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Non, l’ultra endurance n’est pas mauvaise pour le coeur !

  • 6 décembre 2019
  • 4 minutes

Alex Hutchinson Alex Hutchinson Physicien et coureur de fond de l’équipe nationale du Canada, récompensé pour son travail de journaliste, Alex écrit pour la rubrique science d'Outside.

Triathlètes, ultra traileurs, cyclistes, certains sportifs, même amateurs, pratiquent le sport à fortes doses. Si l'activité physique est reconnue bonne pour la santé, on a longtemps pensé qu'en faire trop souvent pouvait être risqué, notamment pour le coeur. Des études récentes démontrent le contraire.

En 2011, Amby Burfoot, ancien vainqueur du marathon de Boston et journaliste de longue date pour le mensuel américain Runner's World, a interviewé un cardiologue de renom pour savoir, si oui ou non trop courir était mauvais pour le cœur. La controverse n'avait pas encore vraiment explosé, et ce n'est que l'année suivante que la question à fait la une des grands médias. Mais des questions commençaient à se poser. Et de petites études semblaient indiquer qu'un volume élevé d'exercice d'endurance pourrait avoir un effet négatif sur l'épaississement du tissu cardiaque ou encore le niveau de calcium dans les artères. Mais Amby Burfoot voulait des preuves plus tangibles : " Si vous pensez qu'il y a de vrais risques, donnez-moi des exemples concrets ", exigea-t-il.

Au cours des huit années qui ont suivi, alors que les craintes concernant les dangers supposés d'une pratique trop importante de la course à pied s'estompaient progressivement, j'ai souvent pensé à ces fameux "exemples concrets". Les chercheurs ont passé au crible les données de dizaines de milliers d'individus, sur le long terme, pour vérifier si les personnes qui faisaient du sport à très haute dose avaient plus de problèmes que les autres. Dans l'ensemble, la situation semble assez rassurante pour les coureurs. Mais il y a une lacune notable dans ces données : dans la plupart des études, une seule heure d'exercice par jour vous place automatiquement dans la catégorie des "pratiquants intensifs". Or, pour beaucoup de marathoniens, ultramarathoniens, triathlètes et autres amateurs d'endurance, c'est là que le plaisir ne fait que commencer.

Cinq heures de sport par jour

C'est ce qui rend si intéressantes les nouvelles données présentées à une conférence de l'American Heart Association à Philadelphie la semaine dernière : elles incluent un groupe d'athlètes d'endurance vraiment "hardcore" qui faisaient en moyenne plus de cinq heures de sport par jour et qui le faisaient depuis des décennies. Et, bonne nouvelle : leurs cœurs semblaient pour la plupart en pleine forme.

Cette nouvelle analyse fait suite à une étude précédente, publiée plus tôt cette année, par une équipe dirigée par Laura DeFina du Cooper Institute de Dallas, en collaboration avec le cardiologue Benjamin Levine du Centre médical Southwestern de l'Université du Texas. Appliquée sur 21 758 hommes en bonne santé qui avaient subi des tests à la clinique Cooper à partir de 1998, cette étude a révélé que des niveaux "élevés" d'activité physique étaient effectivement associés à des niveaux élevés de calcium indiquant des artères plus rigides et moins saines, mais cela ne semblait pas entraîner une augmentation des décès attribuables aux maladies du cœur ou à toute autre cause après une décennie de suivi. En d'autres termes, les facteurs de risque qui signalent des problèmes chez la personne moyenne n'ont pas nécessairement la même signification chez les personnes en bonne santé.

Mais qu'entend-on précisément par "niveau d'activité physique élevé" ? Pour les chercheurs, cela suppose l'équivalent à plus de 3 000 minutes MET par semaine d'exercice. Le MET (ou l'équivalent métabolique) est une méthode permettant de mesurer l'intensité d'une activité physique et la dépense énergétique. On définit le MET comme le rapport de l'activité sur la demande du métabolisme de base. Supposons que vous brûliez environ 70 calories par heure lorsque vous êtes allongé sur le canapé. Si vous faites une course à 10 km/h, cela équivaut à une intensité d'environ 10 METs pour une personne moyenne, ce qui signifie que vous brûlez environ 700 calories par heure. Si vous courez pendant 60 minutes à ce rythme, vous aurez accumulé 600 minutes MET d'exercice (60 minutes multipliées par 10 MET). Si l'on additionne tout cela, on constate que 3 000 minutes MET équivalent à cinq heures de course à un rythme de 10 km/h, soit environ 50 km de course par semaine à ce rythme.

Chez la plupart des gens, cela représente beaucoup. Mais quand il entra dans les détails, Amby Burfoot remarqua qu'un bon nombre de cobayes faisaient plus, voire beaucoup plus que cela. Il est donc revenu auprès Benjamin Levine pour comprendre ce que ces données révélaient au sujet de ces exercices de très haut niveau . C'est donc la réponse à sa question qui a été présentée à la conférence de la semaine dernière. Elle compare 2 088 hommes et femmes ayant des niveaux élevés d'activité physique (plus de 3 000 minutes MET par semaine) à 66 hommes et femmes ayant des niveaux " extraordinaires " d'activité physique (plus de 10 000 minutes MET par semaine). Amby Burfoot a rédigé un compte rendu de ces conclusions dans le Washington Post.

Un suivi sur dix ans

Sur ces 66 sportifs "extraordinaires" ( dont 12 femmes), l'âge moyen était de 53,2 ans, ils s'exerçaient en moyenne 35,1 heures et accumulaient 13 921 minutes MET par semaine. Un entrainement qu'ils avaient adopté en moyenne depuis 28,5 ans. Ces données nous permettent de déterminer que l'intensité moyenne de l'exercice était de 6,6 METs, ce qui équivaut à faire du jogging ou du vélo avec un effort léger. Puisque les données sont basées sur les réponses aux sondages, nous ne savons pas vraiment ce que ces gens faisaient exactement, et encore moins comment ils ont réussi à trouver le temps pour faire autant de sport. De toute évidence, la plupart d'entre eux ne couraient pas cinq heures par jour, et il semble donc probable qu'il y ait des triathlètes et des cyclistes dans le panel.

Après un suivi de 10 ans en moyenne, deux des 66 personnes qui avaient fait de l'exercice à une dose dite "extraordinaire" étaient décédées. Aucun des décès n'était lié à une maladie cardiaque ou à d'autres maladies cardiovasculaires. Dans l'ensemble, les résultats pour le groupe "extraordinaire" semblaient à peu près identiques à ceux du groupe "exercice élevé". Ils avaient un IMC (indice de masse corporel), une VO2max, un taux de cholestérol, une calcification des artères coronaires similaires. La taille de l'échantillon est petite et les résultats deviendront de plus en plus précis à mesure que le temps passera et que le nombre de sujets de tous les groupes diminuera. Mais pour l'instant, il ne semble pas y avoir d'impact évident d'une pratique du sport intensive sur le coeur.

Si vous êtes du genre à voir le verre à moitié vide, vous pourrez arguer du fait qu'il ne sert à rien de faire du sport à haute dose puisque cela n'a pas d'effets par rapport à une activité normale. Par contre si vous voyez le verre à moitié plein, vous vous direz que pratiquer une activité physique de façon intensive ne risque pas de vous être fatal.

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