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Benjamin Vedrines Ailefroide
  • Aventure
  • Alpinisme & Escalade

Les exploits de Benjamin Védrines pour sa préparation au K2 : stratosphérique ! Et il en avait encore sous le pied

  • 3 juin 2024
  • 14 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Dans la dernière ligne droite avant le départ pour le K2 (8611 m), prévu le 9 juin, Benjamin Védrines, accompagné de son compagnon de cordée de toujours Nicolas Jean, défraye la chronique avec ses exploits de plus en plus nombreux. Trois, rien que pour le mois de mai ! Et pas des moindres. Puisque le Français a signé un bel enchaînement, avec les faces nord du Pic Sans Nom (3913 m) et de l’Ailefroide (3954 m) à skis. Et deux nouvelles ouvertures : une descente de la voie des Plaques en face nord de l’Ailefroide et une nouvelle ligne extrême en face nord de l’Ailefroide orientale (3847 m). Une forme olympique sur le papier sur laquelle il est revenu dans une longue interview réalisée ce dimanche, pile une semaine avant son grand départ pour le Pakistan. L’occasion de dresser le bilan de sa préparation physique et mentale.  

Quand on se replonge dans les six mois de la vie de Benjamin Védrines, 31 ans, les adjectifs s’accumulent. Audacieux, inventif, talentueux, polyvalent… et un brin hyperactif. Et au-delà d’alimenter les colonnes des médias spécialisés au gré de ses entraînements, le Haut-Alpin fait honneur au massif des Écrins - lieu de la plupart de ses œuvres alpinistiques du moment - qu’il a largement écumé. À coup de premières d’exception. Et de répétitions d’ampleur. Presque de quoi ôter au terme d’« exploit »  toute sa puissance, tant les sorties notoires s’enchaînent.

Si bien que l’on a parfois du mal à suivre. Car si le Védrines des années précédentes était brillant, on a l’impression qu’il est entré cette saison dans une autre dimension. De bonne augure à sept jours de son départ, prévu le 9 juin, pour le Pakistan. Là-bas, l’alpiniste a prévu de gravir le K2 (8611 m), le deuxième plus haut sommet du monde « à la journée sans oxygène autour de 15-16 heures », comme il nous l’avait récemment confié. Une idée qui le hante depuis qu’en 2022 sa première tentative d’ascension du K2 a été stoppée net, à 8400 mètres d’altitude par une hypoxie sévère. Un choc. Mais pas de quoi le détourner de son objectif. C’est donc nouvellement armé d’un préparateur mental et physique qu’il s’est attelé pour l’un de ses plus importants projets de sa carrière. 

Benjamin Vedrines portrait
Collection Benjamin Vedrines

Comment tu te sens à quelques jours du départ pour le K2 ? 

Je suis très excité de partir, ça c’est évident. Et c’est naturel. Mais par contre, j’ai tellement d’attractions au vu des conditions du moment dans les Alpes, par rapport au ski notamment, que je suis encore obsédé par le moment présent. Et donc par l’idée de vouloir faire des pentes ici ou là parce que l’on vit un enneigement vraiment exceptionnel. Alors je t’avoue que j’ai du mal à m’enlever de ce focus. Pourtant je pars dans une semaine. C’est assez paradoxal. Mais ça ne me surprend absolument pas. Parce que j’ai toujours été comme ça, dans l’adaptation et dans le fait de vivre la montagne au moment M. 

Ensuite, en ce qui concerne l’expédition sur le K2, l’entraînement a été bien suivi jusqu’à maintenant, avec Léo Viret [son préparateur physique, ndlr]. On a bien bossé sur les différents cycles pour pouvoir arriver en forme en ce moment-là. Sur ce point, je me sens plutôt en confiance. Après, au point de vue de mon corps, c’est vrai qu’il a été un peu malmené de part ces cycles. J’ai donc des blessures légères – le genou, la cheville, je me suis fait une petite entorse il y a deux semaines, et un dos qui commence à être fragile. Mais ce sont quand-même des blessures.

Donc c’est toujours forcément inquiétant. Ca ne met pas 100% en confiance pour ces deux mois d’expédition qui arrivent. Etant donné que mon corps et mon système immunitaire vont être mis à rude épreuve. C’est aussi important pour moi de mettre en relief que plus l’on veut performer, plus on est à risque de se blesser. 

Pourquoi fais-tu le choix de parler publiquement de ces blessures ?

C’est vrai que je pourrais totalement les cacher. Notamment vis-à-vis de mes sponsors. Mais je pense que je le vivrais mal. Surtout que j’ai fait le choix sur cette expédition-là d’être assez transparent. Alors pour éviter d’être dans le déni, que le fait de vouloir absolument cacher les choses soient un biais, je préfère que ce soit complètement su. Et que derrière, j’aie moins de mal à communiquer si mon corps venait à ne plus suivre. Je ne l'espère pas. Mais c’est une probabilité. […] Accepter l’échec, partir en expédition en sachant que j’avais très peu de chance d’y arriver, je l’ai toujours fait.

Je n’ai pas eu de mal non plus à parler de mes projets en avance. Je n’ai jamais eu peur que quelqu’un me les vole. Et que même si quelqu’un venait à faire mes projets avant moi, ça ne m’effrayait pas. Ça ne m’effraie toujours pas. Je trouve que c’est plutôt un vecteur d’émulation. Je vois ça de manière très positive. On a quand-même travaillé la communication autour du K2 avec Fabien Dupuis qui me suis en prépa mentale. Pour éviter que les gens qui me suivent ne soient plus connectés à moi dès lors que je vais prendre une décision importante : parce qu’ils n’ont pas les éléments à l’avance. 

Et puis même, sans parler de la compréhension des gens vis-à-vis de moi, c’est aussi que dans ma tête, ça me permet d’être un peu plus léger. Savoir que je ne vais pas avoir à me mentir à moi-même. […] C’est finalement faire tomber le masque. Un masque qui est parfois lourd à porter pour les sportifs de haut-niveau. Parce qu’il faut qu’ils soient toujours parfaits. Je veux montrer que l’on peut être faillible, vulnérable. Un peu comme tout le monde. Que l’on a des doutes. C’est en lien avec mon identité profonde.

S’assumer à 100% permet aussi de mieux performer parce que l’on est moins stressé à l’idée de devoir rendre des comptes. C’est une démarche qui, je l’espère, encouragera d’autres personnes à être un peu plus modérées dans l’esprit un peu guerrier que l’on peut souvent voir. Dans l’esprit anti-défaite. Vraiment no pain no gain. On a beaucoup bossé avec Fabien dans ce sens-là. 

La médiatisation autour de toi, et plus généralement autour de l’alpinisme français, est croissante. Est-ce que ça te met une pression supplémentaire pour réussir ?

Je n’ai pas l’impression que l’échec me porte préjudice. À part bien-sûr la déception de ne pas avoir réalisé ce que tu voulais. Mais en ce qui concerne le rapport à la com’, l’année dernière, au Nanga Parbat, où j’ai eu un gros coup sur l’ego lorsque j’ai fait demi-tour, je n’ai pas été déçu d’un point de vue de la communication. À l’inverse, je pense aussi que le fait d’être transparent amène certains médias à s’intéresser à cet échec, à ce demi-tour. Et de nos jours, il n’y a pas que le pur succès qui est mis en avant.

Le presque sommet intéresse aussi les gens. Parce que c’est ce qui arrive la plupart du temps : des échecs. Et si on ne les analyse pas, on n’analyse pas forcément le chemin qui nous amène à réussir. […] Cette médiatisation qui prend de l’ampleur, c’est plus de travail pour moi. Je dirais que c’est ça qui est le plus déstabilisant. Réussir à équilibrer ma vie entre le sport, la famille et le boulot. 

La médiatisation, c’est une partie de plaisir. Mais il y a parfois tout qui converge au même moment. Ce n’est jamais au bon moment. Et il faut tout assumer d’un coup. À la fois un entraînement le matin, un rendez-vous avec un journaliste à 11h. Ce qui crée forcément des petites interférences. Plus que si l'on était un ermite complet et que l’on suivait un entraînement vraiment puriste, d’ascète. J’en ai parfois un petit peu envie de cette vie. Et je pense que je vais être amené à faire ça parfois. Me dire que pendant six mois, je coupe complètement tout. Aller m’entraîner. Faire ma vie d’athlète. Et assumer ma vie d’athlète.

Mais j’ai tout de même un grand plaisir à partager. J’ai toujours été dans cette veine-là. J’ai vraiment envie d’apporter aux gens ce que j’avais envie d’avoir quand j’étais jeune. Des informations un peu plus précises sur l’état mental des alpinistes, sur l’aspect du matériel, des techniques. J’ai toujours eu envie de transmettre. Et la médiatisation m’offre cette possibilité-là. […] J’essaie souvent de mettre des choses profondes dans mes posts. Des fois, ça ne marche pas. Parce que je n’ai pas d’inspiration. Mais parfois, ça sort tout seul. Et j’ai à cœur de le faire. Je pourrais très bien garder tout ça pour un livre. Pour les vendre. Mais je n’ai pas cette fibre-là de commercialiser tous mes savoirs. J’aime bien cette manière de donner tout simplement les choses. 

Quand on regarde tout ce que tu as fait ces six derniers mois, le moins que l’on puisse dire c’est que tu n’as pas chômé. Tu as fait plein de sorties, souvent des exploits très relayés. Que retires-tu de ces entraînements ? 

Ce qui a vraiment été médiatisé, c’est avant tout des réalisations importantes en montagne. Comme la trilogie avec Léo Billon. Ou ce que l’on a pu faire en pente raide avec Nicolas Jean. Aussi bien cet hiver que récemment. Ou encore avec Kilian [Jornet, ndlr] en Norvège. Je trouve que j’ai vraiment bien réussi à assumer l’entraînement. Parce que je ne pouvais pas sortir tous les jours. J’ai dû observer des journées de repos. Je trouve que j’ai plutôt bien géré cet hiver et ce printemps.

Depuis quelques saisons, je suis très motivé pour réaliser des années complètes. Essayer de jouer sur différents tableaux qui composent l’œuvre parfaite de la polyvalence. C’est qu’en montagne, l’hiver, j’adore faire de l’alpiniste très technique, du mixte comme on a pu en faire avec Léo. Le symbole, pour moi, de l’alpinisme. Avec un grand A. La polyvalence c’est aussi pour moi faire du ski de pente raide. Du ski alpinisme rapide, comme j’ai pu en faire sur le tour de Serre-Che. Cet été, je pars faire de la haute altitude. Une autre branche de l’alpinisme. […]

Il manquera peut-être cette année un solo rapide sur une arête comme à Peuterey cet été. Je n’arriverai certainement pas à tout faire. Mais j’ai quand-même envie de composer mon année autour de ce maître-mot qu’est la polyvalence. Et de faire des cycles. […] Ce n’est pas évident de tout faire en une année. Mais c’est ce qui me botte. Peut-être qu’à un moment, je me mettrai plus à fond sur une de ses branches là. Mais pour l’instant, je suis dans une forme de décathlon, sur 365 jours. 

Vu de l’extérieur, ça pourrait ressembler à une forme d’hyperactivité. Quelle est ta motivation principale pour faire tout ça ?

J’ai toujours été comme ça. C’est juste qu’avant, je ne le mettais pas au goût du jour. Uniquement sur des sites de partage communautaire, comme Ski Tour, entre autres. J’avais un blog aussi. Même si je ne faisais pas les choses à un aussi gros niveau. Parce que je n’avais pas le niveau d’abord. J’étais guide de haute montagne, j’avais du boulot à assumer. Sauf qu’en fin de compte, si j’additionnais les journées de guide aux projets personnels, j’arrivais à un bilan assez chiffré. À l’inverse aujourd’hui, j’ai plus de temps pour moi – même si j’ai, comme je te l’ai dit, ce côté communication est assez chronophage.

Je dirais que je vais presque moins en haute montagne qu’avant, avec la neige, les crampons aux pieds, etc. Mais j’y vais de manière plus qualitative. […] Si je compare à un guide de haute montagne qui travaille à l’année, 100 jours l’hiver, 100 jours l’été, c’est très sincèrement à nuancer. J’ai la chance énorme de pouvoir vivre de cette activité-là, de cette passion. La réponse est là : dans la passion. […] Vu que je mets mes sorties en avant, ça fait beaucoup. Mais sincèrement, et ça va paraître peut-être un peu "aliénant", mais si j’avais plus de forme - c’est-à-dire que si mon genou tenait ; si ma cheville tenait ; et si la météo était idéale tous les jours - je pense que je serai encore plus en montagne. Encore plus actif. 

Mon maître mot, c’est la passion. C’est vibratoire. Presqu’un peu animal. Surtout quand il y a ces conditions-là en montagne. Je n’arrive pas à me maîtriser. J’annule des choses en famille pour pouvoir y aller. Et c’est le cas depuis que j’ai 18 ans. Ça n’a pas changé. Chaque saison, je me dis que ça va être différent. Sauf que ça perdure. Je vois ça comme une drogue très saine. Ça me fait du bien. Ça me fait tenir debout. C’est le meilleur médicament que j’ai trouvé. Ça m’équilibre. 

Tu as mis en place cette année un travail de préparation mentale. En ressens-tu déjà les bénéfices ? Est-ce qu’il y a des choses que tu as particulièrement aimé dans cette démarche ? Que tu as retenu et qui vont particulièrement t’aider pour le K2 ? Et même pour tes autres projets. ? 

J’y ai vu beaucoup de bénéfices. C’est un travail de longue haleine. Et de long terme. Ça m’a finalement pris pas de mal de temps. Je suis souvent allé chez Fabien pour faire des séances 2/3 heures. […] Ce que j’ai vraiment aimé, c’est le fait de créer une relation patient/accompagnant. C’est quelque chose d’un petit peu intrigant au début – on ne se connaissait pas du tout il y a six/sept mois. Et on a appris à le faire au fur et à mesure. J’ai pu voir ça dans la manière de communiquer avec lui, de travailler avec ce qu’il me donnait à faire. Parce que j’avais des devoirs de temps en temps. Et ça s’est amélioré avec le temps. J’ai pu apprécier cet élan, cette croissance. Sachant qu’au début, je ne pensais pas être capable de m’impliquer dedans. […]

Ce qui va vraiment m’aider sur le K2, c’est cette histoire de priorisation des objectifs. On a vraiment travaillé sur les intentions de réalisation concernant les objectifs que j’avais dans l’année, la K2 est l’un des plus gros. Ça va être aussi le cas sur l’expédition. Je vais faire en sorte d’éviter de faire la même erreur qu’il y a deux ans : grimper deux fois le Broad Peak pour ensuite tenter le K2. Je peux avoir cette fougue-là, la même que j’ai actuellement dans les Alpes avec les pentes raides. […] L’idée est d’être capable de me recentrer sur l’essentiel.

On a aussi beaucoup bossé sur la respiration. Parce que je suis quelqu’un d’assez stressé de base. Ça me permet donc de me relâcher énormément. Et on sait que le stress est un gros consommateur d’oxygène, un facteur essentiel à très haute altitude. Il y a aussi les liens que j’ai pu créer avec mon équipe. Car ce n’est pas que moi. Et il faut que je sois sur la même longueur d’ondes avec les personnes avec qui j’évolue. Et cela passe par de la communication. Un des maîtres mots d’une expédition qui se passe bien. Et là, typiquement sur le K2, je vais partir avec Seb Montaz et Thibaut Marot. Il va falloir que ça se passe bien également. […] Ce sont ces trois maîtres mots : la communication, la respiration et la priorisation. 

Tu pars le 9 juin. D’ici-là, tu as prévu de faire quoi ? Te reposer ? Ou continuer d’aller profiter des bonnes conditions dans les Écrins ?

J’ai pas mal de choses à faire. Préparer mon sac, sortir l’épisode 3 de la web-série avant que l’on parte – il faut que l’on fasse l’introduction. Et que je m’entraîne un petit peu quand-même. J’avoue quand-même qu’il a une semaine de grand beau annoncée. Il se peut que je sois un peu tenté pour remettre une dernière fois les skis. Mais ce n’est pas encore sûr, ça dépendra des derniers bulletins météos. S’ils sont encourageants ou pas. 

Et puis passer du temps avec ma famille, vendredi et samedi principalement. Mes parents, ma copine, mes frères, etc. Non pas que ce soit un adieu. Mais parce que c’est aussi l’une de mes priorisations. Dans ces carrières-là, on peut être amené à être extrêmement égoïste. Parce que pour perfer, que ce soit dans la carrière ou dans le sport, on n’accorde pas vraiment de temps à autre chose que sa carrière. Mais perfer, c’est aussi être équilibré mentalement. Être en lien avec ses valeurs. La famille est l’une des miennes. Alors j’ai vraiment à cœur de maintenir ces relations-là. 


RECAP' DES DERNIERES PERFORMANCES DE BENJAMIN VEDRINES

(du 23 novembre 2023 au 2 juin 2024)


En guise de mise en bouche, la face nord du Pic Sans Nom (3913 m) à la journée

23 novembre 2023. Benjamin Védrines, Julien Cruvellier De Luze et Nicolas Jean ne tardent pas à débuter leur saison. Au programme : « Le Prestige des Écrins », un itinéraire audacieux ouvert avec deux bivouacs en octobre 2015 par Frédéric Degoulet, Benjamin Brochard et Jonathan Joly, en face nord du Pic sans Nom (3913 m). Une voie majeure et convoitée par les plus performants depuis… qu’ils ont gravie à la journée.

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« 3 jours, 3 voies mythiques Drus – Droites – Jorasses en hivernale »

Tout est dans le nom du projet… qui vend du rêve à bien des alpinistes. « Les 28, 29 et 30 janvier nous avons eu la chance de réaliser avec mon ami Léo le projet le plus ambitieux qu’on ait fait jusque-là dans les Alpes » raconte Benjamin Védrines sur Instagram. « Enchaîner les Drus, les Droites et les Jorasses en 3 jours, par les voies difficiles en mixte : Voie des Guides / Rhem-Vimal / No Siesta. 3000 mètres de faces et de longueurs exigeantes ». Un sacré périple d’alpinisme, mêlant physique, technique et mental. 

« Depuis nos débuts encordés il y a 16 ans, nous rêvions d’un projet qui nous pousse en dehors de notre zone de confort. Et bien cette fois-ci, je crois que ce fut enfin la bonne ! » confie l’alpiniste. « Mardi à 19h, en arrivant au sommet des Jorasses, après une ascension épique, nous avons senti qu’il se passait quelque chose d’inhabituel. Dans le froid glacial de l’hiver à 4100 m, j’ai même presque eu les larmes tant je me sentais privilégié de vivre cette sensation d’aboutissement. La symbiose de notre cordée avait encore fonctionné. […] Toutes les compétences accumulées ces 16 dernières années se sont exprimées et nous ont permis de vivre ces rares moments sublimant nos existences ».

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Zig Zag’Agneaux, 5 faces, 6000 D+ et 15 heures d’effort dans les Ecrins

Accompagné de son acolyte Nicolas Jean, Benjamin Védrines a réalisé un sacré enchaînement dimanche 18 février. L’objectif ? Grimper et skier les cinq faces de la montagne des Agneaux (3664 m), plus haut sommet de Serre-Chevalier, au cœur du massif des Écrins. Un beau moyen de redécouvrir leur terrain de jeu. 

https://www.youtube.com/watch?v=X2OefPx3DnY

Une mythique trilogie à la journée : Ailefroide (3954 m), Pic Sans Nom (3913 m), Pelvoux (3943 m)

Trois jours seulement après avoir réalisé les cinq faces des Agneaux, Benjamin Védrines et Nicolas Jean ont récidivé. Décidant de s’offrir une nouvelle trilogie d'ampleur dans trois faces sud : l'Ailefroide, le Pic Sans Nom et le Pelvoux. Résultats ? Trois pentes raides (toutes les trois côtées 5.2), 5 000 mètres de dénivelé et 14h30 d’effort. Rien que ça.

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Le tour intégral de Serre-Chevalier à ski

Encore un moyen de parcourir les Ecrins de manière originale. Au programme : un tour inédit de la vallée de Serre-Chevalier. Par les sommets. Avalé en deux jours et 11850 mètres de dénivelé. Au départ de Briançon, Benjamin Védrines a gravi les crêtes des Cerces jusqu’au Grand Galibier (3228 m). Le lendemain, il a traversé les techniques arêtes des 3 Évêchés, des Combeynots puis des Agneaux et du Pic du Rif. De quoi faire rêver grand nombre de skieurs de rando…

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Du ski de pente raide avec la première répétition de la face nord de l'Epéna 

Une montée très exigeante, un engagement total sans repère visuel en descente, une pente entre 55° et 60°. Additionnés, ces facteurs font de « Pas de rose sans épine », une ligne située sur l’Epéna (3421 m), en Vanoise. L’une des descentes de ski de pente raide les plus exigeantes des Alpes. Védrines n’en aura fait qu’une bouchée en avril. 

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Un mois de mai particulièrement prolifique : faces nord du Pic Sans Nom et de l’Ailefroide à skis, descente de la voie des Plaques en face nord de l’Ailefroide, ouverture d’une nouvelle ligne extrême en face nord de l’Ailefroide orientale

Profitant des excellentes conditions du moment, Benjamin Védrines, toujours accompagné Nicolas Jean ont écumé les Ecrins. Avec d’abord deux descentes très rares à skis. La face nord-est de l’Ailefroide, et la face nord du pic Sans Nom vendredi 10 mai. Un enchaînement qui laisse sans voix. 

Insatiable, le duo d’hyperactifs a réalisé un nouvel exploit dans le massif des Écrins, ce dimanche 26 mai. La première descente à skis de la Voie des Plaques à la face nord de l’Ailefroide occidentale (1100 m, ED à la montée). Une réalisation à la journée qui a marqué bien des esprits. Deux jours après, ils ont ouvert une nouvelle ligne sinueuse et « plus technique » en face nord de l’Ailefroide orientale, mardi 28 mai. Qui sera peut-être la dernière de la saison pour Benjamin Védrines. Dont le départ pour le K2 est prévu le 9 juin… encore que, avec lui, rien n’est vraiment bien sûr !

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