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Fumée incendie Gran Canaria
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Randonnée : comment évaluer le danger des fumées d’incendie, même loin des flammes ?

  • 23 juillet 2026
  • 3 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Alors que les incendies de forêt se multiplient cet été en France, notamment en Ariège, en Corse, en Savoie et dans les Hautes-Alpes, plusieurs sentiers de randonnée ont été fermés. Mais lorsque les itinéraires restent ouverts, est-il prudent de partir malgré la présence de fumées ? Si la randonnée n’est pas toujours interdite, respirer pendant plusieurs heures un air chargé de particules peut provoquer irritations, toux et essoufflement, voire aggraver l’asthme et certaines maladies cardiovasculaires, surtout en plein effort.

Plusieurs massifs sont actuellement concernés par des restrictions d’accès. En Ariège, le GR10 est fermé entre Esbintz et la Maison du Valier, tout comme l’accès aux lacs d’Ayes, de Bethmale et d’Eychelle ainsi qu’à plusieurs itinéraires du Couserans. En Corse, une partie du GR20 est interdite entre Tighjettu et Ciottulu di i Mori jusqu’à nouvel ordre, après un incendie survenu au-dessus de la commune d’Albertacce. En Savoie, certains accès aux refuges du Grand Bec, du Col de la Vanoise et de Péclet-Polset restent perturbés. Dans les Hautes-Alpes, l’incendie du Bois Noir, entre Freissinières et L’Argentière-la-Bessée, avait brûlé 240 hectares au matin du 23 juillet. Tout le massif est interdit d’accès, de même que le GR54A en direction du col de la Pousterle et du vallon du Fournel.

Ces restrictions visent à protéger les randonneurs, parfois loin des pistes, routes ou zones de replis qui peuvent se retrouver piégés par le feu, et permettre aux secours d'intervenir sans être gênés par la présence de promeneurs. Mais que faire lorsque votre randonnée n'est pas concernée par une fermeture officielle ? Faut-il pour autant annuler sa sortie ? 

Exposition aux fumées lors d’une randonnée : quels effets sur la santé ?

Même lorsque les flammes sont éloignées, les fumées peuvent parcourir plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de kilomètres. Dans une expertise publiée cet été, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) rappelle que les incendies de végétation libèrent un mélange complexe de polluants : particules fines, monoxyde de carbone, oxydes d’azote, composés organiques volatils comme le benzène ou le formaldéhyde, mais aussi hydrocarbures aromatiques polycycliques. Environ 80 % de la masse des particules émises est constituée de particules fines. Pour la plupart invisibles, celles-ci pénètrent profondément dans les poumons jusqu’aux alvéoles pulmonaires. Les plus petites peuvent même passer dans la circulation sanguine.

À court terme, leur inhalation peut irriter les yeux, le nez et la gorge, provoquer toux et essoufflement, réduire les capacités respiratoires ou déclencher des crises d’asthme. Elle peut également aggraver certaines maladies pulmonaires chroniques et augmenter le risque de complications cardiovasculaires chez les personnes les plus fragiles. Pendant l’effort, les besoins en oxygène augmentent et la respiration devient plus rapide et plus profonde. Le randonneur inhale alors davantage d’air et, avec lui, davantage de polluants, qui pénètrent plus profondément dans les poumons. Une montée soutenue ou une randonnée sportive expose donc davantage qu’une simple promenade.

Certaines personnes ressentent rapidement une gêne respiratoire, tandis que d’autres ne présentent aucun symptôme immédiat. Cette absence de réaction ne signifie pas qu’elles échappent aux effets des fumées. Les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes, les personnes immunodéprimées ainsi que celles souffrant d’asthme ou de maladies respiratoires ou cardiovasculaires figurent parmi les plus vulnérables.

« Déconseillé, mais pas interdit »

À la Maison du Parc de Vallouise, dans le Parc national des Écrins, les appels de randonneurs se multiplient depuis le début de l’incendie du Bois Noir. Les agents rappellent que les secteurs officiellement fermés sont interdits d’accès. Ailleurs, aucune interdiction générale ne s’applique, mais la randonnée reste fortement déconseillée lorsque l’air est chargé de fumée.

« Nous transmettons les informations disponibles, mais nous ne pouvons pas décider à la place des randonneurs. Les secteurs fermés le sont parce qu'il existe un danger physique réel. Pour les autres itinéraires, lorsqu'il y a de la fumée dans l'air, nous expliquons qu'il existe un risque pour la santé et nous déconseillons la randonnée, notamment les efforts physiques importants. La décision reste sous la responsabilité de chacun. »

Les bons réflexes avant de partir

Avant toute sortie, il est recommandé de :

  • consulter les arrêtés préfectoraux et municipaux ainsi que les éventuelles fermetures de massifs ;
  • vérifier les informations diffusées par les communes, les offices de tourisme et les gestionnaires d’espaces naturels ;
  • regarder l’indice de qualité de l’air lorsque des incendies sont en cours ;
  • éviter tout effort soutenu en présence de fumée ;
  • respecter strictement les fermetures afin de ne pas gêner les secours ;prévenir un proche de son itinéraire.

Que faire si vous rencontrez de la fumée pendant votre randonnée ?

Si l’odeur de fumée se renforce, que la visibilité diminue ou que des difficultés respiratoires apparaissent, quittez le secteur sans attendre en vous éloignant des fumées. À défaut de données sur la qualité de l’air, la visibilité peut donner une indication approximative de leur densité. Prenez pour repère une montagne, une crête ou un bâtiment dont vous connaissez approximativement la distance.

  • Si la visibilité dépasse largement huit kilomètres, la qualité de l’air est généralement bonne. Restez toutefois attentif à l’évolution des fumées.
  • En dessous de huit kilomètres, les personnes les plus vulnérables doivent réduire leur activité physique.
  • En dessous de cinq kilomètres, l’air est considéré comme nocif pour tous. Mieux vaut renoncer à tout effort prolongé et quitter le secteur.
  • Si la visibilité tombe sous 1,5 kilomètre, toute activité extérieure doit être évitée.

N’attendez pas que les symptômes s’aggravent. En cas de toux, de gêne respiratoire, d’irritation ou de malaise, interrompez votre randonnée et quittez le secteur.

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