Sur l’Everest et dans l’Himalaya, les opérations de secours n’ont jamais été aussi nombreuses. Si l’augmentation du nombre d’expéditions explique en partie cette hausse, d’autres facteurs entrent en jeu : démocratisation de l’himalayisme et moindre préparation des alpinistes, évacuations parfois discutables, mais aussi scandales de fraudes aux assurances. De quoi brouiller la lecture des statistiques de sauvetage sur le toit du monde. Ce n’est un secret pour personne : chaque année, l’Everest attire davantage d’alpinistes, et avec eux, les opérations de secours se multiplient. Paradoxalement, le nombre de décès diminue depuis plusieurs saisons, une évolution que certains attribuent justement à ce recours plus fréquent aux évacuations. Les données récentes en témoignent : la société américaine Global Rescue, l’un des principaux prestataires mondiaux de services de secours et d’assistance pour voyageurs et alpinistes, a ainsi enregistré une activité record lors de la saison de printemps 2025 : sur les 137 opérations menées cette année-là, 94 ont eu lieu dans l’Himalaya — dont 44 sur l’Everest. L’engouement croissant pour la région explique en partie cette tendance, raconte Dan Richards, PDG de Global Rescue, interviewé dans Climbing par Alan Arnette, alpiniste et éminent spécialiste de la région. Mais selon lui, un autre facteur entre en jeu : l’essor d’expéditions à bas coût, qui permettent à un public plus large d’accéder à la haute montagne, parfois sans l’expérience nécessaire. « Depuis une dizaine d’années, nous voyons de plus en plus de personnes se retrouver dans des environnements pour lesquels elles ne sont pas totalement préparées », explique Richards. Une démocratisation de l’accès aux sommets qui, mécaniquement, se traduit aussi par davantage d’appels aux secours. Tous les secours sont-ils vraiment nécessaires ? Pour certains spécialistes de la médecine de haute altitude, l’augmentation des évacuations ne signifie pourtant pas forcément que les alpinistes sont plus imprudents ou plus mal préparés. Le médecin américain Peter Hackett, lui-même alpiniste et fort de plusieurs décennies d’expérience dans l’Himalaya, estime que le véritable indicateur n’est…
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