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Nirmal « Nims » Purja est beaucoup plus qu’un « photographe viral »

  • 6 août 2019
  • 4 minutes

Anna Callaghan Anna Callaghan Anna Callaghan est rédactrice et réalisatrice indépendante basée à Boulder, dans le Colorado.

L'homme qui a pris la photo la plus choquante de l'Everest cette année est sur le point de battre l'un des records les plus incroyables de l'alpinisme. Il y a deux ans, rares étaient ceux qui le prenaient au sérieux. 
Flash-back sur un parcours fulgurant.

Qui n'a pas vu la photo d'un embouteillage sur le mont Everest? Prise le 22 mai au bas de la crête du sommet, elle est rapidement devenue virale et a fait la une de la presse mondiale. L'homme qui l’a prise, le grimpeur népalais Nirmal "Nims" Purja, a attendu calmement dans la file d'attente et a aidé à gérer le goulot d'étranglement conduisant vers les cordes fixes. Sa patience était d’autant plus impressionnante, qu’il avait quelques urgences à régler cet après-midi-là.

Embouteillage sur l'Everest
Embouteillage sur l'Everest. (Project Possible/Facebook)

Après avoir atteint le sommet de l'Everest à 5h30 du matin, Nirmal Purja parvient au sommet du Lhotse, le quatrième sommet le plus haut du monde, à 8516 m d'altitude. Il se rend ensuite jusqu'au camp de base de Makalu et l'atteint d'un seul coup, alignant ainsi les trois sommets dans une fenêtre de 48 heures. 

Avec cette ascension finale, l’alpiniste de 34 ans a achevé la première des trois phases de ce qu'il appelle le Projet Possible : une tentative de gravir les 14 sommets de 8 000 mètres existants en seulement sept mois (le record actuel est juste en dessous de huit ans). Au cours de la première phase, il a grimpé l'Annapurna, le Dhaulagiri, le Kanchenjunga, l'Everest, le Lhotse et le Makalu en un seul mois. Nirmal Purja , bien que toujours en quête de fonds pour financer le reste de son projet, a décidé de partir quand même pour le Karakoram. Le 3 juillet, il atteint le sommet des 8125 m du Nanga Parbat, qui marque la mi-parcours de son énorme projet. 
Puis il grimpe le Gasherbrum I le 15 juillet et Gasherbrum II le 18 juillet. Il atteint le sommet du K2 le 24 juillet, après que de nombreuses équipes aient dû plier bagages, au regard des conditions météo dangereuses. Deux jours plus tard, il est au sommet du Broad Peak, atteignant son onzième sommet de 8 000 mètres en un peu plus de 90 jours. Cet automne, il s'attaquera au Manaslu, au Cho Oyu et au Shishapangma.

Purja n'a pourtant pas grandi dans les villages d'altitude de l'Everest comme beaucoup de Népalais et de Sherpas qui travaillent dans les montagnes. Il vient de Narayanghat, ville située à moins de 300 m au-dessus du niveau de la mer, où les touristes cherchent à apercevoir des tigres, pas des cimes, piolet à la main.  Suivant les traces de son père, Purja a rejoint à 18 ans les Gurkhas, une unité de soldats népalais existant au sein de l'armée britannique depuis l'époque coloniale. Il y a servi pendant six ans avant de se tourner vers les forces spéciales, où il a passé une autre décennie. 

En 2012, comme il en était las de raconter, que, « non, il n'avait jamais vu le mont Everest ! », il décide de se rendre au camp de base du toit du monde. Au deuxième ou troisième jour du trek, à la hauteur de Namche Bazaar, la plus grande ville de la vallée de Khumbu, commence à sérieusement monter. Alors qu'il atteint la crête de la colline, Nirmal Purja aperçoit l’impressionnant Ama Dablam et demande à son guide s'ils peuvent l'escalader. Pas question, ce n’est pas un sommet pour débutant, lui répond le guide. Mais Purja parvient à le convaincre de l'emmener jusqu’au Lobuche Est, un sommet moins technique de 6000 m. L’ex Gurkha apprend rapidement à marcher avec des crampons sur un coin d'herbe dans un village voisin et, accompagné de son guide, il parvient au sommet. 
Deux ans plus tard, Purja tente son premier sommet de 8 000 mètres, le Dhaulagiri. "C'est là que j'ai découvert que je m’en sortais bien en haute altitude, dit-il.
Dès lors, Nims consacre toutes les vacances accordées par les forces spéciales à grimper dans l'Himalaya. En 2017, il escalade ainsi l'Everest, le Lhotse et le Makalu en l'espace de cinq jours, établissant un record qu'il a lui-même battu ce printemps. 

En mars cette année, il quitte l'armée (lesté d’une généreuse retraite), vide son compte d'épargne, ré hypothèque sa maison et lance « Project Possible ». "Quand j'ai rejoint les forces spéciales, ce n'était pas pour l'argent, mais par pur désir de servir dans une unité d'élite ", raconte Purja. "C'est le même principe maintenant. Je suis mon coeur."

(Courtesy Nirmal Purja)

Outre les embouteillages auxquels il a dû faire face sur l'Everest, Purja a eu beaucoup plus que sa propre ascension à gérer cette année. Le 23 avril, lui et son équipe atteignent le sommet de l'Annapurna, une montagne de 8090 m qui tue un alpiniste sur trois. En descendant, Nims et ses équipiers entendent parler d'un grimpeur seul à près de 7620 m. Wui Kin Chin, un Malaisien de 49 ans, est alors incapable de se déplacer seul; le sherpa de Chin, Nima Tshering, lui donne son oxygène et descend pour obtenir de l'aide. L'équipe de Purja, après seulement quatre heures de sommeil, monte jusqu'à Chin et parvient à le ramener au camp 3 où un hélicoptère peut enfin l’embarquer. Nima Tshering et Chin ont été hospitalisés pour leurs blessures. Et Purja s’est exprimé avec colère sur les médias sociaux face à la lenteur avec laquelle les secours de Chin ont réagi à la situation ; Chin n'a pas survécu. 

Le 15 mai, en descendant du Kanchenjunga, le troisième plus haut sommet du monde, Purja et ses partenaires, Mingma David Sherpa et Gesman Tamang, rencontrent deux alpinistes à court d'oxygène : l’Indien Biplab Baidya, et son guide, Dawa Sherpa. Les équipiers de Nims donnent aux hommes leurs propres réserves d'oxygène et commencent à les aider à descendre. En route, ils trouvent un autre grimpeur indien, Kuntal Karar, également en manque d'oxygène et seul. Purja lui donne son oxygène, mais Karar est mort peu après. Ils ont demandé à plusieurs reprises de l'aide et de l'oxygène supplémentaire, mais leur appel n’a pas été entendu. "Vous pouvez imaginer à quel point il est difficile d'opérer une mission de sauvetage à 8450 m sans O2", écrira Nirmal Purja plus tard sur Instagram. "On m'a dit que 3 sherpas venaient avec de l'O2. Personne n'est jamais arrivé. Cela a sérieusement affecté mon équipe et nous avons pris un énorme risque." Les partenaires de Purja ont tous deux commencé à montrer des signes d'œdème cérébral dû à la haute altitude et ont dû descendre. Baidya est mort peu avant d'atteindre le camp 4. 

Bien que Nirmal Purja ait été constamment confronté aux risques de l'escalade en haute altitude cette saison, il s'est toujours fixé un objectif. En avril dernier, Purja a déclaré que certains se moquaient de lui quand il leur parlait de ses plans. Comme si c'était une blague, ou un exploit trop grand pour lui. Mais les grands objectifs, comme les grandes montagnes, sont abordés une étape à la fois. Onze de moins, plus que trois, maintenant !

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