S'abonner Se connecter
Outside
Outside : aventure training voyage culture
  • Aventure
  • Santé
  • Voyage
  • Société
  • Équipement
  • Films
  • Podcasts

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER
Everest Lhotse traverse
  • Aventure
  • Alpinisme & Escalade

Traversée Lhotse-Everest : Kilian Jornet sur les traces de Ueli Steck ?

  • 30 avril 2021
  • 6 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Ce n’est plus de la rumeur, Kilian Jornet est bel et bien dans l’Himalaya. D’un tweet, hier, il a annoncé qu’il était sur « un projet que l'on peut résumer à une idée simple avec un risque d'échec important ».  En équipe avec l'Allemand David Goettler, tout laisse entendre qu’il serait sur le point de tenter la traversée Lhotse-Everest, sans oxygène. Un exploit jamais réalisé à ce jour qui le ferait définitivement entrer dans l’histoire de l’alpinisme, mais qui a déjà coûté la vie à Ueli Steck le 30 avril 2017, il y a exactement quatre ans, jour pour jour aujourd’hui. Après lui, d’autres ont aussi tenté leur chance, en vain. Le Catalan aura-t-il plus de chance ?

Étonnant Kilian. Le 17 avril, c’est avec trois petits cœurs postés sur Instagram, que la star de l’ultra trail annonçait la naissance de son deuxième enfant, une fille. Depuis il restait très discret sur les réseaux, mais on se souvenait que depuis sa tentative automnale de 2019 qui l'avait vu atteindre 8 300 mètres sur la voie polonaise, stoppée malheureusement par les risques d’avalanche, Kilian Jornet brûlait de revenir dans l’Himalaya. C’est chose faite depuis cette semaine, arrivée fort discrète signalée mercredi par un message sur Instagram de Chhang Dawa Sherpa, patron de l’ agence Seven Summit Treks, s’affichant à Katmandou aux côtés du Catalan avec un simple « Bonne chance, ravi de te rencontrer ! ». Plus sérieusement c’est le post de Kilian Jornet lui-même sur Instagram, qui a retenu notre attention hier. Il confirme qu’il va bel et bien retenter sa chance dans l’Himalaya ce printemps. Non plus en solo, mais en compagnie de son ami, l’Allemand David Goettler.

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par David Goettler (@david_goettler)

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Kilian Jornet (@kilianjornet)

Everest Lhotse
(Mario Simoes)

Peu diserts sur leur objectif, les deux hommes viseraient la fameuse traversée Lhotse-Everest, deux des quatre sommets les plus hauts du globe, selon Alan Arnette, correspondant d’Outside dans la zone. Concrètement cela signifie l’ascension du Lhotse, immédiatement suivie de l’Everest, sans redescendre, le tout sans oxygène. Reste à savoir par quelles voies - et si le projet est bien confirmé - mais cette mythique traversée, sur laquelle Moro et Urubko, pourtant deux pointures de l’alpinisme, se sont déjà cassés les dents, a tout de « l’ idée simple avec un risque d'échec important » qu’annonce Kilian Jornet. Une fois encore Kilian s’attaque à un énorme défi qui, le 30 avril 2017, avait coûté la vie au Suisse Ueli Steck, l'un des meilleurs «speed climbers» du monde. Il y a exactement quatre ans, aujourd’hui, il visait lui aussi cette fameuse traversée, mais il devait y trouver la mort en glissant sur une pente couverte de glace près du Nuptse, un sommet népalais situé au sud-ouest de l'Everest.

Topo Traverse Everest Lothse de Ueli Steck
Ueli Steck avait prévu de réaliser la traversée Everest-Lhotse par l'arête ouest et le couloir Hornbein, mais il est mort en préparant l'exploit sur le Nuptse. (Topo : Ueli Steck / Alan Arnette)

Un an plus tard, en avril 2018, après la chute fatale de leur ami Ueli Steck, le photographe et réalisateur Jon Griffith et Tenjing "Tenji" Sherpa décidaient de tenter à leur tour le dernier projet de l'alpiniste : la première liaison Everest- Lhotse sans bouteille d'oxygène, en direct et filmée en réalité virtuelle. Sur le site de Millet, leur partenaire, Jon Griffith racontait ainsi leur ascension et pourquoi, elle s’était, elle aussi, soldée par un échec. Leur expédition était certes organisée dans des conditions sensiblement différentes - seul Tenjing Sherpa montait sans oxygène cependant que Jon Griffigh était lourdement chargé d’un matériel de tournage afin de réaliser son film en réalité virtuelle,  mais leur témoignage fournit un éclairage intéressant sur la difficulté de l’objectif que se serait fixé Kilian Jornet. Publié en mars 2020, nous le reproduisons ici, intégralement.


"Nous avons perdu l'un des meilleurs alpinistes du monde", raconte Tenji en pensant à son ami et mentor Ueli Steck : "Il m'a toujours motivé dans l'escalade et il m'a aidé à devenir un alpiniste". C'est pourquoi, lorsque Tenji m'a dit qu'il voulait tenter le projet d'Ueli, c'est-à-dire escalader l'Everest et le Lhotse sans oxygène, j'ai soudain pensé que c'était un parfait coup du sort. Pour Tenji et moi, il s'agissait d'honorer la mémoire de l'un de nos plus proches amis, mais aussi d'amener la communauté des alpinistes népalais sur le devant de la scène - un espace historiquement réservé à leurs clients.

En termes d'alpinisme, l'enchaînement de l'Everest et du Lhotse (les première et quatrième montagnes les plus hautes du monde) aurait constitué un énorme exploit sportif en haute altitude. Pour moi, tenter de filmer une telle ascension en réalité virtuelle était un défi que je m'étais fixé depuis quelques années. Il s'agit sans aucun doute du style de tournage le plus compliqué qui soit - la caméra à elle seule comporte 17 caméras individuelles. C'était un véritable défi et, au final, nous n'avons pas réussi : pour réaliser la liaison, il faut passer énormément de temps au-dessus de 8000 m et l'altitude est brutale là-haut. J'étais sous oxygène pendant que je filmais, mais pour Tenji, la lutte était surhumaine - le fait qu'il ait déjà fait l'Everest sans bouteille d'oxygène auparavant et qu'il n'ait pas pu le refaire montre à quel point c'est incroyablement difficile. Nous avons réussi à atteindre le sommet de l'Everest, mais nous n'avons pas pu continuer jusqu'au Lhotse. Le temps était finalement contre nous, mais il faut parfois viser grand !

Lorsque nous sommes arrivés au camp 4, le camp d'altitude, le temps n'était pas génial - toute la journée et toute la soirée, les vents ont fait rage autour de nous, et pour la première fois, je me suis demandé si nous allions pouvoir quitter le camp 4. Il faut être très prudent au-dessus de 8000m dans ces vents - votre corps est incroyablement vulnérable en altitude et la marge d'erreur est très faible. Nous avons attendu quelques heures dans la tente et vers minuit nous sommes finalement partis. Il y avait du vent et des éclairs tout autour de nous. Tenji était incroyablement rapide depuis le camp 4, mais à environ 8500 m, il s'est heurté à un mur - c'est ce que disent tous ceux qui ont escaladé l'Everest sans bouteille d'oxygène. C'était dur de le voir lutter autant - on aurait dit qu'il était dans un rêve. 10 marches vers le haut, 5 minutes de repos. Nous avancions lentement et tout autour de nous, les nuages s'accumulaient. Nous avons traversé des tempêtes de neige et je me demandais combien de temps il nous restait avant que le temps ne devienne vraiment mauvais. 

Nous sommes arrivés au sommet sud dans de fortes chutes de neige et j'ai décidé de le mettre sur ma bouteille d'oxygène de rechange pour que nous puissions au moins atteindre le sommet - nous n'étions pas vraiment en danger bien sûr parce que vous pouvez faire demi-tour quand vous voulez, mais vous devez savoir quand faire demi-tour quand vous n'êtes pas sous oxygène, et je sentais que nous avions atteint ce point. Il faut une fenêtre météorologique exceptionnelle pour gravir l'Everest sans oxygène et nous ne l'avons pas eue - cela faisait partie du risque de partir tard dans la saison. Je voulais avoir la montagne pour nous seuls plutôt que de grimper avec les énormes files d'attente de grimpeurs que l'on voit sur les photos (ces scènes sont malheureusement la norme plutôt que hors du commun) et nous avons donc attendu la fin de la saison, lorsque le temps est aussi un peu plus irrégulier. 

J'ai tout de même réussi à prendre l'une des photos dont je suis le plus fier. Prise à environ 8400m le jour du sommet de l'Everest, nous étions entourés de trois cellules orageuses très actives. Les nuages se sont dégagés de l'Everest pendant environ une heure et ont révélé ce spectacle : la lumière jaune à l'horizon n'était pas de la pollution lumineuse mais des éclairs provenant de diverses cellules orageuses. C'était incroyable. En fin de compte, nous n'avons pas réussi à établir la liaison, mais nous avons réussi à réaliser un film VR sur l'Everest très puissant, que nous venons de publier. Je voulais créer un film qui soit réel et authentique, et c'est ce que nous avons fait. Nous avons quand même capturé une grande histoire. J'ai trouvé très intéressant d'observer les réactions de mes amis alpinistes à Chamonix une fois qu'ils ont retiré le casque - j'ai toujours pensé que les alpinistes ne seraient pas si intéressés par l'Everest, mais ils ont tous dit que c'était la chose la plus incroyable qu'ils aient jamais vue. Je suis donc très fier de ce que nous avons capturé." 

https://www.youtube.com/watch?v=OMwOeuAQW4s
Trailer du film en réalité virtuelle de Jon Griffith. Il ne couvre que la partie Everest, sa tentative de traversée Everest-Lhotse ayant échoué

La suite est réservée aux abonnés

Déjà abonné ? Se connecter
Votre premier article est offert
LIRE GRATUITEMENT
ou
S'ABONNER
  • Accédez à tous les contenus d’Outside en illimité. Sans engagement.
  • Votre contribution est essentielle pour maintenir une information de qualité, indépendante et vérifiée.
  • Vous pouvez aussi acheter cet article pour 1€

À lire aussi

Bartek Ziemski Everest ski
La rédaction

Après sa descente à ski de l’Everest, Bartek Ziemski jette un regard amer sur la course aux 14 × 8 000

Sommet Everest
Marina Abello Buyle

Everest 1996 : 30 ans après, retour sur la tragédie qui a révélé les dérives des expéditions commerciales

Drone Everest Airlift
Marina Abello Buyle

Everest : au camp de base, les drones au cœur des tensions géopolitiques entre Pékin et Washington

Khumbu icefall 2026
La rédaction

Everest : la voie normale ouvre enfin, mais la saison 2026 reste à haut risque

Plus d'articles

Outside le magazine de l'outdoor

Outside entend ouvrir les pratiques et la culture outdoor au plus grand nombre et inspirer un mode de vie actif et sain. Il s’adresse à tous ceux qui aspirent à prendre un grand bol d’air frais au quotidien et à faire fonctionner leurs muscles comme leurs neurones avec une large couverture de l’actualité outdoor.

Newsletter

L’aventure au cœur de l’actualité. Chaque vendredi, les meilleurs articles d’Outside, directement dans votre boîte mail.

Liens

  • A propos d’Outside
  • Abonnements
  • Retour d'aventure
  • Mentions Légales
  • CGV
  • Politique de confidentialité
  • 1% for the Planet
  • Offres d’emploi
© Outside media 2026
Activer les notifications