Vous aviez tout prévu, enfin presque. A l’heure de poser votre sac et de bivouaquer, vous ne pouvez que constater qu’il vous manque quelque chose, et pas n’importe quoi. Maudits piquets de tente, matelas de couchage ou frontale restés à la maison ! Allez-vous pouvoir faire sans ? Ou êtes-vous condamné à rebrousser chemin ou à changer vos plans ?
C’est idiot, vous étiez sûr d’avoir glissé, là, au fond de votre sac à dos, dans le compartiment fait tout exprès, vos chaussures de rando. Mais vous avez beau retourner tout votre équipement en tous sens, force est de constater qu’elles n’y sont pas. Pas plus d’ailleurs que votre réchaud. Pas de panique, ça nous est arrivé à tous. Alors avant de rebrousser chemin ou d’enrager dans le vide, gardez en tête qu’il est souvent possible de bricoler une solution, au moins pour une nuit ou deux. A moins qu’un plan B s’impose, car on ne plaisante pas avec la sécurité.
Chaussures de rando
Partis en basket, vous aviez l’intention d’enfiler vos chaussures de rando au départ du sentier. Mais voilà, il va falloir sans. Ou renoncer à la rando. Tout dépend de ce que vous avez aux piedx, du terrain et de la durée de votre sortie. Non, des baskets ne suffiront pas pour une randonnée hivernale lorsqu'il y a de la neige au sol, pas plus d’ailleurs que si le temps est à l’orage et que le sentier est tapissé de flaques exigeant des chaussures imperméables ou qui sèchent rapidement. Deuxièmement, examinez le terrain : il est plutôt plat ? Vos baskets feront peut-être l’affaire. Mais si le sentier est accidenté, glissant ou passe par des zones très exposées, mieux vaut renoncer, faute d’une bonne semelle. Enfin, vérifiez l’état de vos baskets, vont-elles tenir la route sur une longue journée de marche, voire plusieurs, ou vous lâcher et tomber en lambeaux ? Important aussi, vérifiez leur soutien : n’oubliez pas que vous allez porter un sac à dos et que vous aurez besoin d’un bon maintien, sous peine de vous tordre la cheville, ce qui n’arrangerait pas vos affaires.
La limite à ne pas dépasser ? Si vous n’avez sous la main que des tongs, renoncez. Même chose pour des bottes qui vous voudront vite de méchantes ampoules.
Sac de couchage
Là, aussi, on se demande encore comment on a pu laisser au pied du lit son sac de couchage. Compressé, certes, mais quand même, ça se voit, non ? Non ! A l’heure de bivouaquer, ne vous reste plus qu’à partager un sac de couchage avec un ami, si vous avez la chance de marcher à deux, en l’utilisant, dézippé, en mode couette. Equipés, si besoin, d’un bonnet, ou la capuche relevé, ça devrait pouvoir le faire. Vous partez en solo ? Misez sur votre couverture de survie ou votre sac de bivouac. Ils sont minces, c’est vrai, mais ils vous garderont au chaud. Un seul bémol (de taille !), ni l’un ni l’autre ne sont respirants, préparez-vous à vous réveiller humide.
La limite à ne pas dépasser ? Seul et sans couverture de survie par temps froid : n’allez pas chercher les ennuis, rebroussez chemin.
Tapis de sol
Ca n’a l’air de rien, mais ces quelques centimètres de mousse et d'air sont réellement isolants et ne relèvent pas du luxe. Oublié, ça aussi ? Faites-vous une raison, et intégrez l’idée que vous allez dormir à la dure. Jouable en été sur une nuit chaude, surtout si vous trouvez une zone meuble, sans cailloux. S’il fait vraiment froid, videz votre sac à dos, étendez-le sur le sol, complété éventuellement de celui d’un compagnon de galère, comme un matelas improvisé. Ou calez votre sac contre une surface un peu inclinée, arbre, ou rocher, et essayez de dormir assis.
La limite à ne pas dépasser ? Le sol est couvert de neige, il fait très froid : vous risquez l’hypothermie, surtout si le temps et, en plus, très humide.
Arceaux de tente
Vous avez bien la toile… mais pas l’armature, empaquetée à part et restée derrière vous. Tout n’est pas désespéré pour autant. Solution numéro 1 : faire sans tente. Vous ne serez ni le premier ni le dernier à dormir à la belle étoile, surtout si le temps est calme, que les insectes vous laissent en paix et que vous avez un sac de couchage. Installé sur le tapis de sol de la tente, servez-vous de la toile pour protéger votre duvet de l’humidité. Il pleut et les moustiques vous assaillent ? Attachez votre tente avec un peu de corde que vous aurez judicieusement emportée, voire avec les haubans non noués de votre abri. C’est relativement simple avec une tente à armature en A : Plantez des piquets dans les coins, passez une ligne directement au-dessus du sommet de la tente entre deux arbres ou d'autres points d'attache, et fixez-la à l'aide des pinces ou de la gaine du mât. Deux cordes disposées en X peuvent aider à maintenir plus ou moins votre tente dôme en l'air.
La limite à ne pas dépasser ? Quand la météo est vraiment contre vous et que de surcroit vous avez aussi oublié de prendre de la corde.
Réchaud
Vous avez bien emporté les repas lyophilisés mais pas de quoi les réchauffer. Bienvenus dans les rangs de randonneurs minimalistes ! Autant vous dire que si vous aviez tout misé sur ce poulet au curry ou sur ce couscous végétarien, vous ne mourrez pas de faim mais ce ne sera pas une expérience gastronomique non plus. Car avec un peu de patience, il est possible de préparer pratiquement n'importe quel repas déshydraté sans réchaud. Tout ce dont vous avez besoin, c'est de temps - beaucoup de temps. En trempage à froid, la plupart des repas préemballés prennent entre 30 et 90 minutes pour se reconstituer, voire moins pour la purée de pommes de terre par exemple. Versez l'eau, fermez votre sac et laissez-le dans un endroit stable ou glissez-le en faisant très attention dans une poche extérieure de votre sac à dos. Goûtez toutes les 10 minutes environ jusqu'à ce qu'il soit ramolli, mais pas pâteux.
La limite à ne pas dépasser ? Faites demi-tour si votre plan ravito sur cette sortie en autonomie de trois jours se résumait à des aliments déshydratés que vous avez AUSSI oubliés.
Filtre à eau ou purificateur
Dans ce cas, retour à une bonne vieille méthode : faire bouillir l'eau. Filtrez l’eau à l’aide d’un bandana ou d’une couche de base afin d’éliminer les débris les plus grossiers, et portez-la à ébullition pendant une minute, ou trois si vous vous trouvez à une altitude supérieure à 2000 m. Laissez refroidir et versez-la dans votre gourde.
La limite à ne pas dépasser ? Pas de réchaud ou pas assez de carburant et aucune source d’eau fiable ? Rebroussez chemin.
Lampe frontale
Petite et légère, elle se glisse aisément dans un sac… et s’oublie tout aussi facilement. Faute de frontale, sur la durée, ne cédez pas à la tentation de recourir à la torche de votre portable. Vous allez vite épuiser votre batterie, sans gagner beaucoup de lumière si votre idée est d’éclairer votre randonnée. Alignez-vous plutôt sur le soleil et sur la lumière naturelle en vous levant dès l’aube, afin de pouvoir monter votre bivouac avant le crépuscule.
La limite à ne pas dépasser ? Si vous randonnez en hiver, les jours trop courts ne vous laisseront pas suffisamment de temps pour avancer vite en toute sécurité, surtout si vous marchez dans une zone accidentée.
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