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Nims Dai en parapente à Chamonix
  • Aventure
  • Alpinisme & Escalade

Voici pourquoi Nims Dai n’a pas tenté la descente du K2 en speed flying

  • 9 mars 2021
  • 2 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

S’élancer en parapente à 8611 mètres, après avoir atteint le sommet du K2 sans oxygène supplémentaire et en plein hiver - c’était le défi initial que s’était lancé Nims Dai, en janvier dernier. Ce n’est pas faute de niveau, mais bien de météo que le Népalais a dû renoncer à son projet.

Depuis l’été dernier, Nims Dai laissait présager que sa prochaine ascension d’un 8000 m se conclurait par une descente en parapente. Un projet qu’il comptait bien réaliser en janvier dernier, lors de son ascension historique du K2 avec son équipe de Sherpas - les premiers à avoir atteint ce sommet en hiver, et sans assistance d’oxygène. Mais la météo en a décidé autrement. 

Dans une vidéo tournée à la base du K2 (5400 m), publiée le 7 mars, Nims Dai démontre la difficulté de faire face au vent à cette altitude. « S'entraîner au sol au camp de base du K2 (5400m) a été un peu délicat au début en raison du vent. Arrivant dans la vallée par trois couloirs, le vent était fortement accéléré par l'effet Venturi. Un vrai casse-tête, car il frappait la falaise du K2 et provoquait un effet de tourbillon. (…) Cela peut sembler assez facile sur la vidéo car j'ai fait en sorte que ça sorte comme ça pour le film, mais croyez-moi, ce n'était pas facile du tout ! », explique-t-il dans son post. 

Et c’est justement la météo qui a fait avorter son projet. « J'avais bien prévu de descendre en speed flying depuis le sommet du K2, en engageant quelques tonneaux, en restant proche des falaises en jouant sur les spins et les SAT. Malheureusement, je n'ai pas pu continuer comme prévu car tout mon matériel a été détruit et emporté par la tempête qui s'est abattue sur le camp 2, là où le 31 décembre nous avions déposé notre matériel lors de notre rotation d’acclimatation. » 

On se rappelle justement de la difficulté de l’équipe népalaise pour trouver une bonne fenêtre météo, avant de pousser son ascension jusqu’au sommet. « Nous avons raté notre fenêtre météo initiale. Puis nous avons dû affronter plus d'une semaine de mauvais temps. C'est à ce moment-là que j'ai perdu tout le matériel que j'avais prévu pour notre push vers le sommet », ajoute-t-il.

Un projet « très engagé, mais pas impossible »  

L’ancien Gurkha, et ex-membre des forces spéciales britanniques, exprimait dès juillet dernier, dans une interview accordée à Outside, son envie de descendre un 8000 en parapente - alors qu’il commençait à peine à apprendre la discipline. Une ambition « très engagée, mais pas impossible », selon Bertrand Roche, plus connu sous le nom de Zebulon - ou Zeb - que nous avions interrogé en janvier. Considéré comme l’un des plus grands parapentistes actuels, il compte entre autres un décollage depuis les huit plus hauts sommets de chaque continent

Nims Dai en parapente à Chamonix
Nims Dai à l'entraînement à Chamonix en 2020 (Sandro Gromen-Hayes)

En regardant les images Nims Dai, venu s’entraîner en parapente à Chamonix durant l’été et l’automne 2020, Zeb avait analysé la faisabilité de son projet. « Je ne connais pas le K2, mais je pense que c’est réalisable. Il semble que le sommet soit assez large pour y poser une voile. A priori, vu les photos que j’ai pu étudier, il y a suffisamment d’espace pour cela. Mais il ne faut pas qu’il y ait de vent extrême, sinon, sinon ça ne marchera pas », nous expliquait-il. 

« L’entreprise me parait très aléatoire ! Après, j’ai l’impression que ce grimpeur se sent béni des dieux et ne craint rien !  Donc si c’est le cas et que les conditions sont parfaites, alors il peut réussir », concluait-il.
« Aléatoire » était donc le bon mot, surtout concernant la météo. 

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