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Clare Gallagher en pleine montagne
  • Aventure
  • Trail Running

Clare Gallagher : « l’écologie m’a amenée à l’ultra-trail »

  • 3 mai 2019
  • 3 minutes

La rédaction Outside.fr Simon Dugué Féru de trail running, Simon a rejoint la rédaction d'Outside en tant que stagiaire puis pigiste.

Si vous connaissez Clare Gallagher, c’est sans doute pour ses exploits sur les sentiers. Mais l’ultra traileuse américaine, vainqueure entre autres de la CCC en 2017, se décrit avant tout comme une militante écologiste. Nous l'avons rencontrée dans le cadre d’une conférence au titre ambitieux : “Et si le running pouvait contribuer à sauver la planète ?”.

Lyon, jeudi 2 mai : l’une des étapes de la tournée européenne de Clare Gallagher. L'athlète nous rejoint dans un café du centre-ville où se tiendra la conférence ce soir. Tout juste rentrée d’une petite sortie à Fourvière, le spot préféré des traileurs lyonnais, elle en profite pour visiter la ville en courant. “La vue est vraiment chouette là-haut”.
Amsterdam la veille, Chamonix le lendemain, l’ultra traileuse est en Europe pour parler de son engagement pour la planète, en lien avec son sport. 

Militante et traileuse

Clare Gallagher a découvert le trail en 2014, au cours d’un voyage en Thaïlande. “Je faisais de la piste jusqu’à l’université, mais je commençais à me lasser de tourner en rond.” Et tant qu’à découvrir cette nouvelle discipline, autant ne pas faire les choses à moitié : “J’étais dans la région du Triangle d’Or, à la frontière avec le Laos. On m’a parlé d’une course de 80km, ça me paraissait infaisable. Mais sans trop réfléchir, je me suis lancée.”

Clare Gallagher
(Clare Gallagher)

Avant de tomber dans l’ultra et de s’y consacrer pleinement, Clare étudiait la biologie et plus particulièrement la dégradation des récifs coralliens à l’Université de Princeton. Son intérêt pour la cause environnementale n’est pas nouvelle. “On fait souvent le rapprochement entre écologie et trail running. Ça fait sens évidemment, mais c’est souvent par le trail qu’on s’intéresse à l’environnement. Chez moi, c’est l’inverse”. 

Le déclencheur: la Leadville 100

Après sa première expérience en Thaïlande, l'athlète n’a plus quitté les sentiers. Lors de sa première grande course en 2016, à la Leadville 100, elle explose sur la planète trail. Elle boucle l’épreuve en 19h, établissant ainsi le deuxième temps féminin de l’histoire “Je ne m’attendais pas à réaliser une telle course. C’était vraiment une surprise, et ça m’a permis de me faire connaître”.

La même année, Donald Trump quitte l’Accord de Paris, “une décision incompréhensible”, pour l’Américaine. “J’ai pris conscience après la Leadville que la performance me permettait d’être entendue. Je pouvais utiliser le trail comme un moyen de défendre des causes qui me tenaient à coeur”.

Moins 90% d'émission de CO2 d'ici 2050

Après un passage chez The North Face, Clare Gallagher est approchée par Patagonia. Elle n’hésite pas vraiment : “J’ai gardé de très bons rapports avec les équipes de The North Face, mais rejoindre Patagonia me semblait mieux correspondre à mes convictions. Je connaissais leurs engagements, je savais que je pourrais trouver des personnes réceptives aux combats que je mène.” 

Clare s’est récemment rendue devant les parlementaires du Colorado, l’État où elle réside, pour apporter son soutien à un projet de loi visant à réduire de 90% les émissions de CO2 d’ici 2050. La loi vient d’être adoptée le 1er mai, “c’est une super nouvelle qui prouve que l’on peut remporter des batailles. Mais il en reste beaucoup d’autres.” 

Pour poursuivre son engagement, Clare Gallagher s’est rapprochée d’une ONG, Protect Our Winter. Fondée en 2007 par le snowboarder Jeremy Jones, POW mène diverses actions pour défendre le climat. “En tant qu’athlète, on sait que notre voix peut être entendue, il faut en profiter.” Par ailleurs, l’ultra traileuse est aussi au coeur du projet Running up for Air, lancé par son partenaire Patagonia : “Son objectif est d’alerter sur la pollution de l’air. C’est une problématique qui touche tout le monde, pas simplement les coureurs.” Une première édition française se déroulera demain, le 4 mai, à Chamonix.

Des courses annulées par les incendies

En cinq ans, Clare a vu sa pratique du trail directement impactée par le changement climatique. Une raison supplémentaire de continuer son combat : “En 2018, deux courses sur lesquelles j’étais inscrite, Sean O’Brien 100k et TNF Endurance Challenge 50, ont été annulées.”Ces deux évènements californiens n’ont pu se dérouler du fait des violents incendies qui ont frappé l’ouest des États-Unis. “En tant qu’athlètes, on a été directement affectés. Mais c’est surtout en tant que militante que j’ai été touchée. On ne peut pas regarder ces drames sans rien faire.”

Si Clare Gallagher utilise son sport comme moyen de poursuivre son activisme, elle reconnaît volontiers que le trail running a aussi un impact sur l’environnement. “Ma pratique  m’amène à voyager, mais j’essaye de réduire au maximum mes voyages en avion désormais”. Avant de conclure, “prendre l’avion pour défendre ce genre de cause peut paraître contradictoire. Je pense au contraire que s’il y a bien une raison valable de voyager, c’est celle-ci.”

"Takayna", film produit par Patagonia, était projeté hier dans le cadre de la conférence de Clare Gallagher.
Découvrez en intégralité l’histoire de cette autre militante écologiste, traileuse elle aussi, en lutte contre la déforestation en Tasmanie.

https://www.youtube.com/watch?v=MHdE2YCRjck&t=503s

Sur le même sujet, voici également notre article : L'air d'Annecy, capitale de l'outdoor, n'est toujours pas respirable

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