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Zwift
  • Société

Zwift, la plateforme de cyclisme virtuel bientôt inscrite aux JO de 2024 ?

  • 9 octobre 2019
  • 5 minutes

La rédaction Outside.fr Joe Lindsey

L'Union cycliste international l'a annoncé il y a quelques jours : en 2020, un championnat du monde de cyclisme en ligne sera organisé. Il se déroulera via la plateforme Zwift qui permet à des sportifs de pédaler depuis leur salon n'importe où dans le monde et même de s'affronter en direct. En pleine croissance, ce phénomène pourrait débarquer aux Jeux Olympiques de Paris en 2024.

L'an dernier, Eric Min, PDG et cofondateur de la plateforme de course cycliste multijoueur en ligne, s'est fixé un objectif ambitieux : "Je veux que Zwift devienne un sport olympique à part entière", a-t-il déclaré, citant les Jeux de Paris 2024 comme un objectif réalisable.

Facile de balancer ce genre de déclaration à l’emporte-pièce, me direz-vous. Si l'objectif n'est pas atteint, personne ne s’en souviendra. En fait, rien n'est moins sûr, puisque les décisions concernant les Jeux olympiques se prennent bien en amont. Le CIO (Comité international olympique) a approuvé dès 2016 les cinq nouveaux sports inscrits aux JO de Tokyo l'an prochain . Autrement dit, Eric Min a encore 18 mois au plus pour respecter son calendrier “légèrement” ambitieux. Une partie perdue d’avance ? Voire ...

Un véritable phénomène

La semaine dernière, lors des championnats du monde de cyclisme sur route, Zwift a annoncé qu'elle organisera les tous premiers championnats du monde de cyclisme E-sports en 2020, avec la bénédiction de l'UCI (Union cycliste internationale), l'organisme reconnu officiellement par le CIO pour toutes les disciplines cyclistes. Pour prétendre à un statut olympique, il est primordial de s'associer à une fédération internationale. Ce n'est qu'un premier pas, mais un pas essentiel.  Les championnats du monde de 2020 feront office de test officiel pour évaluer le cyclisme virtuel dans le but de devenir, un jour, une discipline olympique. 

Le cyclisme indoor (ou home-trainer) existe depuis presque aussi longtemps que le vélo, et des courses sont même organisées depuis des années déjà. Mais cette pratique a longtemps été vue comme une corvée plutôt qu’un plaisir, même pour les fans de ce sport. Un moyen de rouler même lorsque la météo est exécrable ou que les journées raccourcissent. Zwift, mélange de réel et virtuel, a changé la donne en associant la réalité de l’effort physique à un environnement en ligne riche et interactif, où vous pouvez affronter d’autres concurrents en temps réel, eux aussi dans leur salon quelque part dans le monde. Et les gens adorent ça! Zwift a été lancé en 2014, il y a cinq ans seulement, or il comptait déjà plus d'un demi-million de comptes l'an dernier. Une demi-douzaine de plates-formes concurrentes se sont bien attaquées à ce marché, mais forte de ses débuts précoces et de son expérience utilisateur de haute qualité, Zwift domine largement les débats.

L'automne dernier, l'entreprise a annoncé une levée de fonds de 120 millions de dollars qui a été principalement consacrée à développer les courses en ligne - pour donner un ordre d’idée, c'est plus de deux fois plus que ce que Strava a recueilli en dix ans d'existence - cela comprend notamment des compétitions élites. L'un de ses projets majeurs est la Kiss Super League, initiée en janvier. Elle permet à des coureurs pro de s’affronter en ligne. Parmi eux, on retrouve notamment la récente championne du monde de contre-la-montre Chloé Dygert Owen. À la même période, plusieurs fédérations nationales de cyclisme (britannique et australienne par exemple) ont décerné des titres de championnat de courses virtuelles en ligne, toutes organisées sur Zwift.

Aujourd’hui c’est officiel, outre ces titres nationaux, il y aura également un maillot arc-en-ciel (maillot décerné au champion du monde) aussi bien féminin que masculin, dès 2020. Cela peut-il ouvrir la voie à une candidature olympique ?

De vrais arguments

L'une des choses que le CIO recherche, lorsqu'il évalue le potentiel d’un nouveau sport pour l’intégrer au programme, est sa popularité : combien de personnes le pratiquent, et surtout dans combien de pays ? Les courses virtuelles ont un fort potentiel d’un point de vue géographique. Que vous soyez sous le soleil de la Côte d’Azur ou dans le smog de Shanghai, aucune importance, puisque vous pouvez rouler dans le confort de votre salon.

Zwift peut également représenter une carte intéressante pour le CIO, toujours sensible à l'idée de toucher un public jeune qui n’est peut-être pas fasciné par les sports traditionnels comme le pentathlon moderne. Les trois nouveaux sports des JO 2020 - le surf, l’escalade et le skateboard - visent assez clairement la nouvelle génération. Et bien qu'il soit difficile d'ajouter le E-sport (on voit mal comment on pourrait définir les experts de Fortnite comme des athlètes au sens traditionnel du terme), Zwift est une synthèse parfaite pour le CIO, puisque l'activité repose sur un effort physique réel.

Reste qu'on peut quand même se demander si les choses ne vont pas un peu trop vite. Zwift a eu beau diffuser la Super League en streaming sur des plateformes allant de Facebook à Twitch (une plateforme de streaming en direct pour les “gamers”) en passant par YouTube, l’audience est restée assez faible, particulièrement si on la compare à celles des courses réelles diffusées à la télévision. D’une certaine manière, cela semble logique, puisqu’il n’y a pas encore d’équipe professionnelle ni de grands noms qui y participent. Le jour où Chris Froome ou Julian Alaphilippe seront de la partie, la donne sera probablement différente. Mais encore faut-il que cela les intéresse.

De nombreuses problématiques

Quoi qu'il en soit, c’est bien un championnat du monde qui va être organisé, et on le sait : plus l’enjeu est élevé, plus l'incitation à tricher est grande. Le “dopage” existe déjà depuis un certain temps sur Zwift. Les utilisateurs peuvent simplement mentir sur leur poids pour augmenter artificiellement leur rapport poids/puissance. Zwift combat cette problématique en exigeant des poids vérifiés et des capteurs de puissance spécialement calibrés pour les événements majeurs. Elle a même sa propre agence antidopage.

Mais il est toujours possible de tricher par d’autres moyens. C’est la magie de l’informatique. Le vainqueur du tout premier championnat de Grande-Bretagne de course en ligne, Cam Jeffers, a été déclassé. Pour une raison un peu spéciale : il a utilisé un robot permettant d’enregistrer des entraînements de façon massive. Chaque session permettant de récolter des points, il a pu en accumuler suffisamment pour débloquer un vélo virtuel très performant qu’il a utilisé pendant le championnat.

A la même période, en août, un chercheur en sécurité nommé Brad Dixon a démontré qu'il avait réussi à tromper le jeu en utilisant un logiciel pour intercepter et modifier les signaux entre les capteurs du vélo et l'ordinateur les transmettant aux serveurs de Zwift. Ce que le jeu a enregistré comme un mouvement de pédalier était juste Brad Dixon pressant une gâchette sur une manette Xbox. Dans ces deux cas, l’amélioration des performances est illicite, mais n’implique pas le piratage du jeu en lui-même. Ainsi, on peut légitimement s’interroger sur la manière dont Zwift va gérer des problématiques qui ne touchent pas à son logiciel.

Zwift et l'UCI n'ont pas dit comment ils allaient combattre une éventuelle tricherie pendant les championnats du monde. On ne connaît même pas la date de la course. L'organisateur n'a pas non plus annoncé le lieu, ce qui soulève la question de savoir si les concurrents devront se rendre à un endroit central pour participer (ce qui serait un peu bizarre puisque l’intérêt de Zwift est justement de connecter des gens partout sur la planète).


Au final, la grande question est de savoir s'il s'agit d’une simple mode, ou d’un réel changement dans la pratique du sport. La course en ligne ne serait alors qu'un nouveau format de course, rien de plus. Ce qui serait un obstacle possible à une croissance massive.

Je soupçonne l'UCI de vouloir mettre les courses virtuelles en ligne sous sa coupe, compte tenu de leur popularité auprès des cyclistes. Elle ne veut pas faire l’erreur de passer à côté de ce phénomène. En un sens, c’est sans risque. C'est Zwift qui fait le gros du travail. Si l'e-racing explose, l'UCI s'en charge. Si ce n'est pas le cas ? Eh bien, l'UCI retournera s’occuper des courses réelles.

Il est difficile de faire un pronostic sur le futur de Zwift. Mais pendant ce temps, Eric Min semble être en voie d'atteindre son but : les Jeux olympiques de 2024. Et contrairement aux Championnats du monde sur route de la semaine dernière, la météo ne s'en mêlera pas ! La course s’est déroulée dans des conditions dantesques, obligeant même les organisateurs à modifier le parcours…

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