S'abonner Se connecter
Outside
Outside : aventure training voyage culture
  • Aventure
  • Santé
  • Voyage
  • Société
  • Équipement
  • Films
  • Podcasts

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER
Kitzbühel 2024
  • Société

Les compétitions de ski ont-elles un avenir dans un monde qui se réchauffe ?

  • 12 décembre 2024
  • 6 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

« Notre sport est en danger », alertaient le 12 février 2023 les 170 skieurs signataires d'une lettre ouverte adressée à la Fédération Internationale de Ski (FIS) et préparée par Protect Our Winters (POW). Parmi les athlètes signataires de différentes disciplines (ski alpin, freestyle, freeride), Aleksander Aamodt Kilde, Federica Brignone et Mikaela Shiffrin. « De plus en plus de compétitions sont annulées faute de neige (…) bientôt il ne sera plus possible de produire de la neige artificielle sur plusieurs sites habituels de Coupe du monde vu l’augmentation des températures », s’inquiétaient-ils. Cet automne, la FIS a publié l'« Impact Programme », sa feuille de route pour faire face au changement climatique. Que prévoit ce plan, et est-il à la hauteur des enjeux ?

Avant d'entrer dans le vif du sujet, un rappel s'impose. Car si certains climatosceptiques persistent encore à croire que le réchauffement climatique est une blague, Bernard Francou et Marie-Antoinette Mélières, auteurs de « Coup de chaud sur les montagnes », publié aux éditions Guérin en 2021, sont bien convaincus du contraire. « Le réchauffement aura également un impact sur le manteau neigeux hivernal, qui se réduira de 75% dans les moyennes montagnes, de 25% dans les massifs les plus élevés des Pyrénées et des Alpes », expliquent-ils. « Un déclin du manteau neigeux s’observe dans la durée. Déjà visible à 2100 mètres, davantage encore à plus à basse altitude (1500 m), sa diminution porte sur trois semaines environ et elle est manifeste surtout au printemps. Elle est également plus nette dans les Alpes du Sud que dans les Alpes du Nord […]. Tandis qu’au-dessus de 2400 mètres deux avantages persistent : les précipitations en cours d’hiver tombent en grande majorité sous forme solide (neige) et le manteau reste suffisamment froid pour pouvoir s’échauffer lors des redoux, sans toutefois atteindre la température critique de fusion qui n’arrive qu’au printemps. Autrement dit, les redoux tassent la neige et augmentent sa densité, mais ne la font pas disparaître ».

L'Europe connaît un réchauffement similaire. Une étude publiée en avril dernier par le service Copernicus de l'Union européenne sur le changement climatique a montré que les glaciers des Alpes ont perdu 10 % de leur volume au cours des deux dernières années. Une tendance qui se confirme au niveau mondial.

Quels que soient les scénarios de hausse des températures envisagés, on peut d’ores et déjà en déduire que la pratique du ski deviendra, dans les décennies à venir, de plus en plus aléatoire. L’industrie du ski doit donc s’adapter pour faire face à cette évolution.

Marco Odermatt sur le glacier de Zermatt
Marco Odermatt sur le glacier de Zermatt

Que prévoit la FIS pour s’adapter au réchauffement climatique ?

L'avenir des compétitions étant en jeu, la FIS semble enfin décidée à agir. Au début de l'automne, la fédération a publié son « Impact Programme », « une feuille de route pour un ski plus responsable et plus inclusif ». Pour la partie environnementale, la FIS se fixe en ligne de mire de réduire autant que possible l'empreinte carbone des activités et des événements de la FIS, atteindre la neutralité carbone, et soutenir des actions concrètes pour combattre le changement climatique ou s'y adapter. Un vœu pieux qu’elle compte concrétiser par des objectifs clairs : réduire l'empreinte carbone de la FIS de 50 % d'ici 2030 et parvenir à un bilan carbone net nul d'ici 2040.

Pour atteindre ces objectifs, la FIS va mettre en place 26 mesures applicables dès la fin d’année 2024 et envisage d'en publier les résultats en 2025. Une des premières mesures consiste à rassembler toutes les données pour calculer le bilan carbone global de la fédération, et estimer l'empreinte carbone liée à l'organisation de ses événements, dont 88,9% des émissions de carbone sont imputées aux déplacements. Consciente de ce chiffre, la FIS a d’ores et déjà acté l'utilisation d'énergie renouvelable à son siège, l’organisation d’un congrès sur deux à distance, ainsi que le télétravail des juges de certaines disciplines pendant les compétitions.

La FIS envisage également de modifier le calendrier des compétitions afin de réduire les déplacements. « Il nous faut trouver l’équilibre entre le développement des disciplines, l’organisation d’épreuves aux endroits encore possibles dans le monde, et la réduction de l'empreinte carbone sur la saison », explique la FIS dans un communiqué. 

Pour la saison 2024/2025, les skieurs alpins ne se rendront donc en Amérique du Nord qu'une seule fois dans la saison, pour les Coupes du monde de Killington, du Mont Tremblant et de Beaver Creek. Sun Valley accueillera les finales de la Coupe du monde en mars. Seuls 25 hommes et femmes seront qualifiés pour concourir dans chacune des quatre disciplines (Descente, Slalom, Géant et Super-G), ce qui réduit de moitié le nombre de personnes devant revenir aux États-Unis.

« Même si la plupart des athlètes élites sont basés en Europe, le ski est un sport international », rappelle Michel Vion, secrétaire général de la FIS. « Et si un site en Amérique du Nord présente les meilleures conditions à cette période, nous serions mal avisés de ne pas le considérer comme une sérieuse option pour l'organisation de l'événement ».

La FIS travaille actuellement pour décaler le calendrier de la Coupe du monde de ski alpin d’une semaine (plus tard). Elle a également supprimé la très décriée Coupe du monde de Descente de Zermatt en début de saison. On se souvient que la course a été annulée deux années de suite, et les photos de pelleteuses déchiquetant le glacier ont été désastreuses pour l’image du ski de compétition.

« Cette course obligeait les athlètes à être prêts pour la compétition un mois plus tôt que d'habitude, ce qui engendrait un nombre de voyages internationaux considérables en amont. Compte tenu du contexte environnemental, ce n'était pas vraiment nécessaire », dénonce l’athlète américain Sam Morse.

Pour réduire davantage encore l'empreinte carbone du ski de compétition, la FIS a dressé une liste d'outils et de projets à mettre en œuvre dans son plan d’action, certains apparaissant plus vagues que d'autres. Deux projets concrets : la création d'un simulateur pour calculer son empreinte carbone à destination des comités d'organisation et des instances dirigeantes nationales, et la création d'une charte morale « responsable » en matière de déplacements pour toute activité de la FIS. Même si certains athlètes annoncent déjà faire de leur mieux pour réduire les émissions dues au transport. Les équipes prennent ainsi des vols commerciaux - et non des jets privés comme peuvent le faire des athlètes d'autres sports- et une fois sur place, elles voyagent en groupe et non dans des voitures individuelles.

La FIS s'associe également à des organisations mondiales, comme l'Organisation météorologique mondiale, pour informer et former ses membres sur le changement climatique… et sensibiliser le grand public.

Marco Odermatt sur le glacier de Zermatt
Marco Odermatt sur le glacier de Zermatt. (Sandro Baebler / Red Bull Content Pool)

Est-ce suffisant ?

Même si certains athlètes ont manifesté le besoin d’en faire plus, le programme de la FIS marque une étape importante vers une prise de conscience collective, et un premier pas positif pour réduire les émissions de carbone du ski de compétition. Certaines mesures seront faciles à mettre en œuvre, d'autres sont nettement plus ambitieuses.

Raccourcir la saison de la Coupe du monde de ski alpin serait un moyen facile pour réduire encore davantage les déplacements des équipes. En 1967, la première saison de Coupes du monde commençait en janvier et se terminait trois mois plus tard, en mars. La clôture se fait toujours en mars, mais le début de la saison s'est lui progressivement avancé à l'automne, d'abord en décembre, puis en novembre. Actuellement, la saison commence fin octobre avec les slaloms géants de Sölden. La raison principale ? Ce n'est un secret pour personne que les Coupes du monde de début de saison sont importantes pour l'industrie du ski, car elles permettent de booster les ventes de matériel et de forfaits. Or, plutôt que de se rendre dans l'hémisphère sud en août et en septembre pour se préparer aux compétitions de début de saison, les skieurs pourraient attendre la fin de l’automne pour s'entraîner plus près de chez eux.

L’enjeu commercial est-il si important que l’on ne puisse pas trouver de compromis ? Déplacer la saison des courses pour qu'elle commence aux alentours de Noël aurait un impact considérable sur les déplacements que les équipes nationales effectueraient pendant l'intersaison.

Limiter la saison des courses au niveau national, en particulier pour les jeunes athlètes, contribuerait également à réduire l'empreinte carbone du sport, et la charge financière pour les parents. Ce type de changement commence par le haut.

Enfin, la FIS pourrait notamment contenir le calendrier des courses juniors entre janvier et mars, et inciter les clubs à profiter de la neige naturelle en novembre et décembre.

La FIS doit devenir un leader sur la question environnementale

Certes, réduire l’empreinte carbone des compétitions de ski serait significatif, mais à l’échelle globale, ça ne reste qu’une goutte. Le réchauffement climatique nécessite, à l’échelle mondiale, un changement radical et systémique au niveau politique. L’industrie du ski et la FIS ont un rôle important à jouer là. Le ski de compétition, avec sa visibilité sur la scène internationale et son existence même menacée par le manque de neige, pourrait incarner l’adaptation au changement climatique. En tant que l'une des plus grandes instances dirigeantes du sport, la FIS pourrait s'unir à l'industrie outdoor pour avoir un impact important. La FIS doit devenir un leader sur la question environnementale. La plus grande instance de ski a la responsabilité d'assurer son avenir pour les 50 à 100 prochaines années. Elle peut former une coalition très forte qui peut avoir un impact considérable sur les politiques en Europe, en Amérique du Nord et dans le monde entier.

La suite est réservée aux abonnés

Déjà abonné ? Se connecter
Votre premier article est offert
LIRE GRATUITEMENT
ou
S'ABONNER
  • Accédez à tous les contenus d’Outside en illimité. Sans engagement.
  • Votre contribution est essentielle pour maintenir une information de qualité, indépendante et vérifiée.
  • Vous pouvez aussi acheter cet article pour 1€

À lire aussi

Val d'Isère
La rédaction

L’Acte III de la loi Montagne ravive les tensions autour de l’eau et de la bétonisation 

Live FWT Verbier
La rédaction

Live : suivez en direct la finale du Freeride World Tour, l’Xtreme de Verbier 2026

Formation avalanche
Dominique Perret

« Marre de compter les morts ! Qu’attendons-nous pour mieux former à la sécurité avalanche ? »

E-skimo test premiers skis de randonnée électriques
Kendall Hunter

Test E-Skimo : que valent réellement les premiers skis de randonnée électriques ?

Plus d'articles

Outside le magazine de l'outdoor

Outside entend ouvrir les pratiques et la culture outdoor au plus grand nombre et inspirer un mode de vie actif et sain. Il s’adresse à tous ceux qui aspirent à prendre un grand bol d’air frais au quotidien et à faire fonctionner leurs muscles comme leurs neurones avec une large couverture de l’actualité outdoor.

Newsletter

L’aventure au cœur de l’actualité. Chaque vendredi, les meilleurs articles d’Outside, directement dans votre boîte mail.

Liens

  • A propos d’Outside
  • Abonnements
  • Retour d'aventure
  • Mentions Légales
  • CGV
  • Politique de confidentialité
  • 1% for the Planet
  • Offres d’emploi
© Outside media 2026
Activer les notifications