En novembre 2024, cela fait déjà quatre mois que Leo Houlding, grimpeur professionnel britannique alors âgé de 44 ans, sillonne le monde avec sa compagne, Jessica, et leurs deux enfants, Freya et Jackson, 11 et 8 ans. Après un début de périple en Norvège, en kayak de mer et à VTT, la famille s’est attaquée à l’emblématique El Capitan, dans le parc national du Yosemite. Une aventure familiale menée dans la joie et la bonne humeur, à découvrir dans un film de 22 minutes tout juste mis en ligne. Il constitue le premier volet de « Small People, Big Adventures », une trilogie consacrée à leur périple. Ici, pas de compétition ni de record en vue, seul compte le plaisir de partager l’aventure. Une philosophie que cette famille très soudée résume par une formule devenue son credo : « À 12 ans, nos enfants ont déjà passé 80 % du temps qu’ils passeront avec nous dans toute leur vie. À nous de faire en sorte que chaque instant compte. »
Les Houlding – Jessica, Leo ainsi que leurs enfants, Freya, Jackson – sont partis pour une année d’aventure à travers le monde. Leur long voyage a commencé début août 2024 au nord de la Norvège. Au programme : un trip en van, du kayak de mer, de la pêche, du VTT, du camping et de l’escalade. Ils se sont ensuite dirigés vers le Yosemite pour enchaîner quelques grandes voies. La face sud de Half Dome d’abord. Puis l’ascension du « Muir Wall », l’une des voies les plus longues d’El Capitan.
Jackson, le plus jeune grimpeur à avoir gravi El Capitan : « Mais s’il vous plaît, ne titrez pas autour de cela »
Leo Houlding est l’un des meilleurs grimpeurs britanniques de sa génération. Il a passé une quinzaine de saisons dans le parc national du Yosemite à enchaîner les performances sur El Capitan. À son actif, la première ascension de « The Prophet » (8b max) dans la face sud-est, dont il lui aura fallu près de dix ans pour venir à bout. À 46 ans aujourd’hui, il continue de grimper à haut niveau. Des ascensions en big walls qu’il combine avec des sauts en BASE jump. De l’île de Baffin à l’Antarctique en passant par le Venezuela, la Guyane et le Brésil.
En 2024, c’est en famille que Leo vit ses aventures. Le 12 novembre, les Houlding et leurs deux jeunes enfants se sont hissés au sommet d’El Capitan. Le fils, Jackson, 8 ans à l’époque, est sans doute devenu le plus jeune grimpeur à avoir gravi cette face mythique. « C’est très probablement le cas » souligne son père, qui a raconté leur ascension à Gripped. « Mais s’il vous plaît, ne titrez pas autour de cela. Nous ne sommes absolument pas venus chercher ce genre de record ». On est loin de la recherche de notoriété systématique orchestrée par la famille Evermore dont les garçons sont conditionnés dès cinq ans pour accumuler les performances en escalade sur, précisément, El Cap.
Leo a d’ailleurs été surpris par le buzz – plus de 5 millions de vues – généré par l’une de ses vidéos, où ses enfants mangeaient de la glace dans leur portaledge au beau milieu de la paroi. « Nous n’avons pas publié grand-chose depuis », poursuit-il. « Car tout le monde donnait son avis sur notre aventure familiale, ce n’était pas agréable d’être jugé ».
« Ils étaient dans leur élément »
« Ça faisait un moment que je n’étais pas revenu au Yosemite », poursuit Leo. « La dernière fois, c’était en 2010. J’avais oublié à quel point l’ascension d’El Cap était complexe. Nous n’avions pas l’intention de gravir en libre le ‘Muir Wall’. Mais simplement de passer du bon temps dans la paroi. C’était une sacrée logistique d’évoluer à six sur le mur [la famille Houlding était accompagnée Wilson Cutbirth et Xander Bianchi, partenaires de cordée de Léo, ndlr], avec deux enfants. Ajoutez à ça tout le matériel… Ce n’était pas simple ».
Ils ont passé sept jours dans la paroi. Un jour sur deux dédié alternativement à la grimpe et au hissage. Quand ils ne grimpaient pas, les enfants jouaient à des jeux ou écoutaient des livres audios sur des petites enceintes attachées à leurs baudriers. « Je leur faisais faire des pendules sur la corde, ça les faisait rire » raconte Leo sur Instagram. « Jamais ils ne se souciaient de l’exposition ou des manip’ de cordes. Ils avaient confiance dans l’équipement et, bien sûr, en leurs parents. Je pense que c’est merveilleux pour eux de pouvoir cet acquis à ce stade de leur vie […] Ils étaient dans leur élément ».
La suite ? Du surf, du ski… et de la grimpe, bien-sûr !
Non loin du sommet, une tempête hivernale est venue jouer les trouble-fêtes. Il est tombé tellement de neige que les enfants ont pu faire une bataille de boules de neige. Inattendu ! Tout comme ces longues soirées qui ont rythmé leur vie sur le mur. La famille n’ayant pas franchement anticipé le coucher de soleil à 17 heures.
Le septième, et dernier, jour, la famille a rejoint l’imposant dièdre final du « Muir Wall ». Le tout dans un timing très serré, l’arrivée d’une seconde tempête étant imminente. Une fois au sommet, deux heures avant la tombée de la nuit, ils ont installé leur portaledge dans un genévrier. L’idéal pour s’imprégner de l’ambiance alpine, et des vues sur la vallée. Avant de prendre la route pour leur prochaine destination : Hawaï, où ils avaient prévu de rendre visite à leur famille et de faire du surf. De là, ils visaient Hokkaido, au Japon, pour faire du ski. Avec d’autres aventures en tête : de la grimpe en Himalaya, du kayak de mer en Papouasie-Nouvelle-Guinée, du surf en Indonésie et, pour finir, l’ascension d’un sommet de 5 000 mètres au Kirghizistan.
Photo d'en-tête : Leo Houlding