Corinne Favre, Camille Herron, Courtney Dauwalter, Sarah Thomas ou encore Fiona Kolbinger, les exemples ne manquent pas pour montrer à quel point les femmes sont performantes lorsqu’il s’agit d’ultra endurance, et ce, quel que soit le sport. Une étude scientifique récente vient le confirmer avec comme explication principale, une nouvelle histoire d’hormone.
L’IAAF va-t-elle se saisir de l’affaire comme elle l’a fait concernant la testostérone ? A priori, les ultra-runneuses comme Camille Herron - récente vainqueur des 24h de course à pied - n’ont pas trop de souci à se faire. La dernière étude de Run Repeat le prouve : les femmes sont plus rapides que les hommes, dès lors que l’on passe les 310 kilomètres d’effort. De 0,6%, pour être précis.
Plus l’effort est long, moins la différence de genre entre en jeu
On vous l’accorde, les épreuves de plus de 310 kilomètres sont rares, même si la mode est à allonger les distances, parfois de façon extrême. Mais plus intéressant encore que ce chiffre fatidique, c’est la tendance qui est à souligner : plus la distance est longue, plus la différence entre hommes et femmes se réduit en faveur de ses dernières.

En 2018, la star américaine de l’ultra trail Courtney Dauwalter avait failli remporter la Tahoe 200, une course de 360 km autour du lac Tahoe dans les Nevada aux États-Unis. Il y a un an quasiment jour pour jour, Camille Herron ne passait pas loin de remporter au scratch, devant les hommes, la Tarawera Ultra Marathon en Nouvelle-Zélande, une course de 160 km. Et de manière générale, il n’est pas rare de voir des femmes dans le haut du classement des courses d’ultra.
Une histoire d’hormones
Cet état de fait n’est pas nouveau. Les exemples étaient assez nombreux pour arriver à cette conclusion. Mais on a longtemps mis en avant des facteurs certes réels, mais un peu vagues tels que “la capacité à mieux gérer son effort”, ou “leur mental d’acier”. L’étude de Run Repeat souligne un nouvel élément plus scientifique cette fois : l’oestrogène, hormone à la base du développement des organes sexuels féminins, qui serait la raison principale qui expliquerait que les femmes soient si performantes sur ces efforts de très longue durée.
Si les hommes sont plus rapides sur les courtes distances, c’est qu’ils ont un coeur plus gros qui leur permet de transporter plus d’oxygène dans les muscles et que ces muscles sont plus développés du fait de la testostérone - ce pourquoi l’IAAF interdit de compétitions les athlètes hyperendrogènes. Mais plus l’effort devient long, moins ces atouts ont de l’importance. Ce qui devient alors essentiel est la capacité du corps à puiser de l’énergie quelque part, même lorsque les batteries semblent vides. C’est là que l’oestrogène joue un rôle en permettant au corps de mieux utiliser les réserves d’énergie, et particulièrement les graisses qui sont la source essentielle sur des très longs efforts.
Autre élément, l’oestrogène permettrait également de protéger, ou de préserver les membranes musculaires. Bien souvent, plus que l’énergie, c’est la capacité musculaire qui fait défaut après plusieurs dizaines heures d’effort. S’il est possible de se ravitailler, il n’est pas possible de se faire greffer de nouveaux mollets.
L’ultra endurance séduit de plus en plus de femmes
Au-delà de ces éléments scientifiques, l’étude s’est également intéressée à l’évolution de l’ultra endurance au cours de 23 dernières années. Durant cette période, on a constaté une forte augmentation de la population féminine dans les épreuves d’ultra, passant de 14% à 23% du total des participants. Dans le même temps, sur des distances plus courtes, 5k ou marathon, on a observé une stagnation, voire une baisse.
Plus performantes que leurs homologues masculins et toujours plus nombreuses, les femmes sont à la fois le présent et l’avenir des épreuves d’ultra.
La suite est réservée aux abonnés
- Accédez à tous les contenus d’Outside en illimité. Sans engagement.
- Votre contribution est essentielle pour maintenir une information de qualité, indépendante et vérifiée.
- Vous pouvez aussi acheter cet article pour 1€
