Une plateforme créée par des passionnés de vélo, réservée aux cyclotouristes en quête d'un toit gratuit pour la nuit : « Warm Showers » a été une révélation pour Lucie et Jérémy, lors de leur « bike trip » de 26 jours et 1500 km dans les Alpes, entre la Slovénie et le sud de la France. Une aventure réussie malgré la pandémie.
Traverser les Alpes à vélo, de la Slovénie jusque chez eux, à Gap, était une première pour Lucie et Jérémy, jeune couple de trentenaire passionné de randonnée. Plutôt habitués à arpenter des sentiers à pied - de Venise à Munich, un de leurs derniers périples - les deux Français se sont lancés, l’été dernier, le défi de rouler sur près de 1500 km, avec 23 000 mètres de D+. Le tout, en passant par cinq pays, vingt-deux cols, et en improvisant chaque soir leur lieu de couchage.
Originaires de la Côte-d’Azur, Lucie, 29 ans, et Jérémy, 33 ans, avait déjà quitté le littoral, trop « bling-bling » pour eux, plus à la recherche de nature et de montagne, avant d’atterrir à Gap. « On cherchait un endroit pour s’échapper après le boulot », nous explique Lucie. Une recherche du grand air qui, après de multiples treks à pied, et un essai en selle autour du Lubéron, les ont conduits à s’aventurer cette fois-ci en VTT pendant 26 jours. Un challenge : leur précédent record n’était que de 5 jours passés à vélo.
Au mois d’août 2020, le couple rejoint Ljubljana, capitale de la Slovénie, en bus - soit 24 heures de trajet. Lucie et Jérémy ont ainsi pédalé tous les jours pour rentrer à Gap, en passant par les plus beaux points de vue des Alpes. Notamment le lac de Bled (Slovénie), le lac Weibensee (Autriche), les Tre Cime di Lavaredo, Alpe di Siusi et les Valle di Fanes dans les Dolomites (Italie), les lacs de Fusine (Italie) ou encore le Val Mora (Suisse).
Improviser chaque soir son lieu de couchage
Malgré quelques difficultés rencontrées lors de ce « bike trip » en montagne - comme « la motivation pour enchaîner sans avoir de journée de transition », quelques réparations mécaniques ou des orages imprévus - le couple retient surtout la curiosité éveillée sur leur parcours. À la fois, celle des personnes rencontrées sur les chemins, surpris de la distance parcourue depuis la Slovénie ; mais aussi la bonne surprise du réseau d’hébergeurs de « Warm Showers ».
Cette plateforme, d’origine américaine, a été créée il y a dix ans par des cyclotouristes, et pour les cyclotouristes uniquement. Elle est disponible dans 161 pays, et comptent près de 102 500 hôtes. Le concept est simple : il suffit de se créer un compte pour accéder à une carte recensant tous les hébergeurs disponibles, par pays, région ou ville, qui reçoivent les cyclistes gratuitement pour la nuit. « Le réseau de Warm Showers fonctionne sur le principe de l’échange. On inscrit son profil, avec son adresse, et ensuite sa porte est ouverte à n’importe quel cyclotouriste. En général on partage le repas, on propose un canapé pour dormir ou un jardin où planter sa tente, en fonction de ses moyens. Tout se fait très naturellement, et comme on est entre cyclistes, ceux qui nous accueillent arrivent facilement à se mettre à notre place, ce qui facilite l’échange », confie Lucie.

(Re)vivre la passion du vélo par le dialogue
Lucie avait déjà expérimenté une première fois cette plateforme, lors d’une participation à la « Vélodyssée » - une voie pour cyclistes de 1200 km, reliant la Bretagne à la côte Basque. « Avec une amie, nous avions dormi chez un homme de 70 ans assez surprenant : il faisait partie de cette communauté de cyclotouristes, mais ne voyageait plus à vélo, vu son âge. Mais il avait envie de revivre sa passion à travers le dialogue et le récit des gens qu’il hébergeait. »
Une expérience suffisamment satisfaisante pour la réitérer avec son compagnon, Jérémy, à trois reprises lors de leur « bike trip ». « Après plusieurs nuits passées sous la tente, une fois arrivés en Suisse, on a ouvert l’appli pour trouver un hébergeur. On a dormi chez un premier couple dans les Vosges ; puis chez un autre couple à Grenoble avant d’arriver à Gap. Nos hôtes revenaient justement d’un périple à vélo aux États-Unis, et ils avaient dû rentrer prématurément à cause du Covid. Mais ils s'étaient fait hébergés si souvent en chemin qu'il leur a semblé tout naturel de s’inscrire sur la plateforme à leur retour. On était les premiers qu’ils recevaient grâce à ce système. C’était chouette pour eux de se replonger dans des récits de voyage », ajoute-t-elle.
Un échange facilité par la passion commune du vélo - puisque l’accès est réservé uniquement aux cyclistes - qui permet d’aborder plus facilement des inconnus, notamment à l’étranger. Le jeune couple n’a pas encore eu l’occasion de rendre la pareille à cause du Covid, « mais si cet été les conditions s’améliorent, on pourrait bien avoir des demandes ». Le temps pour eux de préparer leur prochain voyage outdoor sur l’île de Lanzarote, aux Canaries.
Comment bénéficier de "Warm showers"?
Pour rejoindre la communauté de cyclotouristes de « Warm Showers », il vous suffit de créer un compte, d'indiquer son lieu de domicile pour recevoir gratuitement d'autres cyclistes, et le tour est joué. Attention, il faut se connecter au moins une fois par an pour garder son profil actif et à jour. Le concept est accessible autant aux voyageurs seuls qu'aux familles, à condition d'être accompagné d'au moins une personne majeure, et d'être cycliste - les hébergeurs n'acceptent pas les autres types de randonneurs.
Retrouvez l'itinéraire détaillé et le matériel emporté par Lucie et Jérémy sur leur blog. Pour les suivre, voir aussi leur compte Instagram @dodosoustente.

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