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Thibault Anselmet
  • Aventure
  • Snow Sports

Thibault Anselmet, l’étoile montante du ski-alpinisme

  • 11 janvier 2024
  • 6 minutes

Coralie Havas Coralie Havas Passionnée d'escalade, de montagne et de culture outdoor au sens large, Coralie est journaliste pour Outside. Elle est basée à Uzès quand elle n'est pas sur la route à bord de son van.

Il est présent sur tous les fronts. Leader de l’équipe de France et vainqueur du classement général de la Coupe du monde la saison dernière, Thibault Anselmet a décroché une 3e place sur l’épreuve individuelle des championnats d’Europe qui se déroulent actuellement (jusqu’au 12 janvier) à Flaine. Outside s'est entretenu avec ce skieur aussi humble qu’acharné qu'on pourrait bien voir sur le podium des JO en 2026.

C’est dans les skis de son père, Fabien Anselmet, ancien membre de l’équipe de France de ski-alpinisme, que Thibault découvre la discipline. Il n'a que 13 ans. À cette époque, le jeune skieur est inscrit au ski-club alpin de sa station, Bonneval-sur-Arc. Il ne lui faudra pas longtemps avant de participer à ses premières montées verticales. De là, tout s’enchaîne. « Dans les catégories jeunes, j’étais loin d’être le meilleur » nous raconte-il. « J’ai d’ailleurs mis du temps à me sélectionner en équipe de France. Mais une fois qualifié, j’ai très vite réussi à faire ma place ». 

Quelques années après, en 2021, Thibault fait une entrée fracassante sur le circuit senior. Il termine la saison avec cinq podiums en Coupe du monde, dont une victoire, le petit globe de l'épreuve verticale, une 2e place du classement général de la Coupe du monde et trois titres de Champion de France. Suffisant pour acquérir un peu confiance… et oser rêver plus grand. 

L’année d’après, il confirme son explosion avec une nouvelle deuxième place au classement général. Frustrant pour ce champion d'exception. Le skieur annonce alors clairement son objectif : remporter le Gros Globe en 2023, à savoir le classement général de la Coupe du Monde de ski-alpinisme. Ce qu’il fera à l’issue d’une saison exceptionnelle, au cours de laquelle il s’octroie également le titre de champion du monde en relais mixte (aux côtés d'Emily Harrop) ainsi que la médaille d'argent en sprint. On l’aura compris, Thibault Anselmet est un skieur complet. C’est d’ailleurs ce qu’il a encore démontré fin décembre 2023 sur les derniers championnats de France en remportant toutes les disciplines (sprint, individuel, vertical race et relais mixte). Nous l’avons interviewé hier, mercredi 10 janvier, peu avant le début des championnats d’Europe sprint, afin d’en apprendre davantage sur cette « révélation du ski-alpinisme ».

Thibault Anselmet
(FFME)

À quelques heures du départ du sprint, comment te sens-tu ?

Je me sens bien. Même si le dernier sprint était il y a un petit moment donc on ne sait jamais comment on va être. L’état de forme du jour, on ne le connaît jamais à l’avance mais en tous cas, je pense que ça devrait aller. Je suis en forme, tout va bien. Pas de blessure, pas de maladie. […] J’ai quelques courbatures encore suite à la course de lundi [l’individuelle sur laquelle il a terminé 3e, ndlr] mais je pense avoir bien récupéré. Après, c’est sûr que beaucoup de mes adversaires n’ont pas couru lundi donc ils n’ont surement pas de courbatures, mais ça devrait aller. 

Sur une année, comment structures-tu tes entraînements ?

Déjà, en période estivale, je ne fais pas beaucoup de courses, voire pas du tout. Sinon, je m’entraîne à différentes intensités, de manière assez classique. Et puis après, les compétitions commencent souvent au mois de décembre – cette année c’était fin novembre à Val Thorens. À ce moment-là de la saison, côté entraînement ça va dépendre de l’espace entre les étapes de Coupe du monde. S’il y a beaucoup de temps entre, les entraînements peuvent être intenses. Or si les compétitions s’enchaînent, on va plus faire de la récupération – on continue de s’entraîner, mais ça reste assez facile. 

As-tu déjà essayé de pratiquer deux disciplines, comme le fait actuellement Rémi Bonnet qui mixe, avec succès, le trail l’été et le ski-alpinisme l’hiver ?

Personnellement, je préfère être focalisé sur le ski-alpinisme. Notamment parce que je n’ai pas les capacités que peut avoir Rémi en course à pied. C’est sûr que c’est fort de réussir à enchaîner deux saisons. Mais j’ai trouvé un autre équilibre. Et je ne veux pas changer. 

Est-ce que tu intègres de la préparation mentale dans ton entraînement ?

Je n’en avais jamais fait jusqu’à maintenant. Et depuis peu, j’ai fait quelques séances pour travailler un peu cet aspect-là. C’est venu naturellement. Le but, c’est de renforcer ce que j’ai acquis en course. […] Je n’y vais pas très régulièrement, uniquement quand j’en ressens le besoin. Ça peut m’aider à rebondir ou à consolider ce que j’ai pu faire de positif.

Le ski alpinisme n'est pas forcément une discipline évidente pour un jeune skieur, comment y es-tu arrivé ?

Je viens de Bonneval-sur-Arc, un petit village au fond de la Haute-Maurienne. Et comme tous les jeunes ayant grandi en station, j’ai très tôt commencé à skier. J’ai d’abord fait, pendant pas mal d’années, du ski alpin au ski club local. En parallèle, je voyais mon père faire de la compétition en ski de rando. Il m’a emmené une première fois, ça m’a plu. […] Naturellement, je me suis tourné vers le ski-alpinisme. Quand on est jeune, ce n’est pas un sport facile. C’est dur, ça peut des fois paraitre un peu long. Mais j’ai choisi cette discipline pour le défi, pour sortir du ski alpin que je pratiquais depuis longtemps. Et j’ai retrouvé du plaisir dans un autre sport qui reste quand-même du ski. J’aime aussi pouvoir aller en dehors des pistes de temps en temps.

En compétition, ça a très vite bien marché. Ton entrée sur le circuit élite a été assez remarquée, on disait de toi que tu étais la « révélation du ski-alpinisme ». Comment as-tu fait ta place chez les seniors ?

Dans les catégories jeunes, j’étais loin d’être le meilleur. J’ai d’ailleurs mis du temps à me sélectionner en équipe de France. Mais une fois qualifié, j’ai très vite réussi à faire ma place, si bien que je ne suis jamais ressorti de l’équipe de France. […] Après, j’ai eu l’opportunité d’être professionnel à l’armée de champions. Ça m’a beaucoup aidé aussi. Une fois en senior, j’ai passé un gros cap, en jouant le classement général de la Coupe du monde. Après, c’est sûr que ça m’a donné confiance en mes capacités. Et j’ai réussi à rester au top niveau jusqu’à maintenant. […] À mon avis, c’est dû à mon entourage qui m’aide beaucoup pour être bien dans ma tête, bien dans mon corps. Ça me permet de centrer mon énergie où il faut. Et puis après, que ce soit en compétition ou à l’entraînement, j’essaie toujours de trouver des solutions pour continuer à progresser. Et ne pas prendre de retard sur les adversaires. 

En tant que pro ta vie tourne forcément autour du ski, mais est-ce que tu as d’autres passions ?

On ne skie pas toute la journée. Sinon, ça serait un peu fatigant. On s’entraîne entre 10 et 20 heures par semaine. Et après, c’est sûr que l’on a quand-même un petit peu du temps pour récupérer, histoire d’assimiler au mieux les entraînements. Des étirements, des automassages, voir le kiné, faire des siestes, bien manger. […] Sinon, j’ai des ruches. Et j’aime bien aussi prendre un appareil photo, aller marcher, pas très loin, pas très longtemps. Mais suffisamment pour trouver quelques animaux à prendre en photo. Je suis loin d’être un professionnel, je ne connais pas les termes techniques, tout ça. Mais je m’amuse bien. 

Thibault Anselmet
(ISMF)

Une pratique un peu plus contemplative, à l’opposé de ce que tu fais en compétition… 

Oui, c’est ça. Du coup, ça permet de vraiment se reconnecter à la nature. Aux yeux du grand public, le ski-alpinisme c’est plus du ski de rando, des grands espaces, tout ça. Mais en compétition, ce n’est pas du tout la même chose. C'est de la performance, du haut-niveau. Ce qui est quand-même deux choses différentes, il ne faut pas tout mélanger. Parce que l’arrivée des disciplines olympiques, ça peut faire un peu polémique. […] Mais il faut comprendre que c’est du sport de haut-niveau. Si l’on veut aller faire du vrai ski-alpinisme, on ne met pas simplement un dossard et on part en montagne !

Les Jeux Olympiques, c'est un objectif pour toi ? 

Oui, bien-sûr. Ça va arriver assez vite finalement. Et il n’y a pas beaucoup de places. Donc, je vais donner le maximum pour être sélectionné et aller chercher une médaille aux JO. […] Pour être qualifié, il faudrait sans doute être le meilleur Français en sprint.

L’organisation possible des JO d’hiver dans les Alpes en 2030 fait débat. Qu'en penses-tu ?

Les débats sont beaucoup autour de l’environnement. C’est sûr que c’est un sujet sensible aujourd’hui. Et j’ai pleinement conscience des enjeux écologiques. Après, je pense qu’avoir des JO en France limitera au maximum les nouvelles constructions de bâtiments, on a déjà tout sur place. Il va y avoir un impact écologique, c’est certain. Les gens vont venir, il va y avoir des transports… […] Le sport de haut-niveau, c’est discutable d’un point de vue écologique. Encore que nous, en ski-alpinisme, on ne va pas prendre l’avion cette année. Et l’année dernière, on l’a pris une fois. […] En tant qu’athlètes, on a tous conscience des enjeux écologiques, on fait notre maximum pour faire attention. Ces JO de 2030, je pense que c'est malgré tout une bonne chose pour toutes ces stations de sports d’hiver en France. Ça en ferait une belle vitrine.

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