Lyudmila Kuzina, surnommée Lyuda, a été miraculeusement retrouvée après avoir disparu pendant 3 jours, seule, au coeur d’une forêt russe où rodent des ours et des loups. Le plus surprenant ? Elle n’avait aucun vivre avec elle, ni de vêtements, à part une culotte pour bébé. La petite Lyuda, âgée d’1 an et 10 mois s’en est sortie avec des piqures d’insectes, quelques égratignures, une déshydratation et une hypothermie - mais ses jours ne sont pas en danger. Retour sur cette incroyable histoire de survie.
Un adulte normalement constitué peut survivre 30 jours sans manger, et 3 jours sans boire. Mais qu’en est-il pour les tous-petits de 22 mois ? Lyudmila Kuzina, qui aura 2 ans cet automne, s’est perdue pendant 3 jours dans une forêt russe près d'Obinsk, dans la région de Smolensk, à plus de 100 km de Moscou. Retrouvée déshydratée, en hypothermie et légèrement blessée, la petite fille est aujourd’hui hors de danger.
Le 17 août dernier, Lyuda Kuzina était en train de jouer dans le jardin d’une maison privée avec sa soeur aînée. À ce moment-là, sa mère se serait rendue chez un voisin, « suivie de sa fille aînée et de Lyuda. En chemin, elle s’est perdue », explique le média russe "Meduza". Pendant trois jours, de nombreuses équipes de secours et de bénévoles ont fouillé l’épaisse forêt qui entourait sa zone de disparition, pour finalement la retrouver le 20 août au milieu de branchages, sous un arbre.
Près de 30 km2 étudiés par les enquêteurs
Au total, près de 500 personnes aurait été déployées lors de l’opération sauvetage de Lyuda. Parmi eux, « des responsables du SC et de l’EMERCOM, des policiers, des militaires, des volontaires des équipes de recherches et de sauvetage de Salwar et Liza Alert et des habitants de la région », indique "Meduza". Sans oublier les moyens plus « techniques », notamment des plongeurs - pour ratisser les nombreux plans d’eau du district - mais aussi des drones, des caméras thermiques, un hélicoptère, des quads, et une unité équestre.
« Une surface de 29,16 km2 a ainsi été étudiée - dans ce périmètre, une zone dense de "ratissage" de 17,5 km2 a été divisée en carrés de 500x500m, sachant que chaque carré représentait 5 à 7 heures de travail pour chaque équipe. Au total, nous avons pu "couvrir" 111 carrés de ce type sur la carte », expliquent les volontaires de Smolensk, d’après le média russe Readovka67.
Après 3 jours sans signe de la petite fille, les probabilités de la retrouver en vie était proche de zéro. D'autant que lors de sa disparition, l'enfant de 22 mois n'était vêtue que d’une culotte pour bébé, et n'avait ni eau ni nourriture avec elle. Comment a-t-elle survécu? La fillette devrait son salut à une météo plutôt clémente mi août : les deux premiers jours, il a fait relativement chaud, de jour comme de nuit dans la région. Mais ensuite les écarts de températures se sont creusés : pendant la journée, il faisait 20°C environ ou plus, et après le coucher du soleil, l’air se refroidissait jusqu’à 12°C. Et ce, dans des conditions de forte humidité. "Même des adultes expérimentés auraient eu du mal dans ces conditions, alors pour un bébé qui s’est retrouvé seul dans une épaisse forêt en simple culotte… », précise Readovak67.
Pour le moment, aucune information n’a été donnée sur la manière dont Lyuda aurait pu trouver de quoi boire et manger dans les bois. Seule certitude, de nombreux plans d’eaux se trouvaient dans la zone où Lyuda avait disparu. D’où l’inquiétude des plongeurs de la retrouver dans l’un de ces étangs. Mais ce n’était pas la seule crainte des enquêteurs et volontaires qui, lors de leurs fouilles, ont trouvé des traces de pas d’ours, d’oursons - sans compter que la région est connue pour être aussi peuplée de loups.
Retrouvée à 4 km de chez elle
L'incroyable Lyuda semble avoir de qui tenir. Au cours des recherches, sa grand-mère s’est illustrée comme une « super-héroïne indomptable », écrit "Readovka67". « La femme venue pour poursuivre les recherches, a arpenté la forêt pendant toute la journée et, après quelques pauses, pendant toutes les nuits suivantes. Impossible de l’arrêter, ni les volontaires, ni même la pluie diluvienne qui a déferlé comme un mur d’eau pendant presque toute la deuxième nuit n'ont eu raison d'elle ».

Les chercheurs se sont donc divisés en groupes pour se répartir les zones de recherches. Enfin, le 20 août, renait l’espoir. « Une voix à travers la radio annonçait soudainement des coordonnées. Le coeur de toutes les personnes présentes s'est figé. Puis, un « trouvé » a retenti. L’instant suivant s’est avéré interminable, avant d’entendre le tant attendu : « vivante ! ». À peine la radio s’est-elle tue, qu'une immense clameur, mêlant cris et pleurs, est montée de la forêt. Les cris de bonheur de chaque participant de la battue se sont répandus et ont été entendus par tous les volontaires des groupes de marche voisins. Pareil au quartier général de l'opération », raconte Readovka67.
Sur place, l’un des groupes se serait arrêté quelques minutes pour faire une pause, après des heures de recherches. « Soudain, ils ont entendu un faible couinement », a déclaré un porte-parole du groupe de sauvetage SALVAR. « Ils ont appelé à nouveau, et ont entendu un autre couinement ». Finalement, ce ne sont ni les caméras thermiques ou autres outils technologiques qui ont identifié la fillette, mais bien l’ouïe humaine. Lyuda se trouvait dans un tas de branchages, à l’abri du vent.
« Elle était faible, piquée de toutes parts par des insectes et avait quelques égratignures de branchages, mais le plus important, c’est qu’elle était vivante », a déclaré le porte-parole du groupe de sauvetage SALVAR. Ramenée par les secours à sa mère, elle était tout de même consciente, en état de parler, de boire et de se nourrir seule. Elle a été conduite à l’hôpital pour être mise sous perfusion, mais n’a pas eu besoin d’être transportée en urgence en hélicoptère à l’hôpital de Moscou. La ministre régionale de la santé, Olga Stunzhas, a déclaré qu'elle était dans un état « modéré », et que sa vie n'était pas menacée.
L’histoire de Lyuda rappelle étonnamment celle de Tserin Dopchut, un enfant russe âgé de 3 ans, qui en 2016, s’était perdu pendant 3 jours en pleine Sibérie. Un autre miracle, puisque le petit garçon n’était vêtu que d’une chemise et de chaussures - pas de manteau sur le dos - pour affronter des températures très froides. Comment a-t-il pu rester en vie ? Grâce à une tablette de chocolat, qu’il avait gardée avec lui.
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