Plus basse, plus large et beaucoup plus stable que la première version, l’Asics Metafuji Trail 2 a été entièrement repensée. Déjà victorieuse aux pieds de Tom Evans sur l’UTMB 2025, cette chaussure à plaque carbone se montre rapide, dynamique et désormais suffisamment précise pour s’aventurer au-delà des sentiers les plus roulants. À condition de maîtriser ses 41,5 mm de mousse.
Sept ans après la troisième victoire de Xavier Thévenard, Asics renoue avec le succès à Chamonix et signe même un doublé. En août 2025, Tom Evans remporte l’UTMB devant Ben Dhiman. Tous deux portent le même modèle : un prototype de la Metafuji Trail 2. La première version était pourtant loin d’avoir convaincu. Sa plaque carbone rigide et son épaisse couche de mousse très souple lui apportaient le dynamisme d’une supershoe de route, mais aussi une instabilité difficilement compatible avec les terrains techniques. Lors de notre essai, notre testeur s’était foulé la cheville dès la première sortie. Le test s’était arrêté là.
Quelques ajustements n’auraient donc pas suffi. Asics a entièrement revu sa géométrie, ses mousses, sa plaque carbone et son maintien. La Metafuji Trail 2 conserve la vitesse de la première version, mais gagne considérablement en stabilité et devient enfin une véritable chaussure de trail.
En bref
Poids : 255 g
Stack : 41,5 – 36,5 mm
Drop : 5 mm
Prix : 250 €
Les +
Beaucoup plus stable que la première version
Foulée ferme, vive et très dynamique
Excellent maintien du pied
Laçage rapide particulièrement efficace
Les –
Un stack encore très élevé
Difficile à enfiler
Pas destinée aux débutants

La première Metafuji Trail ressemblait à une supershoe de route sous laquelle Asics aurait simplement ajouté une semelle extérieure crantée. Sa plaque en carbone rigide sur toute la longueur et son épaisse couche de mousse très souple devenaient difficiles à contrôler dans les dévers et sur les terrains techniques. Près de deux ans plus tard, Asics a entièrement reconstruit son modèle de compétition. La Metafuji Trail 2 ne se contente pas de corriger quelques défauts : elle n’a plus rien à voir la première itération.
La tige Motion Wrap utilise un mesh technique dense et résistant. Un collier bas, souple et extensible vient entourer la cheville pour empêcher la terre et les petits débris de pénétrer dans la chaussure. L’ensemble demande toutefois quelques efforts à l’enfilage, d’autant qu’Asics n’a prévu aucune tirette. Le chaussant est ajusté au talon et au médio-pied, avec suffisamment d’espace à l’avant pour permettre aux orteils de bouger. Le pied reste précisément verrouillé, sans sensation de compression excessive.
Asics remplace les lacets traditionnels par son système Speed Lace. Le cordon traverse cinq passants textiles disposés de chaque côté d’un panneau extensible et légèrement rembourré, qui tient lieu de languette. Une petite poche intégrée au collier permet ensuite de ranger les lacets. Les systèmes de laçage rapide peinent souvent à offrir la même précision que le Boa ou le Quicklace de Salomon. Celui-ci fait exception. Le serrage est simple, homogène et suffisamment ferme pour empêcher le pied de bouger, sans créer de point de pression.
Une stabilité retrouvée
Notre première sortie s’est déroulée sur des sentiers secs, avec de nombreux virages, quelques montées et de longues portions en dévers. Ce type de terrain avait immédiatement révélé les défauts de la première Metafuji. Cette fois, la chaussure se montre beaucoup plus stable, plus fluide et plus facile à contrôler. Sa nouvelle semelle intermédiaire associe deux mousses. Directement sous le pied, la FF Leap à base d’A-TPU est la mousse la plus légère et la plus dynamique développée par Asics. Elle repose sur une couche de FF Blast Plus à base d’EVA, plus ferme et plus résistante.
Cette seconde mousse remonte de chaque côté du médio-pied afin de mieux contenir le pied et de limiter les mouvements latéraux. Asics a également réduit le stack de 3 mm, passant de 44,5 – 39,5 mm à 41,5 – 36,5 mm. La chaussure reste très haute, mais sa plateforme élargie à l’avant-pied et ses parois latérales plus marquées lui donnent une assise nettement plus sûre.
Une nouvelle plaque carbone en forme de X
Entre les deux couches de mousse se trouve une plaque en carbone entièrement redessinée. Sa forme en X diffère des plaques rigides et continues généralement utilisées dans les supershoes de route. Elle apporte de la propulsion tout en laissant davantage de liberté aux différentes parties du pied lorsque le terrain devient irrégulier. L’association de cette nouvelle plaque, d’un stack légèrement réduit et d’une base plus large rend la chaussure beaucoup plus agile que la première version. La différence est particulièrement sensible dans les dévers et lorsque les appuis ne se posent pas parfaitement à plat.
Les supershoes de route Asics se distinguent généralement par des mousses extrêmement souples. La Metafuji Trail 2 offre une sensation différente. L’amorti paraît relativement ferme, mais restitue immédiatement l’énergie. Le pied ne s’enfonce pas dans la semelle : celle-ci se comprime rapidement avant de repartir avec vigueur. Cette fermeté évite la sensation d’instabilité parfois provoquée par les mousses très souples. Elle permet également à la chaussure de conserver un déroulé fluide sur les courtes portions de bitume.
La semelle extérieure ASICSGRIP et ses crampons de 3,5 mm se sont montrés efficaces sur les sentiers secs, sablonneux ou légèrement meubles. Sur sol plus technique, elle rest efficace au milieu des pierres et des racines, mais son stack de 41,5 mm réclame toujours de bons appuis. Les coureurs peu stables ou peu habitués aux chaussures aussi hautes pourraient encore la trouver difficile à contrôler.
À quels coureurs s’adresse l’Asics Metafuji Trail 2 ?
Avec la Metafuji Trail 2, Asics devient enfin un concurrent crédible parmi les supershoes de trail. La chaussure est légère, dynamique et capable de verrouiller précisément le pied. Elle exprime surtout son potentiel sur les sentiers roulants ou modérément techniques, lorsqu’il faut maintenir une allure élevée pendant plusieurs heures. Son comportement très orienté vers la vitesse et son stack important ne la destinent pas aux débutants. Il s’agit avant tout d’une chaussure de compétition, conçue pour les coureurs expérimentés qui cherchent la vitesse, du trail court jusqu’à l’ultra.
La victoire de Tom Evans sur l’UTMB démontre qu’elle peut aller très loin et affronter des terrains exigeants entre les pieds d’un athlète particulièrement stable. Pour la majorité des coureurs, elle trouvera néanmoins son meilleur terrain d’expression sur des parcours rapides, peu boueux et pas excessivement techniques. Asics n’a pas seulement amélioré la première Metafuji Trail. La marque en a conservé la vitesse et le dynamisme, tout en corrigeant suffisamment son manque de stabilité pour en faire une véritable chaussure de compétition. À 250 euros, elle s’adresse à un public restreint. Mais cette fois, son niveau de performance justifie sa place parmi les meilleures supershoes de trail.
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