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VTT Sauvage
  • Société

Le ton monte en France face au développement du VTT sauvage

  • 18 juin 2025
  • 5 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

« Une grande campagne se prépare pour encadrer le VTT dans nos montagnes ! Restez à l’affût : le lancement est imminent ! », annonçait le 10 juin la mairie de Morzine sur Facebook. Et elle ne va pas plaire à tout le monde. Pas seulement parce qu’elle est titrée en anglais, ce qui fait bondir sur les réseaux, mais surtout parce qu’elle entend freiner et canaliser les ardeurs de certains riders peu respectueux de l’environnement dans la communauté de communes du Haut-Chablais, en Haute -Savoie. Dans le Vercors, comme dans le Jura, on resserre aussi les boulons ces derniers temps. Mais partout les parties en cause semblent heureusement déterminées à trouver un compromis pour que chacun trouve sa place, à l’instar des Arcs Bourg-Saint-Maurice il y a quelques semaines, où, après un coup de chaud, un terrain d'entente semble avoir été établi.

Sur le papier, le ton est posé. « Nous souhaitons construire un avenir durable pour le VTT, en garantissant une cohabitation respectueuse entre tous les pratiquants, tout en protégeant notre environnement. Pour que nos montagnes restent un terrain de jeu exceptionnel pour tous, aujourd’hui comme demain ! » écrit le maire de Morzine, parlant au nom des domaines de loisirs de Morzine et d’Avoriaz ainsi que des communes voisines des Gets, Montriond et Verchaix. L’élu est à la veille de lancer une grande campagne pour « encadrer le VTT dans nos montagnes ». Elle devrait être déployée cette saison,  « avec le soutien d’ambassadeurs freeride et des acteurs du tourisme. », précise-t-il. Elle sera déclinée en français et en anglais « afin de s’adresser à toutes les communautés, y compris internationales. Car c’est ensemble que nous préserverons notre environnement. »

Objectifs :

  • Préserver la forêt
  • Permettre aux secours d’intervenir
  • Protéger les terrains privés
  • Favoriser le partage des sentiers entre piétons et VTT
  • Organiser la circulation dans le village

En clair, il va falloir que ça change !  Car sur le terrain, rien ne va plus sur certains spots très prisés par les riders. La faute à la surfréquentation post Covid qui fait que certains spots, autrefois plutôt bien gérés par les locaux, deviennent impraticables. La faute aussi à certains nouveaux adeptes du VTT peu au fait des bons usages, ou bien décidés à passer outre. Résultat, c’est la grogne.

Riders, propriétaires de terrains privés, chasseurs...

Notamment aux Gets, commune pourtant plutôt « rider friendly », cette année encore, elle accueille la Coupe du monde de VTT.  Mais la semaine dernière quelques ados, à l’origine d'un chantier sauvage, étaient convoqués par le maire, Philippe Vinet. Ils avaient eu la fâcheuse initiative de rouvrir un ancien tracé de VTT de Coupe du monde sur le mont Chéry. 

A La Chapelle-d’Abondance, en Haute-Savoie, ce sont les élus, chasseurs et responsables de l’ONF qui se réunissaient fin mai pour envisager « des mesures pour protéger les forêts et les droits des propriétaires tout en permettant une pratique responsable du VTT ». En cause, là aussi, la problématique croissante des pistes sauvages. Etablies sans l’autorisation des propriétaires, elles entraîneraient la coupe illégale d’arbres, la dégradation des milieux naturels et la perturbation de la faune sauvage, selon eux. « Nous sommes déterminés à protéger nos forêts et à faire respecter le droit de propriété. Il est essentiel de trouver un équilibre entre la pratique du VTT et la préservation de notre environnement naturel », concluait alors le maire, Gérald David Cruz. Un élu sans doute tiraillé entre l’attractivité économique indéniable que génère aujourd’hui le VTT, et les intérêts de certains de ses électeurs, sans parler bien sûr du lobby des chasseurs, notoirement hostile aux riders. 

Dans le Vercors, un plan et un budget de 220 000 € pour apaiser les esprits

Reste qu’il n’est pas le seul à devoir se poser en arbitre. Car les remontées mécaniques ont beau se mobiliser pour développer de nouvelles pistes officielles, diversifiées et entretenues afin de répondre aux attentes des riders tout en limitant le hors-piste sauvage, rien ne vaut, aux yeux de certains, un beau « single », façonné à la cisaille, pelle, la scie et au râteau à béton.

D'autant que bien souvent, l’offre est insuffisante face à la demande. C’est le cas notamment de la communauté de communes du massif du Vercors (CCMV) qui en mars 2024 tentait de calmer le conflit entre les propriétaires de parcelles forestières et les pratiquants de VTT, en annonçant toute une série de mesures assorties d'un plan vélo jusqu’en 2026 et d'un budget de 220 000 €.

Au programme :

  • La rédaction d'une étude des pistes à homologuer en tenant compte de l’intégralité des pratiques VTT.
  • La rédaction d'une convention pour permettre aux propriétaires de transférer la responsabilité sur la collectivité en cas d’accident sur leurs terres.
  • La réflexion sur une charte signée par les clubs de VTT pour pratiquer ce sport dans une démarche responsable.
  • La fermeture des sentiers sauvages « qui n’ont plus lieu d’exister ». Leur remise en état, assortie d'une information sur le sujet auprès des pratiquants.
  • Une sensibilisation sur le terrain grâce à un “bike patrol” : un agent de la CCMV chargé d’entretenir les sentiers et de créer du lien avec les vététistes autour d’une « bonne pratique »
  • L’embauche d’un garde rural. Chargé de faire respecter les règles, il pourra verbaliser les contrevenants en cas d’infraction ou de violation de la propriété privée. Des amendes, rappelons-le pouvant atteindre 1 500 euros.

Même alerte dans le Jura suisse, où le VTT sauvage est dans le viseur des autorités depuis cinq ans déjà. « Les quelques 3 700 km de pistes et sentiers dans le Jura ne suffisent visiblement pas pour certains vététistes déplorent les autorités cantonales », écrivait RFJ en 2020. » L’Office de l’environnement dénonce ce mercredi une recrudescence de pistes illégales dans les forêts jurassiennes et fait face à un nombre croissant de plaintes de propriétaires. »

Là aussi, c’est toute une batterie de mesures qui a été mise en oeuvre, oscillant entre conciliation, information et, trop souvent, sanctions. Un crève-cœur, c’est certain, pour les riders locaux, des pratiquants des premiers jours, qui payent cher aujourd’hui, les incivilités d'une poignée d'inconscients.

Aux Arcs, douche froide pour les riders, puis conciliation

Reste que l’angle du dialogue semble porter ses fruits, et c’est heureux. En témoigne l’exemple des Arcs Bourg Saint-Maurice. Le 23 mars dernier, les vététistes se voyaient interdits d'emprunter le funiculaire, en raison d’incivilités. Une décision qui avait soulevé une tempête dans la communauté vélo. Mais à la suite d’un comité technique organisé le 9 avril, la commune de Bourg-Saint-Maurice annonçait la réouverture du funiculaire aux vélos, et ce, dès le 12 avril. Mais pas n’importe comment.  « Cette réouverture est une marque de confiance envers tous les acteurs du vélo. Nous souhaitons de notre côté les assurer de notre volonté de poursuivre notre accompagnement et la promotion de la pratique sur notre territoire d’exception », expliquait en effet le maire, Guillaume Desrues, rassuré par le travail collectif engagé par tous les acteurs invités autour de la table.

Ensemble ils ont en effet posé les requis. Fermeture des traces de descente hors sentier sur le versant des Arcs. Rappel des pratiques respectueuses de l’environnement, des riverains, des réglementations en vigueur. Création de groupes de communication en français et en anglais pour faciliter les échanges entre les acteurs et partager les retours de terrain. Renforcement de la signalétique sur les sentiers autorisés. Et… redoublement des contrôles, conformément au code forestier. Car, rappelons-le, l’Office national des forêts (ONF), le garde champêtre et la Gendarmerie sont habilités à infliger des contraventions pouvant aller jusqu’à 1 500 € à la moindre infraction.

Que dit la loi sur le freeride ?
La pratique du freeride est interdite en forêt, ne pas respecter la réglementation est passible d'une amende.
Selon l'article R.163-6 aliéa 2 du code forestier, la circulation de tout véhicule ( vtt, cavaliers…) hors des chemins en forêt, c'est-à-dire à l'intérieur des parcelles forestières, est interdite. Tout contrevenant s'expose à une amende de classe 5 pouvant aller jusqu’à 1500€.
Selon l'article R.362-2 du code de l'environnement,  la circulation de véhicules hors des voies ouvertes à la circulation est interdite. Tout contrevenant s'expose à une amende de classe 5 pouvant aller jusqu'à 1500€ ;

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