Ils sont étudiants, tous trois fondus d’aventure, et ils se lancent un défi : parcourir les Highlands écossais en itinérance cet été. Jusque là, rien de très étonnant, si ce n'est le mode de transport choisi par Malo, Célestin et Hugo : le ski-roue.
« L’Ecosse, c’est l’Angleterre en pire » sauf pour Malo 22 ans, Célestin et Hugo, tous deux 20 ans, qui ne prêtent aucune attention à cette citation de Samuel Johnson, poète, critique et lexicographe anglais du XVIIIe siècle. En 2020, la bande de trois potes créée dans le Jura est bien déterminée à faire mentir l’auteur anglais. L’idée de rallier en ski-roue et en itinérance Fort William, situé au Nord-Ouest de Glasgow, à Arrochar, une ville au cœur du parc national du Loch Lomond et The Trossachs, dans les Highlands écossais, est née d’une envie d’aventure commune doublée d’un besoin de se challenger. « On va essayer de rendre possible une mauvaise idée de départ », s’amuse Malo qui s’attend à subir les aléas inhérents à toute expédition. « On est jeunes et c’est notre grande première en expédition, donc forcément, on risque de connaître des petits désagréments, dus à des erreurs de préparation ou de jeunesse », anticipe l’étudiant, tout en certifiant prendre beaucoup de plaisir dans la préparation de leur épopée. « Le côté débrouille nous plait et monter le projet de A à Z nous permet de nous rendre compte des difficultés d’organisation qu’un voyage en itinérance et en ski-roue implique », détaille le jeune Lorrain.
En ski-roue avec un chariot à tirer
Pourquoi le ski-roue ? Cette question, on se la pose tous en découvrant le moyen de locomotion choisi par les trois amis lors de leur BTS « Gestion et Protection de la Nature. « D’un outil un peu' incongru' à la base et très peu utilisé hors des biathlètes l’été, on a eu envie de montrer qu’on pouvait s’en servir au-delà de l’entraînement ! Pendant notre BTS, on en a beaucoup fait. On s’est donc dit « pourquoi pas entreprendre notre voyage avec ? », explique Malo. Cette discipline que nous avons testée en Bretagne possède deux sortes de matériels très différents, pour deux styles d’action : l’alternatif (celui que nous avons testé) et le classique. Le premier est le plus répandu, il s’apparente au fameux « pas de patineur » des biathlètes quand le second revient à marcher en ligne, skis parallèles comme on le fait en ski de randonnée. « Pour des raisons de sécurité et de confort, on a décidé d’opter pour les skis classiques, équipés de roues anti-reculs, comme des peaux de phoques sur la neige. On s’est dit qu’il était préférable de gêner le moins possible les voitures, or avec le style alternatif, on déborde plus fortement de part et d'autre de la route », précise Malo qui a fait fabriquer des petits chariots sur mesure par une artisan local pour répondre aux besoins de leur périple. « On pousse fort derrière avec de longs bâtons en ski-roues, il fallait donc un charriot assez fin qui se positionne suffisamment loin de nous pour ne pas heurter les bâtons à la poussée et renverser le matériel », détaille Malo. Côté terrain, la bande des trois sait déjà qu’elle sera parfois contrainte de déchausser les ski-roues, faute de route carrossable. Notamment sur certaines îles qu’ils entendent traverser.

Pas de frein !
Pourquoi l’Ecosse ? Les Highlands, cette magnifique terre fouettée par le rude climat écossais, n’est pas le territoire idyllique pour un voyage en itinérance, mais c’est justement dans la difficulté que les trois étudiants semblent vouloir se retrouver. « Au début on avait choisi l’Islande car on recherchait des paysages légèrement vallonnés avec des vues ouvertes sur de vastes étendues, mais on a vite réalisé qu’avec nos ski-roues dépourvus de frein, ça pouvait être très dangereux (rires) », se remémore Malo, désormais en licence professionnelle « activités sportives de montagne » à Grenoble. L’Ecosse paraissait plus abordable pour les jeunes aventuriers qui ont décroché un soutien financier de La Fondation François Bel sous l’égide de l’Institut de France dans leur département du Jura. Mille euros de départ bienvenus pour obtenir la suite d’un budget avoisinant les 7 000 euros. De quoi notamment réaliser un petit film avec, dans l’idéal, un drone, espère l’équipe.
« Dépasser les 1000 bornes »
Si les 700 kilomètres prévus n’effraient pas Célestin, Hugo et Malo, ce dernier réserve une petite surprise à ses potes. « J’aimerais qu’on dépasse les 1000 bornes quand même ! J’ai peur qu’on ne soit pas assez fatigués à la fin de nos journées, j’essaie de les motiver à allonger la distance », avoue-t-il, bien déterminé à aller au bout de ses limites physiques… « On a l’ambition de faire 50 à 60 kilomètres par jour mais je suis sûr qu’on peut faire plus », renchérit-il. Reste qu'ils seront tous trois bien chargés pour un mois d’itinérance avec tente, nourriture et équipement à tirer tous les jours d’un mois de juillet qu’ils rêvent divin. Même si côté météo, l’été peut être clément, les journées promettent de l’être un peu moins : « on va se mettre dans le rouge ! », prédit Malo.
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