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La folle histoire de l’homme qui a traversé l’Atlantique dans un tonneau

  • 18 septembre 2019
  • 3 minutes

La rédaction Outside.fr Eric Carpentier

En montant à bord d'un pétrolier à quelques encablures des Caraïbes, Jean-Jacques Savin terminait en avril dernier une transatlantique pour le moins originale. 127 jours plus tôt, il avait quitté les côtes européennes dans un tonneau. Quatre mois à divaguer au gré des vents et des courants pour ce Diogène marin qui sera présent, avec son vaisseau, à la Cité des Aventuriers, les 21 et 22 septembre à Paris.

« Quand il a dit "une barrique mise à l'eau au large des Canaries met trois mois à arriver aux Caraïbes", ça m'a interpellé. C'est incroyable ! Putain, un morceau de bois traverse l'Atlantique ? » Il, c'est Alain Bombard. En 1952, il a 28 ans lorsqu'il s'embarque dans une navigation historique : la traversée de l'océan Atlantique dans un canot pneumatique, sans eau ni nourriture, à peine poussé par une voile d'Optimist. L'objectif du médecin, montrer que les naufragés meurent de désespoir avant de succomber à la faim ou à la soif, et ainsi repousser les limites psychologiques de la survie. Une expérience salvatrice pour de nombreux marins. Et une inspiration pour certains lecteurs du récit d'Alain Bombard,Naufragé volontaire. Dont Jean-Jacques Savin, que le « morceau de bois » ne quittera plus. Jusqu'à construire un tonneau, se glisser dedans et s'offrir tout entier aux éléments pour le mener à bon port. C'est-à-dire, de l'autre côté de l'océan.

Jean-Jacques Savin, ancien " parachutiste dans des unités très spéciales "(facebook)
Sur les traces d'Alain Bombart, 67 ans plus tard (facebook)

Naufragé volontaire

Si l'exploit d'Alain Bombard porte la marque de la jeunesse, Jean-Jacques Savin s'est lui mis à l'eau à l'âge où d'autres enfilent définitivement les charentaises. Mais à plus de 70 ans, le Girondin a arrêté de compter les années, et même les vies. Car l'homme « issu de l'école buissonnière » en a vécu plusieurs après son diplôme de dessinateur industriel. Il y a d'abord l'armée et les parachutistes. Qui le mènent sur le continent noir, où il expérimente « la magie de l'Afrique » : pilote privé, chercheur d'or, conservateur de Parc National en Centrafrique... Un enfant arrive, il embarque la nouvelle famille pour une navigation de sept ans autour du monde. Rentre en France, repart au Kosovo, enchaîne avec l'Algérie. Jusqu'au tonneau, donc. Un véritable CV de baroudeur old school. « Je ne suis pas à plaindre ! » dit-il en rigolant.

La dernière ligne de sa vie, à ce jour, est longue de 5 800 kilomètres, elle a été parcourue en 127 jours, du 26 décembre 2018 au 2 mai 2019. Soit une moyenne inférieure à 2 km/h (les marins pardonneront cette mesure terrestre) pour rallier les abords de l'île Saint-Eustache, dans les Caraïbes, depuis La Rastinga, petit port au sud des îles Canaries. Soit, aussi, un mois de plus que prévu. La faute aux alizées, « arrivées avec trois mois de retard, du jamais-vu ! Au lieu d'être vers le Cap Vert, j'étais très haut, presqu'aux Açores. » Sans voile ni gouvernail, Jean-Jacques Savin ne peut qu'être patient, économe et philosophe. C'est ce qui est écrit dans le livre qui vient de paraître, 127 jours à la dérive : « Mais que faire ? Rien. »

Aucun ennui entre l'essentiel : la mandoline, l'écriture, et les réponses aux milliers d'internautes suivants son aventure via un contact quotidien (facebook)
A son quotidien aussi : bricolage et entretien de la coque..(facebook)
Une structure en bois sur mesure (facebook)

Dans ses bagages: 20 kg de livres

Soumis aux vents et aux courants, Jean-Jacques Savin ne peut influer sur le cours de la traversée. Ce qui ne signifie pas pour autant des journées d'oisiveté, dans sa barrique de 6m2. Notamment parce que « vous êtes en mouvement permanent. Pour ouvrir une boite de conserve, vous mettez dix minutes. La cuisine, le bricolage, le nettoyage de la coque... Tout est plus long ». Sans oublier le reste – l'essentiel : la mandoline, l'écriture, les réponses aux milliers d'internautes suivants son aventure via un contact quotidien avec une personne à terre, et bien sûr la lecture pour celui qui, enfant, dévorait Seul à travers l'Atlantique d'Alain Gerbault : « J'avais 20 kilos de livres, facile. J'ai terminé par une Bible illustrée pour les enfants (rires). Un pavé, mais facile à lire. Comme ça bouge en permanence, si vous avez 3 000 pages en petits caractères, il faut faire le tour de la terre pour terminer le bouquin ! » Voilà une idée séduisante.

Qu'il soit ravitaillé par un cargo ou qu'il manque d'entrer en collision avec un autre, chaque événement voit son importance décuplée lorsqu'on erre seul au milieu de l'océan. Dans cette solitude troublée par le bruit de l'eau omniprésent, la folie peut-elle s'immiscer ? Pas pour le vieux baroudeur : « J'étais dans les éléments, complètement déconnecté du système, sans souci extérieur. En fait, j'étais peut-être plus sain d'esprit que les gens à terre ! » Vrai qu'avec quatre hublots, dont un sous la ligne de flottaison, son tonneau lui laisse un large temps de cerveau disponible.

Jean-Jacques Savin insiste : « comparé à Bombard, qui a réalisé un exploit, ma traversée était à la cool ! Je voulais seulement réaliser un rêve de gosse ». Et quand des difficultés se présentent, qu'il affronte des tempêtes ou qu'il se retrouve suspendu à un filin hors du cockpit, l'ancien militaire se souvient de ses jeunes années : « J'ai été parachutiste dans des unités très spéciales. Quand on te dit d'aller à un endroit, tu subis les difficultés. Si tu choisis d'y être, ça change tout. » Vraiment aucun regret, donc ? Dans un souffle, l'ermite maritime finit pas concéder : tout de même, il aurait bien aimé croiser une sirène.

https://youtu.be/RTcgIGIKKRE
Le récit de son aventure, à son arrivée en mai dernier (YouTube)

Sur le même thème, lire aussi: De l’Australie à l’Arctique : 7 aventuriers à suivre ce week-end

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