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Paparoa National Park
  • Aventure
  • Randonnée

Nouvelle-Zélande : un nouveau sentier complète les fameux « Great Walks »

  • 10 mars 2020
  • 8 minutes

La rédaction Outside.fr Jessica Wynne Lockhart

Le 23 février dernier, un tout nouveau sentier, le "Paparoa Track", était inauguré en Nouvelle-Zélande. Ce chemin intègre les mythiques "Great Walks", qui chaque année depuis 1993 attirent des milliers de randonneurs sur l'île voisine de l'Australie . Notre journaliste est l'une des premières à l'avoir parcouru. Son témoignage donne une furieuse envie de l'imiter!

Les "Great Walks" font partie des chemins les plus connus de la planète. Depuis leur création en 1993 pour protéger certains des sentiers les plus appréciés du pays, ces treks de trois à cinq jours ont attiré des millions de randonneurs, tous désireux de traverser les paysages emblématiques de la nation insulaire, des cols alpins de Milford Track sur l'île du Sud, aux volcans (encore actifs) du Tongariro Northern Circuit sur l'île du Nord. Nombre d'entre eux se trouvent dans des coins reculés et préservés, tous sont dignes d'être mis en valeur.

Alors quand j'ai entendu parler du Paparoa Track - le premier "Great Walk" créé depuis 25 ans - je me suis dit qu'il fallait que je fasse partie des premiers randonneurs sur ce sentier. Pas seulement à cause de sa nouveauté ou parce qu'il traverse la nature sauvage et vierge de la côte ouest de l'île Sud, mais parce qu'il est complètement différent de tous ses prédécesseurs. 

Paparoa National Park
(Jessica Wynne Lockhart)
Paparoa National Park
(Jase Blair / Katabatic Creative)
Paparoa National Park
(Jase Blair / Katabatic Creative)

Un sentier pour la marche et le VTT

Alors que les neuf "Great Walks" originaux sont basés sur des sentiers existants, les 55 km du "Paparoa Track" ont été créés pour l'occasion dans une zone particulièrement difficile, et auparavant inaccessible, du Parc National de Paparoa. Depuis la ville de Blackball, située dans les terres, jusqu'au village côtier de Punakaiki. C'est également le premier "Great Walk" à double usage, ouvert aux randonneurs et aux vététistes. Conçu pour être parcouru à pied sur trois jours (ou à vélo sur deux), le sentier serpente doucement à travers la forêt tropicale jusqu'à des crêtes exposées et passe devant des chutes d'eau, des grottes calcaires et des vestiges du passé aurifère de la région. Par temps clair, la vue s'étend jusqu'à la mer de Tasmanie. 

Reste qu'il n'est pas si simple de faire le" Paparoa Track" . Les "Great Walks" sont parmi les sentiers de randonnée les plus populaires de Nouvelle-Zélande. Faciles à parcourir, ils ne nécessitent qu'un équipement léger, la plupart des randonneurs dormant le long du chemin dans les refuges équipés de matelas et de réchauds, tenus par des rangers. Le " Paparoa track " compte trois refuges : "Ces Clarke", qui existait déjà, et deux tout nouveaux, "Moonlight Tops" et "Pororari". Si sur certains sentiers, il est permis de camper sur des sites prévus à cet effet, sur d'autres, comme le "Paparoa", dormir en refuge est obligatoire, il faut donc réserver à l'avance. En général, le système de réservation des refuges et des campings ouvre en juin pour la saison estivale, qui s'étend de novembre à avril. Et il faut savoir que les places pour les périodes de pointe sur les sentiers les plus demandés s'arrachent en quelques secondes.

https://www.youtube.com/watch?v=tjtyiRa67lc

Aussi, lorsque j'ai obtenu deux des quarante places disponibles pour le jour de l'inauguration du "Paparoa Track", ce n'était pas de la chance, mais bien le résultat de mon acharnement à guetter l'ouverture du site à 9h30 du matin.


Redonner vie à une région entière

Bien que le "Paparoa Track" puisse être parcouru dans les deux sens, le point de départ suggéré est Blackball, un petit village de 300 habitants situé à l'intérieur des terres à environ 24 km au nord-est de Greymouth, la plus grande ville de la côte ouest. Son principal chemin est bordé de maisons de mineurs parfois délabrées, témoins des hauts et bas de ces 130 dernières années. Depuis la fin du 19e siècle, les habitants de Blackball ont été les spectateurs d'innombrables promesses devant offrir une prospérité économique à la région. Le "Paparoa Track" est la dernière en date.

Les "Great Walks" sont des références qui ont permis de mettre en place des itinéraires touristiques dans certaines des régions les plus reculées du pays. Chaque année, environ 110 000 randonneurs, pour plus de la moitié venus de l'étranger, effectuent l'un de ces itinéraires. Pour des zones qui, autrement, ne figureraient peut-être pas sur la carte, il s'agit d'une industrie lucrative. Le randonneur international passe en moyenne plus de deux fois plus de temps (environ 20 nuits) que les visiteurs internationaux non randonneurs et dépense près de 530 € de plus pour l'hébergement, la nourriture et les services. Dans certaines régions, cela équivaut à des millions de dollars générés par le tourisme ; on estime que la plus célèbre des grandes randonnées, la "Milford Track", génère 13,2 millions de dollars pour l'économie locale. 

Le village de Blackball montre déjà des signes de ce que pourrait apporter ce nouveau "Great Walk". De nouvelles toilettes publiques, cinq moyens de transport différents qui amènent les marcheurs de Greymouth ou Punakaiki (où il y a plus de possibilités d'hébergement) au début du sentier, et, pour la première fois, des Airbnbs. Mais les habitants de la région restent circonspects devant cette nouvelle promesse économique. Tous gardent en mémoire ce qu'on leur a fait miroiter il y a onze ans. Lorsque la mine de charbon de Pike River a ouvert près de Blackball en 2008, on estimait qu'elle rapporterait environ 112 millions de dollars par an. Deux ans plus tard, des explosions dans son puits faisaient 29 morts et 114 personnes se retrouvaient au chômage. Dans les années qui ont suivi, plus de 1 000 personnes de plus perdaient leur emploi en raison de la chute des prix du charbon. 

Paparoa National Park
(Jessica Wynne Lockhart)

Mieux que le charbon, le tourisme durable

Pour les familles de ces 29 mineurs, cette tragédie n'a été qu'une motivation de plus pour trouver une alternative durable à l'exploitation minière. Inspirées par la piste cyclable de l'Old Ghost Road, ouverte il y a cinq ans et qui accueille aujourd'hui 10 000 visiteurs par an, les familles ont proposé de construire une piste dans le parc national de Paparoa en 2015. La proximité du parc avec la mine de Pike River signifie qu'il pourrait également y avoir un sentier secondaire menant à un mémorial sur le site de la catastrophe.

L'argument décisif était d'en faire un "Great Walk". Cette appellation s'accompagne d'un effort de marketing de la part de Tourism New Zealand et devrait contribuer à faire de la région bien plus qu'une simple halte sur le chemin des glaciers Fox et Franz Josef, deux des plus grandes attractions de l'île Sud. Pour la première fois dans l'histoire de la région, ce serait un moyen de tirer profit des ressources naturelles de la région, sans les exploiter. 

Mais il n'était pas facile de construire un sentier à travers le terrain montagneux de la chaîne des Paparoas, une zone particulièrement sauvage où le climat est difficile (plus de 1200 mm de précipitation par an).

Pour le tracer, pendant plus de deux ans, trois équipes - dont de nombreux anciens mineurs - ont dû affronter des conditions climatiques extrêmes. En 2018, les cyclones Fehi et Gita ont frappé avec une telle force que même les machines lourdes ont été balayées, obligeant à repousser la date d'ouverture prévue pour avril 2019 à septembre, puis à décembre. 

Lorsque j'ai demandé à Mark Nelson, chef de projet du "Paparoa Track", s'il y avait des doutes sur la capacité de la région à accueillir un "Great Walk", il n'a pas hésité une seconde. "Nous savions bien sûr que le climat de la région était hors normes. Mais si vous tombez sur un jour de mauvais temps, il faut savoir s'adapter à l'endroit où vous trouvez, tout simplement. Tout change en un instant ici - vous avez cette magnifique odeur de mousse et d'arbres, et soudain, les formations nuageuses, les ruisseaux et les chutes d'eau s'animent".
Malgré les difficultés, le projet de 8 millions de dollars a finalement été achevé en décembre dernier.


Mes plans bouleversés par la météo

"Kia ora", lit-on dans le mail. "Nous sommes désolés de vous informer qu'en raison d'un récent glissement de terrain, vous ne pourrez pas marcher sur toute la longueur du sentier". Juste après le refuge de "Moonlight Tops", où je devais passer ma première nuit, le chemin venait d'être emporté par les eaux, rendant impraticables les 18 km du sentier entre les refuges de "Moonlight Tops" et de "Pororari". Deux semaines seulement avant mon départ, mes plans s'étaient littéralement écroulés. 

Mais après des mois de préparation (et de vantardise), je n'allais pas laisser passer cette opportunité. Au lieu de faire le sentier sur trois jours, comme prévu initialement, j'ai décidé de passer une nuit au "Moonlight Tops" avant de revenir à mon point de départ à Blackball. En ayant un peu de chance avec la météo, je pourrais alors me rendre à Punakaiki, ville située à l'autre bout du sentier, et faire une partie du dernier tiers en sens inverse. 

Le premier jour est sans doute le plus difficile, avec 20 km à parcourir et 800 m de dénivelé. J'ai à peine remarqué l'inclinaison du chemin, j'étais concentrée sur le chant des tuis, un des oiseaux endémiques de la Nouvelle-Zélande, qui résonne dans la forêt tropicale, et sur la vue de la brume caressant doucement le sommet des palmiers nikau. Avec mon ami Alexis, qui avait accepté de se joindre à moi, nous avons traversé ce jour-là des ponts suspendus au-dessus de ruisseaux agités.

Mais tout a changé 10 km plus loin, lorsque nous sommes arrivés au-dessus de la limite des arbres. Exposés, nous nous sommes réfugiés dans "Ces Clarke", un refuge déjà existant, construit pour un ancien sentier de randonnée, afin de nous abriter d'une tempête qui se préparait. Dehors, le vent hurlait. Nous avons regardé cinq cyclistes passer à toute allure.

Nous avons décidé de continuer. Au début, c'était gérable. Mais ensuite, nous avons pris un virage et le vent a tourbillonné, avec des rafales imprévisibles. Je me suis accroché au buisson le plus proche, la pluie me balayait le visage. Le chemin s'est peu à peu transformé en ruisseau. Mais comme nous étions à mi-chemin, nous avons continué à avancer.

Malgré la pluie - ou peut-être à cause d'elle - les Paparoas étaient d'une beauté sublime. Des dizaines de chutes d'eau pouvaient être observées sur notre chemin. Même si nous ne pouvions pas voir les paysages annoncés, il y a quelque chose de transcendant à franchir des crêtes étroites et à disparaître dans le brouillard. C'était une aventure, une expérience qu'il est difficile de vivre sur un sentier conçu pour être facile d'accès et fortement fréquenté.

Alexis et moi avons été les premiers randonneurs à atteindre le tout nouveau refuge de "Moonlight Tops", où nous avons inauguré le journal du refuge, nos noms fièrement inscrits tout en haut de la première page.   

Le lendemain matin, ne pouvant pas aller plus loin à cause d'un glissement de terrain et ne voulant pas faire marche arrière, nous avons choisi de revenir par le sentier de Croesus, long de 21 km. Auparavant, c'était l'un des seuls sentiers du parc et celui qui menait au refuge de "Ces Clarke". 

Comme la plupart des sentiers du parc national de Paparoa avant la construction du "Great Walk", le sentier de Croesus est assez peu praticable pour la majeure partie des gens, peu habitués à la nature sauvage. Nous nous sommes faufilés parmi les rochers, impatients de descendre avant que la prochaine tempête n'arrive. Par endroits, il nous est arrivé de nous perdre, mais nous sommes parvenus à retrouver notre chemin dans le brouillard grâce aux marques oranges.

Lorsque nous sommes arrivés à la voiture, j'étais à peine capable de faire un pas de plus. Le timing était parfait : le ciel s'est éclairci au moment où j'ai mis le contact.

En regardant les sommets des montagnes, je ne pouvais pas m'empêcher de me sentir un peu frustrée. Même si j'avais eu ma dose, une partie de moi avait déjà hâte d'y retourner.

Paparoa National Park
(Jessica Wynne Lockhart)
Paparoa National Park
(Jase Blair / Katabatic Creative)

Direction Sud pour mon deuxième essai

J'étais déterminée à découvrir l'autre bout du sentier, aussi cinq jours plus tard, mes chaussures de randonnée encore humides, j'ai conduit 240 km vers le sud jusqu'au glacier Fox. La partie centrale des Paparoa restait fermée, mais celle de Punakaiki était ouverte. On racontait qu'elle était magnifique : les randonneurs pouvaient marcher à travers les gorges de karst calcaire de la rivière Pororari jusqu'au refuge de "Pororari". J'avais prévu de faire une randonnée pour avoir un aperçu du sentier et de faire demi-tour.

Or, pendant la nuit, la tempête s'est intensifiée. Au matin, le courant était coupé. Les yeux écarquillés, je me suis précipité à la réception du motel Bella Vista, où je logeais. "Vous feriez mieux de retourner vous coucher", m'a dit la gérante, Sue Bergquist. "Il y a eu des glissements de terrain sur les routes à l'entrée et à la sortie, il faudra peut-être des jours avant qu'elles ne soient à nouveau ouvertes." Elle a balancé la nouvelle avec la tranquille autorité d'une personne habituée à une région où les glissements de terrain font partie du quotidien.

Les routes n'ont pas été les seules victimes des intempéries. Les travaux de réparation du sentier de Paparoa ont également été retardés. Il a finalement ouvert le 1er mars. Pour revenir, ce que j'ai hâte de faire, je vais devoir être patiente, une compétence que j'améliore depuis que je suis arrivée en Nouvelle-Zélande l'année dernière. Car dans un pays régi par la nature, ces accidents ne sont qu'un contretemps, pas une fatalité.


Informations à retenir :

  • Parcours : 55 km
  • 3 jours de marche ou 2 jours de VTT (interdit aux e-bikes)
  • Refuges ouvert du 10 juin au 20 octobre.
  • Toutes les informations ici.

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