En grande forme, le guide chamoniard a signé un nouveau temps de référence sur la mythique Haute Route, reliant Chamonix à Zermatt à skis, bouclée en 13 h 27 avec l’Italien William Boffelli. Soit près d’1 h 30 de mieux que le précédent record de Samuel Equy et Benjamin Védrinnes.
À peine le temps de redescendre de son « voyage » à travers les Alpes que Mathéo Jacquemoud a déjà rechausser les skis. Le 26 mars dernier, il bouclait une traversée intégrale de l’arc alpin, de Vienne à Nice, avalant 2 200 kilomètres et 86 000 mètres de dénivelé positif en 20 jours. Dix jours plus tard, c’est sur la Haute Route qu’il s’illustre.
Dans la nuit de samedi à dimanche, à 00h33, le Chamoniard s’élance depuis l’église de Chamonix, aux côtés de l’Italien William Boffelli avec en tête l’objectif de passer sous les 14 heures pour relier Zermatt, soit 100 km et 8 300 m D+. À l’arrivée, un peu avant 14 heures, le chrono anonce : 13 h 27. Soit 1 h 27 de mieux que le précédent temps de référence établi en 2023 par le duo Védrines–Equy.
Un record presque improvisé
Deux jours avant le départ, William Boffelli appelle Mathéo Jacquemoud. Il lui parle de la Haute Route. Très vite, les deux réalisent qu’ils ont la même idée en tête, au même moment. Ils décident de partir ensemble, sans trop savoir s’ils tiendront le rythme à deux jusqu’au bout.
Dix jours seulement après sa traversée des Alpes, Jacquemoud est encore dans le rythme. « Je me sentais vraiment bien (…) j’ai senti que j’étais en pic de forme », confie-t-il. L’acclimatation est là, les conditions sont idéales, le matériel a déjà fait ses preuves. Sur le papier, tout colle.
Dans le tempo, du début à la fin
À La Fouly, au petit matin, ils passent vite. Juste le temps de remplir les flasques. À Bourg-Saint-Pierre, quelques heures plus tard, ils sont toujours ensemble, parfaitement dans leur timing. Le rythme est bon, ça déroule. Ils poursuivent leur progression côte à côte jusqu’à Zermatt, dans ce qui ressemble moins à une course qu’à une longue journée de montagne parfaitement maîtrisée.
« À part la dernière descente, les conditions étaient excellentes. La nuit est passée vite, c’était un vrai plaisir », raconte Mathéo à l’arrivée. William Boffelli, lui, parle d’« un long voyage (…) l’une de [ses] plus belles expériences en montagne ».
Le bon moment
Cette Haute Route s’inscrit naturellement dans une saison, et plus largement dans une carrière, exceptionnelle. Quand tout s’aligne, une fenêtre météo, un état de forme optimal, un partenaire au même niveau, le record finit par tomber, presque logiquement.
Photo d'en-tête : Noa Barrau- Thèmes :
- Mathéo Jacquemoud
- Record
- Ski alpinisme
