Treize morts en Italie, quatre en France. Des deux côtés de l'axe alpin, les avalanches ont frappé ces derniers jours. Inquiétant quand on sait qu’à l’échelle européenne la saison 2025-26 affiche déjà en montagne un total de 69 morts, dont 60 dans les Alpes. Or on n’est qu’à mi-parcours, et le manteau neigeux reste particulièrement instable.
2026, année noire en montagne ? Tout porte à le craindre au regard des derniers accidents survenus notamment dans les Alpes. Le week-end dernier plusieurs avalanches ont frappé l'Italie. Deux skieurs sont morts près du glacier de la Marmolada, trois autres dans le Trentin, et un en Tyrol du Sud. Ailleurs, des randonneurs ont perdu la vie lors d’incidents distincts sur le Monte Grappa, en Vénétie, et dans les Apennins. Enfin, un grimpeur sur glace est également décédé en Vallée d’Aoste. Au cours de la dernière semaine, pas moins de treize personnes ont ainsi perdu la vie en montagne en Italie, dont dix dans des avalanches sur des pentes non sécurisées.
Sur le plan nivologique, les causes avancées par les services de secours et les autorités convergent dans la plupart des cas observés : des chutes de neige récentes ont été suivies de vents marqués, favorisant la formation de plaques reposant sur des couches fragiles persistantes. Dans ces configurations, le déclenchement accidentel devient plus probable, en particulier sur des pentes raides fréquentées en ski de randonnée ou en hors-piste.
De l’autre côté de la frontière, la situation est tout aussi préoccupante. Quatre personnes ont trouvé la mort en France entre le 8 et le 10 février dans des avalanches distinctes. Deux skieurs de randonnée ont été emportés samedi près de Saint-Véran, dans le Queyras. Lundi, deux autres drames se sont produits, l’un dans une « très grande avalanche » près de Montgenèvre, l’autre dans le massif de Belledonne, au-dessus de Grenoble. Là aussi l'instabilité du manteau neigeux était en cause.
Déjà 19 mort en France cet hiver, et 15 en Italie
À l’échelle européenne, les chiffres ne sont pas plus rassurants. Et la saison 2025-26 apparaît déjà particulièrement lourde. La base de données de l’European Avalanche Warning Services (EAWS), référence continentale en matière de suivi des accidents, recense 69 décès depuis le 1er octobre 2025. La France arrive en tête avec 19 morts, suivie par l’Italie avec 15, devant l’Autriche et la Suisse. Ces chiffres nationaux ne se limitent pas strictement aux seules Alpes — côté italien, certains accidents ont également eu lieu dans les Apennins — mais ils confirment que la France et l’Italie concentrent à ce stade la part la plus importante de la mortalité européenne.
La comparaison avec les saisons précédentes permet de situer l’ampleur du phénomène. En 2024-25, la saison complète s’était achevée avec 70 morts en Europe, dont 21 en France et 11 en Italie. La saison 2023-24 avait été encore plus meurtrière avec 87 décès européens, dont 16 en France et 13 en Italie.
À la mi-février 2026, le total européen atteint donc déjà quasiment celui de l’ensemble de la saison 2024-25. Seule la fin du printemps permettra de déterminer si 2025-26 se rapproche du pic de 2023-24. La météo, mais aussi les comportements individuels, seront donc déterminants. La prudence reste de mise, en espérant que le bilan ne s’alourdisse pas encore dans les semaines à venir.
Un manteau encore sous tension dans les massifs français
La séquence météo des prochains jours ne devrait pas apaiser la situation dans les massifs français. Selon les bulletins de Météo-France Montagne, une perturbation active traverse les Alpes en ce milieu de semaine, apportant de nouvelles chutes de neige, localement significatives en altitude. Ces précipitations, combinées à un vent soutenu en crête et en haute montagne, favorisent la formation de plaques sur un manteau déjà fragilisé par des couches faibles persistantes.
Dans les Alpes du Nord comme dans les Alpes du Sud, le Bulletin d’Estimation du Risque d’Avalanche (BERA) maintient un niveau de risque élevé en altitude, avec des déclenchements possibles au passage d’un skieur sur pentes raides, en particulier dans les orientations chargées par le vent. Les alternances de températures proches de zéro en moyenne montagne entretiennent par ailleurs une structure de manteau hétérogène, parfois instable sous les accumulations récentes.
Dans les Pyrénées, le risque apparaît plus modéré à ce stade, mais reste évolutif selon les secteurs et l’altitude. Le Massif central et le Jura présentent des niveaux globalement inférieurs, sans exclure des instabilités locales sur pentes raides. En Corse, le massif du Monte Cinto demeure concerné par un risque faible à modéré selon l’altitude.
Sources : Météo-France Montagne. Bulletin d’Estimation du Risque d’Avalanche (BERA)..
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