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Mission survie : en rando, comment réagir face à un chien agressif ?

  • 30 septembre 2019
  • 4 minutes

David Manise David Manise

Face à la recrudescence des attaques de loups et de chiens errants sur les troupeaux, les éleveurs se dotent de chiens de défense des troupeaux. Leurs interactions avec les randonneurs mal avertis causent de nombreuses frayeurs et quelques blessures chaque année. David Manise, notre expert en survie, rappelle ici quelques principes simples qui vous éviteront les ennuis, et pourront faciliter la vie des bergers, bouviers et autres éleveurs.

En France, ces chiens de troupeau sont choisis pour leur agressivité modérée. Conscients des risques pour les promeneurs, les éleveurs ne s'autorisent pas à choisir des chiens trop agressifs. Dans d'autres pays, les chiens de défense sont de véritables fauves, très agressifs et souvent énormes. Utilisés par les locaux pour protéger les troupeaux non seulement des loups, mais aussi parfois des ours ou même des panthères ou des tigres, ces chiens de protection peuvent représenter une menace réelle pour les voyageurs. Ainsi, les bergers d'Anatolie (65kg pour les mâles), ou autres dokhyi du Tibet (ou mastiffs Tibétains, pesant parfois plus de 100kg pour les mâles) sont connus pour leur férocité. Un ami, ayant traversé à pied l'Europe et l'Asie, me racontait ainsi que le plus gros problème rencontré pendant son voyage n'avait pas été les bandits ou les mafieux, mais bien ces kangals ultra-agressifs fondant sur lui à deux ou trois dans les plaines de la Turquie... il a réussi à rentrer indemne en suivant les quelques conseils qui suivent.

troupeau de moutons montagne
(Federica Giusti)

Les chiens, loups, et de nombreux autres carnivores (dont les ours) ont un comportement agressif pour deux raisons principales : 

  • La défense d'un territoire, d'un groupe, de leurs petits ou d'un objet (repas, bâton).
  • Des enjeux de dominance ou de soumission.

Tous ont également un réflexe de poursuite qui leur fait identifier tout être qui s'éloigne d'eux rapidement comme étant une proie, et tout ce qui leur fait face (ou ne fuit pas) comme une menace potentielle, ce qui les dissuade très souvent d'attaquer.

Maintenant, ils ont également un problème avec quiconque les défie trop directement, et remet en question leur statut social. Le langage non-verbal est globalement le même chez les chiens, les loups, les ours et de nombreux carnivores (dont les primates, y compris les humains) : se tenir face à eux, se grandir, les fixer dans les yeux ou montrer les dents est pour eux un signe de dominance et de défi. Dans ce cas, c'est quitte ou double : soit ils se soumettront, soit ils passeront à l'attaque devant cet affront.

En groupe, les chiens errants, chiens de troupeaux et loups adoptent toujours plus un moins la même tactique, instinctivement. Cernant leur proie (ou un intrus), ils attaquent toujours par derrière. Ainsi, si deux kangals vous aboient dessus par devant, c'est celui qui arrivera par derrière qui tentera généralement de mordre, si l'occasion se présente. 

Cela dit, bonne nouvelle : les chiens de défense de troupeaux sont généralement des chiens de défense. Ils ne vont pas forcément attaquer directement les intrus, mais d'abord chercher à les impressionner et à les faire fuir, surtout s'ils ne se comportent ni comme des proies, ni comme des menaces.

Pour leur transmettre ce double-message, la conduite à tenir est simple : 

  1. Rester calme, surtout, ne pas fuir.
  2. Se placer à 45° face au(x) chiens : pas de face, mais pas de dos.
  3. Garder les bras le long du corps, et reculer tranquillement, en leur parlant doucement, éventuellement.

Les chiens vont généralement vous suivre un moment en grognant et en aboyant, mais si leur agressivité diminue avec la distance, c'est que vous vous déplacez dans le bon sens. Reculez ainsi tranquillement aussi longtemps que nécessaire. Ils retourneront ensuite vers le troupeau. De là, obliquez pour contourner largement le troupeau (à plusieurs centaines de mètres, voire quelques kilomètres, selon le cas).

Trois niveaux d'agressivité faciles à lire, chez les chiens : 

  1. Aboyer consiste à prévenir la meute de votre présence, c'est une simple alerte.
  2. Grogner consiste à vous prévenir vous de leur présence ; c'est un message de menace explicite.
  3. S'ils plient les pattes et se rapprochent du sol, couchent les oreilles, babines retroussées, et se taisent, ils ne sont plus en train de chercher à communiquer : l'attaque est l'étape suivante.

Si vous avez un chien avec vous, il sera la cible prioritaire des chiens de défense. Si vous avez un spray au poivre, vous pouvez l'utiliser AVANT que les hostilités ne s'enclenchent entre les chiens. Ensuite, une fois lancés dans l'action, il faudra malheureusement attendre que ça se termine, et gérer les blessures.

De manière générale, il vaut mieux éviter d'emmener votre chien dans les endroits où des troupeaux sont présents et sinon, à défaut, il faudra le tenir en laisse et faire de très larges détours pour éviter le contact.

La zone protégée par les chiens de protection est généralement de plusieurs centaines de mètres autour d'un troupeau. Les kangals et les dokhyi, eux, protègent toute la zone qu'ils peuvent voir : parfois plusieurs kilomètres à la ronde s'ils sont postés sur une hauteur, en terrain dégagé. La seule manière de s'en débarrasser est souvent de s'éloigner assez pour qu'ils ne voient plus le troupeau qu'ils protègent.

Les chiens errants, de leur côté, sont un véritable problème dans de nombreux pays. En Inde et au Népal, notamment en ville, ils sont un danger bien réel pendant la nuit. Dans de nombreux pays pauvres d'ailleurs, les meutes de chien errants sont un vrai fléau, et limitent réellement les possibilités de déplacement de nuit. Seuls, ils n'osent pas s'en prendre aux humains, mais à plusieurs ils deviennent beaucoup plus téméraires. Heureusement, ils craignent les humains et on peut assez facilement les faire fuir en adoptant une posture agressive, ou en mimant le fait de ramasser un caillou par terre et de le leur jeter. 

Cerné par des chiens vraiment agressifs, si vous êtes plusieurs, il faut se tenir dos à dos pour les empêcher de vous attaquer par derrière. Vous avez alors de bonnes chances de vous en sortir sans trop de bobo. Seul, vous êtes évidemment bien plus vulnérable. Faute d'une hauteur où vous réfugier, il faudra bien souvent combattre avec les moyens du bord. Dans ce genre de cas, une bonne dose de détermination, un spray au poivre (très efficace contre les chiens, qui ont la truffe sensible), une corde lestée d'un truc dur, ou un solide bâton seront des atouts majeurs... mais mieux vaut se débrouiller pour ne pas en arriver là !


Cette rubrique est réalisée en collaboration avec David Manise, instructeur de survie et de self-protection depuis 2003. Fondateur du forum vie sauvage et survie, il est également  à l’origine du CEETS, Centre d’Etude et d’Enseignement des Techniques de Survie.

Formateur, il est aussi conférencier, traducteur et auteur de plusieurs ouvrages, notamment :  La vie est injuste, et à la fin tu crèves. « Un petit essai énervé sur la différence entre la théorie et la pratique » et Manuel de [sur]vie en milieu naturel, chez Amphora, en juin 2016.


Envie d’en savoir plus? Lire aussi: Mission survie : les 3 manuels qu’il est encore temps de dévorer.

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