S'abonner Se connecter
Outside
Outside : aventure training voyage culture
  • Aventure
  • Santé
  • Voyage
  • Société
  • Équipement
  • Films
  • Podcasts

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER

Tout Outside, en accès illimité

Enquêtes, récits, reportages - sans publicité

✔︎ 30 jours gratuits
✔︎ puis 6,90€/mois ou 69€/an
✔︎ Annulable à tout moment

S'ABONNER
Mont-Blanc du Tacul
  • Société

Mont Blanc : l’avion suisse s’était posé deux fois

  • 20 juin 2019
  • 4 minutes

Sylvie Sanabria Sylvie Sanabria Longtemps allergique à toute forme de sport, Sylvie se révèle sur le tard marathonienne, adepte du yoga et s’initie même au surf et à la voile. En 2018, elle co-fonde Outside.fr dont elle prend la direction éditoriale. Elle est basée à Paris et dans les Cévennes.

Mardi 18 juin, deux alpinistes suisses en mal d’ascension sans efforts étaient interceptés par les gendarmes du PGHM après avoir posé leur avion à 4450 mètres d'altitude, près du mont Blanc, entre le mur de la Côte et les Rochers rouges supérieurs. Une zone qui a priori ne fait pas partie des sites d'atterrissage autorisés en montagne. Or, le biplace avait déjà atterri dans la zone la veille, lundi 17 juin, révèle Jean-Marc Peillex, maire de Saint-Gervais - point de départ de la voie normale -  dans une interview accordée à Outside.

Dans un communiqué diffusé mercredi, l'Aéroclub de Genève, incriminé dans l’affaire, invoque une zone répertoriée et autorisée par l'aviation civile française, qu’elle est votre position ?

L’affaire est entre les mains de la justice qui statuera mais il faut examiner le plan de vol et notamment le plan de retour.  S’il y a eu un temps de vol sur un endroit non autorisé, je ne vois pas comment ils auraient pu avoir une autorisation quand le moindre parapente doit en fournir toute une série. Donc, ce sont des petits menteurs ! En plus, dans tous les sites classés - et c’est le cas du mont Blanc - toute forme de publicité est interdite, or ils y sont allés avec un aéronef logoté au nom d’une belle marque de montre suisse. 

La marque en question, Breitling, a démenti toute implication dans cette affaire, expliquant que cette peinture officielle de la marque était le vestige d’une opération de « marketing d’influence » sur le thème « on vous offre la peinture de l’appareil en échange du nom de la marque ».

Quand on logote un avion, on s’assure de l’usage de la marque. Imaginez que du trafic de drogue soit fait avec un avion de ce type. La marque pourra toujours dire qu’elle n’est pas impliquée, mais elle sera toujours associée à ce trafic, c’est pareil. Quand on laisse véhiculer sa marque ainsi, on en accepte la responsabilité.

Surtout quand ça été fait deux jours de suite ! Ce n’est que le deuxième jour qu’ils se sont fait prendre. La première fois étant lundi dernier, d’après les guides. Un logo Breitling à 4450 m d’altitude sur un fond blanc, ça se remarque, comme l’ont constaté les gendarmes lors d’une rotation.

Donc pour vous, c’est un coup de publicité ?

Breitling a beau s’en défendre, tout comme l’aéroclub de Genève, il ne faut pas nous prendre pour des « lapins de six semaines ». Je pense que c’est volontaire, ce ne sont pas des gens qui ont atterri par nécessité. C’est une véritable opération qui a été montée, puisqu’ils sont sortis de l’avion pour « faire le mont Blanc ». 

C’est un business et une vraie violation de tous les textes. Ils ont fait un pied de nez à tout ce que nous voulons faire, tous ensemble, pour éviter que le mont Blanc continue d’être utilisé pour y faire n’importe quoi. On se souvient d’une autre marque suisse, Mammut, qui pour ses 150 ans avait organisé un concert au sommet du mont Blanc. Ça, on n’en veut plus ! D’abord, les Suisses, il faut qu’ils utilisent le Cervin, c’est bien mieux pour eux. 

Il n’y a pas d’aéroport au sommet du mont Blanc, il n’y en a jamais eu. Il y a des aires d’atterrissage qui sont prévues dans tous les massifs montagneux, mais elles ne sont pas prévues pour assurer la liaison Genève-mont Blanc. Sinon, l’année prochaine, pourquoi pas une ligne New York-mont Blanc ? 

Craignez-vous que ce premier atterrissage, encore non sanctionné, incite d’autres opérations de ce type ?

Bien sûr ! Parce que des cons il y en a d’autres. Mais l’État est un peu responsable de cette situation. Le mont Blanc est un site classé depuis 1951, or l’État s’est toujours refusé à faire respecter les textes. Le camping par exemple y est interdit, comme dans tout site classé, mais il l’a toléré. Il y a trois ans, j’ai dit au Préfet, ou vous déclassez le site du Mont-Blanc et dans ce cas-là, Kilian Jornet aura le droit de s’y promener tout nu, on pourra y monter un jacuzzi comme l’a fait un alpiniste un jour, ou même y faire des partouzes si on veut. Mais tant que c’est classé, il appartient à l'Etat de faire appliquer tous les textes qui régissent ces sites. 

Alors avec cette affaire, soit on se tait, mais tout le monde va le savoir: via les réseaux sociaux tout se sait. Et on verra des gens y tenter toutes les expériences possibles et imaginables. Soit, on le dénonce. Même si ça fait un coup de pub à Breitling, car ça en fait un. C’est bien connu : «  parler en bien comme parler en mal, c’est parler de vous ! » Au final on retiendra le nom de la marque, d’autant que même si c’est négatif aux yeux de quelques-uns … ce ne seront pas des acheteurs de Breitling.

On est au début d’une nouvelle réglementation pour redonner de la sérénité à cette course. Ce n’est pas le moment d’avoir des gens qui font de telles choses. Il n’y a pas eu mort d’homme, mais c’est symbolique.

Pensez-vous soutenir une action en justice contre Breitling ?

Non, mais moi je vais lancer un boycott de la marque, parce que maintenant il faut qu’ils se rachètent, c’est leur image. Je vais leur envoyer un petit message subliminal. S’ils veulent vraiment dire qu’ils sont opposés à de telles exactions, et bien qu’ils financent des actions environnementales dans ce massif. Ce serait une image positive pour eux!

Autrement dit, un deuxième coup de pub ?

Oui, mais ça ne me dérange pas, parce qu’il y a tant de choses à faire dans ce massif qui nécessitent de l’argent … A commencer par la Brigade Blanche, que nous venons de lancer ce 8 juin ( nouvelle unité de contrôle lancée cette année sur le massif en appui du PGHM, ndlr). Ce n’est pas la Confédération helvétique qui l’a financée, c’est la commune de Saint-Gervais !

La suite est réservée aux abonnés

Déjà abonné ? Se connecter
Votre premier article est offert
LIRE GRATUITEMENT
ou
S'ABONNER
  • Accédez à tous les contenus d’Outside en illimité. Sans engagement.
  • Votre contribution est essentielle pour maintenir une information de qualité, indépendante et vérifiée.
  • Vous pouvez aussi acheter cet article pour 1€

À lire aussi

Val d'Isère
La rédaction

L’Acte III de la loi Montagne ravive les tensions autour de l’eau et de la bétonisation 

col de la Loze satellite
La rédaction

Face à l’affaissement de la retenue du Col de la Loze, Courchevel joue-t-il aux apprentis sorciers ?

Elus JO 2030
Marina Abello Buyle

JO 2030 : 41 engagements environnementaux, entre petits gestes et zones d’ombre

Glacier Argentine
Marina Abello Buyle

Dans l’indifférence internationale, l’Argentine adopte une réforme affaiblissant la protection des glaciers

Plus d'articles

Outside le magazine de l'outdoor

Outside entend ouvrir les pratiques et la culture outdoor au plus grand nombre et inspirer un mode de vie actif et sain. Il s’adresse à tous ceux qui aspirent à prendre un grand bol d’air frais au quotidien et à faire fonctionner leurs muscles comme leurs neurones avec une large couverture de l’actualité outdoor.

Newsletter

L’aventure au cœur de l’actualité. Chaque vendredi, les meilleurs articles d’Outside, directement dans votre boîte mail.

Liens

  • A propos d’Outside
  • Abonnements
  • Retour d'aventure
  • Mentions Légales
  • CGV
  • Politique de confidentialité
  • 1% for the Planet
  • Offres d’emploi
© Outside media 2026
Activer les notifications