Les cyclistes sur route s’entraînent depuis longtemps chez eux, sur hometrainer. Grâce au RipRow, les adeptes du VTT pourraient bien prendre le même chemin. Loin d’être un énième gadget, cette innovation change la donne. Notre journaliste l’a testé, il a été conquis.
Lee McCormack, l’inventeur de ce nouvel engin, en fait la promesse : « Une seule journée sur RipRow suffit pour améliorer votre pilotage. » Ambitieux. Nous avons donc voulu l’essayer par nous-même.
Comparé aux spécialistes, je suis un pilote plutôt moyen. Cela dit, j’adore rouler et je pratique depuis près de 20 ans. Je participe à au moins une course par an et j’en ai déjà plusieurs de 24h à mon actif. J’ai fait des milliers de kilomètres sur mon VTT semi-rigide et j’ai même choisi la ville où je vis actuellement en partie pour sa proximité avec mes sentiers préférés. Mais mon niveau stagne depuis longtemps, aussi bien en descente qu’en montée. Puis un jour, j’ai découvert le RipRow.
Qu’est-ce le RipRow ?
Cet appareil de 18 kilos est une plate-forme instable équipée d’un guidon et d’un cadre que vous poussez et tirez entre vos pieds, comme si vous étiez sur un VTT sur un chemin accidenté. La résistance est assurée par des amortisseurs réglables : un pour la traction et un pour la poussée. L’inventeur de RipRow, Lee McCormack, spécialiste de VTT basé à Boulder dans le Colorado, le décrit comme un excellent appareil pour travailler sa force et son agilité dans différentes disciplines : « VTT, BMX, cyclocross, motocross, ski, équitation, transport de meubles et … fabrication de bébés. »
J’ai rencontré Lee pour la première fois alors que lui et moi étions sur des tables côte à côte, dans un centre de rééducation. Je me remettais d’une opération de l’épaule, lui essayait d’en éviter une. Lee fait du VTT depuis 25 ans et l’enseigne depuis dix ans. Il a écrit un tas de livres sur le sujet et avec le temps, certaines choses l’ont interpellé.
« Mes épaules étaient détruites par un pilotage imprécis » dit-il. Il remettait aussi en question certaines idées de base sur la conduite : « J’ai toujours pensé qu’on devait tirer et baisser le guidon vers le haut ou vers le bas pour passer les obstacles, mais en fait c’est beaucoup plus nuancé. » Regardez le profil d’un vélo, et imaginez un cercle avec le pédalier en son centre – la découverte de Lee est que les cyclistes se balancent sur leurs pieds près de ce centre, tandis que le guidon du vélo se déplace sur un rayon à partir de ce centre, pas simplement de haut en bas (comme on pourrait l’observer sur une pompe).
Le RipRow est la création qui a répondu à ses interrogations. « Il m’a montré précisément comment ajuster un VTT pour une maniabilité optimale et il m’a appris à bouger plus efficacement, tout en améliorant ma force et ma confiance.” Au cours des cinq dernières années, le RipRow a connu huit versions. Des milliers de pilotes ont fourni leurs commentaires avant d’arriver au modèle que j’ai testé pendant deux mois.
Voici comment cela fonctionne : la plate-forme instable améliore votre équilibre et votre force musculaire au cours de l’entraînement. La résistance du cadre imite le mouvement du vélo, ce qui vous permet de retranscrire les mêmes sensations que si vous étiez sur un sentier de montagne.
Le test du RipRow
À 900 €, le RipRow coûte cher. Dès lors, pourquoi l’acheter plutôt qu’aller dehors et rouler, tout simplement ? Lee m’a dit de l’utiliser dix minutes par jour pendant quatre semaines et de voir ce que j’en pensais. Je l’ai installé dans mon bureau, à la maison, puis j’ai regardé les vidéos destinées aux débutants que l’on trouve sur le site de la marque.
J’ai commencé par m’exercer sur les neuf mouvements spécifiques du RipRow. “Ils reproduisent directement ceux qu’on peut connaitre sur un VTT. » Après avoir intégré ces mouvements, je me suis orienté vers les premiers entrainements. Il y a différentes durées et intensités, et même quelques simulations de course. Des segments de sentier ont été filmés par des vététistes professionnels. La vidéo POV (à la première personne) est idéale pour apprendre à lire les trajectoires à grande vitesse et à imiter les mouvements. Dans le coin inférieur droit de la vidéo, une personne effectue le déplacement sur le RipRow pour que vous puissiez l’imiter. C’est fun mais pas évident.
J’ai fini par tester le RipRow pendant deux mois. Je l’utilisais régulièrement, à la fois comme entrainement et comme échauffement avant les sorties.
Conclusion sur le RipRow
Les résultats ont été stupéfiants, surtout si l’on considère le peu de temps nécessaire pour les séances d’entraînement (la plupart durent de 10 et 40 minutes). Peu importe votre niveau, il vous sera utile.
Les gains les plus importants sont en descente. Je descends de façon plus fluide et plus rapide grâce à un bien meilleur positionnement sur le vélo. Surtout, j’ai gagné en confiance, chose primordiale pour cet exercice.
J’ai aussi trouvé le RipRow particulièrement utile pour l’échauffement. Je n’ai pas le niveau d’aérobie d’un pro – ça ne vient pas avec un sac d’EPO – mais j’ai senti un meilleur contrôle de ma position et donc une meilleure emprise sur mon vélo, notamment sur des terrains techniques. En gros, je me sens plus à l’aise, j’ai gagné en force et en endurance. À force de répéter les gestes, votre corps s’habituent.
Aux dernières nouvelles, il est difficile de trouver le RipRow dans des magasins français. Par contre, vous pouvez le commander sur le site web de la marque si vous consentez à payer les 250 € de frais de port…
Enfin, l'idéal serait que les salles de sport s'en équipent. A suivre.
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