S'abonner Se connecter
Outside
Outside : aventure training voyage culture
  • Aventure
  • Santé
  • Voyage
  • Société
  • Équipement
  • Films
  • Podcasts

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER
  • Voyage
Tourisme solidaire

Le tourisme solidaire et équitable a-t-il un impact réel ?

Photo noir et blanc de deux enfants à Madagascar

Roxane Guichard Roxane Guichard

  • 17 juin 2019
  • 3 minutes

Quand on opte pour un voyage labellisé "équitable et solidaire", on se demande parfois si cet effort aura une véritable incidence sur les communautés et territoires visités. L’ATES, l’Association pour le tourisme équi­table et solidaire, a mené pendant deux ans une étude d’envergure sur trois territoires afin d'évaluer les impacts et changements apportés, revenant avec des conclusions plutôt rassurantes.

Depuis 13 ans, l'ATES délivre le label "Garantie tourisme équitable et solidaire", qui repose sur plus de 50 critères et promet aux voyageurs le respect des principes du commerce équitable et de l’économie sociale et solidaire. Soucieuse de vérifier les retombées de ses engagements, l'association s'est donné pour mission d'évaluer les impacts et les changements apportés par le développement de tourisme équitable et solidaire sur un territoire et des communautés partenaires (habitants, associations ou coopératives) sur trois destinations populaires : Madagascar, l’Inde et le Pérou. L'étude a été réalisée entre 2017 et 2019 sur le terrain, en croisant analyse microéconomique et Approches orientées changement (QOS), une méthode qui consiste à définir, puis à observer, les changements auxquels les acteurs du tourisme équitable et solidaire contribuent.

Rééquilibrer des revenus irréguliers

L’activité de tourisme équitable et solidaire a notamment vocation à fournir un complément de revenu pour les communautés partenaires. Ainsi, à Madagascar, dans le village d'Alakamisy, dans la région des hauts plateaux, les familles engagées dans le tourisme équitable et solidaire cultivent du riz et des légumes. Ces dernières ont expliqué à ATES avoir subi une très mauvaise année agricole en 2016, compensée par une très bonne année touristique, avec plus de 30 voyageurs accueillis. Le revenu issu de cette activité a alors représenté 74 % du revenu familial, permettant aux locaux de pallier les aléas de leur occupation principale.

Scolarisation des enfants et frein à l'exode rural

Les revenus complémentaires issus de l’activité touristique participent prioritairement à l’amélioration des conditions de vie des habitants et notamment à financer l’éducation des enfants. En Inde, une habitante du district du Dausa, au Rajasthan, explique que son organisation locale d’agrotourisme dépose des fonds sur son compte bancaire 10 à 15 jours après la visite touristique. "Parfois, je demande aussi une avance pour couvrir les dépenses. […] Le revenu que je gagne de mon "homestay", je peux le dépenser pour l’éducation de mes enfants. J’ai aussi acheté une télévision, un réfrigérateur et une machine à laver avec ces fonds".

Parallèlement, cette activité économique stabilisatrice a un impact sur les migrations saisonnières des hommes, particulièrement en Inde et au Pérou. Certains hommes, partis à la ville durant les périodes de creux de l’activité agricole ou de manière permanente pour assurer les revenus de leur famille, reviendraient ou resteraient dans les villages. Dans certaines régions particulièrement touchées par cet exode masculin, les habitants - et particulièrement les femmes - affirment que ce tourisme équitable et solidaire a aussi un impact positif sur l’équilibre familial et communautaire.

Un profit qui peut ruisseler sur la communauté

La répartition du revenu issu du tourisme équitable et solidaire est aujourd’hui majo­ritairement individuelle et familiale, du fait entre autres du nombre encore limité de voyageurs. Toutefois, les revenus du tourisme sont parfois redistribués au sein de la communauté. Lorsqu’il y a une suractivité touristique par exemple, lors d'une fête ou à la haute saison, les habitants font appel à des personnes extérieures à la famille pour aider à la préparation du repas ou pour la réalisation du ménage. Ces dernières sont alors rémunérées et bénéficient à leur tour d’un complément de revenus. Autre cas de figure, en dehors des périodes touristiques, les habitants investis dans l’activité touristique participent financièrement à l’organisation de fêtes locales et se montrent solidaires de familles ou de membres de la communauté en difficulté.

Un tourisme qui respecte l’économie locale

Même dans un contexte d’activité touristique dynamique, comme dans la région de la Vallée Sacrée au Pérou, où plusieurs dizaines de voyageurs peuvent être accueillis par les habitants lors de la haute saison, la structure de l’économie locale est préservée. Excepté dans de rares cas observés, les habitants conservent leurs activités premières : agriculture, artisanat ou travail salarié, comme l'enseignement, par exemple.

Des pistes d'amélioration

Du fait notamment d’un nombre de touristes encore limité et fluctuant, les effets d’entraînement sur l’économie locale restent néanmoins limités. L’étude réalisée à Madagascar démontre ainsi qu’un minimum de 80 voyageurs par an/par communauté est nécessaire pour avoir un impact sur les territoires, au-delà des individus et des familles investis dans l’activité. ATES souligne donc l’importance pour les acteurs du tourisme durable et équitable de diversifier les alliances et partenariats. Cela peut être avec des intervenants du secteur touristique local et international, afin de commercialiser plus largement l’offre touristique et donc augmenter le nombre de voyageurs, des ONG locales en capacité d’apporter un appui technique sur la recherche de financements et la mise en place de projets de développement, ou encore des institutions publiques, régionales ou nationales, qui peuvent soutenir financièrement et politiquement le développement d’une activité de tourisme alternatif.

Un modèle à pousser

ATES conclut donc que, dans son déploie­ment actuel, le modèle de tourisme équitable et solidaire qu'elle propose permet, à une échelle indivi­duelle et familiale, d’avoir un impact écono­mique et social positif. L'association estime aussi que pour changer d’échelle et obtenir une incidence plus importante, notamment au niveau économique, son modèle de développement a besoin d’être encouragé et soutenu par des politiques publiques adéquates. Cela passera par la formation des habitants, des investissements et incitations financières, une mise en réseau des acteurs, et la sensibilisation des voyageurs locaux et internationaux aux enjeux du tourisme équitable et solidaire.

La suite est réservée aux abonnés

Déjà abonné ? Se connecter
Votre premier article est offert
LIRE GRATUITEMENT
ou
S'ABONNER
  • Accédez à tous les contenus d’Outside en illimité. Sans engagement.
  • Votre contribution est essentielle pour maintenir une information de qualité, indépendante et vérifiée.
  • Vous pouvez aussi acheter cet article pour 1€

Faut-il voyager dans des pays au régime autoritaire ?

Bagan, la vallée des 2000 temples en Birmanie

Roxane Guichard Roxane Guichard

  • 7 juin 2019
  • 3 minutes

Maldives, Birmanie, Thaïlande, Tibet, Turquie… Des destinations de rêve prisées par les touristes occidentaux, dont il ne faudrait pas oublier les réalités sociales et politiques violentes, souvent maintenues loin des regards. Pour autant, faut-il les boycotter ? À l’inverse, le tourisme ne permet-il pas d’ouvrir une brèche et de permettre une vigilance accrue de la communauté internationale sur ces pays ? Pour les touristes soucieux de ne pas sacrifier leur éthique à la passion du voyage, la question des pays dans lesquels les droits de l’homme sont régulièrement bafoués reste…

Thèmes :
Tourisme durable
Tourisme solidaire
Voyage
Lire cet article

Tourisme durable : comment ne pas voyager comme un enfoiré ?

66% des Français interrogés affirmaient que le tourisme responsable/éthique était indispensable dans un sondage d’Easyvoyage, mené l’an dernier auprès de plus de 2 000 internautes

Roxane Guichard Roxane Guichard

  • 21 mai 2019
  • 3 minutes

On a beau vouloir se mettre à un tourisme vert, solidaire, responsable, durable, équitable – ou tout autre adjectif en -able – il est souvent compliqué de s’y retrouver dans la jungle des labels. Voici quelques pistes pour y voir (un peu ) plus clair. Il y a d’abord eu la visite au festival « Changeons d’Air(s) », le week-end dernier. Cette initiative de la Fondation GoodPlanet et plusieurs associations visait à guider les plus motivés vers des formes de tourismes plus éthiques, en adéquation avec leurs convictions. On y a croisé…

Thèmes :
Avion
Écotourisme
Tourisme durable
Tourisme solidaire
Voyage
Lire cet article

Le festival « Changeons d’Air(s) » de retour pour voyager responsable

Des touristes se pressent pour admirer la vue à Rio de Janeiro, au Brésil.

La rédaction La rédaction

  • 16 mai 2019
  • 2 minutes

Comment ne pas trahir ses convictions écologiques et éthiques en partant à l’aventure loin de chez soi ? La Fondation GoodPlanet et plusieurs associations tenteront de remédier au paradoxe avec la seconde édition du festival « Changeons d’Air(s) », qui se déroulera les 18 et 19 mai à Paris. Au menu, deux jours de conférences, rencontres, débats, témoignages et concerts, pour s’inspirer et voyager plus responsable. Dans un sondage d’Easyvoyage, mené l’an dernier auprès de plus de 2 000 internautes, 66% des Français interrogés affirmaient que le tourisme responsable/éthique était indispensable, notamment…

Thèmes :
Ecologie
Écotourisme
Tourisme durable
Tourisme solidaire
Voyage
Lire cet article

Outside le magazine de l'outdoor

Outside entend ouvrir les pratiques et la culture outdoor au plus grand nombre et inspirer un mode de vie actif et sain. Il s’adresse à tous ceux qui aspirent à prendre un grand bol d’air frais au quotidien et à faire fonctionner leurs muscles comme leurs neurones avec une large couverture de l’actualité outdoor.

Newsletter

L’aventure au cœur de l’actualité. Chaque vendredi, les meilleurs articles d’Outside, directement dans votre boîte mail.

Liens

  • A propos d’Outside
  • Abonnements
  • Retour d'aventure
  • Mentions Légales
  • CGV
  • Politique de confidentialité
  • 1% for the Planet
  • Offres d’emploi
© Outside media 2026
Activer les notifications