Rares sont ceux qui connaissent le Transcaucasian Trail, ou TCT. Entre Europe et Asie, de la Russie à l’Iran, ce parcours permet d’explorer la richesse culturelle, géographique et linguistique du Caucase. Né en 2015, il vise à la réhabilitation des sentiers locaux grâce aux bénévoles de tous horizons. Au programme : trois pays à relier entre forêts denses, prairies alpines, plateaux volcaniques, architecture et communautés diverses. Dont 1000 kilomètres déjà balisés et ouverts aux randonneurs !

Des possibilités d’exploration infinies
Depuis des millénaires, les hommes traversent le Caucase, un isthme montagneux entre la mer Noire et la mer Caspienne reliant la Russie, la Géorgie, l’Azerbaïdjan, l’Arménie, la Turquie et l’Iran. Entre invasions et occupations impériales, l’histoire de cette région, carrefour majeur de la Route de la Soie, regorge de trésors assez méconnus en Occident. Sur le sentier abondent les vestiges des empires persans, ottomans et russes. Malgré ce patrimoine culturel hétéroclite (plus de 40 langues autochtones !), la Caucase conserve une identité propre.
Entre paysages naturels spectaculaires et richesse de la biodiversité, ces montagnes où se côtoient les plus hauts sommets d’Europe sont le terrain de jeu des écologistes, biologistes et botanistes. Des pentes enneigées aux forêts denses en passant par de larges plateaux, le randonneur ne saura plus vers où donner de la tête. Il aura même la chance de croiser des loups, ours, léopards, lynx ou encore gazelle… Bref, les possibilités d’exploration sont infinies !
Cependant, du fait d’un manque d’information – cartes datant d’avant la Guerre Froide et images aériennes imprécises - les montagnes du Caucase sont très peu visitées et leur incroyable biodiversité reste largement ignorée. Aussi Paul Stephens et Jeff Haack, deux Américains, ont-il cartographié en 2015 les sentiers de la Géorgie, soulignant de nombreuses connections possibles entre eux. Parallèlement, l’explorateur britannique Tom Allen échouait à traverser l’Arménie et décidait de remédier aux problèmes de cartographie en créant le projet Transcaucasian Trail avant de s’associer à Paul Stevens.

Un premier tronçon de 1000 km achevé
Au cours des dix prochaines années, le projet du Transcaucasian Trail ambitionne de développer un réseau de sentiers dans la région du Caucase, rassemblant environ une vingtaine de parcs nationaux. Il sera composé de deux tronçons de 1500 km reliant d’abord la mer Caspienne à la mer Noire avant de connecter cette partie au fleuve Arax, à la frontière de l’Iran. Au-delà de l’aspect randonnée pure, l’idée est d’améliorer l’accès aux lieux historiques et de contribuer au rayonnement environnemental et culturel de la région. Pour l’instant, les sentiers sont en cours d’aménagement.
Bonne nouvelle, après cinq ans de travaux, un premier tronçon est achevé. Au programme : 1000 km de sentiers pour une immersion en Arménie et en Géorgie. Côté Azerbaïdjan, le Transcaucasian Trail est encore en cours de développement, mais des centaines de kilomètres sont déjà ouverts au public. Des topoguides sont disponibles gratuitement en ligne. Entre cartes interactives et données GPS téléchargeables, vous aurez toutes les informations nécessaires pour suivre certaines sections du Transcaucasian Trail qui sont désormais accessibles. A l'heure où nous écrivons cet article, il est possible de traverser l’Arménie et une partie de la Géorgie.

« Une expérience chaleureuse et enrichissante »
Vous l’avez compris, construire un sentier de plus de 3000 km est un projet colossal, surtout quand l’on sait que les volontaires ne peuvent travailler que six mois dans l’année. Le reste du temps, tout est recouvert de neige. De plus, les bénévoles ont dû faire face à d’autres barrières - le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan et la pandémie actuelle - qui ont entraîné divers retards. Mais bonne nouvelle : tout le monde peut contribuer au projet ! « Il a une telle énergie entre les bénévoles, pour beaucoup des étrangers qui se rencontrent pour la première fois. Pendant deux semaines, ce travail éprouvant est en réalité une expérience chaleureuse et enrichissante » explique Paul, volontaire sur Transcaucasian Trail.

Comment participer au projet ?
Bénévoles locaux et internationaux jouent un rôle essentiel autant dans la conception, la construction que dans l’entretien du sentier. Envie d’offrir votre aide sur ce projet pharaonique tout en vivant une expérience culturelle et humaine unique entouré par les montagnes du Caucase ? Les membres de l’équipe n’attendent que vous. Plus d’infos ici.
Il est également possible de faire un don. Une aide permettant non seulement de financer le sentier mais aussi d’investir pour la région du Caucase. Le Transcaucasian Trail contribue à faire vivre des petites entreprises des régions reculées tout en permettant la formation environnementale et technique des bénévoles. De plus, le rayonnement international du projet encourage le tourisme outdoor, bénéfique pour les locaux.
Pour en savoir plus sur le Trauscaucasian Trail, se référer au site officiel, en anglais seulement, en cliquant ici.
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