Plus basse au talon, plus large et désormais équipée d’une mousse en TPU plus dynamique, la Salomon S/Lab Genesis 2 a été entièrement repensée. Elle gagne en stabilité et en réactivité sans perdre ce qui faisait la force de la première version : un excellent ressenti du terrain et une polyvalence rare. Malgré son positionnement très haut de gamme, elle conviendra aussi bien aux meilleurs traileurs qu’aux coureurs moins expérimentés.
En remportant la même année, en 2023, la Western States, la Hardrock 100 et l’UTMB, Courtney Dauwalter a non seulement définitivement marqué l’histoire de l’ultra-trail, mais aussi révélé tout le potentiel de la Salomon S/Lab Genesis. Une chaussure capable d’exceller aussi bien sur les pistes roulantes de Californie que sur les sentiers escarpés du Colorado ou les terrains techniques du massif du Mont-Blanc. La S/Lab Genesis devient alors l’un des modèles les plus recherchés du marché et se retrouve régulièrement en rupture de stock.
Trois ans plus tard, Salomon aurait pu se contenter de quelques ajustements. Mais la marque annécienne a profondément repensé sa chaussure, avec une nouvelle mousse plus dynamique, une tige Matryx plus résistante et une plateforme plus large et moins inclinée. De quoi se demander si Salomon n’en a pas trop fait, au risque de bouleverser un modèle qui fonctionnait déjà particulièrement bien.
En bref
Poids : 266 g (taille 42)
Stack : 31 – 25 mm
Drop : 6 mm
Crampons : 4,5 mm
Prix : 200 €
Les +
Nouvelle mousse en TPU nettement plus dynamique
Excellent ressenti du terrain
Très stable et facile à contrôler
Plateforme plus large
Accroche efficace dans les graviers et sur les terrains meubles
Les –
Environ 14 g de plus que la première version
Pas destinée aux amateurs d’amorti maximal

La première S/Lab Genesis était suffisamment légère et maniable pour évoluer rapidement sur les sentiers techniques, assez basse pour conserver un contact précis avec le terrain et suffisamment protectrice pour les longues distances. À l’heure où les chaussures de trail multiplient les semelles épaisses et les plaques carbone, elle a conservé une construction relativement simple et une plateforme proche du sol.
La principale évolution de cette deuxième version se trouve dans sa semelle intermédiaire à double densité. À l’avant-pied, Salomon remplace l’EVA de la première Genesis par sa nouvelle mousse optiFOAM² à base de TPU. L’EVA reste un matériau léger et amortissant, mais restitue généralement moins d’énergie. Plus proche du caoutchouc, le TPU se montre plus élastique, plus durable et nettement plus dynamique, au prix de quelques grammes supplémentaires. La chaussure est ainsi plus lourde de 14 grammes que la première version. Une différence imperceptible en course, d’autant que la nouvelle mousse donne à la Genesis 2 beaucoup plus de répondant. La semelle intermédiaire se fait rapidement oublier : elle n’est ni trop souple ni trop rebondissante, mais restitue suffisamment d’énergie pour faciliter les relances et maintenir une allure soutenue.
Plus basse, mais surtout plus large
Salomon a également abaissé le talon de 33 à 31 mm, tout en conservant 25 mm de mousse sous l’avant-pied. Le drop passe ainsi de 8 à 6 mm. La différence peut sembler minime sur le papier, mais l’ensemble contribue à donner une plateforme plus large et un comportement plus naturel à la chaussure. Salomon annonce une surface de contact avec le sol supérieure de 23 % à celle de la première S/Lab Genesis. Sur les sentiers sinueux, les dévers et les descentes qui imposent de changer rapidement de trajectoire, cette assise élargie apporte une stabilité immédiatement perceptible. La chaussure se montre particulièrement facile à manœuvrer et ne donne jamais l’impression de basculer sur le côté.
Après nos derniers tests de modèles très amortis, dont l’Asics Metafuji Trail 2 et ses 41,5 mm de mousse au talon, le stack modéré de la Genesis 2 procure une sensation presque minimaliste. Le pied reste connecté au terrain et perçoit précisément les appuis, sans que l’amorti paraisse sec ou inconfortable. Cette proximité avec le sol permet de courir rapidement sur les sentiers étroits et sinueux avec la sensation de toujours maîtriser sa trajectoire.
Pourquoi Salomon se passe toujours de plaque carbone
Alors que la plupart des chaussures de compétition intègrent une plaque carbone, Salomon continue de suivre une autre voie. La S/Lab Genesis 2 ne possède donc ni plaque carbone ni structure rigide destinée à accentuer la propulsion. Un choix que la marque appuie sur ses propres recherches.
Deux chercheurs de Salomon, Clément Jaboulay et Marlène Giandolini, ont étudié les effets d’une rigidité accrue de la semelle sur l’économie de course en montée et sur terrain irrégulier. Leurs résultats n’ont montré aucun avantage métabolique sur terrain plat à allure modérée. En montée, la chaussure équipée d’une plaque entraînait même une dépense énergétique supérieure d’environ 2 %. L’étude ne portait que sur un petit nombre de coureurs et a été financée par Salomon, mais elle soulève une véritable question sur l’intérêt des plaques carbone lorsque la vitesse diminue et que le terrain devient irrégulier.
Sur le terrain, l’absence de plaque contribue surtout à la souplesse de l’avant-pied. Dans les montées, la semelle fléchit avec le pied au moment de la poussée, au lieu de contraindre son mouvement. Le déroulé paraît naturel et permet de mobiliser plus facilement l’avant-pied à chaque foulée. La Genesis 2 conserve ainsi suffisamment de dynamisme pour courir vite sans imposer la rigidité caractéristique de nombreuses supershoes.
Salomon a néanmoins retravaillé son activeCHASSIS, une pièce en plastique ferme placée sur le côté extérieur du talon. Plus légère et plus rigide que sur la première version, elle vient stabiliser l’arrière du pied et guider les appuis. Son action reste particulièrement discrète. Elle travaille avec la plateforme élargie et les parois de la semelle intermédiaire pour apporter du maintien, sans limiter les mouvements naturels du pied.
Une accroche plus convaincante
L’adhérence était le point faible de la première S/Lab Genesis, notamment sur la roche humide. Les conditions du test n’ont pas permis de vérifier les progrès annoncés sur les surfaces humides, mais la nouvelle semelle All Terrain contaGRIP et ses crampons de 4,5 mm se sont montrés particulièrement efficaces sur les terrains meubles. Même dans les montées recouvertes de petites pierres, la chaussure ne donne jamais l’impression de patiner. La flexibilité de l’avant-pied permet aux crampons de mordre dans le sol et de conserver leur accroche jusqu’à la fin de la poussée.
La tige utilise désormais un textile Matryx Micro, présenté par Salomon comme plus résistant que le Matryx de la première version. La durée de l’essai ne permet pas encore de juger sa longévité, mais l’ensemble paraît robuste tout en restant suffisamment souple pour accompagner les mouvements du pied. Le collier forme une bordure douce et extensible autour de la cheville, tandis qu’une petite poche permet de ranger le cordon du système Quicklace. Ce laçage rapide peut parfois créer une pression désagréable sur le dessus du pied. Ici, la languette suffisamment rembourrée répartit efficacement le serrage et évite que le cordon ne s’enfonce dans le cou-de-pied. Le maintien reste précis sans devenir contraignant.
Le chaussant paraît légèrement plus grand que la pointure annoncée. Sur un pied de largeur moyenne, la boîte à orteils laisse beaucoup d’espace. Les chaussures destinées à courir vite privilégient généralement un ajustement plus serré, mais ce volume supplémentaire ne provoque aucun mouvement parasite. Le pied reste bien verrouillé au talon et au médio-pied, tandis que les orteils disposent de suffisamment de place pour bouger.
À quels coureurs s’adresse la Salomon S/Lab Genesis 2 ?
Les chaussures développées pour les athlètes de haut niveau sont rarement conseillées aux débutants. Leur rigidité, leur géométrie agressive ou leur manque de stabilité exigent souvent une foulée efficace et de solides appuis. La S/Lab Genesis 2 fait exception. Malgré le label S/Lab, qui désigne les produits les plus pointus de Salomon, elle fonctionne aussi bien comme chaussure de compétition que comme modèle d’entraînement. Sa stabilité et sa souplesse lui permettent de s’adapter à des foulées très différentes, tandis que son dynamisme et sa précision répondent aux attentes des coureurs les plus rapides.
Seuls ceux qui apprécient un amorti maximal risquent de la trouver trop proche du sol. Pour tous les autres, quel que soit leur niveau, la S/Lab Genesis 2 offre un équilibre particulièrement réussi entre confort, stabilité, accroche et ressenti du terrain. Elle peut courir vite sur les sentiers roulants, conserver de la précision dans les passages techniques et accompagner de très longues distances sans imposer une manière particulière de poser le pied. Peu de chaussures de trail se montrent aussi polyvalentes.
Salomon Genesis 2 ou S/Lab Genesis 2 ?
La Genesis 2 classique conserve une semelle intermédiaire principalement composée d’EVA, là où la S/Lab utilise du TPU à l’avant-pied. Cette dernière offre donc davantage de rebond et un meilleur retour d’énergie. La Genesis 2 possède également 2 mm de mousse supplémentaires au talon et un drop de 8 mm, contre 6 mm pour la S/Lab.
La différence de prix atteint 50 euros : 150 euros pour la Genesis 2, contre 200 euros pour la S/Lab Genesis 2. Un investissement supplémentaire qui ne paraît pas indispensable pour débuter. Les coureurs intermédiaires et expérimentés percevront en revanche nettement le gain de dynamisme. Plus basse, plus maniable et plus réactive, la S/Lab Genesis 2 transforme une chaussure déjà très polyvalente en l’un des modèles les plus aboutis de l’année.
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