S'abonner Se connecter
Outside
Outside : aventure training voyage culture
  • Aventure
  • Santé
  • Voyage
  • Société
  • Équipement
  • Films
  • Podcasts

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER
Vail Resort
  • Société

Comment Vail Resorts « tue le ski aux US » et s’attaque au marché européen 

  • 17 mars 2025
  • 3 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Aux Etats-Unis, 37 stations de ski sont déjà sous le contrôle du géant américain Vail Resorts. Résultats : les prix des forfaits s’envolent. Celui de l’immobilier aussi. Et les locaux sont peu à peu évincés, faute de pouvoir se loger, explique ce reportage de 20 minutes. Inquiétant, quand on sait que ce grand groupe, mais aussi son concurrent, Alterra, qui  à eux deux contrôlent déjà le business du ski américain, ont de sérieuses visées sur le juteux européen : « trois fois plus important » que l’américain. Premiers objectifs : la Suisse, l’Autriche et la France.

https://youtu.be/0bfD4NiiMfo?si=9wRePwJVKYr5OlNW

« How Vail Resorts destroys skiing » (Comment Vail Resorts détruit le ski) : le titre du documentaire de l'organisation médiatique américaine à but non lucratif «More Perfect Union » est parlant. L’ONG est parti d'un constat : En 1998, les États-Unis comptaient encore 509 stations de ski, pour la plupart en gestion privée, contrairement à la France. Il n’en resterait que 400 environ. La concurrence était telle, que skier restait abordable. Les tarifs des forfaits journaliers oscillant entre 35 et 60 dollars. Aujourd’hui, le tableau n’est plus vraiment le même.

Nombre d'exploitants n’ont pas eu les reins solides pour survivre et ont dû céder aux avancées de grands groupes. À savoir Alterra, et son principal concurrent, Vail Resorts, au cœur de ce reportage passionnant de 20 minutes. Animé par une logique strictement financière, ils ont mis la main ces vingt dernières années sur les principaux domaines skiables américains. À eux seuls, les deux grands groupes génèrent en effet la moitié du chiffre d'affaires du marché américain des stations de ski, selon cette enquête. Dont 39 % via Vail Resorts et environ 16 % pour Alterra, confirmeraient les estimations de la société d'études de marché Ibisworld, citées dans le reportage.

Plus de 300 US$ le forfait journalier

Une situation de monopole qui leur permet aujourd’hui de faire monter les tarifs, explique ici Hal Singer, économiste à l'université de l'Utah, spécialisé dans les domaines du droit des cartels et de la protection des consommateurs. Ainsi, en 2011, au Park City Mountain Resort, on pouvait encore skier pour environ 90 dollars. par jour. Cet hiver 2024-25, le forfait est monté en flèche : plus de 300 dollars, détaille l’expert. 

Une manne qui garantit de forts revenus aux grands groupes, mais dont les principaux acteurs, sur le terrain, sont loin de toujours profiter. Cet hiver, dans la station de Park City Mountain 200 patrouilleurs de ski (équivalent de nos pisteurs secouristes ) ont fait grève pour dénoncer leurs bas salaires et le coût exorbitant de la vie en station. Ils ont obtenu gain de cause. Mais l’immobilier continue de flamber. Car non content de contrôler les remontées mécaniques, Vail Resorts investit en toute logique dans les logements et tous les services afférents à une stations de ski : commerces, cours de ski etc, avec un objectif : monter en gamme et pérenniser le business, face aux aléas de la météo et du climat.

Epic pass, Ikon pass : des 3 Vallées à Zermatt

Dans cette perspective, Vail Resorts a lancé en 2008 son Epic pass, valable dans toutes les stations de ski du groupe, dont les tarifs sont eux aussi à la hausse : 600 dollars en 2010, contre 1000 dollars aujourd'hui.  Plus 400 dollars en 15 ans. De quoi lui assurer des revenus réguliers - les tarifs les plus avantageux sont à acheter très tôt - et… faire exploser les tarifs journaliers. Sans compter un autre effet pervers : la surfréquentation que connaissent nombre de stations du groupe. Car, afin d'amortir leurs (chers) forfaits illimités, les skieurs s’y précipitent en masse maintenant. Aux Etats-Unis, mais aussi ailleurs dans le monde, et notamment en Europe bien sûr.

Depuis quelques années, l’Epic pass s’est en effet étendu aux Alpes ; tout comme l’Ikon pass de son concurrent Alterra, mais dans une moindre mesure. L’Epic donne ainsi accès à des stations de ski européennes emblématiques en France, en Italie, en Suisse et en Autriche : Les 3 Vallées, Paradiski et Tignes-Val d'Isère en France, Skirama Dolomiti Adamello Brenta en Italie, 4 Vallées en Suisse et Arlberg en Autriche. Quant à l’Ikon pass, il est partenaire de Zermatt, en Suisse. De quoi garantir à Alterra l’accès à 41 destinations mondiales sur les cinq continents.

Déjà 2 stations suisses majeures pour Vail Resorts

Plus ambitieux encore, les achats de stations des deux grands groupes, de plus en plus gourmands. Alterra a bien fait quelques approches en Suisse, mais sans grands succès à ce jour. En revanche, ces dernières années, Vail Resorts s’y est montré plus convaincant. Le groupe a ainsi acquis une participation de 84 % dans Crans-Montana en Suisse en 2023, et mis la main sur Andermatt-Sedrun en 2022. Des rumeurs ont même circulé mi 2024 sur son rachat de Flims Laax Falera et de Verbier / 4 Vallées, démenties depuis. Et il n’est un secret pour personne que plusieurs stations autrichiennes intéresseraient l’Américain en Autriche. Notamment Heiligenblut, à l'ombre du Grossglockner, qui culmine à 3 798 mètres.

Vail Resorts semble donc très déterminé à étendre son empire : « Le marché des skieurs en Europe est presque trois fois plus important que celui de l'Amérique du Nord », expliquait le CEO de la société lors d'une interview accordée à CNBC en novembre dernier. Et pour arriver à ses fins, il peut compter sur de solides revenus. Vail Resorts a terminé son troisième trimestre fiscal le 30 avril 2024 avec un solde de trésorerie de 717 millions de dollars. 

De quoi voir venir. Et inquiéter quelque peu.

La suite est réservée aux abonnés

Déjà abonné ? Se connecter
Votre premier article est offert
LIRE GRATUITEMENT
ou
S'ABONNER
  • Accédez à tous les contenus d’Outside en illimité. Sans engagement.
  • Votre contribution est essentielle pour maintenir une information de qualité, indépendante et vérifiée.
  • Vous pouvez aussi acheter cet article pour 1€

À lire aussi

Téléphérique de l'Olympique à Val d'Isère
Marina Abello Buyle

Où vont les 555 M€ investis dans les stations de ski en 2025 ?

Station ski Villard-Corrençon
Marina Abello Buyle

Domaine skiable de Villard-de-Lans : à quoi joue Tony Parker ?

L+Snow Indoor Skiing
Maxime Dewilder

Le ski sans l’hiver : le boom des stations indoor en Chine, la démesure jusqu’à l’absurde

Plan des pistes Alpe du Grand-Serre
La rédaction

Alpe du Grand Serre : la station qui n’arrivait pas à décrocher du ski

Plus d'articles

Outside le magazine de l'outdoor

Outside entend ouvrir les pratiques et la culture outdoor au plus grand nombre et inspirer un mode de vie actif et sain. Il s’adresse à tous ceux qui aspirent à prendre un grand bol d’air frais au quotidien et à faire fonctionner leurs muscles comme leurs neurones avec une large couverture de l’actualité outdoor.

Newsletter

L’aventure au cœur de l’actualité. Chaque vendredi, les meilleurs articles d’Outside, directement dans votre boîte mail.

Liens

  • A propos d’Outside
  • Abonnements
  • Retour d'aventure
  • Mentions Légales
  • CGV
  • Politique de confidentialité
  • 1% for the Planet
  • Offres d’emploi
© Outside media 2026
Activer les notifications