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Mathieu Maynadier
  • Aventure
  • Alpinisme & Escalade

« Ouvrir un 8 000 en style alpin », le rêve de Mathieu Maynadier

  • 27 décembre 2019
  • 5 minutes

Pierre Le Clainche Pierre Le Clainche Pierre Le Clainche est navigateur professionnel, ultra-trailer et reporter amoureux de la nature et des montagnes. Alpinisme, escalade, ski de randonnée ou paddle, aucun sport outdoor n’est étranger à ce grand voyageur.

À 35 ans, l'alpiniste Mathieu Maynadier incarne une génération de grimpeurs amoureux de la difficulté, qui s’imposent de strictes règles d’ascension. Outside s’est entretenu avec le Briançonnais, plus motivé que jamais par ses futures expéditions.

« Ouvrir une voie sur un 8 000 mètres en style alpin », tel est le rêve et l’objectif phare de Mathieu Maynadier, alpiniste de haut niveau au talent unanimement loué. Devenir guide à 21 ans n’était pas été une finalité pour cet hyperactif avide d’explorer les différents territoires du monde. "J’ai fait de l’alpinisme pour faire des expéditions", confesse le Briançonnais. Du Népal à l’Alaska en passant par le Mexique, le Pérou et le Groenland, Mathieu multiplie les pin's sur sa carte des spots du monde. Falaise, mixte, cascade de glace, ski, "Mémé", comme le surnomment affectueusement ses amis, sait tout faire et apprécie par-dessus tout d'ouvrir de nouvelles voies.

Mathieu Maynadier
L'alpiniste Mathieu Maynadier reprendra la route des cîmes du Pakistan au printemps 2020. (DR)

L’homme de 35 ans possède un beau tableau de chasse bien qu'il ne coure pas après la gloire. Avec humilité, il dessine son parcours (presque) au jour le jour sans se fixer de réel "graal", comme peuvent l’être la quête des quatorze 8 000 mètres ou des sept sommets les plus élevés de chaque continent. "J’aime bien changer de discipline et découvrir, c’est bon pour ma motivation", souligne-t-il.

Pakistan, l’amour vache

Au printemps prochain, les cimes du Pakistan l’attireront vers le Pumari Chhish, culminant à 6 900 mètres, où il fera équipe avec Charles Noirot et Symon Welfringer pour ouvrir une voie sur le sommet Est. Voilà typiquement ce que Mathieu Maynadier adore compiler sur un projet : de la difficulté, de l’inédit et si possible un lieu d’expédition situé dans des contrées isolées, le tout bien accompagné. "Le Pakistan diffère du Népal : à altitude égale, les rimayes s’y trouvent plus basses, il y fait globalement moins froid mais la météo est en revanche plus instable", précise-t-il, soulignant que ce pays qui lui est cher renaît "après des années de fuite du tourisme dues à l’après 11 septembre 2001".

Insatiable, l’athlète sponsorisé par Petzl depuis plus de 10 ans se tournera également vers un nouveau 8 000 mètres à l’automne 2020 : le Dhaulagiri au Népal (8 167 mètres). Vivian Bruchez, Léo Slemett et "Mikey" Arnold joueront les rôles principaux à ses côtés pour une grande première : descendre ce sommet majestueux à ski. Seuls trois sommets de plus de 8 000 mètres restent vierges de traces de spatules : l’Everest, le Makalu et le Dhaulagiri.

Mathieu Maynadier
Bivouac improvisé dans la face sud du Méru lors de la tentative en octobre. (Sean Villanueva)

L’infatigable guide des Hautes-Alpes semble viscéralement lié au Pakistan qu’il fréquente au moins une fois par an depuis 2013. Pourtant, l’amour qu’il voue à ces montagnes aurait pu être entaché après son grave accident survenu le 7 août 2018, quand une chute de pierre l’a brutalement stoppé dans son élan. En sang, suspendu à sa corde en pleine nuit et inanimé, Mathieu fut secouru par ses deux acolytes, le Belge Nicolas Favresse et l’Argentin Carlos Molina, avant d’être rapatrié vers la capitale Islamabad. Pas effrayé ni repu pour un sou, Mathieu est reparti en paroi flirter avec la difficulté et la technicité qu’il cherche à dompter, toujours dans l’Himalaya mais en Inde cette fois sur le fameux « Meru », rendu célèbre par le film documentaire de Conrad Anker, Jimmy Chin et Renan Ozturk sur leur ascension du sommet central, le « Shark’s Fin ».

"Les échecs font partie intégrante de la vie des alpinistes"

Mathieu, accompagné de Sean Villanueva O’Driscoll et Roger Schaeli, souhaitait ouvrir la voie Sud en style alpin qui n’a jamais été faite, mais les trois semaines d’intempéries pendant leur fenêtre d’ascension ont mis fin à leurs espoirs. "Les échecs font partie intégrante de la vie des alpinistes, il faut les digérer pour mieux appréhender la tentative suivante", philosophe le grimpeur. Grâce au sponsor commun que partagent Mathieu, Sean et Roger (Petzl), l’expédition n’est pas compromise mais reportée à l’automne 2021. Un sponsor fidèle est un luxe dans le milieu des expéditions en haute montagne, où la part-belle est plus souvent donnée au sensationnalisme plutôt qu’à l’achèvement d’une voie réellement très difficile et très technique. « Les Américains ont produit un superbe film avec « Meru » mais cette voie n’est pas aussi extrême que le film le suggère », explique-t-il précisant qu’une ascension extrêmement difficile en style alpin serait quasiment « infilmable ».

Mathieu Maynadier
Séance de bloc à Prileps. (Petzl)

Son rêve, le vrai, l’unique, serait cette fameuse première sur un 8 000 mètres en style alpin, histoire de concentrer toutes les difficultés pour un plaisir total. « Peut-être au printemps 2021 ou 2022 ? J’ai déjà mon sommet et mon idée sur la question mais je le garde pour moi », souffle le trentenaire.

Le réchauffement climatique, un coupable idéal

Sa pratique intensive de l’alpinisme permet à Mathieu Maynadier d'être un observateur privilégié de l’évolution des montagnes. « Il y a un changement indéniable dans notre consommation de la montagne mais je ne plongerai pas dans le catastrophisme et le pessimisme ambiant. Oui, le réchauffement climatique est palpable et il nous oblige à modifier certaines courses que nous faisions plus tôt ou plus tard dans l’année, mais il ne faut pas dire que tous les accidents qui surviennent en montagne ont comme coupable idéal le réchauffement climatique. C’est faux, des chutes de pierres il y en a toujours eu et il y en aura toujours, réchauffement ou pas. C’est à nous, guides, de prendre en considération ces nouveaux paramètres de températures pour minimiser le risque de nos courses », insiste Mathieu, peiné par l’amalgame créé autour de récents accidents.

Mathieu Maynadier
Ascension de l'"Anatolia Pillar" (Thomas Vialletet)

« Si Mike Horn me demande, je ne refuserai pas »

D’Ueli Steck à Mike Horn, le Briançonnais a côtoyé beaucoup de personnalités de l’outdoor qui l’ont pris sous son aile et qu’il a aidées en retour, comme l’explorateur sud-africain avec qui Mathieu a collaboré en Terre de Baffin pendant un mois. « S’il me demandait de l’accompagner sur une de ses expéditions, je ne refuserais pas », sourit-il, pointant que l'aventurier n’a pas les mêmes difficultés à récolter le budget nécessaire pour mettre en place ses expéditions… « Avec Ueli Steck, on a pas mal échangé en partageant des courses ensemble. C’était un super mec ! Il m’a aidé à trouver des financements », confie-t-il, visiblement touché par la bonté de l’alpiniste suisse décédé sur le Nuptse, au Népal, le 30 avril 2017. « Il n’aimait pas qu’on l’appelle « la machine » car c’en était pas une, il était très humain mais ultra-professionnel dans ses méthodes d’entraînement, très carré, besogneux et doué d’une motivation extrême. Ueli était clairement au dessus du lot », affirme Mathieu.

Mathieu Maynadier
À la recherche de l'entrée des fjords au cap Farewell. (Guillaume Vallot)

Même s’il ne se décrit pas comme un explorateur, Mathieu Maynadier en possède tous les attributs. On sort de l'entrevue en se disant que son profil de guide et alpiniste touche-à-tout pourrait bien lui permettre de récolter quelques lauriers. « J’adore varier les projets et ne possède pas vraiment de plan de route ni de ligne de carrière », avoue-t-il, glissant avant de partir un indice sur sa prochaine zone d’exploration ciblée : « à l’Est du Pakistan près de la frontière indienne, il y a beaucoup de choses à faire… ».

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