A compter du 31 juillet, 23 h 59, les frontières néozélandaise seront complètement ouvertes au monde, mettant ainsi un terme aux mesures entrées en vigueur en mars 2020 pour lutter contre la pandémie. Une bonne nouvelle qui arrive avec deux mois d’avance sur le calendrier initialement prévu. De quoi réjouir tous ceux qui brulent de partir sur le Te Araroa, l’un des plus beaux sentiers du monde. Traversant les deux îles de la Nouvelle-Zélande, il offre un incroyable périple de 3000 kilomètres de nature sauvage, alternant des portions en pleine forêt tropicale et des crêtes surplombant de magnifiques lacs turquoise.
Finie la quarantaine de deux semaines dans des hôtels gérés par le gouvernement et surveillés par l’armée que la Nouvelle Zélande appliquait à toute personne arrivant de l’étranger. Le pays, pourtant relativement peu touché par la pandémie de Covid, un des plus prudents en matière de prévention, a décidé de réouvrir ses frontières plus tôt que prévu. Non pas en octobre 2022, comme annoncé dans un premier temps, mais au 31 juillet au soir. On peut donc d’ores et déjà songer à concrétiser ce qui pour beaucoup sera le voyage d’une vie, bilan carbone oblige.
Ce sentier est-il fait pour vous ? Quand y aller ? Avec quel budget ?... Avant de vous lancer, le point en 13 questions pratiques.

1 Pourquoi faire le Te Araroa ?
Le Te Araroa Trail a tous les arguments pour séduire les passionnés de trekking. Inauguré en 2011, il reste encore peu connu du grand public – apparemment encore moins des Néo-Zélandais eux-mêmes – et parcourt tous les paysages du monde, concentrés sur deux îles. Le tout, sur 3000 kilomètres. Plages, forêts, jungles, volcans, montagnes et fjords : voilà ce qui rend unique le « T-A », notamment sur la partie Sud, la plus sauvage.
2 Est-il accessible à tous ?
Une bonne condition physique est requise, mais rien de très technique dans ce trek. Une fois passée la première étape, votre corps est en route. C’est un sentier accessible, même aux débutants, il y a très peu de passages engagés. Ce qui va compter, si vous avez l’intention de le parcourir en entier, c’est le mental. Car le parcours complet est long et peut prendre de 50 à 80 jours, selon votre forme physique, votre ténacité, la météo et la vitesse à laquelle vous avancez. La bonne nouvelle, c’est qu’il peut être parcouru en sections. Donc en plusieurs fois si vous disposez de moins de temps.
3 Quelle est la meilleure période pour y aller ?
Si vous vous dirigez vers le sud, il est recommandé de partir de fin septembre à décembre. Un départ en janvier est possible, mais seulement si vous êtes un marcheur rapide, précise le site officiel du sentier. L’idée étant d’éviter de se trouver dans les hautes terres de l'île du Sud après le début ou la mi-avril. Si vous commencez tôt, attendez-vous à des pluies printanières abondantes dans les premiers temps. Certaines pistes ferment pour des périodes comprises entre avril et octobre. De plus, le temps en Nouvelle-Zélande peut être impitoyable pendant cette période. Aussi est-il recommandé de ne pas commencer avant la mi ou la fin septembre, et de ne pas terminer plus tard que la fin avril.
Si vous voyagez vers le nord, les départs de novembre-janvier sont les plus sûrs.
« Gardez à l'esprit qu'il s'agit de directives générales - le temps en Nouvelle-Zélande peut être difficile à prévoir, même en été. Si vous n'êtes pas à l'aise par temps humide ou froid, le plus sûr est de viser le milieu des périodes de voyage. C'est-à-dire un départ vers le sud fin octobre/début novembre ou vers le nord en décembre/début janvier », explique le site.
4 Dans quel sens le faire ?
Le sentier peut être parcouru dans les deux sens, mais la plupart des gens démarrent au départ du Cap Reinga en octobre ou novembre afin de parcourir la majeure partie de l'île du Sud pendant les meilleures conditions météorologiques d'été.
5 L’accès au sentier est-il payant ?
Non, hormis sur une courte section du Queen Charlotte Track, dans le haut de l’île du sud, le sentier est gratuit et n’est conditionné par aucun permis. C’est une énorme chance à l’heure où les sites naturels ont malheureusement tendance à être payants et/ou limités à des quotas. Aussi nous ne pouvons que vous recommander de respecter ce lieu exceptionnel afin qu’il reste accessible à tous. De plus l’office le gérant recommande, avant de vous lancer sur le chemin, de vous enregistrer afin de mieux connnaître le profil des marcheurs, de mieux répondre à leurs attentes mais aussi de vous fournir des informations précieuses en cours de route, notamment en cas d’alerte météo. Enfin, si votre expérience est positive, et nul doute qu’elle le sera, un don au Te Araroa Trust, aussi minime soit-il, est toujours un plus, pensez-y.
6 Où dormir ?
Sur votre parcours, vous trouverez des refuges du « Department of Conservation ». Pour y accéder, il est recommandé d'acheter un laissez-passer. Notez que ce pass ne couvre pas tous les refuges ni certains campings. Des cabanes et des campings privés sont aussi accessibles le long du sentier. Certains ont des tarifs fixes, d’autres s’appuient sur des dons. Enfin, selon la période et la zone dans laquelle vous vous trouverez, certains sites peuvent afficher complets, dans ce cas, avoir sur soi une petite tente ou de quoi bivouaquer vous sortira d’affaire. A moins que vous ayez la chance de tomber sur un de ces « trail angels » qui, comme sur le fameux PCT, offrent parfois un lit au marcheur !
7 Quel budget prévoir ?
« Pour assurer ses arrières, quand on veut faire le trail dans son entièreté, je conseillerais de prévoir entre 3500 et 5000€ », nous expliquait Dylan Moron, marcheur qui en est revenu avec un très beau film à découvrir ci-dessous. « Quand on part marcher en pleine nature, on ne pense pas forcément avoir besoin d’un gros budget. Mais il faut compter la nourriture, parfois des nuits en auberge, le « Hut pass » pour avoir le droit de dormir dans les refuges sur le sentier, prévoir éventuellement le remplacement de son matériel (chaussures et tentes qui s’usent sur une telle distance). Sur l’île du nord, il faut savoir que l’on a plus tendance à dormir dans un camping. Il faut aussi compter les shuttle-taxis, des espèces de navettes qui font la liaison entre le trail et les villes pour se ravitailler en nourriture. Sans oublier le ferry entre les deux îles. »
8 Comment s’équiper ?
Tout dépend bien sûr de la saison dans laquelle vous partez, et nous n’entrerons pas ici dans une liste complète, mais gardez en tête que la météo peut se montrer imprévisible en Nouvelle-Zélande et très violente parfois. Aussi à l’heure de faire votre sac, pensez poids, bien sûr, mais aussi sécurité, en toutes conditions. L’idée est d’avoir le bon matériel pour avancer en relative autonomie.
9 Peut-on se faire livrer des colis en cours de route ?
Oui, c’est une pratique courante. Et les points de chute, les fameuses « bounce boxes » sont facilement identifiables.
10 Comment accéder au sentier ?
Pour vous rendre au point le plus au sud de Te Araroa – Bluff, plusieurs options :
- Vol d'Auckland à Invercargill, puis bus ou auto-stop jusqu'à Bluff.
- Vol de Christchurch à Invercargill, puis bus ou auto-stop jusqu'à Bluff.
- Bus de Christchurch à Invercargill, puis bus ou auto-stop jusqu'à Bluff.
11 Faut-il un visa ?
Oui, il est obligatoire, hormis pour les Australiens et les Britanniques.
12 Peut-on le faire à vélo ou à cheval ?
Non, le sentier est conçu pour les randonneurs, et n’est pas adapté aux cyclistes. A noter que les chiens y sont strictement interdits.
13 Comment s’orienter ?
Le sentier est balisé et les cartes officielles régulièrement mises à jour chaque année au début du mois de septembre. Important, certaines sections pouvant être temporairement fermées. Elles sont gratuites.
Très utile aussi, l’appli dédiée au sentier : à télécharger ici.
Pour en savoir plus, c’est ici.
Voir ou revoir "Up and Down", le film de Dylan Moron sur son expérience sur le Te Araroa
Une alternative au Te Araroa : le tout nouveau le « Paparoa Track pour marcheurs et vététistes
Nous vous en parlions en mars 2020, un tout nouveau sentier, le « Paparoa Track », a étét inauguré en Nouvelle-Zélande. Notre journaliste l’avait testé et elle avait adoré !
Ce chemin intègre les mythiques « Great Walks », qui chaque année depuis 1993 attirent des milliers de randonneurs désireux de traverser les paysages emblématiques de la nation insulaire, des cols alpins de Milford Track sur l’île du Sud, aux volcans (encore actifs) du Tongariro Northern Circuit sur l’île du Nord. Nombre d’entre eux se trouvent dans des coins reculés et préservés, tous sont dignes d’être mis en valeur. Le Paparoa Track est le premier « Great Walk » créé depuis 25 ans. Il se trouve dans une zone particulièrement difficile, et auparavant inaccessible, du Parc National de Paparoa. Depuis la ville de Blackball, située dans les terres, jusqu’au village côtier de Punakaiki. C’est également le premier « Great Walk » à double usage, ouvert aux randonneurs et aux vététistes. Conçu pour être parcouru à pied sur trois jours (ou à vélo sur deux), le sentier serpente doucement à travers la forêt tropicale jusqu’à des crêtes exposées et passe devant des chutes d’eau, des grottes calcaires et des vestiges du passé aurifère de la région. Par temps clair, la vue s’étend jusqu’à la mer de Tasmanie.
Bien que le « Paparoa Track » puisse être parcouru dans les deux sens, le point de départ suggéré est Blackball, un petit village de 300 habitants situé à l’intérieur des terres à environ 24 km au nord-est de Greymouth, la plus grande ville de la côte ouest.
Informations à retenir : Parcours : 55 km. 3 jours de marche ou 2 jours de VTT (interdit aux e-bikes). Refuges ouvert du 10 juin au 20 octobre. Pour en savoir plus, c’est ici.
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