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La piste de l'Éclipse à Courchevel, lors des championnats du monde de ski, le 19 février 2023.
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Bilan environnemental des championnats du monde de ski Courchevel Méribel 2023 : le modèle à suivre en vue des JO 2030 ?

  • 15 octobre 2024
  • 4 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

150 000 spectateurs en tribunes, en bord de pistes ou dans les fan zones, 1 200 bénévoles, 100 millions de téléspectateurs… Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les Championnats du monde de ski ont été un véritable succès populaire. Près de huit mois après la clôture de ces Mondiaux, une étude vient d'être dévoilée. Elle mesure l'impact économique, environnemental et social du deuxième plus grand événement de sport d’hiver, après les Jeux olympiques d’hiver. L’occasion de dresser le bilan des engagements du Comité d’organisation de Courchevel Méribel 2023, qui avait annoncé, dès le lancement du projet, délivrer un événement international respectueux de l’environnement. Mais aussi de poursuivre le débat de fond sur la durabilité des grands événements sportifs dans notre société.

6 février 2023. Les stations savoyardes de Méribel et Courchevel accueillent les Mondiaux de ski alpin, point d’orgue d’une saison perturbée jusqu’à la mi-janvier par le manque de neige. Fin octobre, les épreuves inaugurales de Sölden, en Autriche, n’avaient pu se tenir qu’en partie, faute de neige en quantité suffisante sur le glacier de Reiteralm. Quelques jours plus tard, l’étape de Zermatt-Cervinia, au pied du Cervin, a tourné au fiasco : skieurs héliportés au départ à 3 700 mètres d’altitude et pas de neige à l’arrivée. « Ça ne va pas dans le sens dans lequel devrait aller la FIS […]. Je ne sais pas si on donne une très bonne image de notre sport », avait alors lancé Johan Clarey, le vice-champion olympique français de descente. « Le climat change, nous devons respecter Dame Nature », s’était par la suite excusé Markus Waldner, le directeur des courses masculines à la FIS, dans les colonnes du Monde.

« On a voulu avoir un impact positif sur le territoire »

Or, au cœur de ce tableau peu reluisant, les Mondiaux de Courchevel-Méribel font figure de bon élève. « Ce que l’on a souhaité dès le départ, c’est que cet événement soit bien plus qu’une compétition sportive », a expliqué Perrine Pele, championne du monde de slalom en 1985, à la tête de l’organisation de l’événement. « On a voulu laisser un impact positif sur le territoire, être utile aux acteurs du territoire avec un enjeu majeur : la dimension environnementale. Puisqu’en tant que montagnards nous sommes les premiers témoins du changement climatique. […] Et en même temps, les premières victimes ».

Pour cela, un comité RSE, rassemblant toutes les parties prenantes, dont les associations (Protect Our Winters, Mountain Rider, Mountain Wilderness) et le parc de la Vanoise, a été mis en place. Il a été l’un des premiers à signer la charte écoresponsable, en quinze points, du ministère chargé des Sports, conçue avec le WWF France. Et à faire le choix d’utiliser la norme internationale ISO 20121, qui atteste de la gestion durable de l’organisation, comme référentiel pour assurer la prise en compte des enjeux RSE dans l’ensemble des activités liées à l’événement. 

Une empreinte carbone réduite de 34%

Des indicateurs et des cibles ont par la suite été définis pour chacun des 15 objectifs. À noter qu’un bilan carbone a été effectué pour mesurer l’impact et la progression entre les Finales de Coupe du Monde 2022 et les Championnats du Monde 2023.

Calculée par The Shift Project, un cabinet suisse présidé par Jean-Marc Jancovici et basé à Lausanne, l’empreinte carbone des Finales de Coupe du Monde 2022 s’est élevée à 1 957 tonnes CO2e, soit 192 kg CO2e par spectateur. L’objectif ? Réduire de 20 % ce bilan, ce qui revenait à le ramener en dessous des 100 kg CO2e. Ambitieux. Mais mission réussie, puisque les Mondiaux ont émis 11 300 tonnes CO2e, soit 94 kg CO2e par spectateur, détaille « L’étude d’impact économique, environnemental et social des Championnats du monde de ski alpin Courchevel Méribel 2023 », publiquement dévoilée le 7 octobre.

Plusieurs actions permettent d’expliquer cette notable réduction de 34 % : peu de voyageurs étrangers ayant fait le déplacement, des navettes électriques entre le Praz et Méribel utilisant du gaz naturel véhicule, carburant moins émetteur de gaz à effet de serre, à la place du diesel ; l’utilisation du HVO (bio-carburant à base d’huiles végétales retraitées) pour les engins de damage (pistes de compétition et d’entraînement) ; raccordement direct des infrastructures événementielles au réseau électrique (hors production TV), plutôt que l’utilisation de groupes électrogènes (ce qui a induit une réduction de 950 tonnes de CO2) ; choix d’une restauration éco-responsable avec notamment un menu 100 % végétarien/semaine pour les équipiers (organisation, prestataires, bénévoles) et un plat végétarien proposé tous les jours.

Quid de la production de neige artificielle ?

Si l’on rentre dans les détails de l'étude rendue publique début octobre, le plus gros poste d’émission (73 %) provient du transport. Les autres sont nettement plus minoritaires : infrastructures (7 %), carburant (6 %), restaurant (5 %), électricité (1 %), etc. Un sujet a pourtant été décrié : la production de neige artificielle, jugée énergivore et grande consommatrice d’eau.

À savoir que l’organisation de compétitions internationales, la FIS, exige un manteau minimal de 40 centimètres de neige de culture. Pourquoi ? Parce qu’elle fond moins et constitue une sous-couche très dure qui optimise l’équité sportive, même après le passage de trente skieurs. Environ 150 000 m³ d’eau – l’équivalent d’une cinquantaine de piscines olympiques – ont été consommés dès le mois de novembre pour blanchir les pistes des Mondiaux.

« Nous n’avons pas puisé de manière additionnelle sur les réserves en eau du col de la Loze », insiste aussitôt Perrine Pelen. « Quant à l’électricité utilisée pour produire la neige, elle est 100 % renouvelable, et les dameuses tournent aux biocarburants. La préparation des pistes (remontées mécaniques, production de neige et damage) n’est responsable que de 3 % du bilan carbone des Mondiaux », souligne le Monde.

Qu’en conclure ?

Au vu des chiffres dévoilés par « L’étude d’impact économique, environnemental et social des Championnats du monde de ski alpin Courchevel Méribel 2023 », il semblerait que les organisateurs soient sur la bonne voie pour rendre les événements plus vertueux et plus respectueux de l’environnement. De nombreux efforts restent toutefois à faire.

« Les personnes ont su être à l’écoute, mais n'ont pas acté l'étape ultime pour limiter les conséquences environnementales d'un événement comme celui-là, qui est de ne pas l'organiser », soulignait alors Antoine Pin, directeur de Protect Our Winters France, association membre du comité RSE des Mondiaux. Même son de cloche pour Fredi Meignan, vice-président de l'association Mountain Wilderness, aussi présente dans le comité RSE : « Les grands rendez-vous internationaux ont toujours fait rêver, mais ne peut-on pas ralentir leur rythme ? Nous voyons que nos ressources s'amenuisent. Le maintien des compétitions contribue à l'illusion que ces événements vont encore perdurer, alors qu'ils ne seront plus adaptés d'ici les années 2030-2040 ».

Vous pouvez lire « L’étude d’impact économique, environnemental et social des Championnats du monde de ski alpin Courchevel Méribel 2023 » en intégralité ici. Ou en retrouver une synthèse là.

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