Dans deux jours, le Premier ministre devrait annoncer si les remontées mécaniques pourront reprendre leur service début février. D’ici là, les stations de ski se réinventent pour tenter de survivre à cette saison chaotique. C’est le cas de stations comme Courchevel et Les Arcs, ou encore d'hôtels de plus en plus nombreux à aménager leurs appartements et à réduire leurs prix pour favoriser le télétravail au pied des montagnes.
La période de Noël a été un désastre pour la majorité des stations de ski françaises, qui ont enregistré une baisse de 80% de leur activité économique. En attendant la réouverture des remontées mécaniques, et pour palier au manque de réservations, certaines stations optent pour une nouvelle stratégie : miser sur des offres d’hébergements réduites pour faire du télétravail depuis la montagne.

C’est ce que propose Courchevel, une station aux prix qui peuvent parfois faire fuir les vacanciers, mais qui a décidé de brader à -40% les réservations à La Tania, un des villages de Courchevel, pour sauver la station de la crise économique. Ainsi, les personnes qui travaillent à distance peuvent bénéficier d’un séjour à partir de 1560€ - au lieu de 2600€ - pour la période du 13 mars au 10 avril.

Cette offre concerne des appartements deux-pièces, pouvant accueillir jusqu’à quatre personnes, aménagés avec un espace de travail dans le salon. Gilles Delaruelle, directeur de l’Office de tourisme de Courchevel, mise sur ceux qui, « par exemple, travaillent ensemble dans une même société de services ou de disposition commerciale. À deux ou trois personnes, ils pourraient se payer cette hébergement », a-t-il confié à France Bleu.
Espaces de coworking et réductions spéciales
D’autres stations commencent à appliquer ces « offres spéciales télétravail » comme Les Arcs, en Savoie aussi - sans pour autant (encore ?) casser les prix . La station dispose de deux nouveaux lieux de coliving ou coworking originaux, qu'elles décrivent en ces termes :
« Le Wanderful chalet à Arc 1600 : un chalet aux pieds des pistes avec un espace de co-working équipé pour 8 personnes. Réservations de dernières minutes, séjours à la carte, ouvert toute l’année, l’équipe du chalet s’adapte à vous. Vous louez un espace privatif, intimiste et personnel, et vous partagez les espaces communs avec d’autres wanderguests. Infos réservation : wanderful@maisonfalcoz.com. »
« L’espace SO WO à Bourg saint Maurice : ouvert par une agence de communication, il est placé au cœur de la Tarentaise, à portée de la gare internationale TGV et de toutes les grandes stations de Tarentaise. Ateliers professionnels chaque semaine, différente formules proposées (à la journée, location de bureau au mois, privatisation d’une salle pour un événement…) et un café SO WO avec restauration qui se veut un lieu d’échange et de partage. »

La Clusaz, elle, mise déjà sur les espaces de coworking, comme « Le Pêle », qui accueille les travailleurs indépendants depuis trois ans. « Le Pêle » fait d'ailleurs partie de l’association Co’Alpin, qui regroupe de nombreux autres espaces de travail en Haute-Savoie, en Savoie et en Isère, comme « Le MeltingSpot » à Thonon, « Entrelac coworking » et « Coworkimmo » à Annemasse, le « o79 » à Chambéry, « La Kaftière » à Saint-Jean-de-Maurienne, « Cowork In Grenoble » et « Cowork In Voiron ».

À défaut d’étendre ces offres à toute une station, des hôtels s’adaptent par eux-mêmes pour attirer les télétravailleurs, comme l’hôtel Tobazo, dans les Pyrénées, qui propose une réduction de 15% pour les séjours de 11 nuits ou plus, et de 25% pour 24 nuits ou plus. Le groupe Pierre & Vacances, lui, propose de passer un week-end prolongé de trois jours en télétravaillant dans l’un de leurs hébergements, en offrant « la nuit du jeudi ou du dimanche ». Des appartements tout équipés ou des maisons individuelles sont à disposition des vacanciers, ainsi que des clé 4G haut-débit offerte en complément du Wifi en libre accès pour faciliter le télétravail.
Enfin, on constate que les particuliers s'y mettent aussi. On trouve déjà sur Airbnb des offres adaptées au télétravail, à l’image de cet appartement.



Une tendance grandissante à l'étranger
Le phénomène de télétravail à la montagne existe aussi à l’étranger, déjà présent avant la pandémie. Au Canada, près de Québec, le Massif de Charlevoix a mis en place dès décembre dernier des installations spéciales pour les télétravailleurs qui souhaiteraient profiter des pistes de ski après leur journée de travail et le week-end. Au programme, des salles de coworking accessibles par sessions de trois heures, des salles de travail privées pensées pour le travail d’équipe et les rendez-vous d’affaire jusqu’à dix personnes, ou encore un « télé-bureau » à installer dans une télécabine, pour travailler pendant une heure - le temps nécessaire pour rejoindre le sommet de la station depuis le bas.
En Californie, les séjours de télétravail à la montagne ne durent pas quelques jours ou semaines, mais plusieurs mois - conduisant de plus en plus souvent à une installation définitive. C’est le cas de la région de Lake Tahoe, plébiscitée par les employés de la Silicon Valley, qui représentent désormais près d’un tiers des acheteurs dans deux comtés de cette zone.
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