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Thierry Renault
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Thierry Renault « respirait mieux en haut qu’en bas », raconte Alain Ghersen

  • 8 septembre 2026
  • 12 minutes

Sylvie Sanabria Sylvie Sanabria Longtemps allergique à toute forme de sport, Sylvie se révèle sur le tard marathonienne, adepte du yoga et s’initie même au surf et à la voile. En 2018, elle co-fonde Outside.fr dont elle prend la direction éditoriale. Elle est basée à Paris et dans les Cévennes.

Des Drus à Divine Providence et Digital Crack, Alain Ghersen a partagé avec Thierry Renault, retrouvé mort dimanche 6 septembre au Brévent, quelques-unes des ascensions qui ont marqué l’alpinisme français des années 1980 et 1990. Interviewé hier soir par Outside, le guide chamoniard revient sur leur cordée, mais surtout sur l’homme : son mental exceptionnel, son goût du libre, son humour, sa spiritualité. Un grand guide.

Dimanche 6 septembre, le corps sans vie de Thierry Renault a été retrouvé au pied de la face sud du Brévent, au-dessus de Chamonix. Le guide de haute montagne avait 68 ans. Alertés en fin de matinée par des grimpeurs qui s'apprêtaient à s'engager dans le secteur, les secouristes du PGHM de Chamonix n'avaient pu que constater son décès. Selon les premiers éléments disponibles, l'accident pourrait s'être produit la veille, alors que Thierry Renault travaillait seul au nettoyage et au rééquipement d'une voie dans cette face dont il avait fait l’un de ses terrains de prédilection. Une enquête est toujours en cours pour établir précisément les circonstances du drame. Selon Le Dauphiné Libéré, le frottement de la corde sur laquelle il s’assurait contre un rocher saillant aurait provoqué sa rupture. Une hypothèse qui reste, à ce stade, à confirmer par l’enquête.

https://youtu.be/41pJLsD66wE?si=eT6Blfa8GfvLkygA

Thierry Renault appartenait à cette génération qui, dans les années 1980 et au début des années 1990, a porté le très haut niveau de l’escalade sur les grandes parois et en altitude. Troisième de la première édition de Sportroccia, à Bardonecchia, en 1985, derrière Stefan Glowacz et Jacky Godoffe, il comptait alors parmi les meilleurs grimpeurs français. En 1983, il participait à la première ascension en libre de la Directissime américaine aux Drus. En 1990, avec Alain Ghersen, il réalisait la première en libre de Divine Providence, 900 mètres au Grand Pilier d'Angle, puis libérait Digital Crack, 8a à près de 3 800 mètres sur l'arête des Cosmiques. En glace aussi, Renault allait contribuer à faire sauter un verrou : en janvier 1992, au cirque du Fer-à-Cheval, La Lyre et La Massue ouvraient avec lui et François Damilano la voie au grade 7.

Alain Ghersen était l’un de ceux qui pouvaient le mieux témoigner de ce que cachait ce palmarès. Lui-même grimpeur et alpiniste de tout premier plan, issu de Fontainebleau, auteur notamment de la première hivernale en solitaire du pilier Bonatti aux Drus en 1989, il a partagé avec Renault plusieurs de ses années les plus fortes. Leur relation dépassera largement la cordée, les deux hommes resteront longtemps proches et partiront notamment en vacances en famille. Trente-six ans après Divine Providence et Digital Crack, Ghersen est toujours guide en activité à la Compagnie des Guides de Chamonix. Avec Thierry Renault, il vient de perdre un ancien compagnon de cordée, mais aussi un ami. Sur les circonstances de l'accident, il se refuse à spéculer tant que l'enquête n'a pas établi les faits. Sur Thierry Renault, en revanche, il raconte ici ce qu’il a vu et vécu : un grimpeur au mental « hors norme », un passionné de libre et d’aventure, un guide, un ami, et un homme parfois plus à l’aise dans la montagne que dans la vie de la vallée.

https://youtu.be/CwMUzgfPCNw?si=TtloNS04K3FelD7V

Quand vous avez appris que Thierry avait été retrouvé dimanche au pied du Brévent, compte tenu de son expérience, cela vous a surpris ?

Oui, bien sûr. Même si on est à la fois un peu malheureusement habitués, on est toujours un peu secoués par ce genre de nouvelles. Vu son expérience, je ne sais pas s'il y a eu une inattention de sa part. Oui, ça m'a surpris quand même.

Aviez-vous l'impression qu'avec l'âge il avait adapté sa pratique ?

Oui, j'avais l'impression qu'il savait s'adapter à son propre déclin, si je puis dire. Le déclin, l'âge qui concerne tout le monde. Moi, le premier, je suis un peu plus jeune que lui, mais je vois bien que mes capacités physiques et même mentales baissent, donc j'avais l'impression qu'il s'était adapté quand même à cette donnée. Parce que le Brévent, c'est pas trop loin, il n'y a pas trop de marche, et il était quand même dans une forme d'adaptation par rapport à sa propre évolution.

Vous le connaissiez bien. Si vous deviez le décrire comme personne, au-delà de ses ascensions, quel serait le premier mot qui vous viendrait à l'esprit ?

Un passionné, c’est le premier mot qui me vient à l'esprit, un vrai passionné de montagne. Mais vraiment au sens fort du terme. C'est-à-dire passion un peu exclusive. Il adorait la montagne, il adorait cet environnement, le milieu, il adorait l'effort en montagne, le fait de grimper. Il était très influencé par toute la culture des années 70-80, l'esprit d'aventure à l'anglaise. La manière qu'avaient les Anglo-Saxons d'aborder la montagne et l'escalade. Il l'a orienté très rapidement vers l'escalade qu'on appelle traditionnelle, celle qui se fait sur des protections amovibles. Il adorait vraiment ça. Ce qui l'a mené petit à petit vers la cascade de glace, puisque le principe là, c'est de se protéger soi-même en posant ses propres protections. Et puis, il n'était pas seulement un homme d'action, c'était un homme assez spirituel quand même, assez croyant par moments. Enfin, il avait une croyance qui était un peu ondulatoire, mais il croyait en une force extérieure et supérieure. Ce matin, on me demandait s'il avait été bouddhiste. Alors là, ça m'a un peu surpris parce que je ne crois pas qu'il ait été bouddhiste. Il était spirituel, ça c'est sûr. Mais bouddhiste, non. Je sais qu'il est catholique de culture, donc d'une culture assez marquée quand même… De temps en temps, il était vraiment dedans, et parfois, il était distant. Mais il y revenait plus ou moins toujours.

Cela pouvait influencer sa manière de grimper ?

Il avait fait deux-trois expériences où il avait poussé ses limites mentales assez loin, et là il avait senti une sorte de rapprochement avec une entité supérieure.

Vous pensez à une expérience en particulier ?

Il a ouvert une cascade qui s'appelle La Lyre, dans le cirque du Fer-à-Cheval. Le premier grade 7 - ça c'est des cotations en glace - ça doit être en 92, si je ne me trompe pas. Elle était particulièrement difficile à protéger et il est vraiment parti loin au-dessus de la dernière protection qu'il a pu placer. Et là, il était un peu dans une expérience un peu mystique, proche d'une forme de transe. Ce n'est pas de la spéculation de ma part. Il en a parlé moult fois. Oui, c'était un vrai passionné au sens où il était mieux en montagne qu'en bas. J'ai envie de dire qu’il respirait mieux en haut qu'en bas. Et là-haut, il était vraiment dans son élément, heureux. Et cette joie qu'il avait d'être en haut, il a vraiment su la faire partager, ce qui a fait de lui un guide d'excellence. Il avait, avec ses clients, une relation particulière, privilégiée. Il arrivait à leur transmettre son amour de la montagne. Donc, ce n'était pas seulement un grand alpiniste, c'était aussi un grand guide, caractérisé par l'ouverture de nouvelles voies - c'est peut-être plus dans les années 2000. Il a fait ça avec des clients, en technique d'ouverture du bas, en posant ses protections toujours, comme faisaient les guides du XIXe siècle. Eux, ils ouvraient carrément des sommets, puisqu'ils faisaient les premières avec leurs clients qui les rémunéraient. Lui, il a fait ça pendant des années.

Quand et comment vous êtes-vous rencontrés ?

On s'est rencontrés à Chamonix, où j'habite depuis 87. Mais on se voyait déjà dans les falaises du sud de la France qu'on fréquentait l'un et l'autre. Pas forcément en même temps, mais on s'y croisait de temps en temps. Et puis après, on s'est côtoyés par la Compagnie des guides qu’il avait intégrée avant moi. Tous les deux alpinistes et forts grimpeurs, on avait les mêmes aspirations. D'où l'idée d'aller transposer le haut niveau en escalade en altitude... On n'était pas très nombreux à être attirés par ce jeu, qui est une sorte de jeu dans le jeu en fait. Un jeu qu'on transpose en altitude, le jeu du libre, de ne pas utiliser les points de protection comme des points d'aide. Ça nous a rapprochés. C'est pour ça qu'on a fait ensemble, en libre, Divine Providence au Pilier d'Angle, au Mont-Blanc. Et puis, on avait fait Digital Crack à l'aiguille du Midi, ensemble. Le même été, 90.

Vous aviez connu cette même alchimie avec d'autres compagnons de cordée ?

Moi, j'étais quand même assez dans l'alpinisme solitaire. Néanmoins, par le jeu du libre, c'était intéressant d'être à deux. Alors, oui, j'ai eu d'autres compagnons de cordée qui avaient le même profil. Notamment, Rémi Escoffier, le frère d'Éric Escoffier.

Thierry et vous étiez tous les deux de très forts grimpeurs. Qu'est-ce qu’il avait que les autres n'avaient pas ?

Il avait une force mentale assez hors norme. Quand il partait vraiment dans une longueur, en trad, il était particulièrement fort dans sa tête. Alors est-ce que c'était lié à sa croyance ? C'est toujours difficile à dire, mais en tout cas, il avait ce point fort, vraiment. Une forte détermination, je dirais.

Cette force mentale renforçait-elle la confiance que vous aviez en lui en tant que compagnon de cordée ?

Il y avait une confiance entre nous qui était importante, très importante. Et on se complétait très bien l'un et l'autre, parce que moi, pour le coup, j'étais plutôt à l’origine un grimpeur de blocs, qui venait de Fontainebleau, où j’ai poussé le niveau assez haut, je faisais un peu plus d'escalade sportive que Thierry. J'avais cet acquis-là et ce niveau même. Et lui avait toute cette culture anglo-saxonne qui était beaucoup plus développée et qui lui permettait de gravir des longueurs non équipées ou à équiper par soi-même.

Votre période la plus forte ensemble, c'est 1989-1990 ?

J'essaie de me souvenir, 88, on était allés aux Drus ensemble, mais oui à l'été 90, on a été très actifs l'un et l'autre. Mais on avait déjà grimpé ensemble en 89. Et après, lui, il a eu une interruption d'activité pendant presque 10 ans, entre 1993 et 2003. Il était parti dans des errances un peu spirituelles, suite à un chagrin d'amour, un dépit amoureux. Il a repris la montagne en 2003, et c'était avec moi. On a fait ensemble une voie glaciaire aux Pèlerins, Beyond Good and Evil.

On peut décrocher presque dix ans et revenir au niveau auquel vous étiez ?

Oui, oui, oui. En glace, en tout cas... Alors après, on n'est pas revenus exactement au même niveau quand même. On était un petit peu en dessous parce que quand je vous parle de l'été 90, on était vraiment à la pointe de la pointe. On faisait les choses les plus difficiles qui se faisaient à ce moment-là.

Vous évoquiez votre pratique en solitaire. Thierry avait-il le même rapport au risque ?

Thierry n'a jamais trop été attiré par l'alpinisme solitaire. Il en a fait un petit peu, mais pas beaucoup. Par contre, il avait un rapport au risque qui était quand même assez élevé, c'est sûr. Je vous racontais tout à l’heure les longueurs comme La Lyre, où il s'est dépassé au niveau mental. Où il est parti au-dessus de sa dernière protection sans savoir où vraiment il allait pouvoir se reprotéger à nouveau... Ce genre d'expérience, il faut avoir un certain rapport au risque.

Dans Divine Providence, y a-t-il un moment où vous vous êtes dit : là, Thierry est vraiment exceptionnel ?

Dans Divine Providence, en l'occurrence, il a libéré la longueur la plus dure dans un style tout à fait magistral. Elle était dans le dièdre de ce qu'on appelle le Bouclier. À la fin, ça se redresse et il y a une longueur en 7c que Thierry avait réalisée à vue, sans repérage, en posant ses protections. Là, il a été vraiment impressionnant. On grimpait en alternance, je crois que j'ai attaqué la longueur, j'avais mis des protections et je suis tombé une fois. Je suis donc redescendu au relais, et lui il s'est dit : tiens, je vais essayer, je vais faire un essai dedans. Il a profité de mes quelques premières protections et après il a sorti la longueur d'une manière magistrale.

Dans le court film « Digital Crack - Now and Then », réalisé autour de la répétition de Digital Crack par Alessandro Zeni et Enzo Oddo le 26 juin 2021, Thierry présente Digital Crack comme « la cerise sur le gâteau », le gâteau étant Divine Providence. Vous partagez ce sentiment ?

Oui, c'est vrai que Digital, c'est un peu plus anecdotique, même si ça fait couler un peu d'encre, parce que c'était la première d'une telle difficulté à une telle altitude ; ça a été le 8a le plus haut du monde pendant longtemps. Mais c'est vrai que c'était moins grandiose que Divine. Parce que Divine Providence, c'est quand même une voie de 900 mètres de haut, qui sort à 4000, qui sort au Mont-Blanc ensuite.

Qu'est-ce qui le passionnait autant dans le libre ?

C'est cet esprit d'aventure, d'inspiration anglo-saxonne. Cette idée de libre, le fait de s'élever exclusivement avec les prises du rocher. Les protections n'étant là qu'en cas de chute. Une éthique particulière qui plaisait beaucoup à Thierry. Il était très regardant là-dessus. Et puis, au début des années 80, il a fait plusieurs séjours aux États-Unis, où il a été confronté à nouveau à cette éthique. Travailler sur un projet pendant des semaines ou des mois, ça ne l’intéressait pas du tout. Il était vraiment spécialisé dans le libre et plus particulièrement dans le libre à vue, sans rien en connaître. On la réalise du premier coup ou pas. Mais lui, quand il tombait, quand il ne réussissait pas à vue, ça ne l'intéressait presque pas d'y retourner pour enchaîner. C'est pour ça qu'il n'avait pas une attirance débordante pour ce qu'on appelle aujourd'hui l'escalade sportive. Donc, Digital, il a bien voulu jouer le jeu parce que c'est une belle ligne et qu'on l'a travaillée, on l'a faite dans la journée. On n'y est pas retourné plein de fois. Il a dû mettre un peu plus d'essais que moi pour y arriver, mais il n'est pas revenu des semaines et des semaines. Ça ne l'aurait pas intéressé, c'est sûr !

Malgré ses performances, il est pourtant resté moins médiatisé que certains alpinistes de sa génération. Est-ce qu'il en souffrait ?

Souffert, je ne sais pas si c'est le mot, mais un peu déçu… La médiatisation, il l'a un peu cherchée, mais je ne sais pas si c'était son moteur numéro un. Il était moins attiré que d'autres par la médiatisation, c'est clair. Mais la médiatisation, on est tous un peu pareil. On ne court pas forcément après, mais quand on lit les journaux et qu'on regarde les noms qui restent, ce n'est pas toujours ceux qui ont été les plus actifs. Parce que finalement, les plus médiatiques, c'est ceux qui cherchent à l’être, tout simplement. On n'est pas médiatique par hasard. C'est rare. C’était sans doute décevant et en même temps, ça ne faisait pas partie de sa démarche. Ce n'était pas une priorité pour lui.

Entre vous, y avait-il une forme de compétition ?

Non, pas du tout. Il était plutôt dans une recherche de synergie. C'est-à-dire de l'échange d'énergie pour que la cordée réussisse. On ne s’est jamais engueulé en montagne, jamais. Et ça, je le mettrais plutôt sur son compte à lui. Quand je disais que c'était un compagnon de rêve, je ne dis pas ça parce qu'il n'est plus là, mais, franchement, c'était un excellent compagnon de cordée, prévenant, très enthousiaste et toujours partant, avec de l'humour quand il faut. Un homme joyeux, qui pouvait être surprenant parce qu'excessif. Ça, c'était un peu son cachet personnel, il pouvait faire des blagues très, très graveleuses.  

Au-delà du compagnon de cordée, c’était aussi un ami ?

On s'est côtoyés longtemps, on a eu presque en même temps un enfant. On est partis en vacances plusieurs fois en famille. Oui, je peux dire que c'est un ami. Après, il n'était pas toujours facile non plus. Pas en montagne, où il était un compagnon de rêve, je parle plutôt d'en bas, où parfois, il était plus difficile. S’il s’y ennuyait ? Probablement. Il y avait sans doute pour lui une forme d'oisiveté, de platitude que peut offrir la vie en bas, la vie sociale, par rapport aux expériences alpinistiques, très probablement. Un contraste d'intensité, en fait. Et ça, c'est psychologiquement perturbant. Pour lui et pour ses proches, mais j'ai envie de dire que c’est vrai pour tous ceux qui pratiquent, et je m'inclus dans le lot, là. Il y a quand même des moments, le contraste entre l'effort qu'on peut fournir en haut, la solitude qu'on peut y vivre, tous ces éléments, font que le retour en bas avec les vicissitudes de la vie quotidienne peuvent paraître un peu plates et ennuyeuses. Il y a donc eu des périodes où on était plus distants, par la force de la vie, mais on n'a jamais été fâchés.

Ces dernières années, grimpiez-vous encore ensemble ?

Assez peu. Lui, il avait un peu levé le pied. Il ne grimpait presque plus. À part pour aller ouvrir ses voies. Moi, je grimpe un peu plus en mur qu'avant. Thierry n'a jamais trop aimé ça. Du coup, on n'a pas beaucoup grimpé ensemble ces derniers temps.

À 68 ans, il continuait pourtant à ouvrir des voies au Brévent. Qu'est-ce qu'il y cherchait encore ?

La découverte, je crois. Ouvrir une voie, défricher, transmettre même. Je pense qu'il adorait que ses voies soient refaites. Il prenait plaisir à ce que les gens prennent plaisir dans ses voies à lui, ça c'est certain. Il n'est pas seulement élitiste. Peut-être qu'au début, il était vraiment autocentré comme un athlète. Et puis, petit à petit, il s'est ouvert, il est devenu un peu plus partageur. Pour lui, ouvrir des voies, c'était aussi la possibilité d'offrir, entre guillemets, des voies aux autres.

Quelle trace laissera-t-il dans l'histoire de l'alpinisme, selon vous ?

Les traces, c'est toujours difficile de les mesurer réellement, mais je pense que tout ce qu'on a décrit, les hauts faits, ça va laisser une trace quand même. Parce que c'était une étape, il a montré une voie, et fait des choses assez exceptionnelles pour son époque. Donc, il est probable que ça laisse une trace dans l'histoire. Mais il n'y a que le temps et l'histoire qui révèleront la marque qu'il a laissée. Au-delà de la médiatisation ou de la non-médiatisation, parce que ça peut être un peu les deux, ce sont deux histoires différentes. L'histoire de l'alpinisme et l'histoire de la médiatisation de l'alpinisme sont deux histoires distinctes. J'espère que les historiens du futur sauront faire la distinction.


Quand et comment rendre hommage à Thierry Renault ?

À l’heure où nous publions cet article, aucune date n’a encore été arrêtée pour les obsèques de Thierry Renault. Alain Ghersen nous indiquait hier soir qu’un enterrement aurait « très probablement » lieu une fois achevées les premières investigations destinées à préciser les circonstances de l’accident. Le guide prévoit également d’écrire « une sorte d’oraison funèbre » en hommage à son ancien compagnon de cordée. 

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