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Mission survie : Le bivouac d’urgence en montagne

  • 19 août 2019
  • 4 minutes

David Manise David Manise

Erreur de parcours, mauvaise méteo, blessure … tout peut nous conduire à passer une nuit imprévue en montagne. Aucun abri en vue, comment faire ? David Manise, notre expert en survie, nous donne les principes de base du bivouac et le matériel incontournable.  Avec moins d’1 kg d’équipement simplissime, vous resterez au chaud et au sec. 

En temps normal, à la fin d'une sortie, on rentre. C'est d'ailleurs ce que je comptais faire ce jour-là. Parti en hiver me promener dans le Vercors ("le froid est pour moi le prix de la liberté ..."), je me suis fait prendre par un brouillard tellement dense que je ne voyais même plus mes raquettes. Après avoir tenté de m'orienter avec carte et boussole un moment, le terrain un peu scabreux où je me trouvais a commencé à devenir trop risqué pour y aller à l'aveuglette. Rien de majeur, rien qui ne soit même indiqué sur la carte, mais les petits lapiaz, les petites barres rocheuses de 2-4 mètres, et les autres joyeusetés des plateaux karstiques locaux m'ont vite fait prendre conscience que la visibilité que j'avais était largement insuffisante. J'ai pris mon téléphone, j'ai fait un SMS à ma chérie de l'époque : "ça craint trop pour avancer, je suis à peu près à tel endroit (coordonnées GPS approximatives, déduites depuis ma position sur la carte), je dors sur place et je rentre quand j'y vois quelque chose".

Elle n'était pas particulièrement inquiète. Plutôt irritée parce qu'elle a dû s'imaginer que je faisais un peu exprès.

Ceci dit, de pouvoir bivouaquer avec peu de choses, ce jour-là, m'aura probablement évité de faire une petite chute. Une petite chute pas trop grave dans l'absolu. Une petite chute où j'aurais pu me faire la petite fracture qui m'aurait immobilisé, pendant que le froid aurait pu terminer le boulot. Et j'aurais eu beau appeler les pompiers, dans ce brouillard, ils auraient mis un moment à me trouver. 

Du coup, dans ce petit article, je vais illustrer quelques principes de base pour bivouaquer avec très peu de matériel (moins d'un kg, au total), pour que vous ayez cette possibilité aussi dans votre trousse à outils. Et que vous puissiez faire des choix plus librement. Sait-on jamais. 

Bivouac avec un micro-tarp (photos de David Manise)
bivouac avec un poncho

Principes

Je ne vais pas vous refaire tout le module "régulation thermique" des stages de survie du CEETS, mais gardez à l'esprit que : 

  • L'air froid est plus dense que l'air chaud... le soir, il suit les pentes et s'accumule dans les cuvettes ; il est important de se trouver un endroit hors de ces courants catabatiques, et toujours à quelques mètres de dénivelé au-dessus des lacs et autres cours d'eau.
  • Nous perdons énormément de chaleur par la tête et le cou ; un tour de cou et un bonnet augmenteront drastiquement vos chances de survie pendant la nuit.
  • Votre petite doudoune (idéalement avec un isolant en synthétique) vaut son pesant d'or, en ces moments-là.
  • Des sous-vêtements thermiques (haut et bas), c'est compact et léger, et ça change la donne aussi !

Matériel

L'idée ici est de pouvoir improviser un bivouac avec un matériel minimal, mais qui permettra de passer la nuit sans mourir de froid dans un environnement dénué d'arbres (en montagne, quoi), jusqu'à 5 ou 10°C environ, y compris sous la pluie et avec un peu de vent. C'est typiquement le genre de configuration qu'on rencontre en été, en moyenne montagne, au-dessus de la limite des arbres, la nuit.

En milieu boisé, les solutions seront plus nombreuses, évidemment. Et s'il fait plus froid, il vous faudra plus de matériel... On pourra éventuellement reparler du bivouac par temps froid et/ou en milieu forestier dans une prochaine rubrique.

Il vous faudra donc : 

  • Un poncho ou un micro-tarp en silnylon (100-200g selon les modèles).
  • Quatre sardines, deux ou quatre petits tendeurs ou ficelles de 1-2m (quelques dizaines de grammes tout au plus) ;
  • Un petit bout de mousse isolant, bricolé pour être plié en deux et faire deux fois la surface du dos de votre sac à dos (200g à tout casser).
  • Des vêtements chauds : sous-vêtements thermiques haut et bas, petite doudoune, bonnet, tour de cou / chèche (300 g environ)
  • Des vêtements de pluie : cuissardes ultra-légères et veste de pluie avec capuchon : ces derniers viendront stabiliser l'air chaud près de votre peau et complètera votre isolation, surtout s'il y a du vent (100g pour les cuissardes, et 200g pour une veste de pluie ultra-légère).
  • La doudoune, selon les modèles, pourra être très légère ou un peu plus lourde... Plus elle sera lourde, plus elle sera fiable, en général. Les fibres synthétiques, en effet, sont plus lourdes que la plume, mais tolèrent bien mieux l'humidité et restent chaudes même trempées... à vous de voir !

L'intérêt de ce système est d'utiliser des pièces d'équipement qui sont polyvalentes, et qui pourront vous servir aussi pendant la journée, et donc de ne pas porter trop de poids juste "au cas où". 

Le petit carré de mousse, une fois déplié, couvre tout juste la surface entre votre hanche et votre épaule, et vous permet de dormir en chien de fusil avec un isolant correct, au sol, pour le haut du corps. Cela fera une grande différence, thermiquement, même si le sol n'est pas très froid. On perd énormément de chaleur par conduction. Ce même petit mousse peut également servir pour s'assoir, s'agenouiller sans se faire mal aux rotules, etc. 

Le poncho, de son côté, peut être tendu en appentis, avec deux bâtons de rando (ou n'importe quel support), ce qui protège d'une petite pluie sans problème, et permet de couper le vent sur un côté. On peut aussi le tendre en "poulpe" : 4 ancrages au sol, tous plus ou moins à la même hauteur. Le poncho est alors surélevé par le capuchon tirant vers le haut, en son centre. On peut le surélever soit en tirant une ficelle sur une branche ou un point haut, au-dessus, on en plaçant ses bâtons de rando à l'intérieur, comme des mats, piqués dans le sol.

Bien sûr il vous reste à parfaire, entre autres,  la technique des noeuds, les méthodes pour choisir son emplacement  - c’est ce qu’on enseigne dans les stages de survie de niveau 1  - mais si vous gardez en tête ces quelques points essentiels, vous avez déjà les premières bases ! 

Cette rubrique est réalisée en collaboration avec David Manise, instructeur de survie et de self-protection depuis 2003. Fondateur du forum vie sauvage et survie, il est également  à l’origine du CEETS, Centre d’Etude et d’Enseignement des Techniques de Survie.

Formateur, il est aussi conférencier, traducteur et auteur de plusieurs ouvrages, notamment :  La vie est injuste, et à la fin tu crèves. « Un petit essai énervé sur la différence entre la théorie et la pratique » et Manuel de [sur]vie en milieu naturel, chez Amphora, en juin 2016.


Envie d'en savoir plus? Lire aussi: Mission survie : les 3 manuels qu’il est encore temps de dévorer.

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