Depuis son apparition en 2022, les différentes versions de la Tecton X ont accompagné les victoires de Jim Walmsley et Vincent Bouillard à l’UTMB et à la Western States, mais aussi celles de Ludovic Pommeret au Hardrock 100 et de Hayden Hawks sur la CCC. Dernière héritière de cette lignée, la Tecton X 4 entend prolonger une série que peu de chaussures de trail peuvent revendiquer. Retour sur une success story écrite en à peine quatre ans.
En septembre 2023, Jim Walmsley remporte l’UTMB avec aux pieds une mystérieuse paire noire. Le modèle n’a pas encore de nom officiel et n’apparaît dans aucun catalogue. Ce prototype deviendra quelques mois plus tard la Tecton X 2.5, une chaussure produite à seulement 100 exemplaires. Avant cette commercialisation confidentielle, elle a déjà battu le record de l’épreuve. La saison suivante, Walmsley gagne la Western States, Ludovic Pommeret s’impose sur le Hardrock 100, Vincent Bouillard crée la surprise à l’UTMB et Hayden Hawks remporte la CCC. Tous portent alors une Tecton X 2.5. En juin 2026, Bouillard ajoute une nouvelle Western States au palmarès de la lignée, assortie cette fois du record du parcours, avec aux pieds un prototype de la future Tecton X 4.
Depuis la première version, les prototypes sont éprouvés sur les courses les plus exigeantes, ajustés à partir des retours des athlètes, puis transformés en modèles de série. Chaque génération nourrit la suivante. Ce processus associe chefs de produit, ingénieurs, designers et athlètes. Pour comprendre comment la Tecton X s’est installée sur les podiums, il faut revenir à la genèse du projet et à la question qui l’a fait naître : comment améliorer la propulsion et l’efficacité de la foulée sur les longues distances tout en gardant la confiance nécessaire pour s’engager pleinement dans ses appuis sur un terrain technique ? « L’ambition n’était pas simplement de fabriquer une chaussure plus rapide, mais de repenser ce que pouvait être une chaussure de trail de haute performance », résume Bekah Broe, directrice produit chez HOKA. Pour résoudre cette équation, la marque va s’appuyer sur une technologie qui bouleverse alors la course sur route : la plaque carbone. Reste à l’adapter aux conditions beaucoup plus imprévisibles du trail.

Deux plaques pour résoudre le problème du carbone
Sur la route, la plaque carbone évolue dans un environnement relativement prévisible. Elle rigidifie la semelle, limite les déperditions d’énergie et accompagne le déroulé du pied vers l’avant. En trail, la chaussure doit continuer à propulser, mais aussi absorber les mouvements latéraux, épouser les irrégularités du terrain et rester stable lorsque le pied se pose sur une pierre, une racine ou un dévers. Une plaque unique, trop rigide, peut alors rendre la chaussure difficile à contrôler. Pour résoudre le problème, HOKA choisit de la diviser en deux lames parallèles qui s’étendent dans le sens de la longueur. Chacune peut se déformer avec une certaine indépendance, afin de conserver la propulsion sans empêcher le pied de s’adapter au terrain. Le nom « Tecton » vient de cette architecture inspirée des plaques tectoniques.
Commercialisée au printemps 2022, la première Tecton X devient la première chaussure de trail à plaques carbone de HOKA. Les deux lames sont insérées entre deux couches de mousse de densités différentes : la première privilégie l’amorti, la seconde le dynamisme. Le tout repose sur une semelle Vibram Megagrip Litebase chargée d’apporter l’adhérence nécessaire sans alourdir l’ensemble. Cette première version fixe les principes que les suivantes ne cesseront d’affiner : deux plaques parallèles, une semelle généreuse et la recherche permanente d’un équilibre entre efficacité et contrôle.

La Tecton X 2 corrige le haut, pas le fond
Lorsqu’elle arrive en 2023, la Tecton X 2 conserve les plaques, les mousses et la semelle extérieure de la première itération. Les principales modifications se concentrent sur l’empeigne. Le mesh laisse place au Matryx, un textile tissé à partir de fils enduits, plus léger, résistant et peu sensible à l’humidité. Le laçage est raccourci, le maintien renforcé et la languette mieux stabilisée. Des changements moins spectaculaires qu’une nouvelle mousse ou qu’une plaque redessinée, mais essentiels sur un ultra, où quelques millimètres de jeu autour du pied peuvent finir par provoquer échauffements, ampoules ou perte de précision. La Tecton X 2 affine donc la formule sans toucher à son architecture. La véritable rupture viendra quelques mois plus tard, avec une version qui n’était initialement pas destinée au grand public : la Tecton X 2.5.

La Tecton X 2.5, le prototype devenu une édition limitée
La Tecton X 2.5 conserve le principe des deux plaques parallèles, mais remplace les mousses en EVA des premières versions par deux couches de PEBA, un matériau plus léger et plus réactif. Une guêtre intégrée prolonge l’empeigne, des lacets rapides facilitent l’ajustement et les crampons gagnent en profondeur. La semelle atteint 44 millimètres au talon et 39 à l’avant, tandis que le poids reste contenu autour de 264 grammes en taille 42 2/3.
Après la victoire de Jim Walmsley à l’UTMB en 2023, HOKA prend la décision inhabituelle de commercialiser ce modèle jusque-là réservé à ses athlètes. En juin 2024, seulement 100 paires sont proposées à 300 dollars à l’occasion de la Western States. La Tecton X 2.5 devient ainsi le chaînon entre le prototype victorieux de Walmsley et la future Tecton X 3 destinée au grand public.




La compétition comme juge de paix
Les essais en laboratoire permettent de mesurer le retour d’énergie d’une mousse, la rigidité d’une plaque ou la résistance d’un textile. Ils ne reproduisent pas totalement ce qui se passe après dix ou quinze heures de course, lorsque la fatigue altère la posture et la précision des appuis. « Certains des retours les plus précieux ne viennent pas d’un commentaire isolé, mais de thèmes récurrents que nous entendons après avoir soumis la chaussure à des courses exigeantes en conditions réelles », explique Bekah Broe. Les athlètes permettent notamment de comprendre si la chaussure reste stable en fin de course, si son ajustement évolue avec le gonflement du pied ou si son adhérence demeure suffisante lorsque les conditions se dégradent.
L’UTMB, la Western States et le Hardrock 100 ne servent donc pas seulement de vitrines. Chacune met la chaussure à l’épreuve sur des profils et des terrains différents. Réussir sur plusieurs de ces courses permet de valider le modèle dans son ensemble. Les difficultés rencontrées sont tout aussi utiles. Elles font apparaître des faiblesses que l’entraînement et les tests en laboratoire ne révèlent pas toujours.

Avec la Tecton X 3, le prototype devient un produit de série
Lancée en août 2024, la Tecton X 3 transfère l’essentiel des enseignements de la Tecton X 2.5 vers un modèle destiné au grand public. La double couche de PEBA remplace définitivement la construction en EVA des deux premières générations. Les plaques parallèles s’élargissent et remontent légèrement sur les côtés sous la forme d’ailettes, afin d’améliorer le contrôle latéral. La guêtre intégrée empêche les petits débris de pénétrer dans la chaussure, tandis que la semelle extérieure gagne en couverture et adopte une disposition de crampons plus agressive. La X 3 cherche à conserver les sensations de la 2.5 tout en les rendant accessibles à davantage de coureurs.

Tecton X 4, l’héritière
Quatre ans après la première version, la Tecton X 4 rassemble tout ce que HOKA a appris au fil des générations. L’objectif, explique Bekah Broe, n’est pas de réinventer le concept, mais de le pousser plus loin. Les deux couches de PEBA et les plaques parallèles demeurent, réunies au sein de ce que la marque appelle désormais la plateforme PROFLY X. La structure des plaques a été ajustée pour améliorer la propulsion, tandis que la géométrie MetaRocker accompagne le déroulé du pied de la réception jusqu’à la poussée.
L’empeigne adopte un mesh Matryx Micro plus fin et plus respirant, tout en conservant ses propriétés hydrophobes. La guêtre reste présente, mais le système de laçage évolue avec une option de verrouillage supplémentaire destinée à mieux maintenir le pied. Les crampons de quatre millimètres reposent sur une semelle Vibram Megagrip Litebase, conçue pour réduire le poids sans sacrifier l’adhérence. HOKA annonce 275 grammes en pointure 44 pour le modèle homme et 234 grammes en pointure 40 pour le modèle femme. La semelle atteint 40 millimètres au talon et 35 à l’avant chez les hommes, contre 39 et 34 millimètres chez les femmes. Le drop reste fixé à cinq millimètres. Vendue 250 euros à partir du 20 août, la X 4 est présentée comme la Tecton X la plus légère à ce jour.
En quatre générations, la Tecton X a contribué à installer HOKA au plus haut niveau. Mais ce succès reste avant tout collectif. « Un produit comme celui-ci n’est jamais l’œuvre d’une seule personne. Il résulte du travail d’ingénieurs, de designers, de développeurs produit, d’athlètes et de nombreuses autres personnes qui se poussent continuellement à faire mieux pour le coureur », insiste Bekah Broe. Cette méthode a permis à HOKA de faire évoluer rapidement la Tecton X sans abandonner son architecture d’origine. La X 4 est le résultat de cette progression. Avant même son arrivée en magasin, Vincent Bouillard avait déjà remporté la Western States et battu le record du parcours avec l’un de ses premiers prototypes.



Pour en savoir plus sur la Tecton X 4, visitez www.hoka.com.
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