
  • Vous pouvez aussi acheter cet article pour 1€

À lire aussi

La rédaction

Himalaya : Nims Dai et Kristin Harila refont surface, histoire de tirer un trait sur les polémiques

Nims Dai Pakistan
La rédaction

Nims Dai accusé de frauder le fisc népalais : les attaquent continuent !

Cho Oyu
Ben Ayers

Les Sherpas ouvrent une nouvelle voie sur le versant népalais du Cho Oyu pour assurer les expéditions commerciales et la course aux 8000 

Nirmal Purja
La rédaction

Nims Dai lâché par certains de ses sponsors, suite aux allégations d’abus sexuels

Toutes nos vidéos

Outside le magazine de l'outdoor

Outside entend ouvrir les pratiques et la culture outdoor au plus grand nombre et inspirer un mode de vie actif et sain. Il s’adresse à tous ceux qui aspirent à prendre un grand bol d’air frais au quotidien et à faire fonctionner leurs muscles comme leurs neurones avec une large couverture de l’actualité outdoor.

Newsletter

L’aventure au cœur de l’actualité. Chaque vendredi, les meilleurs articles d’Outside, directement dans votre boîte mail.

Liens

  • A propos d’Outside
  • Abonnements
  • Retour d'aventure
  • Mentions Légales
  • CGV
  • Politique de confidentialité
  • 1% for the Planet
  • Offres d’emploi
© Outside media 2026
Activer les notifications