Certes, partir en randonnée en mode minimaliste ne conviendra pas à tout le monde, mais au prix de quelques compromis et d’une bonne organisation vous pourrez très nettement alléger votre sac à dos. S’il est facile de se passer d’équipement superflu – chaise de camping, tente spacieuse ou vêtements de rechange – couper dans le matériel de sécurité, trousse de secours ou opter pour un sac de couchage plus léger (mais moins isolant) relève du casse-tête. Voici quelques conseils - éprouvés - qui vous permettront de réduire le poids de vos peurs et de votre sac à dos en vue de votre prochain trek.

Et si mon matériel ne tenait pas la route ?
Testez-le.
Plus nous enchaînons les treks, plus nous relevons le niveau de nos aventures. Alors, pourquoi prendre le risque de ruiner son prochain défi pour quelques grammes en moins. C’est là que tester son matériel prend tout son sens. Le concept est simple : emportez votre nouvel équipement pour de courtes randos, sans danger, et assurez-vous qu'il fonctionne parfaitement avant de vous lancer dans la grande aventure. Ces randos "test" doivent rester simples (pour être concentré sur le matériel plutôt que sur la recherche d’itinéraire) et courtes (en cas de repli si le matériel ne fait pas l’affaire). Si vous devez tester un nouveau mode de bivouac, en passant d’une tente autoportante à un tarp par exemple, vous n’aurez pas besoin de randonner. Campez où vous pouvez, ça vous donnera déjà un bon aperçu des capacités de votre équipement. Et même si sur le moment ça semble une mauvaise idée, essayez de tester votre matériel par mauvais temps. Après une nuit sous la pluie, vous saurez tout de suite si votre abri ou vos vêtements de pluie font l’affaire. Vous partirez l’esprit tranquille.

Et si ma trousse de secours n’était pas assez complète ?
Faites un stage de survie.
Une trousse de premiers soins bien garnie, ça rassure. Des anti-inflammatoires ou des pansements pour ampoule peuvent vous éviter de vivre un cauchemar, mais quid des bandages, attelles, straps ou autres matériels de premiers soins que certains emportent au cas où ? Pour bien évaluer le nécessaire à emporter et savoir l’utiliser, suivez une formation aux gestes de premiers secours (PSC1) et de sauvetage & évacuation en milieux naturels (SEMN). Un stage de deux à trois jours sur les premiers secours en milieu naturel vous apprendra ce qu'il faut emporter, ce que vous pouvez laisser à la maison et ce que vous pouvez réutiliser à partir de vos propres équipements. Plus important encore, vous apprendrez à reconnaître les symptômes et à décider quand il est temps de se replier ou d'abandonner votre trek. Les connaissances acquises lors d'un stage vous permettront de composer une trousse de premiers secours à la fois légère et utile.

Et si ma faible expérience jouait en ma défaveur ?
Trouvez un partenaire expérimenté en minimalisme
Une randonnée au long cours est une aventure qui peut se vivre en solitaire. Une sorte d’introspection choisie ou subie - si l’on ne trouve personne pour nous accompagner. Si vous partez en mode « ultralight », on ne vous recommandera jamais assez de vous entourer d’un partenaire expert en la matière. Trouver un partenaire de rando n’est pas facile et un bon mentor en « ultralight » l’est encore moins, on vous l’accorde. Mais ça vaut la peine de chercher. D'une part, pour votre sécurité – vous pourrez compter sur votre partenaire en cas de blessure ou de repli - et d’autre part, pour obtenir des conseils avisés quant au choix de votre matériel. Aussi, lorsque le temps se gâte et que vous cherchez un bon endroit pour bivouaquer, vous vous sentirez plus à l’aise avec quelqu’un d’expérimenté pour installer votre tarp et utiliser votre réchaud à l’abri. Bref, bien accompagné, vous maximisez vos chances pour que votre première expérience minimaliste reste un bon souvenir.

En fait, tout m’angoisse.
Restez positif et voyez le bon côté des choses
Les randonneurs qui sont allés au bout de leur première expérience minimaliste ont réussi grâce à leur état d’esprit. Ils acceptent les risques et restent optimiste face aux situations qu’ils peuvent rencontrer. Par exemple, un randonneur traditionnel préférera porter des chaussures montantes par crainte de se tordre la cheville dans les sentiers escarpés. Il sacrifiera le confort pour ne pas se blesser. À l’inverse, un adepte du minimalisme préférera une chaussure de trail running, plus confortable, tout en restant convaincu que tout peut se passer sans incident ni blessure. Il sera même persuadé que les chaussures de trail augmenteront ses chances de réussir. Les ultra-trailers sont légers et agiles, ils sont moins susceptibles de se tordre la cheville. Les adeptes de « l’ultralight » ont le même raisonnement pour la plupart de leurs équipements. Plutôt que d’imaginer les pires scénarios, où même le matériel de randonnée le plus robuste ne vous sauvera pas, ils resteront convaincus que leur aventure se déroulera sans accroc.
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