S'abonner Se connecter
Outside
Outside : aventure training voyage culture
  • Aventure
  • Santé
  • Voyage
  • Société
  • Équipement
  • Films
  • Podcasts

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER
Xavier Thevenard Transju 2013
  • Aventure
  • Snow Sports

Pourquoi la Transju est une course à faire une fois dans sa vie, par Xavier Thévenard

  • 8 février 2023
  • 7 minutes

Sylvie Sanabria Sylvie Sanabria Longtemps allergique à toute forme de sport, Sylvie se révèle sur le tard marathonienne, adepte du yoga et s’initie même au surf et à la voile. En 2018, elle co-fonde Outside.fr dont elle prend la direction éditoriale. Elle est basée à Paris et dans les Cévennes.

C’est une course mythique. Bientôt 45 ans que la Transju, ex Transjurassienne, passionne les fondeurs. Pas seulement pour son parcours exigeant et son ancrage dans le circuit international, mais pour son ambiance unique, explique Xavier Thévenard, enfant du pays qui sera au départ ce dimanche 12 février à 9h30 pour sa 10e Transju, épreuve qui fait partie intégrante d’un entrainement qui devrait le conduire à l’UTMB en août.

Cette année, la course aura bien lieu. Annulée en 2020 et en 2021 par manque de neige, (tout comme en 1990, 1993, 2001, 2007 et 2016 ), l’épreuve phare de l’évenement qui compte également trois autres formats, va pouvoir se tenir ce week-end. Mais en version courte, ont annoncé ce lundi les organisateurs lors d’une conférence de presse. "La pluie et la douceur du weekend ont dégradé certains secteurs entre Bellefontaine, le Pré Poncet, la difficulté était le manque de neige pour monter dans le Risoux" a expliqué Pierre Albert Vandel, président de Trans'Organisation. Une solution de repli a donc été adoptée : un parcours réduit à 48 km. Même dénivelé (855 m de D+ ) que le parcours historique de 70 kilomètres mais 20 km de moins cette année. 

La course devrait donc se disputer en moins de deux heures. De quoi avantager certains fondeurs et pénaliser ceux qui préfèrent les courses un peu plus longues. Le départ se fera bien dimanche 12 février de la combe du lac à Lamoura, mais il ne reliera pas Mouthe, et s'achèvera aux Rousses, il ne passera donc pas par le Doubs, faute d’enneigement suffisant, notamment dans les fonds de vallée. Une version réduite à laquelle les organisateurs avaient déjà dû se résoudre l’année dernière, malheureusement. Pas d’annulation donc, et soulagement général, mais encore des incertitudes, aussi à quatre jours de la course, on croise les doigts pour qu’un redoux n’affecte pas le parcours, notamment sur la dernière portion, d'environ 6 kilomètres, entre Prémanon et les Rousses, un passage difficile à réenneiger.

C’est dire si les 1748 participants déjà inscrits à ce jour  (4000 participants, issus de 33 pays, sont attendus d’ici dimanche par les organisateurs pour l’ensemble des épreuves ) ont les yeux braqués sur la météo. Parmi eux, les meilleures équipes françaises spécialistes de longues distances. A commencer par Emilien Louvrier, vainqueur de l’épreuve l’an dernier, mais aussi Antoine Auger, qui l’a remportée en 2019 et 2018. Ils auront fort à faire avec les biathlètes Simon Desthieux, champion olympique et champion du monde et Célia Aymonier. Mais il faudra compter aussi sur Xavier Thévenard, qui ne manquerait pour rien au monde cette course, comme il nous l’a expliqué hier, jour de récup dans un planning d’entrainement un peu réduit cette année, la neige s’étant faite attendre en décembre.

Xavier Thevenard Transju 2013
Transju 2013 (Collection Xavier Thevenard / Transju)

A quand remonte ta 1er Transju ? 

Cette année, ce sera ma 10e ! Pour la première, j’étais encore au lycée, j’avais tout juste l’âge pour la faire, 18 ans. En fait, je crois même que j’étais sur le fil du rasoir au niveau de l’inscription (rires). J’avais fait la Transjeune, 10 km, la semaine précédente, et ça s’était bien passée. La  semaine suivante, j’ai tenté la Transjurassienne et je me suis retrouvé dans les trente premiers.

Comment as-tu vécu alors cette course mythique ?

La veille, je n’en ai pas dormi de la nuit ! Dans le jura, le ski de fond, c’est culturel. Tous les gamins en font. Avant de pouvoir y participer j’avais suivi la course avec des copains, en spectateur. Dès la seconde, au lycée, notre prof de sport études nous y amenait. Et cette année-là, en 2008-2009, je ne m’en souviens plus exactement, il avait bien neigé la veille, le parcours n’était pas trop glissant. Des conditions qui me correspondaient le mieux et j’ai vraiment adoré !

Et en 2010, tu fais une grosse perf ?

Oui, 14e, mon meilleur classement à ce jour. J’avais déjà un peu d’expérience, j’étais bien entraîné notamment grâce au ski-roue, j’avais aussi soulevé de la fonte et gagné en masse musculaire. J’étais mieux préparé. C’est dans la foulée que j’ai gagné d’ailleurs la CCC. Par la suite, je me suis focalisé sur le trail et me suis moins bien préparé au niveau du haut du corps.

Xavier Thevenard Transju
Transju 2013 (Collection Xavier Thevenard / Transju)

C’est la Transju qui t’a amené à l’ultra ?

Oui, après l’édition 2010, comme j’y avais bien figuré, j’ai décidé d’essayer la TransjuTrail. 70 km en courant. J’adorais la course à pied que je pratiquais déjà tout gosse, en montagne, autour de chez moi. J’étais tout excité à l’idée de courir cette distance. J’ai longtemps mené en tête et j’ai fini 6e ou 7e, je ne sais plus exactement.

Plaisir, souffrance, quelles différences entre ski de fond et trail pour toi ?

Dans les deux, tu as de la souffrance, tu dois encaisser des moments durs. En trail (en ultra, ndrl), l’effort est plus long, mais je suis bien adapté à ce type effort, quand je me suis lancé dans le trail, je courais déjà depuis un moment. Mais j’avoue qu’au début j’ai fait pas mal de conneries au niveau nutrition, mangeant tout et n’importe quoi !
Quant aux plaisir, en ski de fond, c’est plaisant même quand tu es dans le dur, à cause de la glisse, à condition d’avoir de la technique. Les débuts sont durs en fond, il faut prendre le temps, et tu ne maîtrises pas la technique en un seul cours de ski. Maintenant je me fais énormément plaisir en fond. En course à pied, c’est plus facile d’accès, mais plus exigeant par la suite. Beaucoup de sensations se mettent en place et, sans matériel aux pieds ou aux mains, tu as cette notion de légèreté…

Xavier Thevenard Transju 2019Xavier Thevenard Transju 2019Xavier Thevenard Transju 2019

La Transju reste un objectif sportif pour toi cette année ?

J’y vais car c’est une belle préparation. Le ski de fond, c’est une super école, un bon moyen de se préparer pour l’été. C’est hyper exigeant : tu as trois heures d’effort intense, tu es tout le temps au seuil. Parfois il faut accélérer, comme en vélo, sur une allure assez élevée. Il faut prendre les bons groupes et surtout éviter les chutes qui te font perdre énormément de temps. Tu es tout le temps en quête d’oxygène, tous les muscles de ton corps en réclament. Alors qu’en course à pied, le haut du corps est moins sollicité. A la fin d’une Transju, je n’ai plus de force dans les bras !
Mon objectif pour cette édition ? L’année dernière j’ai fini 36e, je vais essayer d’avoir une belle gestion, d’être bien dans l’effort. 

Xavier Thevenard skating
(Collection Xavier Thevenard)

Si tu avais un conseil à ceux qui seraient tentés de faire cette course ?

De se mettre dans sa bulle, de rester calme, de ne pas s’énerver, car souvent ça se fritte un peu au départ. En ski on prend plus de place, on s’emmêle facilement  les pinceaux, avec des chutes parfois. Il faut être à la fois dans sa bulle mais concentré sur ce qu’on fait pour éviter la chute. En préparation, le ski-roue à l’automne est bien si tu maîtrises déjà la technique. Après, tout dépend de ton objectif, il faut avoir un peu de kilomètres dans les jambes pour se faire plaisir. Moi, cette année, je n’ai pas fait un volume énorme, l’hiver s’est installé un peu plus tard dans le Jura, mais j’ai fait beaucoup de gainage cet été.

Qu’est-ce qui rend cet événement si spécial à tes yeux ?

C’est une traversée, elle passe dans différents villages, on a le son des cloches. Le ski de fond, dans le Jura, on est dedans tout gamin. Il y a encore pas si longtemps, on allait d’une ferme à une autre à ski, et c’est comme ça que le facteur faisait sa tournée dans certains coins. Alors ici, tout le monde aime participer à cette fête. Les gens sont là pour mettre de l’ambiance. Autour du Grand Bornand d’ailleurs, ceux qui font l’ambiance, ce sont les Jurassiens, avec leurs drapeaux made in Jura ! Le Jurassien est un peu solitaire, mais il sait aussi accueillir le monde, partager. C’est pour ça qu’il est bien dans ce rôle de spectateur enthousiaste.

Quels sont les grands noms de cette course qui t’ont marqué ?

Alex Rousselet (recordman de La Transjurassienne 76 km, ndlr) qui a gagné en 2004. J’étais encore assez jeune, mais je m’en souviens. Philippe Grandclément, qui la remportée en 1992. Il n’avait pas pu être sélectionné au J.O d’Alberville et il a pris sa revanche sur la Transju. Et aussi Didier Roy (18 participations, ndlr). Encore maintenant, il fait encore des places, alors qu’il a passé cinquante ans. Deux fois des podiums, c’est un symbole. Déjà quand j’étais au lycée, c’était une légende ! Que plus tard, il puisse devenir un copain, je n’y aurais pas pensé ! Pour les jeunes encore aujourd’hui cette course fait rêver, elle reste une épreuve à l’échelle internationale. Mais maintenant le problème, c’est le réchauffement climatique qui conduit à des versions plus courtes, comme cette année, ou à des annulations pures et simples.

Justement l’événement, qui comprend également du trail et du vélo, semble avoir anticipé cette évolution

Des hivers avec peu ou pas de neige, on connait ça depuis des années dans le Jura. L’arrivée du trail était visionnaire et participait d’une réelle volonté, d’une vraie réflexion, par rapport au réchauffement climatique. Comme à Métabier, où on a compris que le ski alpin n’était plus viable. On a vu venir ce qui allait se passer. Si ce modèle quatre saisons va fonctionner d’un point de vue économique ? Le trail attire ici autour de 3000 participants, ça doit se valoir sur la Transju, je ne sais pas exactement. Mais le Jura n’a pas, contrairement aux Alpes, de sommets emblématiques, pas de grosses stations, nos hébergements y sont aussi plus rustiques. Ca peut limiter certaines personnes, même si nos prix sont plus abordables et si nous avons pour nous le calme, la discrétion qui peuvent aussi, c’est vrai, en attirer d'autres.

Comment s’annonce ta saison 2023 ?

Avec du ski, si on a de la neige, et au printemps je chausserai les baskets. Si tout va bien, je serai à l’UTMB. Mais il faut que je sois sélectionné. Je vais faire le Lavaredo, fin juin. Ca devrait suffire, je suis confiant.


TRANSJU 2023 - Programme modifié, horaires de départ à confirmer

  • Samedi 11 février
  • 9 h : Transju’Classic, 50 km
  • 13 h : Transju’Classic, 25 km
  • 13 h 30 : Transju’Expérience Classic, 20 km
  • Dimanche 12 février
  • 8 h 30 : Transjurassienne, 47 km
  • 10 h 30 : Transju’Marathon, 50 km
  • 13 h : Transju’Skating, 25 km
  • 13 h 30 : Transju’Expérience, 20 km

Au départ de La Combe du Lac, le 50 km, mais également les épreuves de 20, 25 et 50 km initialement prévus à Chapelle-des Bois (Doubs). Arrivée de toutes les courses du week-end aux Rousses.

Les inscriptions en ligne sont bouclées depuis lundi, mais il sera encore possible de prendre son dossard au Salon nordique vendredi et samedi aux Rousses.

La suite est réservée aux abonnés

Déjà abonné ? Se connecter
Votre premier article est offert
LIRE GRATUITEMENT
ou
S'ABONNER
  • Accédez à tous les contenus d’Outside en illimité. Sans engagement.
  • Votre contribution est essentielle pour maintenir une information de qualité, indépendante et vérifiée.
  • Vous pouvez aussi acheter cet article pour 1€

À lire aussi

Xavier Thevenard
Sylvie Sanabria

Xavier Thévenard : « Ça me ferait kiffer de remettre un dossard à court ou à long terme ! »

Xavier Thévenard portrait
La rédaction

« Alp’Lyme » : le nouveau projet de Xavier Thévenard, de retour sur les sentiers pour sensibiliser à la maladie de Lyme

Xavier Thevenard Fresque du Climat
Sylvie Sanabria

« Avec la Fresque du climat tu vois comment tu peux agir sur ton bilan carbone », explique Xavier Thévenard

Coureurs de l'UTMB en direction du refuge Bertone (UTMB)
Sylvie Sanabria

Xavier Thévenard revient sur ses plus beaux passages de l’UTMB

Plus d'articles

Outside le magazine de l'outdoor

Outside entend ouvrir les pratiques et la culture outdoor au plus grand nombre et inspirer un mode de vie actif et sain. Il s’adresse à tous ceux qui aspirent à prendre un grand bol d’air frais au quotidien et à faire fonctionner leurs muscles comme leurs neurones avec une large couverture de l’actualité outdoor.

Newsletter

L’aventure au cœur de l’actualité. Chaque vendredi, les meilleurs articles d’Outside, directement dans votre boîte mail.

Liens

  • A propos d’Outside
  • Abonnements
  • Retour d'aventure
  • Mentions Légales
  • CGV
  • Politique de confidentialité
  • 1% for the Planet
  • Offres d’emploi
© Outside media 2026
Activer les notifications