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Le Polar Pod de Jean Louis Etienne avec en fond un bateau et la banquise
  • Aventure
  • Exploration

Mission Océan Austral pour Jean-Louis Etienne

  • 7 mars 2019
  • 4 minutes

Raphaëlle Bartet Raphaëlle Bartet Journaliste santé, passionnée de montagne, elle est adepte des trésors d'activités dont cette dernière recèle sur terre, dans l'eau ou le ciel.

Premier homme à avoir atteint le Pôle Nord en solitaire, Jean-Louis Etienne poursuit la préparation de sa prochaine expédition polaire à bord du Polar Pod. A la veille de la sortie de son nouveau livre, Osez l’autonomie, rencontre avec un explorateur de 72 ans infatigable.

La veille de notre entretien, Jean-Louis Etienne a appris une bonne nouvelle : son navire révolutionnaire, le Polar Pod, vient d’être décrété apte à la navigation par la Commission centrale de la marine marchande. La construction de cette plateforme océanographique habitée devrait donc pouvoir commencer au deuxième trimestre 2019. Un pas de géant franchi pour ce bateau conçu à la verticale afin de mieux résister aux vents violents des Cinquantièmes hurlants. C’est dans cette zone de l’océan Austral proche de l’Antarctique, entre le 50èmeet le 60èmeparallèle, que l’explorateur devrait mettre le cap à l’automne 2021.

Le dernier projet de Jean-Louis Etienne s'inspire d'un dispositif de la NAVY pour écouter les sous-marins dans le Pacifique

Jean-Louis Etienne décrit son projet comme « impliquant, passionnant et d’intérêt planétaire ». Celui de toute une vie, ou presque. Sa genèse ? La méconnaissance de l’océan Austral et l’absence de campagnes océanographiques. « Réserve de la biodiversité marine et acteur majeur du climat, cet océan est le principal puit de carbone océanique de la planète », explique-t-il. « Une partie du CO2 que l’on émet en excès, responsable du réchauffement climatique, se dissolvant dans les eaux froides ». 

La future mission de l’explorateur des pôles remplit un triple objectif : mesurer les échanges atmosphère air océan, notamment le CO2. Mais aussi réaliser un inventaire de la faune marine par acoustique en les étudiant grâce à une balise et des hydrophones, le Polar Pod, sans moteur, étant parfaitement silencieux. Le troisième axe de travail repose sur l’analyse des microplastiques pris dans les courants, points d’entrée des polluants océaniques dans la chaîne alimentaire. « Avec les UV et l’érosion, les bouteilles d’eau jetées à la mer sont décomposées en microplastiques sur lesquels se développe le phytoplancton »,détaille le scientifique. « C’est sur ces herbes marines que les polluants vont se fixer avant d’être mangés par le zooplancton ».

A bord, 5 ingénieurs et 3 marins

Pour mener à bien un tel programme, le Polar Pod ambitionne de suivre le flux et les tourbillons du Courant Circumpolaire Antarctique entre 50 et 55°S sur une zone de 24 000 km, durant deux ans et sans motorisation. L’objectif zéro émission nécessite comme principale source d’énergie le vent, dont l’équipage ne devrait pas manquer. « Pour rester en autonomie sur cet océan, je me suis rapproché d’un bureau d’études qui m’a conseillé d’aller voir le FLIP, un navire américain vertical conçu par la NAVY pour écouter les sous-marins dans le Pacifique. Nous allons adopter le même principe ». A bord du Polar Pod, la production d’électricité pour alimenter les besoins de l’équipage, les équipements scientifiques, les télécommunications ou le dessalement de l’eau de mer sera assurée par 4 éoliennes et des cellules photovoltaïques stockées dans 2 packs de batteries au lithium.  

https://youtu.be/PfXnki-EPdk
Le Polar Pod réalisera un tour complet de l'Antarctique, le long du courant circumpolaire austral

Huit ans de travail, en lien avec 12 pays et 43 institutions, ont été nécessaires pour concevoir le géant de 100 mètres de haut et 1000 tonnes qui hébergera 5 ingénieurs et 3 marins. Si cette véritable plateforme océanographique est financée par l'Etat, reste, à plusieurs mois du départ, à trouver les fonds pour l’expédition en elle-même. 

Le Polar Pod répond à un rêve d’enfant de Jean-Louis Etienne, bricoleur dans l’âme. « J’aime créer et façonner de nouveaux véhicules.C’est la liberté que je me suis accordée. Dans chacune de mes expéditions, on trouve une construction. Pourla traversée du Pôle nord en ballon j’ai ainsi produit la capsule et appris à piloter ».

De l’Himalaya au Pôle Nord

L’autonomie du Polar Pod, c’est aussi celle de Jean-Louis Etienne.  Un thème qu’il a développé dans son dernier ouvrage, Osez l’autonomie*. « Elle est en moi depuis toujours. Je me suis souvent débrouillé seul. A 15 ans, j’ai refait l’électricité de ma chambre. Puis j’ai réparé ma mobylette et mes voitures ». 

Ses vies sont multiples, s’enchaînent et se complètent. Après le collège technique, où il suit une formation de tourneur-fraiseur, il devient interne en médecine avec comme objectif la chirurgie. « La médecine m’a amené à réaliser un rêve d’enfant : celui de faire des expéditions. Je voulais devenir alpiniste ». Ses idoles de jeunesse s’appellent Walter Bonatti et Lionel Terray.

Durant ses études, il s’intéresse à l’aspect médical de la physiologie humaine dans des conditions extrêmes, ce qui lui donnera l’occasion de partir comme médecin et équipier durant 12 ans en Himalaya, au Groenland et en Patagonie. En 1977 et 1978, il embarque à bord du Pen Duick VI avec Éric Tabarly lors de sa course autour du monde. « J’ai réalisé avec un naturel total et une envie inépuisable toutes ces expéditions, avant de me dire qu’il était temps de mener la mienne ». 

Travailler la maîtrise émotionnelle

En 1986, Jean-Louis Etienne sera le premier homme à atteindre le Pôle Nord en tirant son traineau avec ses ravitaillements durant 63 jours. « L’expérience a été si forte que je me suis dit : je veux que ça devienne ma vie. J’aurais pu devenir médecin ou menuisier, mais j’ai tout abandonné pour devenir organisateur d’expéditions. Ces 63 jours ont constitué une retraite très puissante, ils ont orienté ma vie. Tout reposait sur mon envie. Au début, j’avais toute lesraisons d’abandonner. J’étais fragilisé, la glace était très abimée. Il faisait -52 sous la tente. Pourtant, j’ai résisté et persévéré ».

Comment vit-il l’entre deux expéditions ? « J’aime partir et j’aime revenir » souligne Jean-Louis Etienne qui a vécu entre la France et les Etats-Unis avant de se poser à Paris où il réside. « Quand j’ai terminé quelque chose de complexe, un espace énorme s’ouvre, l’espace de tous les possibles » explique cet amoureux de tous les déserts. « J’aime leur intensité, leur silence et l’apesanteur du monde. J’aime me sentir sur une autre planète ». 

Celui qui dit n’avoir ni méthode, ni école, mais être autodidacte en tout, a une approche personnelle de la relaxation. « Une expédition commence à partir du moment où j’en ai l’idée. Dès le montage du projet, je suis déjà parti et en immersion. Je passe alors mon temps à trouver des solutions aux problèmes matériels. C’est pour moi la meilleure préparation psychologique. En être imprégné permet de mieux affronter les difficultés. C’est un chemin jalonné d’échecs et de conquête, particulièrement pour le prochain ». Son secret ? Travailler la maitrise émotionnelle, relativiser en donnant de l’importance à sa vie. 

*Osez l’autonomie, Editions Rustica, sortie le 15 mars 2019

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