Il aura fallu deux jours et deux tentatives au duo franco-canadien pour atteindre, dimanche dernier, l’objectif que la championne de ski canadienne visait depuis une dizaine d'années. À ce jour, seules trois autres personnes étaient parvenues à skier le plus haut sommet des rocheuses canadiennes, mais jamais par la face sud, extrêmement engagée. Un formidable exploit qui s’ajoute au CV déjà très solide des deux partenaires.
En octobre dernier, Christina « Lusti » Lustenberger et Guillaume « Gee » Pierrel réalisaient la première descente à skis de Hunter's Moon, une ligne sinueuse et incroyablement raide située sur l'Aoraki/Mt. Cook, en Nouvelle-Zélande. Quatre mois plus tard, c’est ensemble à nouveau qu’on les a vus, le 16 février, descendre à ski la face sud du mont Robson (Yuh-hai-has-kun) en Colombie-Britannique. S’élevant à 3 954 m), c’est le plus haut sommet des Rocheuses canadiennes. Ce monolithe vertical, dont la face sud est faite de neige et de rochers, est traversé par un mince ruban blanc ininterrompu. De quoi faire fantasmer Lusti, originaire de Colombie-Britannique et ancienne membre de l'équipe olympique canadienne de ski. Ce projet, elle y réfléchissait depuis une dizaine d'années.
« En tant qu'alpiniste et skieuse de pente raide, on commence à regarder les montagnes différemment. Vous essayez d'imaginer votre propre chemin à travers elles. La face sud avait été laissée de côté. Personne n'avait cherché à l'escalader et à la skier. Et nous l'avons fait », a-t-elle déclaré à CBS. « Nous avions de l'imagination ! »
Une première tentative stoppée à 200 m du sommet
Le week-end dernier, il lui a aussi fallu toute sa ténacité et celle de son partenaire, le Français Guillaume Pierrel, pour que le duo atteigne son objectif. A l’issue de deux tentatives (dont une avortée à 200 mètres seulement du sommet) en deux jours d'ascension et une nuit en bivouac, compliquées par une météo difficile, c’est 3 000 mètres de pentes raides qui les attendaient. Une première effectuée en trois heures et demie et sept rappels sur un terrain très escarpé.
« Je suis surtout soulagée parce que c'était une descente très exposée, très stressante (…). C'est vraiment le roi des Rocheuses, et en tant que skieuse professionnelle, pour moi qui ai passé ma vie dans les montagnes... mettre mon nom sur un endroit comme le mont Robson est quelque chose dont on peut être très fier, a expliqué la skieuse canadienne à la télévision. (…) « Même lorsque vous atteignez le sommet, vous n'êtes qu'à mi-chemin. La descente à ski a duré trois heures et demie, et il y a eu de nombreux rappels. La montagne met tellement de pression sur vous ».
Son partenaire, Guillaume Pierrel – auquel on doit notamment la descente du Gasherbrum II, de la face nord du Dru, ou encore du Picco Luigi Amedeo sur le versant italien du massif du Mont-Blanc - a déclaré pour sa part que le succès du duo était dû à sa partenaire. « Elle est déjà une grande source d'inspiration pour moi, et c'est la raison pour laquelle je suis ici ».
La première descente à ski du mont Robson, via la face nord, a été réalisée en 1995 par Ptor Spricenieks et Troy Jungen. En 2017, c’est Dylan Cunningham qui réalise la deuxième, toujours sur cette face. À ce jour aucun skieur n'y était parvenu via la face sud. C’est donc une première pour le duo et Christina Lustenberger qui au passage signe la première à ski féminine du plus haut sommet des Rocheuses canadiennes. Et ce, moins d'un an après la première descente à ski de la tour Trango dans l'Himalaya, réalisée en mai 2024 avec Chantel Astorga et Jim Morrison.
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