S'abonner Se connecter
Outside
Outside : aventure training voyage culture
  • Aventure
  • Santé
  • Voyage
  • Société
  • Équipement
  • Films
  • Podcasts

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER
Chris Brown Explore
  • Aventure
  • Exploration

Après les Seven Summits et les 14×8000, la nouvelle quête des pôles d’inaccessibilité

  • 16 mars 2026
  • 5 minutes

La rédaction Outside.fr Marina Abello Buyle

À l’heure où les sommets les plus emblématiques sont devenus des objectifs presque classiques — on pense notamment au défi des Seven Summits, les sept plus hauts points de chaque continent — une autre forme d’exploration géographique existe. Non plus atteindre les points les plus élevés ou les régions les plus froides, mais les endroits les plus éloignés de tout. Sur les continents comme dans les océans, ces points situés le plus loin possible des côtes ou des terres émergées portent un nom : les pôles d’inaccessibilité.

Des déserts du Xinjiang au plateau antarctique, en passant par les plaines américaines et l’immensité du Pacifique Sud, les pôles d’inaccessibilité attirent peu d’explorateurs. Pourtant, ce défi a éveillé la curiosité d’un voyageur : l’entrepreneur britannique Chris Brown s’est fixé pour objectif d'être le premier à atteindre les huit pôles d’inaccessibilité de la planète. Une quête au long cours qu’il mène aux côtés de son fils Mika, relevant davantage du voyage que de l’aventure.

Une idée née de l’exploration polaire

L’idée des pôles d’inaccessibilité apparaît au début du XXᵉ siècle, à l’époque où l’exploration des régions polaires bat son plein. L’explorateur arctique Vilhjalmur Stefansson évoque alors une « zone d’inaccessibilité » dans l’océan Arctique, une région située au-delà de toutes les routes connues. Les premiers calculs reposent sur une méthode simple : tracer des cercles autour des points les plus proches atteints par les navires ou les expéditions. L’espace restant au centre définit alors la zone la plus difficile d’accès de l’océan Arctique.

Sa localisation a pourtant longtemps été approximative, la banquise dérivante compliquant toute tentative de la fixer précisément. Les calculs modernes situent aujourd’hui le pôle à environ 85°48′N 176°9′W, à plus de mille kilomètres des trois terres les plus proches — l’île Henrietta dans l’archipel des De Long, le cap Arctique de Severnaya Zemlya et l’île d’Ellesmere. La première tentative de Chris Brown, en 2019, qui devait partir du Svalbard, est annulée en raison des tensions géopolitiques et d’une banquise trop instable. Finalement, en septembre 2025, le Britannique parvient à atteindre ce point dérivant au cœur de l’océan Arctique après avoir convaincu l’équipage du brise-glace Le Commandant Charcot de modifier sa route. À moins d’un kilomètre des coordonnées estimées, il termine le trajet à pied sur la banquise.

En Antarctique, la situation est plus tangible mais tout aussi extrême. L’emplacement exact du pôle sud d’inaccessibilité reste toutefois sujet à interprétation, car il dépend de la manière dont on définit le littoral du continent. Situé à plus de 1 300 kilomètres de l’océan et à plus de 3 700 mètres d’altitude sur le plateau antarctique, ce pôle est souvent considéré comme l’un des endroits les plus isolés et les plus hostiles de la planète. Il aurait été atteint pour la première fois en 1958 par une expédition soviétique. Les explorateurs y construisent alors une petite station scientifique et laissent derrière eux un détail devenu célèbre : un buste de Lénine posé sur le toit du bâtiment, regard tourné vers l’ancienne URSS.

Deux tentatives et un vol charter depuis la piste de glace de Wolf’s Fang, en Terre de la Reine-Maud, suffiront à Brown pour atteindre la station. Il en profite ensuite pour se rendre au « vrai » pôle d’inaccessibilité, situé à environ 85°50′S 65°47′E, d’après le Scott Polar Research Institute. Bien que la position exacte puisse légèrement varier selon les critères retenus pour le calcul, la station soviétique, aujourd’hui abandonnée, reste le lieu historiquement associé au pôle d’inaccessibilité antarctique.

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Chris Brown (@chrisbrownexplores)

Les points d'inaccessibilité des centres des continents

Tous les pôles d’inaccessibilité ne se trouvent pas dans des paysages extrêmes. Certains se situent même dans des régions étonnamment ordinaires. C’est le cas du point d’inaccessibilité d’Amérique du Nord, niché dans les grandes plaines des États-Unis, dans le sud-ouest du Dakota du Sud, non loin de la réserve Sioux de Pine Ridge, que Brown rejoint en SUV. En Amérique du Sud, le point d’éloignement se trouve au Brésil, dans l’État du Mato Grosso, près de la ville d’Arenápolis. Brown n’est pas le premier à y avoir posé le pied : les jumeaux britanniques Hugo et Ross Turner, eux aussi en quête des pôles d’inaccessibilité, avaient traversé le désert d’Atacama et le Pantanal, la plus grande zone marécageuse du monde, lors d’un périple de 2 500 km sur 34 jours, pour y planter symboliquement une machette. Ce repère singulier deviendra plus tard l’un des points de référence que Chris Brown cherchera à retrouver au cours de sa propre expédition, en 2023. « Après 30 minutes à débroussailler le chemin avec des machettes, nous n'avions parcouru que 300 mètres. Nous savions alors que la dernière ligne droite allait être longue ! » lit-on sur son site. Trois heures plus tard, la mission était accomplie.

Le pôle inaccessible africain, lui, se situe au cœur de la République centrafricaine, dans une région de forêts tropicales denses, à proximité de la ville d’Obo. Brown devient probablement en 2021 la première personne à atteindre ce pôle, s'y rendant en avion puis en hélicoptère. Il y restera au total environ 20 minutes, en raison de la dangerosité du terrain. Quant au pôle australien, il est situé près du mont Zeil dans le Territoire du Nord et reste peut-être le plus facile d'accès. Les jumeaux Turner avaient déjà atteint « le point rouge », en parcourant 1 600 km en paramoteur, depuis la côte d'Adelaide.

Le dernier pôle d’inaccessibilité, celui du continent eurasien, a longtemps été considéré comme unique. Mais il pourrait en réalité avoir deux localisations possibles. La première, située dans le désert du Xinjiang, au nord-ouest de la Chine, près de la ville d’Ürümqi, a été remise en cause par une étude publiée en 2007 dans le Scottish Geographical Journal. Celle-ci estimait que les calculs initiaux ne prenaient pas suffisamment en compte le golfe de l’Ob, en Sibérie, dont les eaux s’enfoncent profondément dans le continent. La deuxième position serait à 200 km du premier, mais ni Brown ni les jumeaux n'y sont à ce jour parvenus.

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Chris Brown (@chrisbrownexplores)

Le point Némo, le point le plus isolé de l’océan

Dans l’immensité du Pacifique Sud se trouve le point le plus éloigné de toute terre émergée. Les géographes l’ont baptisé Point Nemo, en hommage au capitaine imaginé par Jules Verne. Ce point est aussi la solution mathématique à ce que certains appellent le « problème de la plus longue nage » : si un passager tombait d’un navire exactement à cet endroit, il serait plus loin de la terre ferme que n’importe où ailleurs sur la planète. Trois petites îles forment les sommets du triangle qui l’entoure : l’îlot Pandora, dans l’atoll de Ducie (îles Pitcairn) au nord ; Motu Nui, près de l’île de Pâques au nord-est ; et l’île Maher, au large de l’Antarctique, au sud. Chacune se trouve à environ 2 700 kilomètres de ce point isolé au cœur du Pacifique. En mars 2024, après cinq années de planning et de récolte de fonds, Brown et son fils rejoignent le Point Nemo à bord du Hanse Explorer, après huit jours de navigation depuis le Chili. À leur arrivée, ils plongent dans l’eau glaciale, devenant sans doute les premiers à nager à l’endroit le plus éloigné de toute terre. 

Brown a ainsi visité six des huit pôles : « Chacun d'entre eux a présenté un défi différent, racontait-il à la BBC. L'Afrique, c'était le danger humain ; l'Antarctique, le danger environnemental ; et Nemo, tout simplement son éloignement. L'Eurasie va poser des problèmes bureaucratiques, car il faut obtenir l'autorisation d'aller en Chine. »

La suite est réservée aux abonnés

Déjà abonné ? Se connecter
Votre premier article est offert
LIRE GRATUITEMENT
ou
S'ABONNER
  • Accédez à tous les contenus d’Outside en illimité. Sans engagement.
  • Votre contribution est essentielle pour maintenir une information de qualité, indépendante et vérifiée.
  • Vous pouvez aussi acheter cet article pour 1€

À lire aussi

coupures journaux Raymond Maufrais
Marina Abello Buyle

Disparu dans la jungle en 1949, l’explorateur Raymond Maufrais est déclaré mort 76 ans plus tard

Nouria Newman Kayak
Marina Abello Buyle

Sans carte, Nouria Newman part explorer une rivière inconnue aux confins du Sikkim

Kārlis Bardelis
Maxime Dewilder

Kārlis Bardelis, premier homme à traverser l’Atlantique et le Pacifique à la rame, s’est fait la belle pour toujours

Titan Oceangate Netflix
Alexandra Gillespie

Deux ans après l’implosion du Titan, le documentaire Netflix fait de glaçantes révélations

Plus d'articles

Outside le magazine de l'outdoor

Outside entend ouvrir les pratiques et la culture outdoor au plus grand nombre et inspirer un mode de vie actif et sain. Il s’adresse à tous ceux qui aspirent à prendre un grand bol d’air frais au quotidien et à faire fonctionner leurs muscles comme leurs neurones avec une large couverture de l’actualité outdoor.

Newsletter

L’aventure au cœur de l’actualité. Chaque vendredi, les meilleurs articles d’Outside, directement dans votre boîte mail.

Liens

  • A propos d’Outside
  • Abonnements
  • Retour d'aventure
  • Mentions Légales
  • CGV
  • Politique de confidentialité
  • 1% for the Planet
  • Offres d’emploi
© Outside media 2026
Activer les notifications