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Aurelien Sanchez Barkley Marathons
  • Aventure
  • Trail Running

Qui est Aurélien Sanchez, 1er finisher français de la redoutable Barkley Marathons ?

  • 17 mars 2023
  • 5 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

C’est peut-être celui qu’on attendait le moins. Et c’est pourtant le Toulousain de 32 ans qu’on a vu le premier franchir dans la nuit de jeudi à vendredi (heure française) la fameuse barrière jaune de l’impitoyable Barkley Marathons 2023 organisée dans le parc américain de Frozen Head, dans l'est de l'État du Tennessee. Pour parcourir les 200 kilomètres et 20 000 mètres de dénivelé, sans balisage ni ravitaillement, dans un labyrinthe d’arbres et de ronces, il lui aura fallu 58 heures, 23 minutes et 12 secondes. De quoi arracher la victoire à l’Américain John Kelly, vainqueur en 2022, de 19 minutes et 11 secondes, et au Belge Karel Sabbe, un habitué lui aussi, qui a bouclé cette épreuve sur le fil en 59 heures, 53 minutes et 33 secondes, à sept minutes de la barrière horaire. L’arme secrète du Français ? C'est avant tout un marcheur !

Au départ mardi de la Barkley Marathons – ultra de 200 km mâtiné de course au trésor et d’escape game en milieu hostile (une forêt dénudée, glacée et humide jouxtant une ancienne prison) - piaffaient cette année 40 candidats au martyre sur l’autel du trail. Parmi eux, trois des 15 finishers, ce qui n’est pas rien quand on sait que personne au cours des cinq dernières années n’avait franchi la ligne d’arrivée dans les temps. Et une bonne poignée de récidivistes, sans doute un peu maso, joueurs, ou les deux, tombés les années précédentes dans la douleur, la rage ou le désespoir à l’issue parfois du premier des cinq tours à accomplir en moins de 60 heures dans le parc américain de Frozen Head, dans l'est du Tennessee. Car si chaque année depuis sa création en 1986 par le malicieux Gary Cantrell, aka « Lazarus Lake », les traileurs sont plus nombreux à tenter d’être sélectionnés à l’issue d’un curieux processus de sélection – CV bien sûr et lettre de motivation – seuls 40 coureurs ont la « chance » d’y participer. Cette année la France était particulièrement bien représentée avec quatre traileurs sur lesquels on aurait bien parié quelques billets, malgré le niveau général des candidats.

Quatre Français dans la course

A commencer par Rémy Jégard, le 3e Français à y avoir participé depuis sa création après Christian Mauduit puis Thierry Corbarieu. Car pour ce journaliste passionné de trail, c’était la 6e participation. Un avantage certain, compte tenu du terrain très particulier de la Barkley et de son principe même consistant à trouver des livres cachés dans la forêt. Et tous ceux qui ont « fait la Barkley » s’accordent à dire que l’expérience ici compte autant que l’endurance. Mais lors de sa dernière participation, il n’avait réussi à boucler qu’un tour et demi, presque deux.

Venait ensuite David Limousin. Lui aussi arrivait en terrain connu, car c’était sa deuxième édition, il avait déjà été sélectionné en 2018. Aussi le voyait-on hyper préparé, fort d’un gros volume d’entrainement, de très longues sorties dans toutes les conditions et surtout d’un gros travail sur le mental incluant notamment des exercices de visualisation réalisés sur la base des cartes, tracés et roadbook des éditions précédentes.

Mais, à vrai dire c’est surtout sur Guillaume Calmettes que certains mettaient beaucoup d’espoir. Car en 2019, pour sa deuxième participation le Béarnais était devenu le premier traileur Français à boucler une « Fun Run » (3 boucles de 42 km en moins de 40h). Un véritable exploit. D’autant que le data scientist, aujourd’hui installé à Bordeaux, connaissait bien le trail en version américaine pour y avoir gagné toute une série de courses bien méchantes, notamment le Big Backyard Ultra, où en 2017 il avait décroché son ticket pour la Barkley.

Aurélien, ou l'incertitude comme aiguillon

Post Aurelien Sanchez

Mais contre toute attente, c’est un autre Français qui dans la nuit de jeudi à vendredi a créé la surprise : Aurélien Sanchez, en remportant l’épreuve pour sa première participation en 58 heures, 23 minutes et 12 secondes. Talonné dès le 4e tour par l’Américain John Kelly, dont la réputation dans le petit monde de la Barkley n’est plus à faire, il ne s’est pas laissé démonter et s’est payé le luxe, et le plaisir, de le distancer de 19 minutes et 11 secondes. De même, il a laissé loin derrière, le Belge Karel Sabbe, un habitué lui aussi de l’épreuve qui a franchi la barrière à sept minutes de la barrière horaire. Du très haut niveau cette année donc, avec trois traileurs en dessous des fameuses 60 heures. Preuve que la météo, « moins pire » que d’habitude joue et que l’expérience paye – deux des trois connaissant déjà bien le terrain - …. ou pas ! Car Aurélien Sanchez faisait cette année ses premiers pas dans le Tennessee.

A quoi tient donc cette incroyable victoire ? Peut-être au fait que ce jeune Toulousain, ingénieur électronicien, sait mettre un pied devant l’autre sans se démonter et qu’il n’a pas peur de l’échec, voire même il aime bien s’y frotter. Car si en 2020, il a traversé les Pyrénées par le GR10 (930 km, +55 000 m) en 12 jours 5 h et 22, il n’a pas longtemps savouré sa performance en essuyant toute une cascade d’abandons l’année suivante : la Terre des Dieux en Corse, la Traversée des Alpes par le GR5 et le Grand Raid Cathares à Carcassonne, confiait-il récemment à Ouest France. « Je suis toujours comme ça et constamment à la recherche de la limite », poursuivait-il. « J’aime les défis, me lancer dans des aventures dont on ne connaît pas l’issue, dans des courses que l’on n’est pas certain de finir. Même si dans mes projets, je dois avoir un taux d’échec à 90 %, j’aime bien cette incertitude. En soi, l’échec me fait grandir pour avancer dans d’autres défis. » A son programme cette année, il avait donc mis la Chartreuse Terminorum, version française de la Barkley et…  la Barkley elle-même. « 

Un fast-hiker au tempérament d'acier

« Encore une étape au-dessus de tout ce que j’ai pu réaliser. Je pense que c’est même plus difficile que la Traversée des Pyrénées. « disait-il en homme prudent. Et modeste aussi. Car de traces de lui on ne trouve pas beaucoup sur les réseaux sociaux. Pas le genre à fanfaronner sur Instagram ou Strava. Lui, ce qui lui plait, c’est la marche. La vraie, la longue, la dure, celle qui fait un peu mal aussi. Aux Etats-Unis, où il a vécu quatre ans, il a trouvé son paradis, en parcourant notamment l’iconique John Muir Trail (359 km, +14 000 m) en 3 jours, 3 h et 55. Puis, presque par hasard, parce qu’il aime les challenges, il s'est demandé s’il était possible de faire de la compétition en randonnée. Il découvre vite que ce qu’il pratique en fast hiking peut aussi à un certain niveau s’appeler trail, voire ultra trail, discipline qu’il ne connaissait pas du tout et qu’il ne pratique donc que depuis quatre ans. Un sport qui passionne cet ancien amateur de foot qui s'y consacre avec passion et méthode, « pour faire au mieux et me donner les meilleures chances de finir », dit-il, « mais toujours avec cette incertitude dans la réussite. »

A quick water refill at the tower and Aurélien disappeared in the wood … running !!! 50h10 on the race clock. @keithdunn, he doesn’t look great, he looks fantastic!!! #BM100 #AllezAllez pic.twitter.com/kXtKQxZ5Ik

— Guillaume Calmettes (@gcalmettes) March 16, 2023

L’incertitude, cet aiguillon qui lui a permis en 2020 de se frotter à la Backyard, où il réalise 28 tours, soit 187,768 km en 2020, sans pour autant y trouver son compte. Trop plat à son goût. Le Toulousain aime le dénivelé, l’effort en montagne. Ajoutez que dans son top 3, il range aussi son goût pour le manque de sommeil, le fait de repousser ses limites et de perdre une partie de sa lucidité, et on imagine que ce marcheur était aux anges dans l’enfer de la Barkley depuis mardi. Si tous, sur les réseaux, se passionnaient depuis hier pour le duel John/Aurélien, lui n’en avait cure sans doute. « Je me focalise sur moi », expliquait-il en janvier dernier à la veille de courir un « Last standing man » (Dernier homme debout) en Vendée, « une course ou un défi, c’est d’abord une lutte contre soi-même. Regarder les autres courir, cela ne sert pas à grand-chose. Il faut se concentrer sur soi. » Philosophie payante, doublée d’un calme à toute épreuve : sur la fin, alors que le chrono tourne, Aurélien a bien cru que c’en était fini pour lui après qu’un randonneur eut retiré l’un des livres, pensant que la course était terminée. Mais le livre l’attendait à l’arrivée. La victoire aussi. Impressionnant.

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