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Benoit Outters en plein vol sur la X-Alps 2017
  • Aventure

Redbull X-Alps : courir ou voler, pourquoi choisir ?

  • 15 juin 2019
  • 8 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Dimanche 16 juin, 32 athlètes s’élanceront sur cette épreuve atypique mêlant trail et parapente. 1100 km entre Salzbourg en Autriche et Monaco, traversant les Alpes en passant par ses sommets les plus mythiques. Quatre Français prendront part à cette aventure ainsi que le tenant du titre suisse, grand favori de l’épreuve. A quelques heures du départ, interviews express.

Créée en 2003, l'X-Alps ne cesse de faire des émules. Pas moins de quatorze nouveaux concurrents découvriront l’épreuve cette année. Le principe est simple : rejoindre le plus vite possible les treize points de passage à la force des jambes ou, si les conditions de vent le permettent, par les airs. Cette 9e édition s’annonce encore plus spectaculaire et ardue que les précédentes du fait de la neige, encore abondante sur le parcours.

Le parcours de la Redbull X-Alps 2019
13 points de passage obligatoire, 6 pays traversés, des sommets mythiques, la X-Alps est une vraie aventure.

Préparation, gestion de l’effort, travail d’équipe, nous avons abordé tous ces thèmes avec les quatre Français qui participeront cette année, ainsi qu'avec Christian Maurer, le favori suisse.

Benoit Outters : l’outsider

Benoit Outters sur la X-Alps 2017
Pompier, cet ultra runner de 29 ans se passionne pour le parapente depuis six ans. (Redbull)

2e pour sa première participation en 2017, il avait été la belle surprise finissant à 2h à peine du vainqueur, en un peu plus de 11 jours. Il revient sur cette 9e édition pour tenter de faire encore mieux.

Comment se prépare-t-on pour une telle course ? Faut-il plutôt privilégier la condition physique pour être performant en trail ? Le vol en parapente ?
Dans les compétitions de hike & fly il faut être complet. La condition physique est très importante, mais la course se gagne en vol. La préparation comprend donc cet aspect physique mais aussi de nombreuses heures de vols. Une fois le parcours annoncé, il faut aussi travailler sur les cartes, envisager toutes les options pour être prêt à toutes les éventualités le jour J. 

Pour aller au bout de cette aventure, quelle est l’importance du « supporter » ?
C'est l'équipe qui fait notre force. On doit pouvoir faire confiance à 100% à nos supporters. Il sont là pour gérer la logistique, les ravitaillements mais aussi nous tenir au courant des dernières prévisions météo, anticiper nos décisions, prévoir la stratégie à adopter.

Comment gérez-vous votre effort ? Le parapente permet-il de récupérer des sections trail ?
Dans la gestion de l'effort, les deux paramètres fondamentaux sont de s'alimenter correctement et d'optimiser au maximum les temps de repos /récupération. Le vol permet de moins se fatiguer physiquement mais on y accumule beaucoup de fatigue nerveuse. 

En matière d’alimentation et de ravitaillement, quelle est votre organisation ? L’épreuve durant plus de dix jours, essayez-vous d’avoir de vrais repas ?
J'ai participé à de nombreux ultra trails, mais sur une hike & fly l'alimentation ce gère différemment. Sur dix jours de course il faut réussir à diversifier son alimentation, même si elle est à 80% basée sur des glucides et des protéines. On ne fait pas vraiment de vrais repas, mais on s' alimente régulièrement tout au long de la journée. 

Gaspard Petiot : la revanche

Prof à la faculté de Lyon, Gaspard, 38 ans, s'adonne au parapente depuis dix ans. Il est aussi guide de haute montagne. (Redbull)

Longtemps second il y a deux ans, il avait finalement été contraint à l’abandon, du fait d’une blessure à moins de 400km de l’arrivée. Il aura à coeur d’oublier cette mésaventure.

Comment se prépare-t-on pour une telle course ? Faut-il plutôt privilégier la condition physique pour être performant en trail ? Le vol en parapente ?
 Cette course est une épreuve qui fait intervenir une multitude de paramètres. Les capacités de vol de distance et les capacités physiques sont indispensables, mais la gestion de la météo, de la logistique au sol, les choix tactiques, le repérage du terrain sont d'autres curseurs tout aussi importants

Pour aller au bout de cette aventure, quelle est l’importance du « supporter » ?
Le rôle du supporter est énorme. Il doit ravitailler le coureur en nourriture, checker la météo, recharger les instruments électroniques, apporter du matériel spécifique si besoin, faire le lien avec la direction de course. Il est important de bien se connaître. Ce travail de préparation prend huit mois. 

Comment gérez-vous votre effort ? Le parapente permet-il de récupérer des sections trail ?
La gestion de l'effort est capitale. En effet les sections de vol soulagent les articulations et permettent de récupérer. L'idée est d'être capable d'alterner, car les journées de courses sont de dix-sept heures. Certains athlètes peuvent courir dix heures d'affilée et d'autre pas, mais il est possible de compenser avec de la réflexion sur la stratégie.

En matière d’alimentation et de ravitaillement, quelle est votre organisation ? L’épreuve durant plus de dix jours, essayez-vous d’avoir de vrais repas ?
L'alimentation doit être complète, sans oublier les protéines et le gras que les sportifs n'aiment pas trop. Pour nous, ce sont des repas complets toutes les deux heures.

Antoine Girard : l'expérience

Antoine Girard
Passionné de parapente depuis douze, ce prof de 40 ans compte déjà plusieurs expéditions dans l'Himalaya
à son actif (Redbull)

Ce sera déjà sa troisième participation. 4e en 2015, blessé en 2017 il n’avait pas pu finir. Il connaît bien les pièges à éviter et cherchera à atteindre Monaco cette année.

Comment se prépare-t-on pour une telle course ? Faut-il plutôt privilégier la condition physique pour être performant en trail ? Le vol en parapente ?
La course ne se prépare pas du jour au lendemain, il y beaucoup de paramètres à gérer. Le principal est de savoir bien voler dans toutes les conditions. La course se gagne par le biais du vol. La préparation physique est certes indispensable mais elle permet juste de ne pas perdre de temps sur les autres ! A pied, il est possible de grappiller uniquement quelques kilomètres alors qu’en vol il est possible d’en gagner plusieurs dizaines. La préparation et les décisions de l’équipe sont aussi importantes, un mauvais choix peut rapidement faire perdre plusieurs heures … comme les gagner! Sans hésiter il faut privilégier la préparation de la partie en vol.

Pour aller au bout de cette aventure, quelle est l’importance du « supporter » ?
Comme dans beaucoup de courses, on ne voit que le sommet de l’iceberg représenté par l’athlète, mais l’équipe fait le plus gros du travail, le pilote n’est presque qu’une marionnette. Comme en Formule 1, c’est la meilleure équipe qui gagne! L’équipe se compose rarement d’un pilote et d’un seul supporter comme voudrait le faire croire la communication autour de la course. Son rôle est large. Il va du ravitaillement en nourriture à la logistique pour dormir en van/tentes. Sans parler de la présentation des choix possibles pour la journée, en vol et à pied en fonction de la météo, ou encore de l’assistance sur le terrain dans les zones dangereuses. L’équipe est aussi constituée d’une aide en France derrière son ordinateur 18h par jour pour les choix stratégiques. La nôtre est constituée de cinq personnes, un athlète, trois supporters présents sur le terrain et un à distance. La confiance doit être totale entre nous, car l’athlète seul ne peut pas contrôler et valider chaque choix.

Comment gérez-vous votre effort ? Le parapente permet-il de récupérer des sections trail ?
L’effort est long, environ douze jours. Il faut maintenir le rythme sur la durée. Personnellement j’arrive à gérer mon effort pour avoir une vitesse constante du début à la fin de la course. Du coup je suis plutôt lent en comparaison avec les autres en début de course, et rapide en fin ! Il en va de même sur l’effort d’une journée. Une journée où l'on peut bien voler permet de récupérer un peu au niveau musculaire, mais pas du tout au niveau de la fatigue générale ! Voler demande beaucoup d’énergie, il faut rester très concentré toute la journée pour ne pas commettre d’erreur de choix et pour le piloter dans des conditions parfois limites.

Maxime Pinot : une première

En matière d’alimentation et de ravitaillement, quelle est votre organisation ? L’épreuve durant plus de dix jours, essayez-vous d’avoir de vrais repas ?
La course suppose une dépense énergétique importante. Je m’alimente autant que possible à base de féculents et de protéines (des pâte/pain et du fromage/charcuterie) A partir du jour 3 j’essaie d’augmenter au maximum les lipides, mais ce n’est pas facile car je n’en mange pas de manière habituelle. Je mange entre 150 et 200 g de ration toutes les 2h, de 5h à 22h30. Je m’arrête rarement pour manger, je profite des replats ou descentes pour avaler une ration. J’ai fait le choix d’aller plus doucement avec moins de pause.

Maxime Pinot
A neuf ans, il faisait son premier vol en tandem avec son père. Maxime Pinot en a aujourd'hui 28 et un palmarès impressionnant. (Redbull)

Grand parapentiste, champion du monde de la discipline en 2014, il tâchera de mettre à profit ces qualités dans les airs pour avancer le plus vite possible.

Comment se prépare-t-on pour une telle course ? Faut-il plutôt privilégier la condition physique pour être performant en trail ? Le vol en parapente ?
Tout compte, mais c’est une course qui va se gagner en parapente. Il faut être un très bon parapentiste, sans négliger bien sûr la partie physique.

Pour aller au bout de cette aventure, quelle est l’importance du « supporter » ?
En fait, au-delà du « supporter », c’est toute une équipe qui va tout gérer. Grâce au lifetracking de la course, elle va pouvoir suivre l’athlète pour le conseiller, l’appuyer au niveau de la stratégie à adopter au moment où, sous l’effet de la fatigue accumulée, il peut être moins lucide. Notre équipe est composée de quatre personnes, réparties entre deux camions. Le «supporter » va passer du temps aux côtés de l’athlète. Il marche avec lui, le soulage des accessoires – eau, vêtements, nourriture. En sachant que le coureur doit porter un sac de près de sept kilos comprenant le parapente, la sellette, le casque, les GPS, une balise SPOT (tracker). Marcher à ses côtés lui permet aussi de l’assister moralement. Au bout d’une semaine de course, c’est important.

Comment gérez-vous votre effort ? Le parapente permet-il de récupérer des sections trail ?
Il faut gérer l’effort sur la distance. Selon la météo, le rythme va fluctuer, mais dans l’ensemble, le déplacement est plutôt tranquille. On alterne des sections de vol avec des parties de marche qui seront lentes. En cas de pluie, par exemple, où le vol sera impossible, inutile de faire du dénivelé, on marchera sur route, à 7 et 10 km/h.

En matière d’alimentation et de ravitaillement, quelle est votre organisation ? L’épreuve durant plus de dix jours, essayez-vous d’avoir de vrais repas ?
Notre stratégie repose sur la préparation à l’avance de plats sous-vide,  pour éviter de faire attendre une heure de plus un athlète déjà fatigué.  Des pâtes au poulet, du riz avec de la ratatouille. De quoi avoir un bon plat au moins pour les premiers jours de la course. A compléter, si besoin par des plats lyophilisés.

Christian Maurer : l’aigle suisse

Christian Maurer
Ving ans d'expérience pour Christian Maurer, pilote pro international. (Redbull)

Déjà cinq fois vainqueur de l’épreuve, il sera une nouvelle fois le grand favori.

Comment se prépare-t-on pour une telle course ? Faut-il plutôt privilégier la condition physique pour être performant en trail ? Le vol en parapente ?
Ma préparation suit le rythme des saisons. Plus de course en hiver et du parapente dès le printemps. En parapente, il est essentiel de se retrouver dans l’esprit de la compétition, d’être « dedans » mentalement. Je consacre aussi beaucoup d’heures à travailler la puissance. Professionnel, j’ai la chance de pouvoir me consacrer à un programme exigeant et très complet que j’alterne avec du coaching de pilotes et des conférences, entre autres.

Pour aller au bout de cette aventure, quelle est l’importance du « supporter » ?
J’ai une petite équipe de trois personnes réparties sur deux véhicules. C’est largement suffisant pour assurer le transport, la cuisine, la navigation et la stratégie. Nous ne gagnerions pas en efficacité en étant plus nombreux, au contraire. Dans le passé, j’ai même concouru avec deux personnes seulement et une auto.

Comment gérez-vous votre effort ? Le parapente permet-il de récupérer des sections trail ?
J’essaie de beaucoup manger, avec le soutien de mon équipe. C’est une épreuve d’endurance, alternant marche sur du plat et dénivelé, c’est très exigeant physiquement. Je mange et m’hydrate aussi pendant le vol. En vol mon corps se repose, mais c’est mentalement que je suis à 100%. En phase de course, c’est le contraire. Comme au jeu d'échecs, il faut travailler le mental et savoir prendre la bonne décision au bon moment, viser l’efficacité.

En matière d’alimentation et de ravitaillement, quelle est votre organisation ? L’épreuve durant plus de dix jours, essayez-vous d’avoir de vrais repas ?
Dans cette épreuve, on ne va pas vite. Ce n’est pas comme en trail. On peut manger de tout. Je prends un petit-déjeuner normal, composé de pain, fromage, viande maigre. Dans la journée, je mange beaucoup de pâtes. Mais il nous arrive aussi de prendre une heure pour aller au restaurant et manger une pizza. Au total, suivant les jours et les conditions méteo, je consomme entre 4000 à 6000 calories.Je bois aussi beaucoup, six à huit litres par jour.


Pour suivre les athlètes en direct, c'est ici

A l'heure où nous publions cet article, le classement figurant sur le tracking correspond à celui du prologue qui s’est déroulé jeudi. Les Français semblent déjà bien placés. Deux d'entre eux sont ex aequo avec le Suisse Christian Maurer.



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