Imaginé par Kevin Ginisty, passionné de trekking et inspiré du Pacific Crest Trail aux États-Unis ou encore du Sentiero en Italie, le tracé de la future plus longue randonnée de France, 3000 km de sentiers à travers les plus belles montagnes de l’Hexagone, est enfin terminé. Ce parcours traversera 14 parcs nationaux, des Pyrénées aux Vosges, et sera doublé d’une application pour trouver en un clic tous les points de bivouacs accessibles sur votre chemin.
La France compte 369 GR sur son territoire, quelques sentiers d’itinérance comme le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle ou encore la Via Alpina – mais pas de trek reliant l’ensemble du territoire. Après avoir été séduit par le PCT (Pacific Crest Trail) aux États-Unis, ou encore le Sentiero Italia chez nos voisins italiens, le Français Kevin Ginisty a voulu importer le concept d’un trek de plusieurs milliers de kilomètres dans l’Hexagone. Il a donc imaginé l’Hexatrek : un parcours de 3000 kilomètres (2500 km à l'origine, finalement rallongé pour profiter de plus beaux tronçons), des Pyrénées aux Vosges en passant par les Alpes, le Vercors ou encore les Cévennes, à travers 14 parcs naturels - que l’on peut parcourir dans les deux sens, « mais je recommande de le faire du sud vers le nord », conseille Kevin.
L’Hexatrek regroupera 47 GR français sur un tracé unique, truffé des plus beaux paysages de France, tout en facilitant la pratique du bivouac – autorisé sur 70% du parcours. Après plusieurs mois d’élaboration, Kevin Ginisty annonce avoir fini de construire l'intégralité du tracé. Lundi 6 septembre, l’équipe de l’Hexatrek a également lancé une campagne de financement participatif au succès fulgurant : 150% de l’objectif ont été atteint après 24 heures, récoltant ainsi presque 9000 € - soit une moyenne de 75€ par don, plus plus que ce qu’espérait Kevin.
Ces fonds serviront donc à baliser le parcours, aider à la réalisation d’un film documentaire sur cette aventure, et bien sûr, financer la création de l’application mobile indissociable de l’Hexatrek. Inspiré par l’application mobile américaine Guthook, Kevin Ginisty compte développer une application qui comprendra le tracé total du parcours, ses différentes étapes, les intersections et les « immanquables », comme des « Merveilles naturelles », les plus beaux villages de France, des cascades et autres points de vues exceptionnels. Mais surtout, elle indiquera tous les lieux où le bivouac est autorisé, les refuges gardés et non gardés, les gîtes, campings et chambres d’hôtes. « L’objectif est de pouvoir trouver un point de chute à 10 kilomètres maximum de son point de départ », ajoute-t-il.

Car pour le fondateur de l’Hexatrek, l’un des obstacles à la démocratisation de la grande itinérance en France est justement la difficulté à trouver un spot de bivouac autorisé. « Je prépare le parcours en évitant les réserves naturelles, où on ne peut pas camper – je privilégie les parcs naturels régionaux, où le bivouac est plus accessible, en travaillant en collaboration avec les organisations touristiques. Pour s’y retrouver facilement, les utilisateurs de l’application pourront se référer à la couleur du tracé, qui indiquera si le bivouac est autorisé ou interdit. Les internautes pourront également ajouter eux-mêmes leur spot pour le partager avec la communauté », précise-t-il.

Tout comme sur le Pacific Crest Trail, certaines zones de l’Hexatrek ne sont pas praticables toute l’année, à cause de la neige notamment. L’application détaillera donc les périodes les plus adaptées dans l’année pour traverser ces tronçons, afin d’anticiper son périple et ne pas contraindre les marcheurs débutants à renoncer à des étapes entières du parcours, ou avoir recours à du matériel d’alpinisme lorsqu’elles sont enneigées. C’est d’ailleurs pour cette raison que la première grande traversée du sentier devrait débuter en juin 2022, aux pieds des Pyrénées, pour s’achever à l’automne dans les Vosges, afin d’éviter les périodes d’enneigement dans les Alpes notamment.





L’application devrait être disponible en mars 2022 – gratuite lors du téléchargement, mais payante pour débloquer toutes les informations sur différentes étapes du trek. « Chaque étape – soit environ 500 kilomètres chacune – coûtera 5 euros. Pour accéder à l’ensemble du trek, il faudra compter 30 euros. Les cartes seront aussi disponibles hors connexion, et une fois achetées, elles seront définitivement acquises – il ne s’agira pas d’un abonnement au mois, par exemple », prévoit Kevin Ginisty. En attendant sa sortie, une campagne de financement participatif sera lancée en septembre pour accompagner son développement. « Les premières donateurs auront ensuite accès gratuitement à l’appli, et ils seront invités à participer à l’inauguration de la première grande marche sur l’Hexatrek », conclut-il.
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